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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 06:00

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Après avoir titillé Steiner, au risque de me voir basher par ses adorateurs, voilà t’y pas que je ressors de ma musette un vieux serpent de mer gaulois : les droits de plantation, au risque cette fois de me voir traité d’ultra-libéral par les chefs sioux du vignoble, en proposant de les jeter à la mer.

 

Mon raisonnement est d’une simplicité biblique : lorsque les AOP-IGP, Bordeaux en tête distillent, ce n’est pas que l’effet crise mais le résultat d’une inadéquation entre le potentiel viticole et les besoins du marché, donc la régulation professionnelle de ce potentiel via les plantations est un échec.

 

« Osons parler d'arrachage ! » a lancé Bernard Farges lors de l'Assemblée générale de l'interprofession à Bordeaux.

 

Si l’on arrache il faut laisser l’initiative des nouvelles plantations à ceux qui savent vendre leurs vins et non aux organisations professionnelles qui distribuent les droits de plantation sur des critères plus politiques qu’économiques.

 

Libérons les droits de plantation !

 

Et qu’on ne vienne pas me dire qu’ainsi on ouvre grande la porte à des gros investisseurs qui vont couvrir notre beau terroir de vignes à haut rendement, étranglant ainsi nos vignerons indépendants, c’est jouer à se faire peur pour maintenir un système obsolète. Les investisseurs ne s’intéressent qu’aux GCC et aux pépites qui s’exportent, la grosse cavalerie n’offre aucun retour juteux.

 

Rappel de l’histoire récente des droits de plantations.

 

Les droits de plantation furent, au temps de notre Sarko je faisant le ménage des régulations de la PAC, abolis, la délégation française votant pour.

 

Le Conseil des ministres en avril 2008, adopta une nouvelle organisation commune du marché (OCM) vitivinicole

 

Publiée au Journal officiel. «Les changements qui seront mis en œuvre permettront d’équilibrer le marché vitivinicole, d’éliminer les mesures d’intervention sur les marchés et leur cortège de coûteux gaspillages, et de réorienter le budget au profit de mesures plus positives et plus proactives de nature à renforcer la compétitivité des vins européens.» Dans ce sens, il est donc prévu d’abolir les droits de plantation avant la fin de 2015. Ceux-ci pourront être maintenus au niveau national jusqu’en 2018. Dès le 1er janvier 2019, tout le monde pourra donc planter de la vigne n’importe où dans l’Union européenne. »

 

Merci cher Michel Barnier de nous avoir libéré de tous ces carcans bureaucratiques, vive l’air cinglant du grand large ! Par bonheur après votre brillant passage au 78 rue de Varenne vous fûtes libéré de vos attaches nationales pour occuper au sein de la Commission de l’UE le prestigieux poste de Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services. Comment chacun le sait cette grande maison est le temple de la dérégulation alors vous devriez vous y sentir à l’aise. Oui mais, patatras, la crise ou les crises bancaires et financières sont passées par là, et il est de bon ton d’entonner des hymnes à la régulation, surtout pour un ex-responsable politique français.

 

Machine arrière toute, sous la pression des chefs du vignoble, champenois en tête, réveillés sur le tard, la France réclame à cor et à cri le maintien des droits de plantation et le Ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, grand libéral, avale son chapeau tout en bottant en touche en confiant à Madame Vautrin, députée de la Marne, une mission sur « les voies et moyens d’une nouvelle régulation » a remis l’ouvrage sur le métier.

 

Vignes/Droits de plantation : « Libéraliser les droits engendre ...

 

Je fus le porte-plume de madame Vautrin, nous auditionnâmes le ban et l’arrière-ban de la foultitude des zinzins du vin. Ce fut la chambre des lamentations, pas la queue d’une proposition et, lorsqu’il fallut rédiger le rapport de mission je fis part à la missionnaire, qu’en dépit de mon immense capital de créativité juridique, je n’étais pas en mesure de sortir de ma besace un substitut au droit de plantation, soit il y a un droit, soit il n’y en a pas ! Abandonné à mon triste sort de porte-plume je rédigeai un gloubiboulga dont je n’étais guère fier et le confiai à madame Vautrin qui le posa sur sa pile et l’oublia. Je partis en Corse au mois d’août, un après-midi alors que je crapahutais dans des gorges mon foutu téléphone sonna. Du côté du 78 on s’affolait car le Ministre réclamait le rapport de la missionnaire. Ma réponse fut lapidaire : demandez-lui ! Ce qu’ils firent. Catata, la dame constata l’ampleur du désastre et chercha à m’en faire porter le fardeau, sauf que la messagerie démontrait son incurie. Cet épisode me valut d’être plus encore considéré comme un vilain petit mouton noir. Par bonheur mon nom n'apparaît nulle part sur ce document.

 

 

Tout ça abouti à ça :

 

29 septembre 2012

Le nouveau système de gestion des plantations de vignes dans l’UE : une nouvelle usine à gaz qui ne produira qu’un rideau de fumée ICI  

 

9 mai 2014

Sous la défense du maintien des droits de plantation se cache un corporatisme dès plus rétrograde ICI 

La CNAOC interpelle le Président de la République : « la viticulture boit la tasse. La soutenir, c’est investir… » ICI

Le rapport de Catherine VAUTRIN prône le maintien des droits de plantation et leur gestion par les Interprofessions. ICI

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commentaires

JUNGMANN 28/07/2020 14:14

Bonjour Jacques,

Quels critères pour ces vignerons qui auraient des droits de plantation ? Peut être peuvent-ils aussi être prioritaire dans le cadre de reprise ?

JACQUES BERTHOMEAU 28/07/2020 14:44

je ne sais pas demander à la CNAOC

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