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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 06:00

 

Au temps du confinement, chaque soir tombait le décompte des morts du Covid 19

 

Le GORAFI

En pleine pandémie, il déçoit tout le monde en décédant de mort naturelle

Publié le 31/03/2020

 

Laval – Denis Delaunay, un retraité de 78 ans, est mort paisiblement dans sa maison, alors même que la pandémie de coronavirus fauche des centaines de vies chaque jour dans le pays. Une mauvaise surprise pour son entourage.

 

« Honnêtement, on l’a quand même mauvaise » déclare Annie, 51 ans, la fille aînée de Denis, décédé dans la nuit. « Il est mort dans son lit, tranquillement, sans même une mauvaise toux ou une montée de fièvre. On ne pourra pas dire que le coronavirus l’a emporté, et que c’est la faute des Chinois ou du gouvernement. Je suis un peu dégoûtée ». Son frère René, 49 ans, partage cet avis et nous livre ses impressions : « Il respectait scrupuleusement le confinement, il se lavait les mains 10 fois par jour, alors forcément il l’a pas attrapé… On aurait bien aimé que la télé vienne nous filmer quand même, pour qu’on témoigne, mais même ça, il nous l’a pas laissé ».

 

La déception est palpable chez toute la famille, et le caractère prudent de Denis agace. Antoine, son petit-fils n’en revient toujours pas : « Il a même rédigé un testament pour répartir équitablement son héritage, pour qu’il n’y ait pas d’histoires entre nous. Là encore, c’est vraiment dommage. Je pensais vraiment qu’il y aurait des surprises, et qu’on aurait pu découvrir une maîtresse ou un fils privilégié. On a vraiment l’impression d’être une famille banale ». Sylvie la fille cadette ajoute alors « Banale de chez banale ! » ce qui n’apporte rien au débat mais nourrit encore la rancune que la famille a aujourd’hui contre Denis.

 

L’enterrement aura lieu après-demain au cimetière communal, mais déjà certains membres de la famille ont déclaré qu’ils « boycotteront l’évènement »

 

Francis Blanche

 

« Les huîtres meurent dans le citron, les truites dans le court-bouillon, les langoustes au fond d’un chaudron, les dindes dans les marrons, la rascasse dans l’aïoli, les maharadjas dans le patchouli, les doux  dingues dans la folie et les généraux dans leur lit. Mais quand sonne leur heure, les escargots meurent debout, debout dans l’ail et le beurre. »

 

 

Revenons aux choses sérieuses :

 

Michel Piccoli est mort le 12 mai à 94 ans a annoncé sa famille des suites d'un accident cérébral à Saint-Philbert-sur-Risle, dans l'Eure.

 

Jean-Loup Dabadie est mort, le 24 mai, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, d’une autre maladie que le Covid-19, a précisé son agent. Il avait 81 ans

 

Nicolas et Victoria Bedos, les deux derniers enfants de Guy Bedos, ont annoncé la mort de l’artiste en fin d’après-midi, jeudi 28 mai. Il était âgé de 85 ans. Jérôme Garcin, qui lui a rendu hommage dans un texte bouleversant. Il y révèle que Guy Bedos était atteint de la maladie d’Alzheimer. 

 

« A la fin, il avait tout oublié. Jusqu’à son inscription prémonitoire au comité d’honneur de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité. Frappé par la maladie d’Alzheimer, Guy Bedos ne reconnaissait plus les siens, ni lui-même », écrit-il dans l’Obs. Et d’ajouter : « Il n’eut pas davantage l’occasion de pleurer, le 24 mai, la disparition de son indéfectible complice Jean-Loup Dabadie, qui lui avait écrit tant de sketches, parmi lesquels Bonne fête Paulette ou le Boxeur, mais dont le visage de prince italien ne lui disait plus rien. »

 

Édouard Limonov, en 2011, lorsqu’on lui demande de quoi il a peur, il répond : «  De mourir dans mon lit. »

 

Le diable est mort Édouard Limonov a rendu les armes à 77 ans, d’un cancer dans un lit d'hôpital en Italie. Le diable aimait aussi le soleil.

 

«Personne ne peut réellement traiter de la mort qu’il n’a pas connue ; de la souffrance, oui».

 

Selon Ivan Illich [1926-2002]

 

«Dans toute société, l'image dominante de la mort détermine la conception de la santé». Partout où a pénétré la civilisation médicale des pays avancés, une nouvelle image s'est implantée. C'est celle de la «mort technique» ou de la mort inopportune. Elle succède à celle de la «mort naturelle » ou de la mort opportune, qui, elle a succédé à la «mort primitive». La «mort primitive» résulte de l'intervention d'un agent surnaturel ou divin. C'est un idéal relativement récent que celui de la «mort naturelle», c'est-à-dire d'une mort devant survenir chez des êtres médicalement «suivis», bien portants et avancés en âge. L'auteur se préoccupe, dans le présent chapitre de la Némésis médicale, de l'image de cette mort naturelle et de son évolution durant les quatre siècles où elle fut commune aux civilisations occidentales.

 

La suite ICI 

 

La distinction entre mort naturelle et mort violente remonte à Aristote et présente d’emblée un paradoxe, puisque, de façon exceptionnelle dans le système péripatéticien où ce qui est naturel s’identifie au bien, la naturalité de la mort ne l’empêche pas d’être un mal, pour l’homme, dès lors qu’elle est dépassée par une naturalité plus forte : car les hommes se caractérisent par leurs «appétit d’éternité», « et c’est à cette fin que visent toutes leurs actions lorsqu’elles suivent la nature [1]

 

Manifestant une remarquable pérennité, cette distinction, engageant d’autres paradoxes, organise encore aujourd’hui l’univers du droit, qui ajoute cependant la catégorie de mort suspecte, laquelle semble devoir se dissoudre, une fois l’enquête médico-légale menée, dans l’une ou l’autre catégorie. Toute définition juridique est par essence dans un sens figée, et en même temps ouverte, puisque c’est à la justice que revient la qualification ultime. En l’occurrence, ce qui paraît une mort naturelle – un cancer de la plèvre – peut devenir, après enquête et jugement, une mort violente, avec responsabilité délictuelle et dommages et intérêts : exposition d’un travailleur à des éléments cancérigènes sur les lieux de travail.

 

Ce n’est pas le travail des légistes que de s’intéresser philosophiquement à la mort, et d’une certaine façon la biologie semble être mise au premier plan, puisqu’ils sont des médecins, pour pouvoir mieux reculer. Cette spécialité médicale singulière est étroitement liée à la justice, tout en étant totalement autonome par rapport à elle. C’est elle qui fait parler la mort, dans la mesure où elle accole à la mort un de ces trois qualificatifs, naturelle, violente ou suspecte, si bien que la qualification par des adjectifs arrache la mort à la mort, c’est-à-dire renvoie la mort à des causes ; comme si tout le monde savait que la mort en tant que telle n’est rien, selon l’antique pensée, exprimée par exemple dans le vers 636 des Troyennes, « le non être est égal à la mort ».

 

L’adjectif marque la volonté, pour les vivants, que la mort soit tout de même quelque chose, quelque chose qui arrive à celui qui était vivant, comme à ceux qui lui survivent et continuent de parler de la mort. La nécessité d’attendre que la justice passe refroidit considérablement la mort ; il est insupportable pour ceux qui restent (les parents, amis, etc.) que la violence d’une mort criminelle soit alignée avec la violence d’un accident. Les différentes sortes de violence qui organisent la catégorie de mort violente (accident, catastrophe naturelle, délit, crime, suicide) sont-elles si différentes qu’il conviendrait de transformer le droit pour répondre à la subjectivité des victimes et de leurs ayants-droit ?

 

Toute mort est violente, toute mort est naturelle

 

La mort est pour celui qui meurt simplement la fin de sa vie. La simple distinction entre mort naturelle et mort violente ne fait pas grand sens, non plus que celle entre la mort et le mourir : si la mort est ce qui précède le mourir comme conscience de la fin de vie inéluctable et ce qui lui succède comme l’absence de vie, point n’est besoin, pour méditer sur l’inéluctabilité de la mort, de pouvoir anticiper les conditions du mourir.

 

Ces oppositions – mort violente et mort naturelle, la mort et le mourir – créent une scission au sein d’un événement qui est en fait un et le même, pour celui qui le vit. Du reste, hormis le cas du suicide, dans les traditions religieuses, le destin du sujet après sa mort n’est pas déterminé par les conditions de sa mort, qui ne comptent pas, mais par son comportement dans sa vie. Tout au plus, dans une conception superstitieuse ou mythique, le contenu de son existence peut déterminer sa mort : ainsi d’Empédocle, penseur du feu et « naturellement » mort dans les fournaises de l’Etna, interprété par Gaston Bachelard (chapitre ii de la Psychanalyse du feu) ou de la prétendue action d’un dieu vengeur que réfute du reste par exemple Jésus-Christ avec le cas de l’effondrement de la tour de Siloé (Évangile de Luc, 13). Assurément dans les mentalités primitives, on imputait à une faute de l’homme le déchaînement de la nature, réputée douce sans l’homme – ainsi du déluge qui aurait détruit l’humanité s’il n’y avait eu Noé.

 

L’événement de la mort est fondamentalement un : il est un par la certitude de la mortalité et par la façon dont cette conclusion révèle l’absurdité de la vie. À l’aune de l’absurdité de l’existence, une aune qui nous éloigne de la biologie, comme le voulait déjà Aristote par la mise en avant du désir d’éternité, une catégorie autre que la mort naturelle serait plus judicieuse à opposer à la mort violente, en tout cas plus explicite : la mort non motivée.

 

La sagesse du droit : mort naturelle, mort violente, mort suspecte

Sylvie Taussig dans Le Philosophoire 2016/1 (n° 45), pages 73 à 83

La suite ICI 

Amazon.fr - Mort ou est ta victoire - ROPS DANIEL - Livres

« MORT OU EST TA VICTOIRE ? » UN MAUVAIS FILM SUR UN BON ROMAN

Par H. F. Publié le 02 décembre 1963

 

L'Office catholique international du cinéma a présenté en avant-première aux pères du concile un film d'Hervé Bromberger tiré du roman " Mort où est ta victoire ? ", de Daniel-Rops.

 

De cette œuvre de jeunesse de l'académicien français, nous avions gardé un excellent souvenir. Il a été singulièrement abîmé par la Lande projetée à Rome. Sauf quelques rares séquences, ce film nous a paru trahir le livre par sa psychologie rudimentaire, son caractère officiel et surtout terriblement prétentieux.

 

Le rôle du prêtre est exécrable. C'est de la contre-apologétique.

 

PASCALE AUDRET GABRIELE FERZETTI MORT OU EST TA VICTOIRE ? 1964 ...

 

Pascale Audret joue de son mieux les situations abracadabrantes qui ne semblent guère la concerner. Qu'est allée faire dans cette galère une actrice d'une féminité si émouvante ?

 

Les pères du concile n'ont vraiment pas de chance. Déjà " le Cardinal "... Espérons qu'ils ne seront pas tentés de juger le cinéma moderne sur des projections aussi médiocres qui croient échapper au genre " patronage " en tombant dans le drame à bon marché.

Mort, où est ta victoire ? - Film (1964) - SensCritique

Médecine Légale – Les différents types de mort ICI 

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commentaires

Aredius44 15/06/2020 21:35

Une citation que je découvre (elle doit bien se trouver sur ce blog !)
Darius Rochebin
@DariusRochebin
·

« Toujours préférer l'hypothèse de la connerie à celle du complot. La connerie est courante. Le complot demande un esprit rare. » Utile sur Twitter. Souvenir de cette expression de Rocard, de passage à la RTS.

pax 15/06/2020 10:34

« Le lundi au soleil - C'est une chose qu'on n'aura jamais… » chantait l’autre.
Sauf bien sur pour les p’tits vernis de Collioure et alentour.
C’est sans doute pour faire le deuil du beau temps que le Taulier nous propose une revigorante chronique sur La MOOORT pour paraphraser Galabru parlant de sa mutation dans « Bienvenue chez les Ch’tis »

Vaste et éternel sujet qu’aucune vie ne saurait épuiser.
En 1966 Vladimir Jankélévitch sortait un pavé de prés de 460 pages intitulé simplement « La Mort » pour démontrer, entre autre, que la mort n’est pas un problème. La mort est un mystère.
Pour ma part, j’ai essentiellement retenue cette approche par la distinction entre, « Il meurt – Tu meurs – Je meurs » pour déboucher sur ma conclusion que la seule mort réellement scandaleuse, est la mienne. Choking ? Désolé mais c’est comme ça.
Il meurt, c’est lointain, en quoi cela me concerne t-il ? Les journaux, la radio en sont pleins de ces morts.
Tu meurs me touche déjà d’un peu plus près. Surtout s’il s’agit de proches très tendrement aimés. Mais, après tout, pourquoi les pleure t’on ? Si l’on regarde bien c’est tout d’abord un rappel que nous sommes tous mortel et que notre tour viendra. Mais c’est surtout qu’à présent les plaisirs de la vie sont, pour eux terminés. Fini les belles journées de printemps. Fini les fins d’après midi, entre ami, autour d’un bon feu de cheminée après une belle ballade d’automne en forêt. Alors que nous les vivants on sait bien, que tout cela nous est toujours offert.
On sait aussi que le chagrin qui nous est causé, n’est pas éternel. Même Niobé nous dit Simone Veil, même Niobé dont les nombreux enfants furent victimes de la vengeance d’Artémis et d’Apollon, finit par demander du pain.
Et ce n’est pas faire injure au défunt que de se réjouir d’être encore vivant. De plus ne nous a-t-on pas appris à « Laisser les morts enterrer les morts ».
Pour sa part, Saint -Exupéry nous dit que "Le disparu, si l'on vénère sa mémoire, est plus présent et plus puissant que le vivant"
Quant à la mouche du coche, elle rappel, de temps en temps, à ses enfants et ses proches le refrain de Jacques Brel J'veux qu'on rie, j'veux qu'on danse Quand c'est qu'on m'mettra dans l'trou. Et ils savent où est la clé de la cave.

Plus sérieusement,

Quelques épitaphes :
- Mort par inadvertance
- Cette fois, on ne pourra pas dire qu’il est à coté de la plaque

Quelques bons mots
- Maître, mon mari est mort dans son lit. Nous allons attaquer Dunlopillo !
(Légende d’un dessin de Voutch)

Plus gravement :
Shakespeare est mort, Tolstoï est mort, moi même je ne me sens pas très bien…

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