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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 06:00

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L’Institut National Agronomique de Paris-Grignon dit l’Agro, de nos jours Agro-Paris-Tech, et l’ENGREF : l’école qui formate les anciens ingénieurs du Génie Rural, des Eaux et des Forêts (IGREF) devenus pour cause d’alignement sur le corps des Ponts&Chaussées qui termine la carrière haut plus de l’échelle lettres, les IPEF : Ingénieur des Ponts des Eaux et des Forêts, mène à tout, sauf à  fouler la glaise des champs, l’herbe grasse des prés, le terroir de nos vignes, à la politique tels Michel Cointat, Pierre Méhaignerie, NKM, au nouveau roman comme Alain Robbe-Grillet, à la direction des hôpitaux comme Jean de Kervasdoué.

 

Le Temps de Genève présente Jean de Kervasdoué comme un spécialiste respecté du système de santé français. C’est vrai, je lui ai taillé ICI un vrai costar en tant qu’expert agricole pour reconnaître d’éminents mérites dans celui de la Santé Publique, de la constance et de la pertinence dans ses analyses.

 

« Économiste spécialiste des hôpitaux, il est très critique du système de santé français, dénonçant le peu d'attention accordée au malade et la trop grande intervention de l'État. Il plaide par exemple pour une plus grande autonomie des hôpitaux et dénonce les acteurs des hôpitaux, qui, selon lui, « confondent service du public et service public, voire défense du statut public ». Il dénonce la centralisation excessive du système de santé et prêche pour l'autonomie complète des établissements hospitaliers. »

 

Le Ségur de la santé lancé par le gouvernement, co-piloté par Nicole Notat, ex-patronne de la CFDT, me donne l’occasion de vous faire connaître ses analyses.

 

Lundi 25 mai, Édouard Philippe a donné le coup d’envoi à sept semaines de négociations pour améliorer le secteur de la santé. Les personnels soignants, en “première ligne” dans la lutte contre le Covid-19, ont de fortes attentes, prévient la presse étrangère.

 

« Après avoir fait la sourde oreille pendant des mois, face aux demandes d’amélioration des salaires et des conditions de travail dans les hôpitaux du pays, Emmanuel Macron a fait une promesse au début de la crise du coronavirus : un plan massif d’investissement et de revalorisation  pour le secteur de la santé, se souvient El País. »

 

Car si le système de santé français, « l’un des plus généreusement financés au monde », a résisté à la pandémie, explique The Daily Telegraph, celle-ci en a aussi révélé les faiblesses. « Début mars, lorsque les courbes de l’épidémie s’envolaient vertigineusement, on craignait le pire », ajoute Le Soir. « Mais grâce aux efforts de tous et notamment des cliniques privées, le nombre de lits d’accueil en réanimation a doublé. Et le transfert de patients […] vers des territoires plus épargnés a permis d’éviter la saturation. »

 

Le 25 février 2018 dans Slate, alors que le 13 février 2018, dans un hôpital général, le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn annonçaient qu’ils ouvraient le chantier des réformes du système de santé et, pour ce faire, créaient 5 groupes de travail, Mr K nous disait :

 

Pourquoi notre système de santé est en si piteux état ICI 

 

Extrait :

 

Contrôle de la qualité des soins

 

Notre système n’est guère préparé à ces évolutions. Nous avons beaucoup d’hôpitaux, nous hospitalisons beaucoup et nous choisissons toujours le plus cher: l’hôpital plutôt que la ville, les spécialistes plutôt que les généralistes, les médecins plutôt que les infirmières et nous prescrivons beaucoup de médicaments et d’examens complémentaires.

 

Plus grave que ces coûts souvent injustifiés est le fait qu’il existe de fortes inégalités, non pas tant dans l’accès aux soins que dans les soins eux-mêmes. Pauvre, on peut être très bien soigné à un endroit; plus aisé, on peut être mal soigné à un autre. La raison est connue: en France, les prescriptions de médicaments, d’hospitalisations, d’actes ne sont jamais contrôlées a posteriori.

 

Par ailleurs, la nature des produits remboursés comme le calcul des tarifs se font sans transparence et parfois sans logique. Selon l’acte, la rémunération implicite de la minute de chirurgien varie en France de un à … vingt-cinq!

 

Réformer la tarification est une nécessité. Le paiement au parcours de soins est une bonne idée, mais elle sera limitée, longue à mettre en œuvre et également inflationniste si l’on ne contrôle pas le bienfondé du dit «parcours». Les mécanismes économiques, aussi élaborés soient-ils, ne peuvent pas se substituer au contrôle de la qualité des soins.

 

Jusqu’à présent, la corporation médicale a été suffisamment puissante pour éviter ce moment de vérité. Son arme la plus ancienne, et la plus efficace, a été la protection du secret médical. Pour contrôler, il faut des informations et aujourd’hui de l’informatique. Comment faire sans dossier informatisé, sans accès facile à des données codifiées?

 

Bien entendu, je suis très sensible à la protection des données personnelles et très partisan de lourdes peines pour celui qui en divulguerait, mais la défense du secret médical a été l’arme première de la défense de la corporation médicale et va continuer à l’être.

 

Il faut certes que les médecins conservent leur liberté de prescription au moment des soins, mais cela ne veut pas dire qu'ils ne doivent plus rendre de compte ultérieurement.

 

Depuis vingt ans, je suggère de créer dans chaque région un conseil médical composé de médecins-conseils de l’Assurance maladie et de professionnels chevronnés, qui aurait pour rôle d’examiner les pratiques inutiles, dangereuses ou déviantes et d’en parler à leurs confrères. Ils les connaissent!

 

 

«On confond, en France, la santé et la médecine»

 

Publié mardi 26 mai 2020

Interview de Jean de Kervasdoué par Richard Werly dans le Temps

 

«Le Temps» :

  • Peut-on dire, comme l’a répété lundi 25 mai le premier ministre Edouard Philippe, que le système de santé français a «tenu bon» dans la crise du Covid-19, malgré le lourd bilan de 145 279 personnes contaminées et de 28 457 morts?

 

Jean de Kervasdoué: Oui, le système a tenu… en faisant voler en éclats énormément de règles et de normes qui se sont imposées aux hôpitaux français depuis une trentaine d’années! Croire que cette crise conforte l’organisation actuelle du système de santé, et penser que celui-ci, comme on l’entend dire souvent par nos responsables politiques, demeure «le meilleur du monde» est une grave erreur d’appréciation.

 

L’épidémie a au contraire souligné ses insuffisances, et ce qu’il faut changer. Elle a d’abord montré l’inefficacité du fameux principe de précaution, puisque ni les masques ni les tests n’ont été disponibles en quantité suffisante. Elle a également prouvé la mauvaise coopération entre hôpitaux publics et privés, au point que de nombreux lits en service de réanimation dans les cliniques sont restés inoccupés.

 

Autre lacune: le retard gravissime dans l’activation des laboratoires vétérinaires, qui étaient dès le début parfaitement en mesure de traiter un grand volume de tests PCR. Le drame du système français de santé est qu’en pleine crise sanitaire l’Etat a continué de penser en priorité à lui-même, à l’hôpital public, au respect des normes, aux procédures d’appels d’offres pour l’achat de masques en urgence. On le voit encore avec le déconfinement: on publie une carte des deux France, rouge et verte, mais on continue de raisonner sur une base nationale, sans discernement régional et encore moins départemental.

 

  • La bonne nouvelle est que les leçons semblent avoir été tirées. Le «Ségur» de la santé, cette grande négociation avec les personnels médicaux, a été lancé lundi pour remédier aux erreurs passées…

 

J’ai été, dans les années 1980, directeur des hôpitaux au Ministère de la santé. Et j’ai vu se mettre en place ce «système» qui, aujourd’hui, est défaillant. La vérité est que le personnel soignant paie le prix de son statut, qui est celui de la fonction publique. Tout est calculé, figé au niveau national, en fonction de critères qui ne tiennent ni compte de la localisation géographique de votre hôpital, ni de vos compétences. Est-il normal qu’une infirmière perçoive le même niveau de rémunération dans une ville moyenne de province, où son salaire mensuel de 2000 euros est dans la moyenne locale, et à Paris où elle doit, pour se loger, passer trois heures par jour dans les transports en commun?

 

Cet égalitarisme n’a pas de sens. La France a abandonné le système des conventions collectives qui, paradoxalement, reste en vigueur et fonctionne bien dans les 19 centres de lutte contre le cancer dont l’Etat est propriétaire! Les contraintes de la fonction publique pèsent trop lourd sur les hôpitaux, et elles empêchent une bonne et saine coopération avec la médecine de ville et le secteur hospitalier privé.

 

  • Justement, cette négociation peutelle permettre de rebattre les cartes à la lumière des douloureux enseignements et du lourd bilan humain de l’épidémie?

 

Il le faudrait, mais cela suppose une révolution culturelle que la France a le plus grand mal à opérer, et à accepter. L’un des problèmes centraux est que l’on confond, en France, la santé et la médecine. Ce sont deux choses différentes. La santé n’est pas la médecine. Un médecin s’intéresse d’abord à ses malades, auxquels il tente de dispenser les meilleurs soins possible. Un expert de la santé, même s’il est médecin, regarde les statistiques, les chiffres d’alcoolémie, la pyramide des âges, les facteurs socio-économiques… et il impose des normes et des règles au détriment des praticiens. La vérité est que le gros des troupes de l’administration de la santé, en France, ont des compétences juridico-politiques. Elles s’empêtrent dans leurs propres règles.

 

  • L’engagement a pourtant été pris par le gouvernement: remettre les malades au cœur du système de santé. N’estce pas la bonne réponse?

 

Ce qu’il faut, c’est accepter de s’attaquer au problème névralgique du système de santé: à savoir l’organisation des soins. Laquelle n’est pas seulement une question de remboursement et de financement. La France a un système de santé très généreux en termes de prise en charge des patients. C’est un très bon point. Mais il ne suffit pas d’arroser les hôpitaux d’argent public pour qu’ils se réforment et que les personnes se sentent revalorisées et bien dans leur peau! Il faut réhabiliter d’urgence certaines notions de base, comme le coût de l’acte médical. La consultation à 25 euros, ce n’est pas raisonnable. A force de fixer des tarifs qui ne sont pas conformes à la réalité, l’Etat provoque soit la pénurie, soit la rente car il décourage certains médecins et en encourage d’autres qui font revenir les malades plusieurs fois pour augmenter le nombre de prescriptions. En matière de santé, l’Etat s’est donné en France des pouvoirs qu’il n’est pas capable d’exercer. C’est cet engrenage qu’il faut casser.

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pax 29/05/2020 07:58

« Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette. »
(Sganarelle « médecin », dans Le Médecin malgré lui, II, 4)
Acte I - Auscultare Trop cher, gaspillage ! Acte II - Primum Purgare Trop de personnel, trop de lit etc. ( air connu) Acte III - Demonstrare Voilà justement ce qui fait que votre fille et muette Acte IV - Soignare Purgare, , - Purgare - Mais encore ? - Saignare - Mais encore ? - Purgare Exit les médecins, entrent comptables et personnel administratif, puis les soldeurs qui à leur tour font entrer ces bonimenteurs d’acquéreurs, embusqués et qui n’attendaient que ça. - Et les malades dans tout ça ? - Quoi, comment ça, quels malades ? Apprenez Monsieur que nous sommes des gens sérieux responsables de la santé publique. Ici Monsieur , on soigne d’abords des maladies et surtout, en premier, l’hôpital.
SGANARELLE.- Oui, laissez-moi faire, j’ai des remèdes pour tout : et notre administration nous servira pour cette cure. (Il appelle les comptables et leur parle.) Un mot. Vous voyez que l’ardeur qu’ils ont pour l’hôpital, est tout à fait contraire aux volontés du président, qu’il n’y a point de temps à perdre, que les humeurs sont fort aigries, et qu’il est nécessaire de trouver promptement un remède à ce mal qui pourrait empirer par le retardement. Pour moi, je n’y en vois qu’un seul, qui est une prise de purges, que vous mêlerez comme il faut, avec deux tomes de réglementations en pilules . Peut-être feront ils quelque difficulté à prendre ce remède : mais comme vous êtes habile homme dans votre métier, c’est à vous de l’y résoudre, et de lui faire avaler la chose du mieux que vous pourrez. Allez-vous-en lui faire faire un petit tour de jardin, afin de préparer les amères potions, tandis que j’entretiendrai ici les directeurs : mais surtout, ne perdez point de temps. Au remède, vite, au remède spécifique.
(Sganarelle « médecin », dans Le Médecin malgré lui, III, 6)

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