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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 06:00

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C’était en août 1998

 

Lorsque je fus dépêché, en plein mois d’août, par le Ministre de l’époque Louis le Pensec, sur le conseil d’un certain Jean-Luc Dairien actuel directeur de l’INAO, c’est les stocks de Rivesaltes avaient atteint la limite du supportable et que le château de cartes artificiellement tenu par le CIVDN s’écroulait. C’était chaud : un vigneron fut embastillé pour avoir balancé un cocktail Molotov dans les chais d’un négociant qui cassait les prix. Le président du CIVDN de l’époque Bernard Dauré ne contrôlait plus rien.

 

L’économie de la viticulture roussillonnaise était l’une des pires de France, le revenu viticole était le plus bas de France, bref, il fallut faire sauter le CIVDN, créer le CIVR pour fédérer les vins secs et les vins doux. Faire comprendre, y compris aux politiques de l’époque la SOCODIVINS, que l’avenir du Roussillon ne se trouvait pas dans le renouveau des VDN de masse.

 

Ce petit rappel historique pour dire l’état de la viticulture roussillonnaise  à l’entrée du XXIe siècle. Je n’irai pas au-delà de ce constat pour ne pas apparaître comme un ancien combattant mais j’ai passé 18 mois de ma vie, à raison de 2 ou 3 jours par semaine à sillonner le Roussillon profond. Pas pour y faire du tourisme ou de la dégustation, mais pour me frotter aux hommes de ce pays. J’ai même connu en ce temps-là un certain Hervé Bizeul en son fief qui n’avait pas encore découvert la Petite Sibérie…

 

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Quelques questions en vrac :

 

-          Les Vignerons catalans, qui s’en souvient ?

 

-          La Martiniquaise what else ?

 

-          Le Grand Roussillon c'était quoi au juste ?

 

-          L’économie de Banyuls a-t-elle été sauvée par le Collioure ?

 

-          Celle du Maury et de sa coopé « soviétique » a-t-elle raté le bon wagon ?

-          Demandez-donc à Jean-Luc Thunevin ce qu’il pense de la rentabilité de son investissement à Maury ?

 

-          Quel est le poids de la coopération en Roussillon ?

 

-          Le Mas Amiel joue quelle carte ?

 

Le Mas Amiel Repris en 1999 par le dynamique Olivier Decelle, fondateur avec son père de la marque de surgelés Picard, également propriétaire à Bordeaux (Jean-Faure à Saint-Émilion, Haut-Maurac en Médoc et Haut-Ballet à Fronsac)

 

15 février 2011

Trictrac baraque : lettre à Bernard Rouby Président du cru Maury ICI 

 

Cher Bernard Rouby,

 

En des temps difficiles, alors que je venais de débarquer à Perpignan dans la touffeur du mois août pour démêler les nœuds que la confrérie des VDN avaient su embrouiller avec une certaine facilité, médiateur donc, je vous ai reçu avec une petite poignée de vos amis. Vous étiez minoritaires, peu écoutés de la nomenklatura locale. En vous rappelant cela loin de moi de faire de vous mon obligé, comme vous le savez ce n’est pas le style de la maison.

 

Et puis, alors que je faisais un peu partie du paysage de votre beau département, une fin de journée je suis monté à Maury accompagné d’un natif du lieu : Jean-Pierre Borie, alors président de l’Interprofession des vins secs, pour sur l’invitation d’un groupe qui souhaitait se libérer du joug d’un petit potentat local faire le travail. C’était dans la grande salle communale, un vendredi soir je pense, il y avait beaucoup de monde. Je crois avoir ce soir-là mouillé le maillot. Paul Armengaud s’en souvient sans doute. Là encore je ne suis pas en train d’accumuler du crédit à l’endroit des vignerons de Maury.

 

Cependant, chers amis, si vous me permettez cette appellation, le mieux est souvent l’ennemi du bien : avec les meilleures intentions du monde il arrive parfois d’écraser des gens qui n’en peuvent mais. Bien évidemment, loin de moi l’intention de m’immiscer dans les affaires de l’ODG de Maury pour une histoire bien française consistant à se barricader dans son aire. Les erreurs du passé ne justifient pas forcément ce repli sans nuance sur soi-même. Ce n’est là que mon opinion mais j’en appelle au bon sens vigneron pour que l’esprit des origines des AOC retrouve de la vigueur et de la réalité. Vos pères n’auraient jamais édictés des règles aussi peu soucieuses de la vie en commun.

 

16 février 2011

Je n'irai pas à Maury : la réponse de Bernard Rouby ICI 

 

Bonjour monsieur Berthomeau,

 

Merci de mettre l’AOC Maury sous les feux de la rampe.

 

Quel est le rôle d’un syndicat ? Avec maintenant un statut d’ODG (organisme de défense et de gestion !!!), et un nouveau cahier des charges : c’est donner au consommateur la garantie, que sous la dénomination MAURY, il trouvera un vin correspondant aux exigences de qualités que ce sont fixées les producteurs.

 

Une vinification dans l’aire stricte : non ! Puisque des vinifications existantes en dehors de l’aire ont conduit à définir une aire de proximité immédiate (aire délimitée + 2 communes), qui n’a fait que reconnaître des antécédents.

 

Alors pour répondre aux interrogations, il faudrait les étendre et jusqu’où ? quelles seraient les nouvelles limites, car je suppose qu’il y aurait des limites quand même !: Le département ?, la région ? le sud de la France ?

 

Restons raisonnables, et parlons qualité, car il ne faudrait pas perdre de vue que si l’on dit ce que l’on fait et que l’on fait ce que l’on dit, le but ultime c’est de proposer au consommateur un Maury correspondant aux critères définis, avec une qualité irréprochable (j’ai bien dit but ultime)

 

Je concluais mon adresse à Bernard Rouby :

 

Je m’en tiens-là, cher Bernard Rouby, en ajoutant que les kilomètres de nos pères ne sont plus ceux de nos enfants et que les lignes Maginot ou autres réduits imprenables ne sont plus de saison. À mon humble avis il suffit pour assurer le consommateur de l’authenticité, de l’origine, d’un vin, de s’en tenir à la règle originelle des AOC « écrire ce que l’on fait, et faire ce que l’on a écrit... » Le passé a largement démontré, malheureusement, que sous des écrits vertueux se nichaient des pratiques moins avouables. Cette remarque est d’ordre général à l’attention de notre beau pays qui n’aime rien tant que donner la leçon à la terre entière, et non à Maury spécifiquement.

 

Au plaisir de vous revoir tous à Maury, en attendant ce jour je vous assure, cher Bernard Rouby, de mon meilleur souvenir et de ma réelle amitié.

 

Jacques Berthomeau médiateur un jour médiateur toujours

 

« J'ai sous-estimé la difficulté à vendre les VDN. Il faut déployer l'énergie nécessaire à la vente de 120 bouteilles de rouge pour vendre 1 bouteille de vin doux. »

Olivier Decelle Mas Amiel

Olivier Decelle, un vigneron tardif mais offensif ICI

L’ancien patron de Picard Surgelés ne cesse de s’imposer à la tête de vignobles : le Roussillon, le Bordelais, la Bourgogne, et maintenant le Rhône. Avec flair et un caractère trempé.

6 décembre 2013
 

C’était au temps où la Socodivin de Gilbert Conte et JL Cabaner allaient sauver le Rivesaltes du désastre le taulier y était ICI 

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Flash souvenir :

 

 

C’était en août 1998. J’arrosais mes jeunes arbres à l’orée de ma forêt reculée. Mon téléphone a sonné dans ma poche : un des premiers Nokia. J’ai décroché. À l’autre bout JL Dairien alors conseiller pour les affaires viticoles de Louis Le Pensec alors Ministre de l’Agriculture du gouvernement Jospin suite à la brillante dissolution de Jacques Chirac. Bien embêté le petit père Dairien (il est l’actuel directeur de l’INAO) car il avait en main une patate chaude : une crise du Rivesaltes qui mettait à feu et à sang Perpignan. « Ça te dirait d’aller faire le médiateur là-bas avant que ça dérape encore un peu plus (un vigneron était allé jeter un cocktail Molotov dans le chai de la SOCODIVIN)… Louis (le Ministre) est bien embêté, tu lui tirerais une belle épine du pied. » J’ai dit oui en faisant cette réflexion peu aimable pour le Rivesaltes « y’a encore des gens qui en boivent ?  

 

Le dossier était lourd comme celui d’un juge d’instruction tatillon, les catalans étaient procéduriers. Je pris mes dispositions et quelques jours après j’embarquais pour les Pyrénées-Orientales sans mettre des sandales dans mon bagage. En ce temps-là Perpiniyà pétait dans la soie avec deux compagnies aériennes : AOM et Air Liberté. Je choisis la première car sa carte d’abonnement était très avantageuse  et permettait de bénéficier de siège, type première à l’avant de l’avion (c’était des DC10 et MD82 ou 83 consommant 30 % de carburant de plus que des Airbus) et de plateaux dîners de qualité bien arrosés. Bien évidemment j’y voisinait les parlementaires du cru et un régional de l’étape : Jacques Séguéla qui s’était mis en tête de racheter l’USAP. À mon arrivée m’attendait la voiture « blindée » (je plaisante) du Préfet Dartout. Je nouerai avec son chauffeur d’excellentes relations qui me permirent de bien comprendre la vie secrète de Perpignan. Le précédent Préfet était celui qui deviendrait célèbre avec l’affaire des paillotes en Corse, Bernard Bonnet qui adorait faire du VTT en compagnie… (Censuré). J’appris aussi que les horodateurs du parking de l’aéroport avaient été pillés manuellement pendant des années par le président de la CCI.

 

Le Préfet Dartout fêtait la naissance de sa sixième fille je crois. Il faisait une chaleur quasi-tropicale. Le dîner fut bien arrosé et le DDA de l’époque Guy Bringuier continua de m’informer sur l’étendue du désastre. C’était l’un des plus beaux sacs de nœuds de ma carrière. Mais en leitmotiv revenait un seul acronyme : la SOCODIVIN et son âme damné un certain Gilbert Conte. Celui-ci, simple courtier, s’était mis en tête avec l’aide de son beau-frère JL Cabaner de « nettoyer les écuries d’Augias du CIVDN (le comité interprofessionnel) » et de faire rendre gorge à son président de l’époque Bernard Dauré de la famille Dauré ayant régné pendant des années sur les VDN (la marque Dauré avait été vendue à la Martiniquaise)

 

La suite ICI 

 

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commentaires

pax 12/03/2020 14:03

Les nostalgiques professionnels adepte du « c’était mieux avant » peuvent crier victoire. La description du Perpignan d’alors que nous décrit le Taulier parle d’un âge dont on peut se demander s’il a un jour réellement existé quand on voit ce qu’est devenu Perpignan aujourd’hui et dont j’observe la détérioration régulière depuis 20 ans encore observée hier ou nous déjeunions avec des amis. On trouve dans le Charlie Hebdo de cette semaine un grand reportage fait, bien sur, sur place.
On y trouve bien sur l’alternance qui s’offre au Perpignanais Pujol ou Aliot. Au regard des résultat de Ménard à Béziers qui était dans un état déplorable (voir « Retour à Béziers » de Didier Daeninck – Verdier 2014) on serait tenter de souhaiter la victoire du FN/RN Aliot.
Deux bémols cependant.
Robert Ménard, es qualité, cofondateur de Reporter sans Frontière peut être créditer de quelques qualités humaines. Même si rien n’est parfait, il s’apprête à être réélu, au premier tour, avec prés de 65 % d’intention de votes.
Le second bémol concerne le sieur Aliot dont il est difficile d’une part de suivre son itinéraire dont le cap est à chaque fois purement électoraliste. C’est ainsi qu’il fait de grandes promesses assorties de sourires ( ?!) aux musulmans et aux gitans (une des plus grande communauté de gitans sédentarisé d’Europe)
D’autre part c’est, paraît il, et selon ses proches même, un paresseux de la pire espèce. Tout ce qui faut pour une ville en attente de se refaire une santé et/ou une beauté.
Quant aux interrogations du Taulier sur le sort des VDN en Roussillon, la rapide enquête menée ce matin auprès de mon caviste préféré « Vins d’Auteurs » à Collioure dont on imagine le débit compte tenu des touristes, donne à peu prés cela.
- Maury s’achète (demande) et se vend bien (offre) Mais prédominance de Maury sec au détriment du VDN et concurrence avec les Banyuls si proches de Collioure
- Calvet Thuvenin s’achète, boosté par un classement Parker le plaçant parmi les 40 meilleurs vins du monde et se vend bien, également.
- Mas Amiel – nom très connu, plus que l’appellation Maury alors que c’est un Maury
demande correcte, sans plus.
- La démarche, pour une fois intelligente, commune entre les vignerons de Collioure et ceux de Banyuls pour appeler Collioure tous les vins secs des 2 vignobles et réserver l’appellation Banyuls pour les vins moelleux a permis une meilleure compréhension du vignoble pour la clientèle. Cette observation n’est pas en mesure de préciser les conséquences pour Banyuls.
Pour ce qui est des vins aux naturels de la région, rendez vous au prochain numéro.

Hasta pronto comme Marie Louise Baniols termine ses billets des 5 du Vins.

Quoi, comment, j’ai oublié Bizeul ? On parle bien du même ? Le disc-jockey qui se croit vigneron ? Le grand communicant devant l’éternel ? Ce qui le fait vivre plus que la qualité de ses vins et c’est tant mieux, on ne veut pas la mort du pécheur. Dernier fait d’arme du cher homme. Dans un article, pas trop vieux, du monde qui présentait une courte liste de vins il avait réussi à en placer trois !
J’ai retrouvé une chronique du Taulier du 14 février 2011 * « 3 questions à Hervé Bizeul »
ou les réponses relève d’une profession de fois. Mais les commentaires de gens aussi estimables que Michel Schmith ou David Cobbold validant les propos dudit Bizeul incite à penser et à reconnaître que le bonhomme n’est pas à jeter avec le vin de la cuve tournée en vinaigre. Dommages qu’autant de qualité ne permette pas de faire du bon vin. Les vins de Hervé Bizeul, chez mon caviste sont quelque fois demandés, sur son nom, jamais sur tel ou tel vin du domaine.
* Sur Interlope taper Bizeul/Berthomeau. C’est instructif.

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