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7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 06:00

Une des dernières photos publiques de Jacques Duclos en 1975, Sénateur, reçu à Matignon par le premier ministre de l’époque Jacques Chirac, accompagné de son épouse Bernadette.

L’influence du Parti communiste était devenue hégémonique dès l’après-guerre. S’opposer idéologiquement au marxisme, c’était « faire le jeu de l’ennemi », c’est-à-dire du « capitalisme et de l’impérialisme américain ».

 

Jean-Paul Sartre en quête de rédemption prolétarienne auprès du « parti des 75 000 fusillés » *, après sa molle indolence pendant l’occupation, déclarait en 1965 «Tout anti-communiste est un chien, je n’en démords pas»

 

L’apogée fut le score de Duclos à la présidentielle de 1969 21,3 %, alors que Defferre était à 5% et Rocard à 3,6 %

 

L’Humanité lui tirait le portrait :

 

« Jacques Duclos, un vétéran, membre du Parti depuis le congrès de Tours en 1920, grand résistant et orateur populaire à la fibre ouvrière très sensible. L’homme est déjà âgé (72 ans), mais l’ancien ouvrier pâtissier, qui a conservé l’accent rocailleux des massifs pyrénéens qui l’ont vu naître, mènera une campagne tambour battant, incarnera les espoirs de changement politique du monde du travail, de la jeunesse ouvrière qui a secoué le conservatisme ambiant en mai 1968. »

 

Alors qu'il était crédité de moins de 10% des intentions de vote à l'origine, il réussit à rassembler sous son nom le 1er juin près de 4 millions 800 000 électeurs, soit 21,5% des suffrages exprimés. Il arrive en troisième position derrière Pompidou et Poher, mais il devance largement ses rivaux de gauche. Mais l'étude détaillée de ce scrutin nuance l'impression positive donnée par le volume électoral. Elle montre que Jacques Duclos a séduit un électorat de gauche non communiste, et qu'il a perdu des électeurs dans les grands bastions parisiens du PCF. "Ce phénomène de déclin dans la capitale et ses environs est nouveau, important et (...) irrémédiable". [Histoire du Parti communiste français, Stéphane Courtois et Marc Lazar, PUF, 1995]

 

Et pourtant, il y avait eu les chars soviétiques de Budapest  en 1956 et ceux des pays frères à Prague en 1968.Le goulag… Soljenitsyne… Sakharov…

 

Le Parti tenait encore le terrain.

 

Et puis vinrent les deux M : Marchais et Mitterrand… L’Union de la gauche où le PCF, si habitué à plumer la volaille socialiste, a permis à Mitterrand, nouveau converti au socialisme pur et dur d’envoyer Marchais dans les cordes à la Présidentielles de 81 KO !

 

L’Humanité commente :

 

Le 26 avril, au soir du premier tour de l’élection présidentielle, ils sont proprement K.O. Leur candidat, leur secrétaire général, Georges Marchais, est distancé de dix points par rapport à celui qui n’est encore que le premier secrétaire du Parti socialiste. De 1945 à 1978, les communistes ont été en tête de la gauche et souvent de loin. Cette fois, les socialistes ont creusé l’écart. Le choc est rude, inattendu.

 

C’est le début de la fin, le PCF survit grâce au désistement des socialistes ou des alliances au second tour, comme à Paris.

 

Le problème c’est qu’à son tour le PS s’est  désintégré en une seule élection.

 

Affaire à suivre de près… PS et PCF vont rejoindre le Parti Radical au cimetière des éléphants…

 

 

Didier Daeninckx dans l’une  de ses nouvelles « Le mausolée du Tsoï » dans son dernier livre Le Roman Noir de l’Histoire ICI raconte :

 

« Je n’ai mis les pieds qu’une seule fois à Moscou, c’était en septembre 1990… »

 

« Je n’étais pas venu en touriste mais en journaliste, Viva, une revue mutualiste liée à la CGT, m’ayant commandé un reportage sur la capitale de la glasnost (transparence) et de la perestroïka (réforme), deux mots magiques avec lesquels le nouveau maître du Kremlin, Mikhaïl Gorbatchev, tentait de sauver l’Union soviétique de la faillite. On voulait que je prenne le pouls de la population moscovite, pendant une dizaine de jours, et j’avais compris qu’on espérait que je revienne en messager de l’espoir. »

 

Le reportage effectué « C’est Pavel qui me dépose à l’aéroport de Cheremetièvo. Alors que je me dirige vers la salle d’embarquement, je croise les passagers qui débarquent de l’avion d’Air France en provenance de Paris. L’envoyé spécial du journal l’Humanité me reconnaît et me demande ce que je suis venu faire à Moscou. Je lui fais part rapidement de mes impressions. Il me regarde effaré : « Tu ne vas pas écrire ça quand même ! » Étonné, je lui rétorque c’est ce que j’ai vécu. « Qu’est-ce que tu veux que je dise d’autre ? » Il hausse les épaules : « Je ne sais pas, mais ce serait planter un poignard dans le dos de Gorbatchev. »

 

« La semaine suivante, j’apporte mon reportage à la rédactrice en chef du magazine Viva et je vais prendre un café le temps qu’elle le lise. Deux heures plus tard, c’est une personne totalement déstabilisée qui me reçoit à nouveau. Elle a les larmes aux yeux et me questionne sur la véracité de ce que je rapporte. Mes arguments, mes précisions, ne font que renforcer son trouble. « Tu es vraiment sûr que c’est comme ça ? »Le mur de Berlin s’est effondré dix mois plus tôt mais j’assiste là à un autre effondrement plus intime. Elle finit par me dire que la rédaction est divisée, que certains de ses collègues se battront pour le refus du texte mais qu’elle engagera sa fonction pour honorer la demande qu’elle m’avait faite.

 

« Le reportage, titré Au-delà de la glasnost, paraîtra sur six pages dans le numéro 39 du magazine Viva, en octobre 1990. Quelques mois plus tard, la rédaction m’enverra une grosse enveloppe contenant une cinquantaine de lettres de lecteurs. Une ou deux exprimaient un réel désarroi, les autres correspondants se contentant de m’insulter au nom de leur foi. Un an plus tard, le 26 décembre 1991, l’Union Soviétique se dissolvait après 68 ans, 11 mois et 26 jours d’existence. »

 

*l'"appel du 10 juillet", les historiens Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier présentent un document accablant. Il s'agit de la photographie d'un numéro de L'Humanité clandestine daté du 10 juillet 1940 et comportant le fameux appel, signé Jacques Duclos et Maurice Thorez. Or il s'agit d'un faux, fabriqué dans les années 1950, selon les auteurs, pour accréditer une orientation politique qui, en fait, ne fut adoptée qu'au printemps 1941 : l'union des communistes avec les autres mouvements de résistance.

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