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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 06:00
Tu te souviens de Saïgon au crépuscule ? « Comparé à ça, les romanée conti ou les mouton-rothschild qu’on peut boire dans les restaurants trois étoiles à Paris, c’est du pipi de chèvre… »

L’Indochine, la guerre d’Indochine, c’était loin l’Indochine, lorsque Diên Biên Phu tomba le 7 mai 1954 je n’avais que 6 ans.

 

Résultat de recherche d'images pour "carte de l'indochine en 1950"

 

Marguerite Duras, nom de plume de Marguerite Donnadieu, est née le 04/04/1914 à Gia Dinh une ville de la banlieue Nord de Saïgon. A l'âge de 5 ans la jeune Marguerite vit toujours à Saïgon lorsque son père Emile meurt, en France. Deux ans plus tard, en 1923, sa mère s'installe avec ses trois enfants à Vinh Long, une ville située dans le delta du Mékong. Marguerite Donnadieu passe toute son enfance au Viêt-Nam. En 1932, alors qu'elle vient d'obtenir son baccalauréat, elle quitte Saïgon et vient s'installer en France pour poursuivre ses études.

 

L'amant

Couverture du livre l'Amant

œuvre-phare de la bibliographie de Marguerite Duras, l'Amant a été écrit en 1984. Il s'agit d'un livre largement autobiographique reprenant la trame de son enfance en Indochine.

 

La narratrice, c'est l'auteur lorsqu'elle avait 15 ans et demi. Elle raconte un épisode de sa propre vie.

 

Elle est pensionnaire, et à ce titre plutôt laissée seule. Un jour durant lequel elle traverse le fleuve séparant son lycée et sa pension, elle rencontre un banquier chinois, jeune et riche. Ils tombent éperdument amoureux et commencent une relation faite d'amour et d'argent, difficilement qualifiable de relation saine et stable.

 

Elle va durer un an et demi durant lequel ce chinois va régulièrement rencontrer Marguerite, l'amener parfois à sa pension, souvent dans sa garçonnière où elle va découvrir l'amour physique. Durant cette période Marguerite doit faire face à la honte, à la peur, à la jalousie et doit parvenir à trouver sa place au sein d'une famille où il est difficile de s'imposer.

 

Boat people

 

Boat people en mer de Chine, sauvs par le bateau humanitaire franais Ile de lumire

 

Quand la France ouvrait les bras à 120 000 réfugiés sauvés en mer.

 

En 1979, politiques et intellectuels français mettaient leurs désaccords de côté et accueillaient plus de 120 000 réfugiés vietnamiens et cambodgiens. Une union impensable sur la crise en Méditerranée.

ICI 

 

Ce matin c’est la guerre du Viêt-Nam des américains dont l’écrivain japonais Murakami Ryû parle dans son roman Raffles Hotel.

 

Raffles-hotel-Poche

 

Folie ou rêve...

 

« Dans un chassé-croisé entre New-York, Singapour et la Malaisie, Murakami Ryû nous fait plongé dans les pensées intimes de trois personnages. Trois destins croisés qui tournent autour de la figure emblématique du « Raffles Hotel » de Singapour.

 

Tout commence comme une banale histoire d’amour entre un photographe, Toshimichi Kariya, traumatisé par la guerre du Vietnam, et une starlette du cinéma nippon, Moeko Honma. Cette jeune fille révèlera rapidement être totalement schizophrène : hantée par l’idée que la vie n’est qu’un théâtre où nous sommes tous des acteurs plus ou moins doués, elle s’ingénie à faire de ses réactions, et ses relations, un spectacle calculé à l’avance. Manipulatrice et « possédée » par un monde imaginaire qu’elle désespère de rejoindre, elle fait sienne la fameuse réplique de la « Tempête » de Shakespeare : « We are such stuff as dreams are made on, and our little life is rounded with a sleep ». Face à cette femme captivante, d’une beauté extraordinaire mais dangereuse, le héros cherchera d’abord à fuir mais lorsqu’elle ressurgira dans sa vie, il se résignera à un destin qui semble tout tracé… La fin « Lynchéenne », entre rêve et réalité, plongera le lecteur dans le doute… qui était réel et qui ne l’était pas ? Kariya n’en sortira de toute façon pas indemne.

 

Séquence :

 

C’est Klaus, le regard perdu au loin qui parle…

 

« N’importe quel endroit que tu aimais fera l’affaire, le night-club de l’avenue Tu Duk, si tu veux, moi l’endroit que je ne peux oublier c’est le restaurant panoramique au cinquième étage du Majestic, où je buvais de la bière en regardant la rivière de Saigon refléter le soleil couchant après avoir pris une douche, quand je rentrais du front, vivant une fois de plus. Tu te souviens Kariya ?

 

  • Je ne vois pas comment j’aurais pu oublier, ai-je répondu.

 

  • Ton gouffre, moi aussi je l’ai en moi, naturellement, mais moi contrairement à toi, j’ai eu tellement de problèmes depuis mon retour que je n’ai pas trop eu le temps d’y faire attention, mais même maintenant, ce gouffre, enfin, c’est une espèce de black hole en un sens, tu vois je n’arrive pas à y faire attention, parce que mon souci en ce moment c’est plutôt comment faire sortir cette Mexicaine du club de salsa de East Harlem où je l’ai trouvée.

 

  • Black hole ? J’ai penché la tête.

 

  • Oui, un trou noir qui avale tout, Kariya, réfléchis, personne ne nous a forcés à aller au front, on y est allés de notre propre gré, il nous a fallu voir pas mal de spectacles atroces làbas, moi, je ne suis pas Francis Coppola, mais enfin, le front c’est une sorte de carnaval.

 

Je commençais à comprendre ce qu’il voulait dire.

 

  • Enfin, carnaval, je te dis ça, parce que entre nous il n’y a pas de risque de malentendu, mais tu vois, il n’y a que deux sortes d’hommes : ceux qui se sentent plus forts quand ils ont tué un ennemi sur le champ de bataille et ceux qui se sentent plus forts quand ils reviennent vivants et peuvent boire une bière, voilà les deux seules espèces d’hommes qui existent, mais quand on en vient à la vraie guerre, l’armée qui la perd, c’est celle où dominent les types qui ne se sentent pas à leur aise sur le champ de bataille, les Viêtcongs, eux, ils pouvaient régner sur les ténèbres parce qu’ils ne s’accordaient pas le moindre moment de répit, alors que toi ou moi, heureusement ou malheureusement, on se régalait d’une bière au retour du front, une bière comme celle-là, on n’en trouve pas n’importe où, comparé à ça, les romanée conti ou les mouton-rothschild qu’on peut boire dans les restaurants trois étoiles à Paris, c’est du pipi de chèvre, au contraire même, j’en suis sûr que l’art de la fabrication des cocktails, les champagnes, et tous les alcools du monde ont été inventés comme ersatz de cette bière de retour du front.

 

Le souvenir de cette bière au crépuscule, c’est quelque chose d’absolu, d’un niveau complètement différent d’un foyer heureux, d’une bonne partie de jambes en l’air, ou d’un succès professionnel écrasant, en fait, il n’y a rien qui puisse remplacer ça, et nous, il nous faut justement vivre sans être sous la domination du black hole, c’est Kapa ou Sawada, des types comme ça, c’et tout.

Ryû Murakami, l'infréquentable

 

• Ryû Murakami, l'infréquentable

Un Murakami peut en cacher un autre. Deux auteurs d'aujourd'hui, sans liens de parenté. L'un, Haruki, étrange et sophistiqué, sorte de Bunuel soft, de Lynch proustien de la littérature, trouve aisément sa place dans les gares et aéroports. L'autre, Ryû, est une sorte de tsunami émotionnel qui vous laisse essoré, K.O. Capable, dans la même page, de révulser et d'émouvoir.

Comme un mixage au shaker de Cronenberg première manière et de Céline, de Sade et de Bukowski. Dérangeant, provocateur et totalement imprévisible, lire un de ses romans demeure une expérience intense et déstabilisante.

 

Suite ICI 

 

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