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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 06:00
Avant le frigidus, Frigidaire® comment les romains conservaient-ils leurs denrées ? bouchons percés en liège pour fermer les amphores de vin…

Avec la canicule qui sévit sur notre doulce France il fait un temps à se foutre la tête dans le Frigidaire.

 

Frigidaire revient un nom devenu commun dans notre pays, Lancée par General Motors, reprise par Electrolux en 1986, la marque revient avec trois réfrigérateurs en vente dans quelques jours ...

 

Frigidaire, cent ans à peu près

 

En France, la marque est toujours très connue malgré une absence dans les rayons de plus de 20 ans. Sa notoriété est due au passage de la marque dans les noms communs, à l'instar de Sopalin ou Mobylette.

 

Alors, pour ses 101 ans, Electrolux a décidé de faire revivre la marque avec 3 références "vintage" inspirées de l'esthétique imaginée par Raymond Loewy, célèbre designer ayant collaboré avec Frigidaire.

ICI 

Nostalgie : Electrolux fait revivre la marque Frigidaire en France

 

Le « garde-manger » des Romains Columelle, au livre XII de son ouvrage, en fixe les contraintes :

 

« Quemadmodum tractare debeat penora sibe cellaria. »

« Comment la métayère doit traiter les provisions ou les celliers… »

 

« Nihil enim magis curandum est quam praeparare, ubi quidque reponatur, ut, quum opus sit, promatur. Ea loca qualia esse debeabt, […] iam dicta sunt. »

« On ne doit en effet veiller à rien d’autre que de préparer les endroits où chaque chose doit se trouver pour être ôtée au besoin. Ce que doivent être ces endroits, […] on l’a déjà dit. »

 

Columelle, plus loin, évoque la nécessité de choisir le lieu, sec, frais, où installer les conserves pour qu’elles ne moisissent pas. Froment, fèves, on a retrouvé trace de ces aliments dans les greniers. Le choix du récipient, vase en terre ou en verre, est important : il leur faut une ouverture large, de même diamètre en haut et en bas, ainsi, lorsqu’on se sert facilement, le reste redescend au fond du récipient, et tout baigne dans la saumure. Dans un tonneau, ce ne serait pas possible, à cause du ventre aux dimensions inégales.

 

Les récipients garde-manger sont des dolia, grandes jarres contenant 1 200 à 2 500 litres d’huile, céréales, vin. On ne les transporte pas, elles sont enfoncées dans la terre à demeure, et gardent frais.

 

Plus petite, plus malléable et transportable, l’amphore nommée ainsi à cause de ses deux anses. […] entre l’amphore à vin et l’amphore à garum, on peut se faire une idée de son volume avec l’amphore « du milieu » : 30 kg à vide, remplie de 70 l d’huile pèse à plein 100 kg.

 

Le musée d’Alba-la-Romaine en Ardèche ICI  

 

... Des amphores trouées qui contiennent des denrées. Elles deviennent boîte à sardines, bocal à farine mola ou farine d’épeautre far.

 

Je dis ajouter qu’une récente visite au musée de Lattes  ICI m’a permis d’observer deux types de bouchons en liège pour fermer les amphores de vin : celles en provenance de Tarroconaise, par exemple, montrent des bouchons percés en leur centre « pour laisser s’évacuer les gaz générés par la fermentation de l’alcool qui continue pendant le transport. On les retrouve également, non percés sur les amphores gauloises, africaines ou lusitaniennes. Sur les amphores italiques, le bouchon de liège est rendu étanche par l’adjonction d’un mortier de pouzzolane ou cendre volcanique ».

 

Saumure, salaison, fumage, séchage, putréfaction contrôlée aussi, il fallait bien sauvegarder les denrées périssables : les exemples abondent pour toutes ces techniques de conservation vielles comme le monde. Columelle fait référence à cette façon de plonger un aliment dans un bain de saumure et de vinaigre. J’ai déniché au musée de Lattes déjà mentionné, au milieu de tant d’objets de la vie quotidienne, un « pot de fermentation », récipient du 1ier siècle avant J.-C. qui a probablement servi à faire fermenter des fruits ou des légumes.

 

Olives vertes en saumure, salaisons de jambons, dont Caton donne le protocole, viandes ou poissons fumés, fromage fumé aussi, on l’a déjà mentionné, fromage que l’on va saler, épicer, en utilisant du sel facitum (de roche) ou du sel navitum (de mer). Le sel encore pour conserver les œufs.

 

Le miel enfin permettra de garder les fruits de l’été pour l’hiver, on l’a dit, outre Apicius, Columelle recommande ce procédé qui, d’après lui, convient à tous les fruits et s’avère indispensable pour la santé dans toutes les maisons, pour peu que l’on prenne la précaution d’aligner les fruits de chaque espèce séparément, de peur que, mélangés, chaque espèce n’altère l’autre.

 

Céréales, garum, huile, miel, salaisons, sel, voici donc la base de tout garde-manger.

 

Martine Quinot Muracciole Rome côté cuisine Les Belles Lettres

 

Rome côté cuisines

 

L’auteur

Martine Quinot Muracciole est professeur de lettres classiques à Nîmes et préside l’association Carpefeuch ( association partie du collège Feuchères à Nîmes qui s’ouvre à TOUS ceux qui s’intéressent à la couleur romaine dans la région nîmoise. L’association organise des rencontres, visites, conférences, ateliers autour de la romanité, et au nom de la convivialité antique et de son fameux « Carpe diem ! » )

 

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commentaires

pax 25/07/2019 06:19

Canicule ? vous avez dit canicule ? Si vous regardez bien les cartes météos de la télé les PO tout en bas est l'une des seules régions en "zone verte" et à Collioure en particulier, il fait, à l'heure actuelle,à peine 25° et le maximum annoncé ne dépassera pa 28 °. Avec quelques entrées maritimes ou un peu de tramontane est tout à fait supportable. Compatissante pensée pour ceux qui comme les parisiens affrontent, parait il des 40 °

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