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4 mai 2019 6 04 /05 /mai /2019 06:00
La Sinistra romaine liche des vins nu, « je ne bois plus que du vin naturel. Ça suffit, les sulfites. C’est 1 horreur. Tu as idée de combien de saletés on peut mettre aujourd’hui, légalement, dans 1 bouteille de vin ? »

Dédié à Antonin et Me Morain ainsi qu’à leurs frères en militance naturiste…

 

Le vin nu est-il de gauche ou de droite ou est-il en même temps ?

 

Pour qui fréquente le milieu, à entendre ses gourous de tout poils, il ne fait aucun doute : ce nectar qui pue est le nouveau fleuron des classes populaires laborieuses piétinées par le néo-libéralisme, le dernier rempart élevé face au consumérisme et au productivisme, ce qui le situe à la gauche de la gauche, pour preuve le Mélenchon a viré sa cuti.

 

Mais pour qui fréquente, comme moi, les cavistes naturistes et les bouisbouis a tortore locavore et au liquide volatil, le doute s’insinue : la clientèle a le portefeuille bien garni et les gens chers au conducator des insoumis sont plutôt Nicolas ou GD.

 

Bref, face à cette double facette je me gondole, c’est un grand classique, on a la révolte qu’on peut, une révolution dans le confort, celui de la gôche bien-pensante, douillette, prompte à bramer dès qu’on lui met le nez dans ses contradictions. 

  

Les miennes je les assume, je fus du côté de Dray-Mélenchon de la gauche socialiste au temps du PS de Tonton, un social-traître rocardien, je le reste, les révolutionnaires du clavier sont les dignes successeurs des intellectuels en chaise longue de Georges Suffert qui se sont toujours plantés.

 

Mais revenons au sujet de cette chronique, je cite :

 

Elle se mit à tourner entre les groupes de gens debout, s’approcha des tables basses. Partout, ça parlait, parlait, parlait. Ça parlait avec une application et une passion qu’on aurait dit que se décidait l’avenir du monde.

 

  • Il faut se convertir aux circuits courts. Absolument.

 

  • Je suis d’accord avec toi. Moi, j’ai commencé, je ne bois plus que du vin naturel. Ça suffit, les sulfites. C’est une horreur. Tu as idée de combien de saletés on peut mettre aujourd’hui, légalement, dans une bouteille de vin ? Jusqu’à huit composants, non, mais, tu te rends compte ?

 

La scène se passe dans l’appartement au dernier étage du producteur Eugenio Brown.

 

Il y avait des communistes mâles en veste et cravate ou foulard. Mais il y en avait aussi en baskets Merell et lin déstructuré d’Etro. Il y avait des femmes communistes sobrement vêtues mais quand même toujours un maquillage savant, et il y avait des minottes aux cuisses découvertes qui laissaient entrevoir des bouts de sous-vêtements sexy et ne dédaignaient pas les talons vertigineux.

 

Autre scène entre Marco et Alice, le lieutenant-colonel des carabiniers et la militante libertaire :

 

À la Quaglia Canterina, la Caille chanteuse, maison de campagne rénovée à quelques pas de l’Arco di Travetino, on dînait sur des tables rustiques disposées sous une pergola de raisins noah. Le patron s’appelait Frederico, il avait le cheveu agité et parsemé de gris, et accueillit Alice en l’embrassant sur les eux joues.

 

  • Il était architecte, expliqua-t-elle, tandis qu’ils prenaient place dehors, puis il en a eu assez et s’est reconverti dans la cuisine de produits à circuit court.

 

[…]

 

Le menu, écrit à la main sur des feuilles volantes, annonçait une amatriciana déstructurée. Roulé de lapin froid avec macédoine de légumes du potager. Petit gâteau au chocolat avec cœur de grenade. Et, naturellement, vin naturel.

 

  • C’est-à-dire sans sulfites, précisa Alice.

 

  • Là, en fait, c’est écrit « contient des sulfites », observa-t-il après l’avoir versé.

 

  • Oui, bien sûr, mais il y en a moins que dans une bouteille quelconque. En tout cas, la cuisine de Federico, c’est toujours mieux que les plats surgelés précuits.
  •  

[…]

 

Federico servit la grappa artisanale, « produite, tint-il à spécifier, par une coopérative d’anciens toxicos. »

 

Ils n’avaient pas lésiné sur les degrés. L’alcoolémie de la soirée risquait de monter en flèche.

 

Voilà j’ai fait mon devoir et je me permets de faire une suggestion à Antonin : commander à Me Morain un polar tendance (je signale que le co-auteur des lignes citées est Giancarlo de Cataldo juge au tribunal de Rome dans Suburra.

 

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commentaires

Rémy Bossert 04/05/2019 10:48

ce billet où sont cités Antonin et Me Morain tombe à pic et est synchro avec l'actu de la vinosphère avec les déboires de Sébastien David et l'administration répressive quant à un lot de 2000 bouteilles mises sous scellé et vouées à la destruction pour cause de volatile (que deux contre-analyses ont contredite). Bref, un sujet en or pour un billet matinal...
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