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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 08:45
Jacques Dupont le Lucky Lucke de l’interview  le 05 mars dernier titrait Sébastien David : militant de la Loire

Il est comme ça le Jacques, capable d’interviewer le président Farges un dimanche matin alors qu’il est dans ses vignes sur son tracteur, de sulfater grave les visages pâles prohibitionnistes masqués, toujours sur l’action comme le célèbre arbitre de la vieille école Robert Wurtz.

 

La preuve : le 5 mars dernier il tendait son micro à Sébastien David :

 

Parcours atypique pour un bio, Sébastien David a passé sept ans aux États-Unis, à vinifier des « vins de fruits », des rosés élaborés à partir de pommes, poires, pêches… « Ça m'a permis de voyager à l'intérieur des États-Unis »… Il était aussi très intéressé par le côté chimie… « Ils ne voulaient pas d'intrants : la norme organique est plus compliquée aux États-Unis que le bio ici. » Revenu sur le domaine en 1999, à Saint-Nicolas-de-Bourgueil, un domaine transmis au fil des générations depuis le début du XVIIe siècle, Sébastien s'est très vite orienté vers le bio dans une sorte de continuité au travail que faisaient ses grands-parents autrefois : « C'était les chevaux, ils mettaient rien… » Avec Jacques Carroget installé dans les coteaux d'Ancenis, ils ont créé Loire vin bio, une structure qui rassemble désormais 1 280 adhérents, soit 70 % des vignerons bio de la Loire. « On s'est dit : On est un groupement reconnu par personne. On a pris notre bâton de pèlerin et, donc, on a une interpro bio, on est intégrés dans la confédération de toutes les structures qui interviennent dans les vins du Val de Loire, on a une voix parmi les huit autres. Il n'y a aucune autre région de France qui donne cette place aux vignerons bio. » Depuis 2017, Loire vin bio est représentée au sein de l'interprofession des vins de Loire.

 

  • Le Point : Il y a une sorte de paradoxe. Le bio a le vent en poupe. Les jeunes vignerons que l'on rencontre ont envie de travailler selon ces critères, mais sans label, car ils trouvent trop contraignant de devoir suivre à la lettre les principes, notamment la réduction du cuivre à 4 kilos par hectare. Les dernières années, les météos compliquées ont refroidi les enthousiasmes, notamment avec le mildiou. Estce que vous faites le même constat ?

 

  • Sébastien David : Je pense qu'il y a deux positionnements bien distincts : les vignerons bio attachés aux labels quels qu'ils soient, qui considèrent que le fait de l'engagement n'est pas uniquement une dialectique, mais plutôt le confortement d'un engagement personnel. Et, bien sûr, toute une partie (plus ou moins grande et nombreuse) de néovignerons, mais pas que, aussi de « retardataires » à l'allumage, qui sentent bien que le vent commercial a tourné depuis quelques années. L'implication de chacun révèle toute notre société actuelle. Les vignerons qui ne souhaitent pas de labélisation – sous couvert de coût ou de complications administratives – ne cherchent même pas à savoir si, depuis le temps que le fédéralisme bio existe (initialement dans les débuts 1970), il porte des leviers techniques et économiques (aides à la conversion ou au maintien). Le nombre de GAB (groupements des agriculteurs biologiques) en France est quasiment à son maximum. Avec les aides et outils techniques à l'heure d'Internet et du conseil « volant », chacun peut grappiller et récupérer des données, voire échanger avec ses confrères sur des forums ou dans des salons de plus en plus nombreux. Par idéologie primaire peut-être, en Loire, de façon officielle nous soutenons les acteurs de la filière bio en leur abaissant les coûts des stands lors des salons s'ils participent à ces groupes de travail bio officiels. On sait aujourd'hui que la technicité du travail en bio (réglages des labours, prise en compte de la faune et la flore, respect des bonnes pratiques) est la plus complexe de toutes les agricultures hexagonales. Le bio est le seul Siqo « environnemental » (signes d'identification de la qualité et de l'origine des produits agricoles) qui se trouve avoir une obligation de résultat, ce qui n'est pas sans conséquence sur l'économie de la ferme. Le dossier cuivre n'est pas terminé, mais il apparaît, clairement, que c'est à cause d'un manque d'investissements des firmes, des pouvoirs publics, et des agriculteurs eux-mêmes qu'on laisse planer un doute sur la filière bio (pas uniquement en vignes). On aura tous remarqué que le désengagement de l'État via l'Inra et donc l'Entav (Établissement national technique amélioration viticulture associé à l'Inra) dans les années 1980 a précipité le pôle pépinière dans l'impasse actuelle (mortalité énorme du parc français). Le nombre de déconversions en 2018 sera connu dans quelques mois, le 31 juillet. Mais il semble faible, voire infinitésimal, chez Demeter, par exemple (un des cahiers des charges le plus restrictif à l'heure actuelle). Les mises aux normes des exploitations (meilleurs systèmes de traitement, panneaux récupérateurs, etc.) dues aux Grenelles, et donc au plan Ecophyto, semblent être le seul point positif dont l'ensemble de la profession peut se targuer. En revanche, il est sûr et certain que de réels progrès sont dus à l'évolution des cahiers des charges non plus seulement à caractères couperets, mais grâce à des contrôles complémentaires participatifs. Ils ont comme but l'amélioration chez celui qui est « audité » et créent une émulation vers de meilleures pratiques. Le vigneron n'est plus seul dans sa démarche. À la moindre impasse technique, ses collègues sont là pour l'aider. La prise de conscience des dérives et autres travers est bien opérationnelle de nos jours.

 

La suite ICI 

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