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21 mai 2019 2 21 /05 /mai /2019 06:00
Ceci n'est pas un critique gastronomique tableau inspiré de Magritte

Ceci n'est pas un critique gastronomique tableau inspiré de Magritte

le magicien, 1952 de Rene Magritte

 

Quand, comme ma pomme, on est né dans un pays de bocage, on aime les raccourcis, ceux où il faut sauter les échaliers, s’abandonner aux délices des chemins creux à jamais disparus, alors on pond des titres réducteurs pour frapper les esprits amollis.

 

Bordel, faut savoir frapper les mous du bulbe, les pâlichons d’un monde politically correct, placer un bon uppercut là où ça fait mal, savoir leur pisser le long de la raie (bouclée bien sûr).

 

Je monte comme un soufflé (à propos pourquoi les chefs nous privent de soufflé), je m'enflamme comme une crêpe suzette, je me prends pour Périco lorsqu'il se la joue chroniqueur politique.

 

Dans le petite monde de la table, ça cancane, ça déblatère, ça ricane, ça se pousse du col, ça ne se prend pas pour de la petite bière, ça fonctionne dans un tout petit bocal, ça se donne des baisers de Judas, ça court les coquetelles, les Bocus d’or, les lancements de guides rouge et noir comme chantait Jeanne Mas, ça pond de la copie comme des saucisses industrielles sur les réseaux sociaux, ça tortore avec affectation, ça étrille, ça encense, des mecs majoritairement comme partout dans notre vieux pays qui  proclame avoir inventé la gastronomie.

 

Vous allez m’objecter : si tu as la dent si dure vis-à-vis de ces braves plumitifs de la fourchette c’est que tu as, toi aussi, barboté dans leur marigot ?

 

La réponse est oui, dans les premières années de mon blog je me suis coltiné le parcours du combattant des déjeuners de presse, des dîners parfois, un seul voyage de presse, ça m’a vacciné ils étaient odieux, double peine car je me tapais à la fois le vin et le food, des remises de prix, le Sirha et plein d’autres joyeusetés. Les agences, les attachées de presse (majoritairement féminine), me bombardaient de courriel, de courrier, d’appels téléphoniques pour j’aille gonfler leurs statistiques.

 

J’ai jeté l’éponge, en dépit de ma lourde expérience du monde politique mon sens de la diplomatie s’érodait et je me disais qu’un jour j’allais entarter l’un de mes chers confrères à statut officiel.

 

Depuis, je me contente de les suivre sur les réseaux sociaux, la presse hebdomadaire, parfois la radio, ça met de la distance entre nous, me permet de me gondoler en solitaire, de les charrier...

 

Bien évidemment je ne les mets pas tous dans le même panier, en bon ex-enfant de chœur nourri à l'eau bénite et à l’hostie consacrée des curés je sais trier le bon grain de l’ivraie.

 

Avant d’aller plus avant, le  vieux blogueur que je suis, qui bavasse sur tout et rien, donc aussi de cuisine – la gastronomie m’est étrangère lire ICI

26 novembre 2010 Chère maman d’accord avec Yves Camdeborde : «enlevons le mot gastronomique» au repas à la française inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco

je ne suis, tout comme pour le vin, tout sauf un critique, je me contente d’observer le cheptel (prononcer à la vendéenne le ch’tel) et je dois avouer que, plutôt que de gloser sur le poulet au vinaigre cher à Claude Chabrol ou la vrai recette de la carbonara que je n’ai jamais goûté chez Giovanni Passerini, je préfère faire un brin de cour aux jolies filles.

 

Pourtant je confesse que, parfois, j’ai de folles envies de tailler des costars à certains membres de ce petit monde des gros ego. Mais, comme je suis un vieux ramier dont la devise est « moins j’en fais mieux je me porte » sans que je ne lui eusse rien demandé le camarade Méjanès, qui a un bon gauche tendance un chouïa sucre roux non raffiné, s’y est collé.

 

Il connaît mieux que moi le marigot et sans vouloir le flatter il émerge très nettement au-dessus du niveau du dit marigot.

 

Tailler une plume

 

Avant de me livrer à la critique en règle du petit opus qu’il vient de publier aux éditions de l’Épure : tailler une plume croquons la critique gastronomique  ICI qu’il définit ainsi : « Cet ouvrage en forme de brocard n’est pas une enquête, il ne s’appuie que sur des choses vues et entendues Si tout n’est pas vrai, tout est vraisemblable. Dans ce pamphlet à clefs, on force le trait de telle sorte que, sous la caricature, l’on reconnaisse son voisin mais jamais soi. Et pourtant, Potache et de mauvaise foi, cette satire a pour seule ambition de faire sourire en se moquant des autres et de soi-même »

 

je vous conseille de la lecture de mon cru (suis mon propre agent alors je ne manque jamais l'occasion de vendre ma soupe).

 

Si ça vous dit prenez le temps de lire cette chronique du 30 novembre 2011 ICI 

Éloge de la critique : « faire de la critique » est une démarche totalement paradoxale suscitant des interrogations… 

 

Et aussi celle-ci encore plus ancienne : 17 novembre 2006

 

Le Masque et la Plume ICI 

 

Elle est courte, ça ne peut que plaire à la mouche du coche PAX, et elle résume bien mon opinion à propos de la critique.

 

Du côté de la « critique gastronomique » j’ai aussi une longue antériorité.

 

Je sais, je suis chiant, je touille à n'en plus finir mon ragoût, je beurre mes tartines au Président gastronomique (joke) et je ne me soigne pas.

 

Donc, comme tout bon étudiant en droit je lisais le journal de référence : Le Monde et, même si j’étais un petit marquis à la bourse plate, je lisais la critique gastronomique de La Reynière. Je n’aimais pas son côté sentencieux, sous sa plume d’excellente facture pointait souvent un filet de fiel, mais je ne soupçonnais pas que Sirius, Hubert Beuve-Méry, ait accueilli un collabo de la pire espèce.

 

La rumeur veut que le chroniqueur judiciaire Jean-Marc Théolleyre, ancien résistant déporté à Buchenwald, se soit un jour effacé pour le laisser passer d'un « Après vous, cher collaborateur… » (sans doute une bonne histoire voir plus bas)

 

« J'ai tout de même eu la Francisque avant François Mitterrand ! » se vantait-il.

 

Les lois d'épuration avaient interdit aux anciens collaborateurs nombre d'activités, et notamment celle d'écrire dans la presse de la Libération… sauf aux rubriques tourisme et gastronomie, considérées comme subalternes et sans conséquences politiques. La carte de presse n'y était pas nécessaire.

 

Robert Courtine, alias La Reynière, ne se risquait dans la rédaction du Monde. Chaque semaine, il déposait chez la concierge de la rue des Italiens une enveloppe jaune contenant sa chronique.

 

Jean Planchais  (c'est une figure historique et morale du Monde, un ancien résistant à qui ses articles contre la torture pendant la guerre d'Algérie, notamment, ont valu une Légion d'honneur qu'il n'a acceptée qu'après son départ du journal. C'est aussi le gardien de la mémoire d'Hubert Beuve-Mery, à tel point que dans les couloirs on le surnomme « Jésus »

 

… dans la sa chronique nécrologique a fait au mieux pour résumer en un paragraphe l'autre vie de Robert Courtine et l'engagement, après la défaite de juin 1940, d'un ancien militant de l'Action française de 30 ans.

 

 « Dans la pire des aventures, celle de la presse de collaboration ». Il en a gommé les détails les plus terribles, renonçant à détailler les chroniques littéraires publiées dans L'Appel, le Pariser Zeitung, Au pilori ou La Gerbe. Il n'a pas mentionné non plus les contributions de Courtine au premier numéro des Cahiers de la France nouvelle intitulé Les Juifs en France, publié en 1941 sous la direction d'Henry Coston. Il a volontairement « oublié » son adhésion à l'Association des journalistes antijuifs et ses critiques de spectacles écrites pour le Bulletin d'information antimaçonnique ou dans Je vous hais, une publication de propagande antisémite, où l'on peut lire ses avis d'expert : « Mademoiselle Levy, qui manque singulièrement de talent, comme son nom le laissait déjà présager… »

 

L'ancien résistant a préféré expédier l'essentiel en quelques lignes : « En août 1944, s'estimant, à juste titre, gravement compromis par ses écrits, Courtine fuit Paris et se retrouve à Sigmaringen, où s'entre-déchire le petit monde éperdu de la collaboration. A l'arrivée des Alliés, il passe en Suisse, puis rentre en France après les premières rigueurs de l'épuration, est jugé et purge sa peine. »

 

Le 18 avril 1998, le passé collaborationniste de Robert Courtine, qui a tenu la chronique gastronomique du « Monde » quarante ans durant, ressort dans la nécrologie que lui consacre le quotidien. Lire ICI 

 

Revenons à nos critiques post-modernes que Méjanès croque sans jamais les nommer :

 

La Reynière proclamait « Je n'ai jamais pondu d’œuf, mais je goûte une omelette mieux qu'une poule

 

Résultat de recherche d'images pour "les tableaux de rené magritte"

 

Je suis d’accord, étant moi-même un honnête cuisinier de ménage j’estime qu’un critique n’a nul besoin d’avoir fait ses preuves au piano pour officier, la seule qualité qu’il doit cultiver c’est l’humilité.

 

Le problème de la critique gastronomique ne se situe pas à ce niveau mais plutôt dans l’incapacité où nous sommes d’étalonner la valeur et la pertinence de ses critiques.

 

C’est toute la singularité de ce type de critique dont l’objet : le plat, le mets, sitôt servi, sitôt englouti, ne peut faire l’objet d’une appréciation parallèle par une autre bouche - sauf si le critique vient en famille comme pour « L’Instant Resto » le site gastronomique de l'imposteur Charles-Henri Orliac - même si les chefs s'efforce de reproduire à chaque service des plats à l’identique.

 

Le livre, le film, la sculpture, le tableau, sont uniques, le concert, l’opéra, la pièce de théâtre, le tour de chant sont soumis aux aléas de l’interprétation mais par le bonheur du vinyle, puis du CD, du DVD, du podcast, ils peuvent se prêter au jugement comparatif.

 

Petite critique aux « critiques gastronomiques » ils sont aussi influencés par l’ambiance, l’environnement, la qualité du service, la vaisselle, l’humeur des serveurs, la compétence du chef de rang, la propreté des chiottes, les attentions de la taulière, l’addition et une foultitude de détails souvent mineurs, alors que je n’ai jamais vu un critique de cinéma se plaindre du confort du fauteuil,  un critique de théâtre pester contre les ouvreuses, certes ils peuvent critiquer l’acoustique mais ça pèse moins lourd que le décorum des restaurants étoilés, un critique littéraire lisant aux cabinets, tel Henry Miller, rouscailler à propos de l’ergonomie de la lunette…

 

La supériorité de la dégustation du vin sur celle de la bouffe c’est que l’on peut déguster, commenter à plusieurs le vin d’une même bouteille à un instant donné.

 

Dernière flèche perfide de mon cru : la grande majorité des critiques gastronomiques traitent le vin comme la dernière roue du carrosse, c’est sans doute mieux car ils ont souvent des goûts de chiottes puisqu’ils ne consomment que l’étiquette.

 

Purée, mon introduction est longue comme un jour sans pain !

 

Comme ce dernier dimanche était gris j’ai consommé le pamphlet de Méjanès au lit.

 

Notre ex-journaliste sportif à l’Équipe (j’ai rêvé enfant d’être radioreporter comme Georges Briquet lire ICI et j’ai joué au basket à un bon niveau) n’a nul besoin  de tailler sa plume, elle est naturellement acérée.

 

Notre homme a du style, de l’aisance naturelle, c’est enlevé, ça vous change des grosses tartines de Pudlowski, des ébraiements de Périco Légasse, des ménages d’Atabulabonnesoupe.

 

Chapeau l’artiste !

 

Son pamphlet dresse le portrait de dix typologies de critiques de la diva à l’influenceur. Il ne manque aucun bouton de guêtre, la coupe est pleine sans déborder, c’est pertinent et bien troussé mais à mon goût pas assez saignant.

 

De noms, je veux des noms !

 

Et pourquoi pas un autoportrait !

 

Je conviens que tailler en pièces les stars du top 10 de la critique gastronomique c’eut été 10 procès assurés à la clé pour le plus grand bonheur de Me Morain défenseur des veuves, des affligés et des naturistes.

 

Isabelle Saporta,  lorsqu’elle monta à l’assaut du Mondovino de Bordeaux ne prit pas de gants elle pointa sa plume sur « le parrain », Hubert de Boüard de Laforest, direction 17e chambre, puis appel et Hubert s’en retourna la queue entre les jambes. Jouissif !

 

Bien sûr, dans le texte brillant du barbu grisonnant Méjanès on peut isoler, extirper, désincarcérer des paragraphes qui collent pile-poils à des plumitifs connus de la fourchette. C’est le jeu favori de l’entre soi du milieu.

 

Ceci écrit la lecture de l’opus bleu de Méjanès vaut la chandelle.

 

Alors filez chez votre libraire l'acheter ou commandez-le aux éditions de l’Épure (voir plus haut)

 

Par exemple : le stakhanoviste

 

« Et, surtout, il est perfusé aux communiqués de presse et a le numéro direct de tous les responsables d’offices de tourisme de France, de Navarre et des pays limitrophes. Ce dernier réseau est essentiel à sa survie. C’est grâce à lui qu’il peut être invité, tous frais payés, couvert et parfois gîte, si nécessaire. Rares en effets ont les organes de presse encore capables de financer les déplacements et les additions de leurs émissaires. Tous, gros tirages ou audiences confidentielles, titres nationaux, presse régionale ou feuilles de chou, pure player ou blogs bricolés, autorisent leurs envoyés spéciaux à accepter des repas et des voyage dits « de presse » Même les rédactions dotées de chartes déontologiques draconiennes se laissent tenter, sans le crier sur les toits, réduction des budgets consacrés aux frais oblige. »

 

Remarque du Taulier :

 

  • Je paye mes notes de restaurant et mes bouteilles pour alimenter mon blog mais je ne suis pas un modèle économique transposable car je suis un aisé dans le collimateur de Macron : dire que la CSG a été inventé par Rocard !

 

  • Une amie attachée de presse, dotée d’un budget communication, m’a un jour demandé de l’accompagner à un show d’un humoriste célèbre offert par la régie publicitaire du Nouvel Obs., le buffet était minable et le champagne dégueulasse mais y'avait du beau linge.

 

  • Les dégustateurs vin du journal le Monde affichaient après Vinexpo leurs mines réjouies sur les réseaux sociaux lors de la Fête de la Fleur de Bordeaux, je ne vous dit pas le prix de la table ça coûte un bras. Qui les régalaient ?

 

L’image contient peut-être : 7 personnes, dont Gasparotto Laure et Ophélie Neiman, personnes souriantes

 

J’ai croisé une palanquée de Pique-Assiette...

 

Merci Stéphane pour le « Oh non, j’ai raté mon Insta ! » des gaffeuses flamboyantes, les mecs aussi s’y collent. Instagram c’est le degré zéro pour bulbes ramollis. Je préfère la cervelle de veau !

 

L’ingénu

 

La pièce rapportée, le clan fait bloc contre l’intrus, on le tient à l’écart, faut pas qu’il s’avise de revendiquer une place de choix. Bref, un peu de vent frais dans les branches des vieux graphomanes qui sentent le renfermé et la chaussette mal lavée.

 

« Au sein de la coterie des critiques gastronomiques, il en va de même. À ce stade, il n’est pas inutile de préciser que le critique est un journaliste et que journaliste est un métier qui s’apprend, avec des outils, des techniques, des méthodes, des routines, comme boulanger, comptable ou pharmacien. À toutes fins utiles, on n’oubliera jamais que le folliculaire est d’abord un artisan de l’information, ignare en tout et expert en rien, mais à même d’écrire sur n’importe quoi car formé à déterrer les savoirs, à les assimiler, à les digérer et à les restituer de manière compréhensible pour le plus grand nombre. Dans un monde où chacun prétend savoir tout faire, au prétexte que la technologie s’est démocratisée, mettant les instruments des professionnels à la portée des amateurs, il est bon de rappeler que l’on ne s’improvise pas journaliste au prétexte que l’on sait utiliser un stylo, pas plus que l’on est chirurgien parce que l’on est imbattable à Docteur MABOUL. »

 

Il vous reste à découvrir : la diva, l’incognito, l’influenceur, le glouton, le blasé, le tyran, l’antique…

 

Du pain, au blé ancien, à l’épeautre, au kamut, sur la planche, quoi !

 

En passant mention spéciale à l'ami Bruno Verjus passé de blogueur émérite à chef étoilé à Table !

 

Moi je rêve encore, en dépit de mon âge canonique, d’ouvrir un bouiboui pourri, mais, gâte-sauce est un dur métier qui ne convient plus guère à l’état de mes vieux os.

 

À propos de métier notre Méjanès qui se love dans des tee-shirts provocateurs, conclut :

 

« Critique gastronomique, le plus beau métier du monde ? À vous de juger. »

 

Stéphane, faut pas pousser pépé dans les chiottes, certes y’a pas de sot métier, comme le disait ma mémé Marie, mais moi je suis plus fourche que fourchette : le plus beau métier du monde c’est sans contestation aucune celui de mes aïeux : laboureur et paysan.

 

 

Cher Stéphane,

 

Je viens de constater que j’exerce la fonction de critique littéraire à l’insu de mon plein gré puisque je viens de recevoir ce courrier via mon blog.

 

Bonjour,

Je me réjouis chaque jour de vos commentaires divers et variés .Vous avez également fait de moi un lecteur assidu des livres que vous recommandez et il y a parmi eux quelques perles rares.

 

Il s’ajoute à Pax et quelques autres. Je remercie en passant Actes Sud et le Rouergue de me faire bénéficier  de service de presse.

 

Je fais vendre quelques livres, donc ne t’étonnes pas si à la suite de mon « poulet » de plus de 3 kg les ventes de ton opus explosent.

Jay Rayner: 'I have no time for exclusionist food fads'

Après la publication de son dernier livre, nous interrogeons le critique de restaurant Observer sur sa carrière à ce jour. ICI 

Wasted Calories and Ruined Nights - Jay Rayner

 

Coup de gueule… Gros billets pour plates assiettes chez le Joia de Darroze

par  FranckPinay-Rabaroust 17 mai 2019

 

Joia : plats sans âme et addition douloureuse : un bistrot attrape-nigauds signé Darroze. ICI 

 

Les « grands » chefs l’ont bien compris : on ne fait plus son beurre avec la haute gastronomie. Elle vous mange les marges, elle vous met la rate au court-bouillon pour un rien et ne s’inscrit plus dans l’air du temps. Désormais, il faut proposer de la « food », qu’elle soit « comfort », « cool », « fast » ou « slow ». En français, cela s’appelle un bistrot, l’adresse du coin de la rue où l’on grignote un morceau et lève le ballon pour pas cher. Chez Joia, on a gardé l’idée du bistrot pour faire cool, mais on a oublié le pas cher.

 

C’est un choix me direz-vous et le client est libre de passer son chemin. N’empêche que cela fait un peu attrape-nigauds, à l’image de la « Macaronade au homard, ris de veau et morilles, sauce au vin jaune », facturée 38 euros, où les macaronis remplissent confortablement le poêlon. Quant aux autres plats, il vous faudra prendre l’accompagnement en supplément : les patates à huit euros, la polenta à sept euros, etc. Déjà, on sent la piquante douloureuse en fin de repas. Mais, juste avant, il y a la tentation de goûter l’ultra-instagramé « Mille-Crêpes au thé matcha, crème de yuzu. Résultat : fadasse à souhait, sans intérêt !

 

Asperges vertes du Var, morilles et foie gras de canard des Landes comme chez Amaïa (25 euros)

 

Macaronade au homard, ris de veau et morilles, sauce au vin jaune (38 euros)

 

Hélène Darroze, la cheffe, elle dit qu’elle fait chez Joia « sa » cuisine du dimanche pour les copains. Justement, ces derniers ont eu l’occasion de venir en nombre, invités à tour de bras à tout goûter et à tout poster sur les réseaux sociaux. C’était gentillet comme un film de Canet. Mais disons-le franchement, Joia ne casse pas trois pattes à un canard et vous fait inutilement sortir les gros billets.

 

Mille-crêpes au thé matcha, crème au yuzu (12 euros)

 

Pratique – Joia, 39 rue des Jeuneurs, Paris (2e arr.) – 0140200606 – Ouvert sept jours sur sept – Entrées de 16 à 25 euros, plats de 25 à 38 euros (ajouter l’accompagnement entre six et huit euros), dessert entre dix et 14 euros.

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commentaires

pax 25/05/2019 05:46

Cela va sans dire mais, bien sur, cela va mieux en le disant.
Livre acheté, lu, un régal. Ce qui est la moindre des choses pour un livre touchant à la gastronomie.
Alors pourquoi revenir sur le sujet ? Pour rendre hommage à cette jeune libraire de Perpignan, 10 rue Mailly.
J’y rentre pour récupérer une commande mais sans ma liste de livres . Je m’approche de la libraire et lui joue la scène qu’elle connaît et ,lui dis je, que vous appréciez certainement : « Je n’ai ni le nom de l’auteur, ni le titre ni, l’éditeur… Je sais que c’est un petit livre, en hauteur, bleue et qui parle de critiques gastronomique… » Elle sourit et me dit , en se rendant au rayon concerné, qu’elle va voir. Elle fouille et sort ,coincé entre d’autres ouvrages plus volumineux, et me tant l’opuscule en me posant la question dont elle est certaine de la réponse, c’est ça ?
Bluffé, alors que je m’attendais à repartir bredouille, je m’exclame « Bravo Mademoiselle, ç’est réjouissant de rencontrer encore de vrais pros qui aiment leur métier. Et merci beaucoup.
On ne peut que souhaiter à beaucoup de lecteur cette amusante mésaventure.
Cela valait bien un petit coup de revenez y, non ?

Stéphane Méjanès 31/07/2019 11:44

J'avais raté ce commentaire ! Merci merci, pour la lecture, et pour l'anecdote. Je viendrai un jour vous embrasser à Perpignan, vous et la libraire.

pax 21/05/2019 18:40

Le Taulier qui joue au Tonton Flingueur ! Succulent ! Quelle énergie !
« …éparpillé par petits bouts façon puzzle… Moi, quand on m’en fait trop j’correctionne plus, j’dynamite, j’disperse, et j’ventile. »
On dirait un tireur d’élite sur son terrain d’entrainement qui tire à vue tout en sélectionnant ses cibles. Planquez vous, il ne vous rate pas. Et il n’a pas tort, marre de ce monde ou l’hypocrisie sert de politesse. Mon cher et regretté père a du une partie de sa réussite professionnelle à un fabuleux carnet d’adresse plein de soit disant « cher ami ». Ce sont ami que vent emporte, …les emporta.chantait Rutebeuf. En effet, une fois la tardive retraite prise, plus d’appel téléphonique ou je l’entendais ponctuer sa conversation de cher ami par ci, cher ami par là. Je n’ai jamais fait parti d’aucun clubs services du type « Rot à rit » ou « Qui : Wanis ? Pas besoin de se mettre à plusieurs pour avoir moins peur, ou se surveiller les uns les autres ou encore être sur d’être dans le ton, sérieux, responsable, d’être des leurs. Leurs motivations essentiellement mercantiles apparaissent dés que craque leur vernis de BCBG ou pour ceux qui croient être drôle et prétendent ne pas se prendre au sérieux BOBO. C’est sans doute pour cela que je n’ai pas fait carrière mais il faut dire que je n’ai jamais pu prendre leur discours au sérieux.
Critiques ? Vous avez dit critiques ? Mais cela fait longtemps qu’il n’y en a plus de critique mon bon monsieur. Regarder la télé, leur interview, leur « talc chaud » c’est larrons en foire, copains et connivence. Rien que du Ripolin et du renvoi d’ascenseur : « passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné » Cul et chemise vous dis je ! Et leur manque de talent ne vous donne envie ni d’acheter le livre, ni d’aller voir le film. (De toute façons, les meilleurs moments sont sur la bande annonce : c’est tout vu !
Le règne de l’entre soit Ils croient nous faire saliver et rêver d’être des leurs. Les leurres ce sont eux et il faudrait être un perdreau de l’année pour s’y laisser prendre.
En ce qui concerne La Reynière, on ne se refait pas. Il fut longtemps, sous son vrai nom, critique gastronomique au journal Minute (journal éminemment de gauche comme le soulignait Guy Bedos en évoquant Sartre : Minute le seul journal qui vous donne et La Nausée et Les Mains sales – et il ne parlait pas de l’encre d’imprimerie qui elle n’est ni d’extrême gauche ni d’extrême droit, juste noire et donc que seul les anars pourraient revendiquer.
Tout doux mon bon Taulier, je ne te voix pas en critique littéraire. Tu nous parles d’un sujet qui inspire ta chronique et tu cites tes sources. Cela, souvent, suffit à déclencher l’envie d’achat. C’est le développement de ta chronique qui séduit. Au plus tu dis que tu as aimé et que tu recommandes l’acquisition. Jamais tu n’évoques le style de l’auteur, la construction de l’ouvrage etc. etc. Aucune dissection. Aucun jugement de « journaliste » des pages cultures des magazines cités sur les désormais indispensables bandeaux entourant le ouvrages. ( A ce petit jeu là, le Canard Enchainé a évoqué la tricherie d’un éditeur qui avait sortie d’une critique parue dans le journal un simple mot du genre « Bouleversant » avec le nom du journal alors que la critique entière était plutôt défavorable.
Alors, cher Taulier, ne change rien et cite nous les ouvrages dont tu te régales. Je partage à fond le gentil commentaire de ce lecteur et j’espère qu’il incitera beaucoup d’autres lecteurs à se faire plaisir.
So long '

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