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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 06:00
Bernard Arnault nouveau caviste en vin nature « Un bon vin est un vin vivant » affiche son enseigne

J’eus pu publier cette chronique le 1er avril pour que tous les St Thomas du vin ne me crussent point.

 

Et pourtant, le temple de LVMH, sis dans le 7e arrondissement, l’ancien enseigne d’Aristide et Marguerite Boucicaut, récupérée pour rien dans l’escarcelle de la faillite des frères Willot par Bernard Arnault, en sa cave souterraine, glaciale comme un iceberg, je n’évoque pas ici la température mais la froideur du lieu, après avoir ignoré  les vins qui puent, sentant le vin tourner, à pas de loup, nous fait le coup d’une déclaration enflammée pour les vins vivants.

 

Le père Jancou dans son Diois doit se marrer grave.

 

Bon, les cavistes branchés alternatifs, ceux qui vendent du vin politique, vont m’objecter que les gars du Bon Marché n’ont pas mis en avant un vigneron bien luné qui joue de la corne de vache, vendange ses vignes en tongs, fume des pétards, vinifie à la va que me pousse, ignore le souffre, un pur naturiste quoi.

 

Un chouchou des hipsters, des restaurateurs branchés, des bobos ignares qui selon Pousson ne savent licher que des vins d’évier.

 

En l’occurrence  il s’agit d’une vigneronne : Michèle  Aubery du domaine Gramenon qui a repris le flambeau au décès de son mari Philippe. ICI  

 

Les vins du domaine sont référencés chez Lavinia qui n’est pas un petit caviste donc sa mise en avant par la cave du Bon Marché n’est pas en soi un événement, en revanche ce qu’il est c’est la référence au vin vivant.

 

Ils n’ont pas osé jouer sur la corde nature mais je vous fiche mon billet qu’ils vont y arriver puisqu’il y a un marché.

 

Leur seul problème sera pour la GD de trouver des vignerons naturistes qui acceptent de se « maquer » avec un fleuron du grand capital.

 

Patience et longueur de temps, ça viendra.

 

Je rappelle aux puristes qu’à une certaine époque, lorsque la cave du Bon Marché n’était pas une vitrine pour touristes friqués, on y trouvait les vins de Marcel Lapierre le pape des vins nus.

 

Ce que j’écris va fâcher mais l’extension du domaine des vins dit nature va, comme pour le bio, s’accélérer et attirer des ouvriers de la 25e heure qui ne seront pas forcément de pâles copieurs du style le Grand Gégé ou autres coopés astucieuses surfant sur le sans soufre.

 

Enfin, ceux qui placent leurs espoirs dans une définition légale des vins nature sont les idiots utiles de la GD. En effet, tous les signes de qualité avec cahiers des charges ont été et sont de plus en plus les meilleurs vecteurs de l’appropriation par la GD de ce qui se présentait à l’origine comme une  différenciation par rapport au tout venant banalisé.

 

Le label bio en est le plus criant exemple comme la multiplication des AOP-IGP a banalisé la masse des vins dit labellisés (l’AOC des origines n’était pas un signe de qualité).

 

 Je pose ça comme ça, sans jouer les ramenards, simplement pour introduire un peu de réflexion dans le petit monde des vins qui n’intéressent que les amateurs, grands ou petits, de grands vins ou de vins nu.

 

Le vin nu n’est ni de gauche, ni de droite et en même temps les lendemains qui chantent d’un côté et le profond conservatisme de l’autre me laissent penser que le petit monde de la vigne et du vin est un excellent miroir de ce qu’est notre vieux pays…

 

 

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commentaires

pax 09/04/2019 19:08

Tout arrive ! Merci Taulier de confirmer la plus que désagréable visite faite au Bon Marché évoqué dans le récit de mon séjour à Paris pour découvrir le Lapin Blanc et ses Biches (au fait, que deviennent elles ?) tant fréquenté et présent dans les chroniques.
Ce ne m’étonne qu’à moitié que dans ce qu’il voudrait être un temple du luxe et qui n’est que celui de la vulgarité (cf. la chronique sur Coco Chanel et les grolles qui coutent un bras Bernard Arnault se mette à vendre, presque sous le manteau quand on lit les circonlocutions prises pour le présenter un vin nature.
En effet le mouvement est en marche et la lenteur prise pour progresser montre qu’il ne s’agit pas d’un simple phénomène de mode. La RVF dans chacun de ses numéros commence à faire une place non anecdotique à ces vins, leurs producteurs, professionnels divers et amateurs avisés
Je partage tes inquiétudes, lucides Taulier. Le moment arrivera ou l’on s’occupera plus du « mouvement » que des vins. Et l’on va voir fleurir, label, certifications normes et autres fariboles administratives. En l’état je pense que les vins nature doivent continuer à vivre selon l’esprit de celui qui le fabrique hors toute classifications sauf le goût personnel de l’amateur. En effet, dans un rayons d’environ 25 km de Lutzelhouse je fréquente trois vignerons produisant des vins natures Rietsch à Mittelbergheim, Charles et Anny Brand à Ergersheim (Attention il y plusieurs Brand à Ergersheim – les vins nature c’est route de Wolxheim) ou encore Kumpf et Meyer à Rosheim. Ils sont aussi vivants que leurs producteurs et racontent chacun à sa façon,de belles bonnes et, savoureuses histoires.

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