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22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 06:00
Tout va très bien madame la marquise : la vigne France se porte bien ! Et pourtant pourquoi y-a-t-il déprise dans certaines régions et déficit d’installation de jeunes vignerons ?

Si j’étais là où j’ai été j’irais voir le Ministre de l’Agriculture, dans son grand bureau du rez-de-chaussée en l’hôtel de Villeroy au 78 rue de Varenne, pour lui dire « Chef, vous feriez bien de vous préoccuper de la vigne France, les chiffres sont trompeurs, les Rafales (terminologie utilisée pour démontrer la grande contribution des vins et spiritueux à la balance commerciale) survolent des vignes arrachées, de la déprise en l’absence de vignerons pour les cultiver… »

 

Et de lui mettre sous le nez :

 

  • NE LAISSER PERSONNE MOURIR : Voir une vigne mourir abandonnée n’est pas chose courante.  ICI  

 

Ce n’est pas du René Bazin dans la Terre qui meurt  mais ça fait pleurer du côté de la LPV, du père Gerbelle et quelques commentateurs.

 

  • NE LAISSER PERSONNE MOURIR, DEUXIÈME ACTE  ICI 

 

« Je n’ironise pas monsieur le Ministre, s’il est un territoire que je connais bien c’est celui des Pyrénées-Orientales, j’y ai traîné mes souliers pendant 18 mois lors de l’effondrement des Vins Doux Naturels, moi aussi ça m’attriste mais au lieu de me lamenter, de traquer les fautifs au premier rang desquels il y a votre grande administration de concert avec celle des Finances, je voudrais que vous preniez les choses en main pour redresser la situation. »

 

Ce n’est pas tout, prenez une autre région la Savoie dont le Monde souligne  le renouveau « L’ascension des vins de Savoie »

 

Longtemps boudés, apremonts et mondeuses connaissent un remarquable renouveau par Rémi Barroux Publié le 08 mars 2017

 

ICI 

 

Que lis-je dans la presse régionale :

 

Devenez propriétaire de vignes de Savoie pour 500 euros

 

La cave des Vignes des Alpes lance un financement participatif pour sauver ses hectares de vignobles savoyards en Chautagne et dans la région d'Apremont. Pour 500 euros, vous pouvez sauver un bout de terre viticole.

 

500 euros et vous devenez propriétaire de vignes en Savoie, ça vous tente ?

 

La cave Le Vigneron Savoyard tente un coup de poker pour sauver ses hectares de vignobles d'Apremont et de Chautagne grâce au financement participatif.

 

La cave a créé « Les Vignes des Alpes - le vignoble coopératif » une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) il y trois mois, où chacun peut prendre part au sauvetage des terres exploitées pour l'instant par une cinquantaine de vignerons. La cave survit et les deux terroirs sont en difficultés. « Sur la région d'Apremont, les vignobles de blanc de Savoie à base de Jacquère sont les plus demandés mais la pression économique est trop importante. Le risque est de perdre nos exploitations. En Chautagne, il n'y a pas assez de vignerons ou de repreneurs pour exploiter les terres » explique Fabien Danjoy, le directeur de la Cave du Vigneron Savoyard.

 

« Il faut au moins six à douze hectares pour pouvoir vivre de son travail en tant que vigneron coopérateur »- Fabien Danjoy, directeur de la Cave du Vigneron Savoyard

 

Pas besoin d'être un professionnel du vin pour se lancer, les particuliers, les sociétés peuvent investir dans les terres agricoles et devenir sociétaire de la SCIC. La cave a près de 160 hectares de vignes, elle aimerait pouvoir en sauver au moins 50 grâce à la société coopérative. "Avec 500 euros, le sociétaire achète une part de la SCIC qui sera investie en achat de vignoble ou simplement en exploitation d'un vignoble déjà existant. Les sociétaires vont vivre une réelle expérience viticole, ils pourront approcher de près le métier de vigneron. Ils seront rétribués en bouteilles, on organisera des événements pour qu'ils apprennent ce qu'est la taille, les vendanges, on fera aussi des dégustations", ajoute Fabien Danjoy, directeur de la Cave du Vigneron Savoyard.

 

L'objectif est aussi de pouvoir aider de jeunes vignerons à se lancer et à reprendre des terres actuellement en friche.

 

Le vignoble de la Cave du Vigneron Savoyard peut être sauvé grâce à un financement participatif - 

 

Le vignoble de la Cave du Vigneron Savoyard peut être sauvé grâce à un financement participatif - Page Facebook Les Vignes des Alpes

 

Trente-cinq sociétaires ont déjà investi dans la SCIC. L'objectif est de réunir 1.000 à 2.000 sociétaires et un capital d'un million d'euros pour remettre à flot cave du Vigneron Savoyard.

 

Voilà, monsieur le Ministre, je n’irai pas au-delà de ces simples exemples qui m’interrogent sur la pertinence des modèles économiques, tout aussi bien des caves coopératives que des vignerons indépendants, pour affronter la nouvelle donne du marché du vin.

 

Vous disposez dans votre belle maison d’une palanquée d’Ingénieurs et d’Inspecteurs, sis rue de Grenelle, demandez-leur , il y en a des bons, d’aller se pencher sur le chevet de la vigne France, de poser un diagnostic avant de vous proposer des lignes d’action afin que notre potentiel viticole ne se rétrécisse pas comme une peau de chagrin.

 

En effet, pourquoi diable une activité en « pleine santé » n’attire pas plus de nouveaux entrants dans des régions où le prix des terres viticoles reste plus que raisonnables ? Au lieu de se focaliser sur la petite poignée des vignes et des vins qui passionne les amateurs éclairés et les prétendus journalistes du vin, ausculter la masse vigneronne, celle qui fait le volume, celle qui ne sait pas vendre son vin parce qu’elle ne pèse rien face à la GD.

 

Vaste programme !

 

Bon courage les loulous, vous pourrez aller faire un tour du côté de la Petite Sibérie si ça vous dit...

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commentaires

ISSALY Michel 22/03/2019 09:12

Lorsque j'ai quitté la présidence des VIF j'avais alerté la presse et les autres organisations professionnelles sur deux sujets essentiel pour notre filière (nous en avions aussi parlé ensemble): c'était la vigne et les conditions climatiques (nous ne parlions pas encore de réchauffement climatique) et la transmission des entreprises. Depuis, ces sujets sont passés au second plan (il y a tellement d'autres priorités à court terme...). Le sujet du déréglemente climatique est enfin "presque" pris à bras le corps par la filière (enfin ceux qui y sont sensibilisés et qui n'ont pas peur et ne font pas la politique de l'Autruche, si si il y en a encore beaucoup). Pour l'avenir de notre métier tout est encore à faire. Pourtant, cette profession fait encore rêver, mais les difficultés sont telles que beaucoup (cadre ou hors cadre familial) reculent: fiscalement, administrativement et lourdeurs réglementaires, coup financier de l'installation et son accompagnement, quels modèles de productions (bio, HVE, conventionnel...), formation ou études pour préparer à gérer un domaine viticole (c'est extrêmement lourd), manque de personnels formés, etc... Sans oublier bien sur les problématiques de petites récoltes successives du à des conditions climatiques difficiles (gel, grêle, maladies...).
Aucunes régions n'est épargné des moins rentables au plus rentables, des moins prestigieuses au plus prestigieuse et pas forcément pour les mêmes raisons. Des solutions doivent être proposé notamment pour que le modèle familial (qui a contribué à faire la richesse de notre viticulture Française) puissent perdurer encore longtemps. C'est le seul qui puissent contribuer à la transmission des savoirs faire qui fait de notre pays une référence mondiale. Dans les vignobles les plus prestigieux, les Domaines Familiaux deviennent de plus en plus incedables au sein du cadre familial notamment à cause d’un coup du foncier indécent.
Il y a urgence, la filière et l’état doivent se pencher urgemment sur ce dossier pour créer un modèle à la Française qui protègera l’avenir de ce secteur si important pour nos territoires ruraux.

pax 22/03/2019 07:07

France éternelle, si différente d'un point à l'autre. En Alsace nous sommes assez protégés et il me semble que si le phénomène existe il est très minoritaire. En revanche, on trouve beaucoup de vignes en déshérence hors des zones de l'AOC. A un moment, le vignoble couvrait toute l'Alsace comme en témoignent, entre autre, les celliers de grandes fermes du nord et abritant des foudres imposants avec, à coté mais séparé, le "brandisele" ( la distillerie ). Loin de mourir, le vignoble s’étoffe ou reprend des couleurs. Ainsi le vignoble historique de « La Couronne d’Or » réunit diverses communes jusqu' alors quelque peu endormies, non loin de Strasbourg.
En revanche, c’est un crève cœur, sur les AOC Banyuls/Collioure de voir les vignes abandonées, les murets de schiste effondrés, les Casots délabrés et envahi de végétation démontrant que l’abandon ne date pas d’hier.
En effet, il faut laisser à H.Bizeul ainsi qu’à Luc Charlier, autre vigneron clivant, à La Coume Majou près de Maury le mérite de ne pas laisser mourir des vignes.

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