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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 10:15
« On me poursuit parce que je témoigne de ce que j'ai vu et de ce que j'ai vécu » soutenons l’écrivain égyptien Alaa El Aswany auteur de J’ai couru vers le Nil mon livre de chevet du moment

Je lis en ce moment J’ai couru vers le Nil le dernier roman d’Alaa El Aswany écrivain égyptien. Je découvre ce matin qu’il est poursuivi par la justice militaire de son pays.

 

Je relais un appel des Nouveaux dissidents.

 

Pour le soutenir : achetez J’ai couru vers le Nil c’est un très beau roman (lire plus bas)

 

Jai couru vers le Nil

 

Quant aux décérébrés gilets jaunes et autres soutiens hypocrites qui proclament que nous vivons dans une dictature je leur dit : direction l’Égypte.

 

Enfin, notre beau pays dit des droits de l’Homme soutient le régime du le maréchal al-Sissi pour des raisons géostratégiques, comme il l’a fait en d’autres temps pour des dictateurs régionaux en Irak, Syrie et Libye.

 

La Gazette des Nouveaux Dissidents #9

 

Le 17 mars 2019

 

 Vendredi 15 mars 2019, nous apprenions que l’écrivain Alaa El Aswany était poursuivi par la justice militaire égyptienne pour, entre autres, insulte contre l’État. La cause de cette inculpation est une série d’articles qu’il a publiée dans un média allemand. Alors qu’il est exilé aux États-Unis, Les Nouveaux Dissidents ont pu s’entretenir avec lui par téléphone, samedi après-midi, et lui poser plusieurs questions sur sa situation.

 

  • Vous venez d’apprendre que vous êtes poursuivi par un tribunal militaire pour insulte contre le président, les forces armées et judiciaires ainsi que l’État égyptiens. Quels sont les faits qui vous sont reprochés ? 

 

D’avoir dit ce que je pense. De m’être exprimé et d’avoir donné mon opinion. Je suis un écrivain et ce que j’écris déplaît à ce régime. Outre mes articles dans un journal allemand, c’est aussi mon dernier roman La République comme si (publié en français sous le titre J’ai couru vers le Nil) qui est inclus dans cette procédure judiciaire parce qu’il dénonce les exactions du régime et de l’armée commises pendant la révolution de 2011. Par ailleurs, il faut savoir qu’en Égypte, la justice militaire n’est pas indépendante. Un officier supérieur de l’armée peut faire ce qu’il veut d’un jugement rendu par un tribunal militaire. Il peut annuler la peine ou au contraire la durcir, il peut amnistier ou au contraire infliger une condamnation beaucoup plus lourde. On me poursuit parce que je témoigne de ce que j’ai vu et de ce j’ai vécu, on me poursuit à cause de mes textes, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales, à l’article 65 de la Constitution égyptienne qui garantit la liberté de pensée et d’opinion à tous les citoyens, ou à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dont l’Égypte est signataire.

 

  • Vous ne vivez plus en Égypte. Il vous est impossible de vous exprimer dans les médias égyptiens. Vos livres, vos romans ne peuvent plus y être publiés. Pourquoi le pouvoir s’acharne-t-il contre vous ?

 

Dès que le maréchal al-Sissi est devenu président de la République, il m’a été interdit d’écrire dans la presse égyptienne alors que je le faisais de façon hebdomadaire auparavant. Depuis maintenant cinq ans, je ne peux plus publier une ligne dans mon pays. Cependant, je continue de m’exprimer dans les médias internationaux. Et j’écris en arabe sur le site de la radio allemande Deutsche Welle ainsi que sur les réseaux sociaux. Mon compte Twitter est suivi par trois millions deux-cent trente mille personnes (ce qui est certainement un chiffre plus important que les tirages de tous les quotidiens égyptiens réunis). Et puis, mon dernier roman est traduit et publié en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud… Ils savent que j’ai encore une influence. Bien qu’ils aient fait tout pour l’empêcher, je continue à écrire et à être lu.

 

  • Quels sont les risques que vous encourez ?

 

Tout est permis contre les opposants au régime ! Une procédure judiciaire via un tribunal militaire peut autoriser qu’on saisisse les biens, qu’on bloque les comptes bancaires, etc. Je suis inquiet pour ma famille, pour mes proches qui sont en Égypte. On peut imaginer des scénarios effrayants, qu’ils soient enlevés, qu’ils disparaissent. C’est arrivé à de mes amis, des amis révolutionnaires dont les proches ont été kidnappés ou qui, du jour au lendemain, ont disparu. Ce régime est terrifiant. Récemment, un libraire a été condamné à cinq ans de prison parce qu’il avait vendu un (seul !) exemplaire d’un livre interdit par la censure.

 

  • Comment peut-on vous aider ?

 

Le soutien moral est très important pour moi. Je sens que je ne suis pas seul. Mes amis, mes éditeurs, mes camarades écrivains sont là et cela m’apporte du réconfort. Faire savoir ce qui m’arrive peut aussi m’aider. Un écrivain n’est pas un terroriste, il n’est pas un criminel. Je me suis exprimé et je n’ai fait que mon devoir, qu’obéir à ma conscience. Qu’un écrivain soit jugé par un tribunal militaire, c’est quelque chose d’extrêmement grave. Mais j’ajoute que c’est aussi grave quand il s’agit d’un simple individu qui défend les valeurs de la démocratie.

 

Propos recueillis par Estelle Lemaître

 

Né en 1957 dans la vallée du Nil, Alaa El Aswany est l’un des écrivains les plus célèbres du monde arabe. Son premier roman L’Immeuble Yacoubian, publié en 2006, est devenu un véritable phénomène éditorial international. Longtemps, il a exercé le métier de dentiste dans le centre du Caire. Romancier, nouvelliste, essayiste, il est traduit en une trentaine de langues et a reçu une quinzaine de prix littéraires. Chroniqueur engagé, il défend ardemment les valeurs de la démocratie dans de nombreux articles qui ont paru dans la presse égyptienne et internationale. Il est l'un des membres fondateurs du mouvement d'opposition « Kifaya » (Ça suffit). En 2011, il prend une part active au Printemps arabe et participe au mouvement de la place Tahrir, cette expérience lui inspire son roman J’ai couru vers le Nil. Alaa El Aswany vit aujourd’hui aux États-Unis où il enseigne la littérature.

 

A très bientôt !

 

Flore de Borde, Michel Eltchaninoff, Adélaïde Fabre, Estelle Lemaître,Sumi Saint Auguste, Maryna Shcherbyna, Alice Syrakvash

 

La nostalgie a laissé place à la colère. A une férocité qu’on ne lui connaissait pas, aussi. A une liberté de ton inédite. Car la révolution égyptienne est passée par là. Et ce qu’a vécu Alaa El Aswany place Tahrir, au Caire, en janvier 2011, cette aspiration à un monde plus juste enfin à portée de main, irradie J’ai couru vers le Nil. Tout comme le gâchis qui s’ensuivit, symbolisé par le retour au pouvoir des militaires avec l’aide des Frères musulmans. Alors, pour ne pas oublier, pour mettre ses compatriotes face à leurs responsabilités, El Aswany a écrit ce dernier roman d’une ambition folle. Mêlant la petite histoire à la grande, il raconte ces quelques jours qui ébranlèrent son pays et un ordre jusque-là considéré comme immuable.

 

Comme à son habitude, l’auteur de L’Immeuble Yacoubian a convoqué une ronde de personnages qui se croisent, se frôlent, se fréquentent, luttent côte à côte, s’aiment ou se tuent, dans des chapitres courts, haletants, portés par ce style direct qui le caractérise. Autant d’hommes et de femmes de tous âges et de tous milieux qui disent l’Egypte d’aujourd’hui, la corruption endémique, l’hypocrisie avec laquelle certains se servent de la religion pour ­arriver à leurs fins. Il y a parmi eux ce général très pieux, et pourtant responsable d’un centre de torture. Un ancien gauchiste, directeur d’usine, mettant en garde ses salariés contre les méfaits de la révolution. Un prédicateur introduit jusqu’au sommet de l’Etat, une présentatrice télé prête à tout, un comédien copte marginal au sein du pays comme de sa propre communauté. Et tous ces jeunes sur lesquels reposent les ­espoirs de l’écrivain. Conteur extraordinaire, Alaa El Aswany réussit ici le grand roman de la révolution égyptienne.

 

| Traduit de l’arabe (Egypte) par Gilles Gauthier, éd. Actes Sud, 432 p., 23 €.

Yasmine Youssi

Telerama n°3589

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