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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 06:00
Poulet à la Kiev, « ne te laisse pas abuser par le nom. La recette a été inventée à Moscou. Pas par les fascistes de Kiev. »

Plat déconseillé au hallebardier de B&D, c’est bourré d’ail.

 

Vous commencez à me connaître, du moins les fidèles, dès que je chronique sur un livre des effluves de chroniques remontent jusqu’à ce qui me reste de neurones vifs.

 

Tel fut le cas une fois fermé La fille du traître de Leif Davidsen.

 

 

La cuisine totalitaire chez Gaïa le même éditeur. ICI 

 

Ce qui est drôle c’est qu’il est signé par deux vrais russes : Wladimir Kaminer né à Moscou en 1967 et sa femme Olga né sur l’île Sakhaline, derniers Russes à avoir obtenu la nationalité est-allemande avant la réunification. Donc des allemands tout court maintenant.

 

Ils écrivent :

 

« La gastronomie russe est la seule au monde qui fasse passer la nourriture au second plan »

 

« En effet, les Russes ne vont pas au restaurant pour manger ou boire, ils peuvent aussi bien le faire chez eux. Ils sortent pour faire la fête. Et tout ce qui, pour des raisons de sécurité, n’est pas permis à la maison, doit l’être  au restaurant : chanter, faire la danse du ventre, se balancer au lustre. L’ingrédient le plus important de la cuisine russe est l’humeur du cuisinier. Dans un bon jour, il est capable de sortir de sa toque un esturgeon rempli de caviar, de jongler avec des brochettes devant la table, ou de cracher du feu avec de la vodka. Dans un mauvais jour, cela peut devenir encore plus acrobatique. Il faut absolument vider son assiette, car les cuisiniers russes sont très susceptibles

 

Tor cuisine pour sa demi-sœur Laila

 

« Laila observait Tor tandis qu’il faisait à manger. Il était comme un poisson dans l’eau en cuisine. Il préparait une soupe et un plat avec du poulet, qui paraissait extrêmement compliqué, avec des œufs de la farine et de la chapelure. Il fit une incision dans deux gros filets de poulet et les farcit avec une noisette de beurre congelé avec de l’ail et du persil haché, puis avec des lardons grillés finement coupés, avant de les enrouler et de les refermer avec des brochettes en acier. Ensuite il les trempa dans de la farine, puis dans un œuf battu et enfin dans la chapelure, dans laquelle il avait mélangé du fromage râpé. Il les mit à griller dans une poêle, tandis que dans une casserole il fit cuire des pommes de terre qu’il avait coupées grossièrement. Leila comprit qu’il avait prévu de faire une purée.

L’odeur de nourriture lui avait ouvert l’appétit.

 

[…]

 

Elle était assise avec sa quatrième bière de la soirée et se sentait légèrement ivre.

 

[…]

 

Il remua le contenu de la casserole. Une bonne odeur de cuisine embaumait la pièce, et elle sentait légèrement engourdie par l’ivresse.

 

[…]

 

Ils éclatèrent tous les deux de rire. Tor sortit une bouteille de vodka d’un placard et remplit à ras bord deux verres qui ressemblaient à des verres de schnaps, mais en plus grands. Il lui en tendit un.

 

  • À la nôtre, dit-il.

 

  • À la nôtre.

 

  • Tu es une femme, tu n’es pas obligée de boire cul-sec.

 

Il vida son verre d’un trait. Laila l’imita et sentit aussitôt une intense chaleur se répandre dans son ventre à ses membres. C’était fort, mais exquis. Elle allait devoir faire attention. Elle était en train de s’enivrer, il valait mieux ne pas perdre le contrôle. Généralement, elle tenait plutôt bien l’alcool, mais les Russes étaient réputés pour avoir une bonne descente.

 

Tor prit un cornichon et se mit à le mâcher avec délectation. Il en planta un sur sa fourchette et le lui tendit. Il était délicieux et atténua quelque peu le goût puissant de la vodka.

 

  • Seuls les alcooliques boivent sans manger…

 

[…]

 

Goûte ta soupe.

 

Elle était chaude et veloutée. C’était une soupe de légumes aux brocolis, choux-fleurs, oignons, carottes et céleri, avec du bouillon de volaille et de l’ail. Elle avait un goût fantastique.

 

  • Merde, c’est délicieux, Tor.

 

  • Merci.

 

L’espace d’un instant, il parut heureux et son visage enfantin resurgit. Il leur servit un autre verre de vodka.

 

  • Doucement, Tor, je vais être soûle.

 

[…]

 

C’est vraiment bon. Santé, frangin.

 

Cette fois, elle s’abstint de vider son verre, contrairement à lui. Puis il remplit à nouveau leurs verres à ras bord. Lorsqu’ils eurent terminés de manger leur soupe, il retira les assiettes et les mit dans le lave-vaisselle. Il vida l’eau des pommes de terre et les écrasa à l’aide d’un presse-purée, avant d’ajouter du lait, puis du beurre dans la casserole, qu’il posa sur la table. Il prit les filets de poulet, les disposa dans les assiettes et les apporta.

 

Suivant son exemple, Laila se servit une cuillerée de la purée onctueuse et coupa en deux son filet de poulet, d’où s’écoulèrent un filet de beurre fondu à l’ail et au persil et les petits morceaux de lardons grillés. C’était une sensation merveilleuse d’avoir en bouche ce mélange de viande de poulet tendre et de beurre chaud, qui se marient à la perfection avec la panure.

 

  • Tu n’as jamais songé à ouvrir un restaurant ? Qu’est-ce que c’est demanda-t-elle.
  •  

Il la gratifia de son sourire juvénile.

 

  • Du poulet à la Kiev. Mais ne te laisse pas abuser par le nom. La recette a été inventée à Moscou. Pas par les fascistes de Kiev.

 

  • Des fascistes ? C’est comme ça que tu les vois ?

 

  • Oui.

 

 

LLes meilleures Vodkas ICI

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commentaires

pax 11/03/2019 06:40

Comment le bienveillant Taulier vous détourne de votre inclination à devenir une patate de divan avachi devant la veulerie d'une télé trop souvent démagogue ? En vous proposant des lectures à la façon d'un B.Pivot qui serait discret et ne s'adresserait qu'à des "happi few" Ainsi tout récemment , "La Goutteuse d'Hitler," "La Fille du Traitre ": un régal. Si je peux contribuer au bonheur de lire pour ceux qui ont, ou trouve le temps, je suggère "Olga"de Bernard Schlink (Une subtile, comme tout ce qu'écrit Schlink,biographie qui nous raconte l'histoire de l'Allemagne d'avant la première guerre mondiale jusqu'après la chute du mur - cher Gallimard) et "Yeruldelger" de Ian Manook ( Polar Mongol - Le livre de Poche) et je me permet de rappeler, c'est court mais dense, La Théorie de la bulle carré de Sébastien Lapaque recommandé il y a peu par cet étonnant Taulier qui sait faire partager ses bonheurs de lecture.O combien !

JACQUES BERTHOMEAU 11/03/2019 08:43

Merci

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