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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 06:00
Mon père ce poivrot 1 BD de Stéphane Louis pour évoquer l’alcool qui tue et détruit la cellule familiale…

C’est le journal suisse le Temps qui m’a mis cette BD sous le nez, sans doute parce que l’auteur Stéphane Louis a 47 ans, habite Annecy.

 

Je l’ai sitôt achetée car il me semble important de parler de cette maladie qu’est l’alcoolisme, sans passion, sans faux-semblants, en regardant la réalité en face, en nous plaçant dans la peau d’un enfant d’alcoolique.

 

Comme le souligne l’auteur : il ne traite pas l’alcoolisme comme on l’aborde régulièrement, via les traitements, ça Stéphane le laisse aux médecins. Lui c’est alcoolisme de l’intérieur, du vécu.

 

« Nous ne sommes pas que nos faiblesses. Nous sommes ce que nous essayons d’en faire. »

 

Stéphane Louis est un auteur reconnu dans le milieu de la bande dessinée de science-fiction que je ne connaissais pas car j’apprécie assez peu la science-fiction, il publie une BD «Mon père ce poivrot » où il  évoque les conséquences de l’alcoolisme sur la cellule familiale.

 

 

Le message de l’album tient en une seule phrase tirée de la BD : « C’était un poivrot Lulu ...mais c’était mon père !»

 

Les 72 pages content l’histoire de Lucien Basset, un père alcoolique qui souhaite revoir son fils Rémy et «lui sauver la vie», après des années de rupture. L’histoire tient en une seule ligne et étonne le lecteur jusqu’à la dernière page. S’il ne s’est pas directement représenté dans l’album au travers du personnage de Rémy, Stéphane Louis a bel et bien vécu cette histoire avec son père, Maurice, décédé en 2006.

 

Celui-ci né sous X,  avait été appelé Lucien Basset, par erreur, jusqu’au jour de son certificat d’études. C’est la femme du dessinateur, également coloriste de l’album, qui l’avait incité à reprendre contact avec lui quelques années avant sa disparition. «Elle m’a surtout invité à le faire afin de ne pas le regretter par la suite, précise Stéphane Louis. Cet album n’est pas une thérapie, ni une catharsis. J’ai pu régler mes problèmes avec lui de son vivant.»

 

Le dessinateur a aussi voulu souligner l’importance de tendre la main à une personne ayant une addiction, même si au final on est souvent déçu. «Si elle retombe, on le prend pour un échec personnel. J’ai plusieurs fois tendu la main à mon père, mais j’ai toujours été déçu par ces tentatives et, au bout d’un moment, je me suis demandé à quoi cela servait de faire un nouvel essai.»

 

«Dans ces moments, je vivais avec mon père. Je sais que cette main à tendre demande un effort. Notre relation a toujours été difficile. Je l’ai renié, mais il n’a jamais levé la main sur moi», confie-t-il.

 

La BD est parfois confuse, avec ses retours en arrière, ses monologues touffus,  mais on s’y fait et c’est ce que Stéphane Louis a voulu en faisant évoluer son trait « pour le rendre «moins propre» qu’habituellement. «Le dessin lâché m’a permis de représenter les visions que l’on peut vivre dans l’alcoolisme.» Sa volonté n’était pas de montrer sa propre interprétation de l’histoire de son père, mais de faire comprendre qu’il ne faut pas résumer un être à sa seule étiquette d’alcoolique. »

 

Bref, c’est une approche rare qu’il faut saluer.

 

« On estime à 5 millions le nombre de buveurs excessifs en France (trois millions d’alcoolo-dépendants sévères). Ça fait combien de victimes collatérales ? Combien d’enfants et d’adolescents qui vivent l’ENFER au quotidien ? Pas besoin de calculette. Ça fait beaucoup. »

 

Stéphane Louis, Mon père ce poivrot, Ed. Bamboo, 72 pages

 

Stéphane Louis est né en 1971. Autodidacte, il a fait ses premiers pas dans le monde des bulles grâce aux fanzines, prozines et autres magazines tels que Dixième Planète, Semic, Comic Box, Bugs Bunny Mag, etc. Professeur pendant huit années dans le 93, il démissionne de l’Education Nationale pour vivre de sa passion et travaille aussi dans des agences de communication, le web et la publicité. Ses influences de dessinateur proviennent du travail d’Olivier Vatine ou encore du duo John Byrne / Terry Austin sur les X-Mens. Mais également des mangas depuis leur parution en France ainsi que des Comics et surtout de la BD Franco-Belge qui a bercé son enfance (Raaah, Franquin, Seron puis Maëster, lui ont donné l’envie de prendre un crayon).

 

 

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