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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 06:00
Brexit no deal « Messieurs les anglais sautez les premiers ! » mais souvenez-vous de l’amour que vous portez depuis toujours à nos vins…

Nous, les farouches gaulois, râleurs, de France, de Navarre et d’ailleurs, adeptes du nombrilisme, pendant que le monde affronte de lourds périls, nous nous passionnons pour les « exploits » de Benalla et les errances des gilets jaunes

 

Pauvre petit pays rabougri, racorni, en panne, immobile, prêt à s’embarquer dans les fourgons de pires démagogues, je m’en désole mais, sans aucun doute, mon grand âge m’épargnera de vivre un temps qui ne me va pas.

 

Coup de bourdon ?

 

Non !

 

Comme une envie de moucher sur les réseaux sociaux ceux qui passent leur temps à donner de leçons sur tout et le contraire de tout, mention spéciale pour certains cavistes dit engagés.

 

Alors, afin de ne pas me laisser aller à un pugilat sans intérêt avec des gens qui n’en ont pas un gramme j’ai décidé ce matin de donner la parole à un anglais.

 

  • Pour faire plaisir au sieur Jacques Dupont

 

« Selon moi, il faudrait rassembler les fanatiques de la santé qui ont empoisonné tous nos plaisirs naturels et les enfermer dans un lieu où ils pourraient se casser les pieds entre eux avec leurs remèdes de charlatans. »

 

  • Le crachat à 100£ pour honorer les vrais dégustateurs

 

Ça se passe lors de dégustation organisée par Corney&Barrow le marchand londonien possédant les droits anglais exclusifs sur les vins du Domaine de la Romanée Conti.

 

« C’était la première fois que je prenais conscience de la véritable souffrance du critique de vin. Car comment peut-on faire tourner quelque chose dans sa bouche après une expression aussi béate tout en sachant que la bouteille vaut 1500£, et tout cela pour griffonner ensuite « sacrément bon » sur son carnet ? Je voyais leurs sourcils se froncer tandis qu’ils s’efforçaient de rallonger leur paragraphe, d’ajouter un peu d’encre par-ci, de raboter par-là et, d’une façon ou d’une autre, de se faire pardonner leur crime puisqu’ils jetaient dans l’évier l’équivalent d’une mensualité de leur emprunt immobilier. »

 

  • Pour mes nombreux lecteurs bourguignons

 

« Le Charlemagne (un vignoble donné à l’abbaye de Saulieu par Charlemagne en 775) se situe sur la pente favorable de la colline de Corton, non au-dessus d’Aloxe mais au-dessus de Pernand. L’Île de Vergelesses se trouve juste en-dessous, planté avec du pinot noir. Mais entre les deux, se trouve un minuscule vignoble appelé « Les Noirets » qui n’est ni un grand cru comme le Charlemagne ni un premier cru comme l’Île de Vergelesses, mais un simple vin de pays de Pernand. Il est planté avec du chardonnay et produit un vin aux arômes fins et nets, à la richesse profonde de noisette qui sont la marque d’un bourgogne blanc noble. Ceux qui dépensent une fortune pour une bouteille de corton-charlemagne n’ont pour la plupart jamais entendu parler du pernand-vergelesses, et aucun sans doute n’a entendu parler des noirets. Je suis profondément désolé de vous en parler. Mais à quoi servirait ce chapitre si je n’en parlais pas. »

 

 -       Pour le grand président Chapoutier

 

« Pourquoi l’appeler « shiraz » ? Ce raisin – la syrah – n’a rien à voir avec la ville de Shiraz, nonobstant la légende qui est mise ici et là sur les rives du Rhône, selon laquelle les Croisés auraient rapporté ce raisin de ces contrées et nonobstant la célébrité de Shiraz, lieu de naissance du grand buveur Hafiz. La syrah est le raisin de l’hermitage, un vin qui vieillit durant des décennies pour donner le plus délicat et le plus parfumé de tous les produits du Rhône. Le nom de « shiraz » donne au vin un côté sauvage et velu qu’il faut descendre au goulot avec le stoïcisme d’un converti qui vient de renoncer à la bière. Forcer le syrah à atteindre les 14 degrés (ou plus en rusant) pour accélérer la maturation, afin de mettre le produit sur le marché avec toutes ses saveurs de réglisse indomptées – crachant son souffle de feu comme un vieux coureur de jupons qui se penche vers vous et met sa main poilue sur votre genou – c’est massacrer un raisin qui, correctement traité comme c’est la cas sur la colline de l’Hermitage ou sur la Côte Rôtie, est le plus lent et le plus civilisé des séducteurs. »

 

  • S’ouvrir au monde

 

« Aussi, retournons vers la véritable justification du vin, c’est-à-dire la pratique vertueuse. Voici une manière de l’exercer. Tout d’abord, entourez-vous d’amis. Puis servez quelque chose d’intrinsèquement intéressant : un vin enraciné dans un terroir qui vient vers vous depuis un lieu privilégié, qui invite à la discussion et à l’exploration, qui éloigne l’attention de vos propres sensations et l’ouvre au monde. Dans l’arôme qui s’échappe du verre, faire apparaître du mieux que vous pouvez l’esprit des choses absentes. Partagez chaque souvenir, chaque image et chaque idée avec vos compagnons. Recherchez un état d’esprit détendu et sincère, et surtout pensez au sujet en vous oubliant. »

 

Je bois donc je suis de Roger Scruton est publié dans la collection l’autre pensée chez Stock 20€ traduit de l’anglais par Elsa Boyer

Tim Martin, ce patron de pubs qui rêve d’un « no deal »

Le fondateur de la chaîne Wetherspoon a même supprimé les alcools européens de son enseigne de 900 pubs.

Avec ses polos mal coupés, ses cheveux mi-longs et son curieux accent traînant, héritage d’une jeunesse passée entre l’Irlande du Nord et la Nouvelle-Zélande, Tim Martin incarne le parfait patron de pub, bien planté derrière son comptoir en bois. Carrure de rugbyman (1,95 m et 130 kg), l’homme parle avec des phrases simples, frappées au coin du bon sens.

Comme beaucoup de ses confrères, il soutient le Brexit avec ferveur. Il renvoie les experts, qui avertissent des dangers de la sortie de l’Union européenne (UE), à leurs chères études. « Les élites, les énarques, comme on dit en français, sont ce que j’appelle des “européistes” : ils ont une croyance presque religieuse en l’UE. »

ICI 

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commentaires

pax 20/03/2019 18:17

" Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende " est la phrase qui achève " L'homme qui tua Liberty Valance " de John Ford.
Il semble que les vignerons assoiffé de pub et de marketing y souscrivent autant que faire se peut. Ainsi en Alsace le fameux Tokay dont le cépage qui n'est que Pinot Gris qui n'a rien à voir avec le Furmint aurait été rapporté par Lazare de Schwendi diplomate de Charles Quint. Ou encore le Klevener ( avec 3 e) d'Heiligenstein introduit par Erhardt Wantz bourgmestre de la ville et qui n'est autre que le savagnin rosé du Jura ( ou un très proche parent )

pax 20/03/2019 14:39

Coup de bourdon ? Non vous dit on .Mais une de ces "saintes colères" dont un lucide et allergique Taulier *nous gratifie de temps en temps .Et aujourd'hui, en prime, un livre dont je savoure à l'avance le contenu tant il doit être proche dans l'esprit du " Le bon vin et les autres " (Le Seuil 1976) de Pierre-Marie Doutrelant qui provoqua une saine polémique dans le monde du vin.
J'ai un faible pour le crachat à 100 £. Grandiose ! Du Molière dans le texte ! Ou du Monty Python !
Dans tout ce que j'ai pu lire à propos de la Romanée Conti je retiens surtout un pertinent
commentaire de Serena Sutcliffe in "Les vins de Bourgogne" (Flammarion 1987) A propos du Domaine de La R.C. elle subodorait ne plus être en odeur de sainteté et vraisemblablement y être interdite de séjour pour avoir déploré publiquement que cette vénérable maison, que rien ne saurait mettre à l'abri des mauvaises années, mettait en vente la production de ces malencontreuses vendanges de la même façon que les grandes, voir exceptionnelles année.
* Et hop un coup de brosse à reluire de plus : Un taulier à qui on pourrait attribuer, parodiant l'affirmation que Paul Valéry met dans la bouche de M.Teste : " La bêtise n'est pas son fort " c'est du moins ce qui vient à souvent à l’esprit des intoxiqués de sa chronique.

Xavier JUNGMANN 20/03/2019 07:12

Bonjour Jacques, l’article du Monde est réservé aux abonnés...

JACQUES BERTHOMEAU 20/03/2019 09:40

Avec ses polos mal coupés, ses cheveux mi-longs et son curieux accent traînant, héritage d’une jeunesse passée entre l’Irlande du Nord et la Nouvelle-Zélande, Tim Martin incarne le parfait patron de pub, bien planté derrière son comptoir en bois. Carrure de rugbyman (1,95 m et 130 kg), l’homme parle avec des phrases simples, frappées au coin du bon sens.

Comme beaucoup de ses confrères, il soutient le Brexit avec ferveur. Il renvoie les experts, qui avertissent des dangers de la sortie de l’Union européenne (UE), à leurs chères études. « Les élites, les énarques, comme on dit en français, sont ce que j’appelle des “européistes” : ils ont une croyance presque religieuse en l’UE. »

« Une petite expérience »
Mais Tim Martin n’est pas un patron de pub comme les autres. Il en possède un peu plus de 900 à travers le Royaume-Uni. Depuis deux ans et demi, il a mis la puissance de son groupe Wetherspoon, qu’il a monté à partir d’un seul établissement ouvert en 1979, au service du Brexit. Pendant le référendum, il a imprimé un demi-million de dessous de verre en faveur du « Leave ». Son magazine, Wetherspoon News, diffusé dans ses pubs à 400 000 exemplaires et lu par deux millions de personnes, prêche les vertus d’un avenir radieux libéré des chaînes de Bruxelles. L’homme passe en permanence dans les médias britanniques et contribue régulièrement aux meetings électoraux de Leave Means Leave, un groupe proche de Nigel Farage, l’ancien patron du parti europhobe UKIP.

« Toutes ces histoires d’un saut de la falaise en cas de “no deal”, c’est du n’importe quoi », écrit-il dans le dernier numéro du magazine.

Et pour se convaincre que son pays n’est pas dépendant de ses voisins européens, il a mené « une petite expérience » : il a remplacé tous ses alcools européens par un substitut britannique ou international. Le champagne a fait place à un vin blanc pétillant d’Australie, à la place du Courvoisier un alcool australien est désormais servi et les bières allemandes sont remplacées par des britanniques ou des américaines.

Depuis, ses ventes ne se sont pas effondrées, ses clients ne se plaignent pas et ses importations ne prennent pas plus de temps. Ses 900 pubs prouvent une idée chère aux Brexiters : les Européens ont plus besoin des Britanniques que l’inverse. « Je peux vous assurer que les Européens sont terrifiés qu’une action comme celle de Wetherspoon puisse servir d’exemple », continue Tim Martin.

« Les risques que l’UE pose à la démocratie… »
Curieux phénomène que ce grand gaillard grisonnant de 63 ans, père de quatre enfants, au succès retentissant. Son empire, dont il possède 32 %, est valorisé 1,4 milliard de livres sterling (1,6 milliard d’euros) en Bourse. Il pourrait se déplacer en avion privé et vivre dans les quartiers chics de Londres. « Si vous faites cela, vous vous isolez et cela vous rend triste. »

A la place, il vit dans le Devon, prend le train pour Londres chaque mercredi, passe une journée à son siège de Watford, en grande banlieue nord de la capitale britannique, prend une heure de cours de français (qu’il parle très convenablement), puis visite pendant deux jours ses pubs à travers le pays. La plupart de ses déplacements se font à pied, et il marche une bonne dizaine de kilomètres par jour.

Sur son téléphone, il accumule les notes, pub par pub : il y a des tables à vernir dans l’un de ses établissements de Folkestone (Sud-Est) ; des toilettes sont à améliorer ; à Douvres (Sud-Est), une chaise est percée et doit être réparée ; il envisage de revendre le terrain juste à côté, qu’il avait acheté pour une possible extension ; attention, les banquettes prennent trop de place… « Je visite toujours seul les établissements. Il ne faut pas venir à cinq cadres supérieurs. Les employés aiment pouvoir parler directement au patron. »

« Tim se déplace avec un sac plastique dans lequel il trimballe ses documents, il conduit une Volvo de quinze ans qu’il remplacera par une autre vieille Volvo, il aime rencontrer les gens », résume son ami David Page, un autre entrepreneur à succès, qui a développé l’enseigne Pizza Express. Lui qui le connaît depuis un quart de siècle s’oppose pourtant vigoureusement au Brexit. « Tim est complètement obsédé par la question européenne. Quand il vient me voir dans ma maison de l’Aveyron, on évite de trop en parler, sinon, il se lance dans des théories sur les risques que l’UE pose à la démocratie… »

« Les prix alimentaires baisseraient immédiatement »
Le patron de pubs, fils d’un pilote de chasse, fait partie d’une petite minorité d’entrepreneurs qui croient au Brexit. James Dyson, l’inventeur de l’aspirateur sans fil, et Jim Ratcliffe, l’homme le plus riche du Royaume-Uni, à la tête d’un empire pétrochimique, en sont deux autres grands noms.

Tous ont une vision libérale du Brexit, rêvant de supprimer unilatéralement tous les droits de douane. Le Royaume-Uni deviendrait alors un paradis des importateurs. « Les prix alimentaires baisseraient immédiatement, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, explique Tim Martin. Il y a plein de produits que le Royaume-Uni ne produit pas : le riz, les oranges, le sauvignon blanc, les pièces détachées de voitures… Supprimer les droits de douane là-dessus ne posera aucun problème. »

Les idéologues du Brexit, qui ont imaginé ce modèle, se fondent sur Singapour, une petite péninsule sans matières premières, devenue, en quelques décennies, l’un des endroits les plus riches de la planète. Le problème est que nombre d’industries britanniques pourraient être détruites par une telle politique. Patrick Minford, un économiste partisan de cette approche, a reconnu qu’il faudrait « laisser [l’industrie automobile britannique] s’effondrer, comme on l’a fait pour le charbon et l’acier. Ce genre de choses peut arriver. »

Tim Martin reconnaît qu’un tel big bang pourrait provoquer de la casse. « Certains producteurs de marchandises ne seront pas contents. Mais, dans l’ensemble, cela sera un avantage, puisqu’on importe plus qu’on exporte. »

Lire aussi Impact économique d’un Brexit : la bataille des chiffres
Le patron de pubs a la foi. « Sa principale force, qui est aussi son principal défaut, est qu’il est buté », estime David Page. « Quand j’étais jeune, j’étais un petit péteux arrogant », confirme Tim Martin, dans un éclat de rire communicatif. Le jeune rugbyman qu’il était, éduqué dans onze écoles différentes, ballotté entre l’Irlande du Nord et la Nouvelle-Zélande, avec des parents qui se disputaient en permanence, s’était mis en tête qu’il pourrait devenir un joueur de squash professionnel. « J’ai essayé pendant deux ans. Tout le monde pensait que j’étais fou, mais j’étais suffisamment arrogant pour tenter ma chance. »

« Vous n’avez pas appris votre leçon ? »
Le succès de ses pubs relève un peu de la même logique. Avocat de formation, il a ouvert son premier établissement sans aucune expérience et il a perdu de l’argent pendant près de quatre ans. En allant à rebrousse-poil, il a fini par trouver son modèle : supprimer la musique, servir à manger un menu simple mais bon, mettre systématiquement en avant l’histoire locale des pubs, pour leur donner des racines, soutenir les petits brasseurs indépendants…

Pas question donc de fabriquer des copies conformes, noyées dans un brouhaha, comme le font les concurrents. Il a aussi osé posséder ses pubs en propre, alors que le modèle dominant est de laisser la propriété des bâtiments aux grands brasseurs.

L’esprit buté, qui refuse les études de marché et se fie à son instinct, est entré en collision avec « l’européanisme » au début des années 1990. Il n’a alors que quelques dizaines de pubs et des emprunts jusqu’au plafond. « Le Royaume-Uni avait rejoint le système monétaire européen, l’ancêtre de l’euro. Pour maintenir le taux de change à un certain niveau, il a fallu monter les taux d’intérêt jusqu’à 15 %. Les remboursements de mes prêts avaient doublé. Quand on en est sorti [en 1992], tout le monde a dit que cela allait être la catastrophe, mais les taux d’intérêt ont baissé et l’économie est repartie. »

Dix ans plus tard, quand le Royaume-Uni débat, sous Tony Blair, de la possibilité de rejoindre l’euro, Tim Martin n’en revient pas. « Les économistes soutenaient cette décision. Je me suis dit : “Mais vous n’avez pas appris votre leçon ?” » Quelques commentaires de sa part dans la presse mettent le feu aux poudres, et il commence à faire campagne contre la monnaie unique européenne, lui qui n’avait alors presque jamais voté de sa vie.

Quinze ans plus tard, la campagne du Brexit lui donne l’occasion de reprendre du service. Il fallait le voir emporter les foules lors de la conférence du Parti conservateur (tories), en octobre 2018, avec quelques certitudes simples, aux côtés du député Jacob Rees-Mogg, coqueluche des Brexiters.

Se retrouver près du controversé Nigel Farage ne le trouble guère. « Je ne crois pas qu’il soit raciste », relativise-t-il. Profondément, Tim Martin pense que l’UE est une menace contre la démocratie bien plus inquiétante. « C’est une expérience dangereuse. Concentrer ainsi autant de pouvoirs, dans une institution dirigée par cinq présidents non élus. Les démocraties ont des valves de sécurité que l’UE n’a pas. » Et le Brexit, avec son odeur de soufre et ses leaders controversés ? Lui n’y voit qu’une merveilleuse chance. « J’espère vraiment que, le 29 mars, nous sortirons sans accord. »

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