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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 07:00
À part Laurent Rigoulet de Télérama pour qui Clint Eastwood est ce réac à qui on pardonne trop « La Mule » c'est vraiment un très bon Eastwood de fin de carrière.

Télérama !

 

Les critiques de cinéma de Télérama !

 

Ici le dénommé Rigoulet, qui se lamente « Unanimité critique, succès en salles, la cote d’amour de Clint Eastwood ne faiblit jamais vraiment. Au contraire. La Mule, où il se met en scène dans toute l’élégance décharnée de ses 88 ans, est vu par certains comme un magnifique chant du cygne (même s’il est peu probable que le cinéaste hyperactif en reste là). »

 

Qu’il n’aima pas La Mule c’est son droit de critique « On peut émettre des réserves sur le côté diesel du thriller, sur le manque d’épaisseur des seconds rôles et les grosses ficelles du drame familial… »

 

Mais son questionnement m’étonne : « Clint Eastwood n’en réussit pas moins à marabouter les foules et à rendre touchant son personnage de vieux grincheux cherchant la rédemption alors que l’Amérique autour de lui semble condamnée à la débilité et au déclin

 

Pourquoi plaît-il autant ?

 

Pourquoi se range-t-on aussi facilement du côté de son discours passéiste et moraliste ?

 

« Le personnage d’Earl Stone a beau charmer et mettre à nu ses faiblesses, il cache sous sa douceur amortie la colère et le regard acéré du cinéaste. Avec une petite saillie sardonique pour chacun – les jeunes déshumanisés accros à leur portables, hypnotisés par la Toile qui détruit tout lien social ; les dealers mexicains tatoués jusqu’aux yeux ; les « gouines » charpentées comme des molosses qui roulent en Harley Davidson… »

 

Hé oui, camarade de Télérama, l’Amérique c’est l’Amérique, disons les Etats-Unis de Donald Trump et que Clint Eastwood est Clint Eastwood, un vioque avec qui je n’irai pas en vacances mais là je suis au cinéma pas dans un plaidoyer à charge contre » le  conservateur, libertarien et virulent pourfendeur du politiquement correct. »

 

Comparaison n’étant pas raison c’est comme si moi je m’étonnais qu’un gus qui bosse dans un hebdo d’ex-culs-bénis fasse parti de l’odieuse Ligue du LOL !

 

Ras-le-bol  de ces tartines de bonne conscience qui n’empêche pas Télérama de donner 2 TT à La Mule, faut bien vivre et brosser le lecteur dans le sens de son poil.

 

Pour moi c’était mon grand retour au ciné, à l’Escurial, et même si je suis abonné depuis la nuit des temps à Télérama je n’ai pas consulté Rigoulet avant d’y aller.

 

 

Au retour je me suis branché sur le Masque et la plume, où dans le Temps les Bory et Charensol avait du talent même s’ils étaient très souvent de pure mauvaise foi.

 

« Clint Eastwood (88 ans) incarne Earl Stone, un vieil horticulteur ruiné et endetté de l’Illinois qui se fait embaucher par un cartel mexicain pour transporter de la drogue dans son pick-up noir et traverser la frontière à petite allure. Ce qui va lui permettre de racheter la maison d’où il avait été expulsé, payer les études de sa petite-fille et cotiser pour le bal annuel des vétérans du Vietnam. Un flic (Bradley Cooper) se lance aux trousses de la mule… Ce film est inspiré d’une histoire vraie. »

 

Pour Eric Neuhoff

 

EN : Ça réconcilie avec Clint Eastwood parce que son film avec le Thalys (Le 15h17 pour Paris), c'était quand même une purge sans nom.

 

On regarde Clint Eastwood pendant de longues minutes en train de conduire son pick-up sur ces routes désertes. On regarde ses rides, on calcule son âge, on voit sa peau fine comme du papier de soie et on se dit "C'est peut-être la dernière fois qu'on voit Clint Eastwood". Et il doit le savoir aussi. Parce que s'il a tenu à revenir, à faire jouer sa fille par sa propre cadette, à jouer le rôle d'un type qui a toujours négligé sa famille, qui est allé à un concours d'horticulture plutôt que d'assister au mariage de sa fille… Il y a toute une série d'épisodes de repentir qui sont très touchants.

 

Il reprend les codes de Gran Torino : encore un vétéran de la Guerre de Corée, qui est raciste, qui se permet des blagues dont Clint Eastwood sait très bien qu'il est le seul à pouvoir encore les faire. Trimbaler de la drogue ne le gêne pas du tout : ça lui permettra de rembourser ses dettes et puis d'aider les gens qu'il a laissé tomber pendant toute sa vie précédente.

 

C'est aussi un morceau d'Amérique : on ne peut plus regarder Clint Eastwood sans penser que c'est tout un cinéma qui, peut-être, va disparaître avec lui.

 

Pour Pierre Murat, c'est "un très bon Clint Eastwood de fin de carrière"

 

PM : C'est une grande réconciliation, de mon côté en tous cas : non seulement le dernier était très mauvais mais quels films précédents n'étaient pas terribles (Jersey Boys, Au-delà…). Et là, c'est vraiment son retour dans un rôle qu'il connaît par cœur.

 

Il me semble qu'il n'est jamais meilleur que lorsqu'il interprète quelqu'un d'à côté des lois qui traverse le pays. J'ai vraiment pensé à des films plus anciens que Gran Torino, comme Honkytonk Man (1982), ou Un monde parfait (1993).

 

Il y a une sorte de paisible amoralité dans le film que je trouve vraiment très revigorante et très belle. C'est vraiment un très bon Clint Eastwood de fin de carrière.

 

Pour Michel Ciment y a vu l'autobiographie du réalisateur en filigrane

 

MC : C'est un bon film, mais c'est tout de même un bilan mélancolique sur lui-même. C'est un aveu tout de même terrible. On sait que son ex-compagne, Sondra Locke, est morte il y a deux mois. Il pense à tout ça… C'est un homme qui se rend compte que toute cette vie professionnelle l'a dévoré. Il ne le regrette pas, parce que c'est un artiste donc il ne peut pas sacrifier sa vie d'artiste - mais en même temps il a sacrifié sa vie privée. Et ça c'est bouleversant.

 

C'est un film aussi très drôle, il y a énormément d'humour !

 

Pour Jean-Marc Lalanne a trouvé "le film vraiment assez génial"

 

JML : On ne peut pas tellement chercher le film sur le terrain du racisme. C'est un peu facile de référer ce qu'on connaît des prises de positions politiques publiques de Clint Eastwood à ce film : tout ce qu'on en sait est absolument absent du film. Le film est plutôt au contraire sur l'Amérique comme pays raciste. Il ne faut pas chercher le film sur le terrain idéologique car il est assez irréprochable de ce point de vue là.

 

Dans les films des années 2010 de Clint Eastwood, il y en avait que j'aimais beaucoup, comme J. Edgar, mais on sentait qu'il y avait un poids de la production, on se demandait si c'était vraiment lui qui faisait le film et dans quelles proportions ; on sentait qu'il y avait une logistique mise à son service. Là, c'est vraiment un film totalement adapté à la pulsation de l'âge qu'il a. Il y a quelque chose de souverain dans la manière dont le film prend son temps et la manière dont il donne en spectacle son corps, sa vieillesse, c'est à la fois bouleversant et jamais solennel dans le côté crépusculaire.

 

C'est toujours d'une liberté, d'une drôlerie et d'une fantaisie vraiment revigorantes.

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