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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 06:00
Le discours de santé publique sur le vin en France : vers un nouvel hygiénisme ? Tous derrière Jacques Dupont le chevalier Bayard sans peur et sans reproches du French Paradox !

Pour les ignorants, et antes, le chevalier Bayard, selon mes livres d’Histoire, est né vers 1475. Pierre Terrail de Bayard devint célèbre dès l’âge de 17 ans grâce à sa bravoure et ses faits d'armes lors de toutes les guerres d'Italie qui seront menées par Charles VIII, Louis XII et François Ier.

 

En 1503, il s'illustre notamment en défendant le pont du Garigliano, seul face à 200 Espagnols pour protéger la retraite de ses compagnons.

 

Epicness (Bayard sur le pont du Garigliano, par Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, 1840)

 

En raison de son courage légendaire, il est surnommé le chevalier sans peur et sans reproche.

 

Fait capitaine par le roi Louis XII pour lequel il remporte plusieurs victoires, Bayard est nommé lieutenant général du Dauphiné par François Ier dès son accession au trône.

 

Au soir de la bataille de Marignan, où il a encore joué un grand rôle, le roi de France afin de l'honorer lui demande de l'armer chevalier.

 

Au cours de la sixième guerre d'Italie, Bayard est mortellement blessé par un coup d'arquebuse alors qu'il protège la retraite des Français. Il meurt auprès de ses ennemis qu'il avait si vaillamment combattus mais dont il a gagné le respect et l'admiration.

 

Bayard restera dans les mémoires comme l'exemple même du parfait chevalier à la loyauté et au courage indéfectible.

 

1515 Marignan !

 

Les dates, une autre époque mais, bref, comme disait Pépin, revenons à nos moutons, plus exactement à nos blouses blanches, gardiennes de notre santé Publique, qui veulent couper la route du vin, faire de nous des abstènes, transformer la France des vignes en un Sahara !

 

Mais Delbello Manon • Hassini Sarah • Mouinie Angèle • Martin-Meyer Laura •Abgrall Ewen • Marin Cécile, dans leur parcours de cinquième année, «Risques, Science, Environnement et Santé» à SCIENCES PO TOULOUSE - Septembre / Décembre 2018, encadrés par Valérie Péan et Antoine Doré, relèvent le gant pour épauler notre Jacques Dupont.

 

« Souvenez-vous. Il y a près d’un an, Agnès Buzyn déclarait "Scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre", suscitant une vague de protestations d’élus, d’acteurs de la filière comme de certains scientifiques. Et la ministre de la santé de se voir taxée d’"intégriste de l’hygiénisme". C’est parti pour la controverse ! Entre tenants de la prohibition et défenseurs de la modération, se déploie toute une palette d’enjeux et d’arguments scientifiques, culturels et économiques que synthétise ce document, réalisé par un groupe d’étudiant(e)s en 5ème année de Sciences Po Toulouse (Parcours "Risques, Science, Environnement et Santé"). L’originalité de leur approche ? Une mise en perspective de l’hygiénisme "pris entre deux vins", des premières croisades du XIXe siècle à la situation actuelle du sanitairement correct. Mais aussi une analyse par le prisme du portefeuille de risques dont se dote notre société. Le tout émaillé d’encadrés repères et de verbatims tirés d’entretiens exclusifs menés avec des professionnels du vin et d’experts scientifiques. »

 

Je vous donne LE MOT DE LA FIN...

 

En militant aujourd’hui pour une tolérance zéro vis-à-vis de la consommation d’alcool de ses citoyens, les termes du discours français de santé publique paraissent contradictoires au sein du «pays de la gastronomie », où la production de vin de qualité (357 vignobles A.O.C recensés en 2014) permet pourtant de s’adonner au « plaisir de déguster du bon vin » et d’exporter 13 millions d’hectolitre par an dans le monde. Plus qu’un nouvel hygiénisme, c’est un nouveau French Paradox que ces récentes injonctions sanitaires semblent définir, à savoir le rejet d’une spécificité culturelle française – une consommation régulière de vin - pour éviter une source d’exposition supplémentaire aux maladies.

 

Certes, appeler à modérer les consommations, sous couvert de preuves scientifiques, ne peut être nocif pour la santé des individus. Néanmoins ces injonctions publiques envers la tolérance zéro sous-entendent / révèlent des tendances plus larges sous lesquelles est régie la santé publique en France.

 

Premièrement, cette tentation d’associer la consommation – modérée – de vin à la seule absorption d’éthanol / alcool revient à nier tous les potentiels liens sociaux ou potentiels plaisirs émanant de la dégustation du vin. Appréhendé par les seules substances le composant, le vin passe progressivement sous le joug de notre société hypermédicalisée qui inhibe progressivement l’idée d’hédonisme à laquelle étaient jusqu’alors associées nourriture et boisson.

 

Les individus ingurgitent des nutriments, calories, sucres, graisses ou autre substances psycho-actives et non plus des saveurs, des textures, des couleurs, des savoir-faire. Ensuite, appréhender la consommation de vin comme la seule absorption d’une substance nocive qu’est ici l’éthanol, c’est également nier tous les autres facteurs pouvant porter atteinte aux états de santé des individus. Si le buveur est jusqu’ici rendu coupable de sa consommation, de ses excès et des travers que ceux-ci occasionnent, de plus en plus de chercheurs militent aujourd’hui pour que soit reconnue la contribution des contextes sociétaux, conditions de travail et de vie dans la propension ou la dissuasion à consommer de l’alcool. Si la prohibition éloignerait le consommateur de comportements à risques, elle éloignerait également les pouvoirs publics de la recherche sur les causes sociales conduisant à l’excès, à l’addiction. ; à la promotion de politiques éducatives et préventives efficaces pour prévenir les conduites à risques.

 

Enfin, n’envisager le vin que par sa quantité d’alcool, c’est masquer tout.e.s ceux et celles qui le façonnent, - ses récoltant.e.s, ses vigneron.ne.s, ses vendeu.r.se.s, ses consommat.eur.ice.s. - et surtout tout ce qui le compose. Car si l’alcool est un fléau, la présence de produits phytosanitaires dans ses raisins en est un autre. L’essor récent de vin “naturels”, “biologiques”, “biodynamiques”, promouvant une culture plus saine, un rapport différent à la terre, au terroir, aux vendanges doit peut-être s’appréhender comme une réponse au lynchage sanitaire présentant le vin comme nocif. Ou peut-être l’est-il au nom d’une spécificité culturelle française, d’un mode de vie qui émerveille à l’étranger, et que l’on souhaiterait continuer d’exporter...

 

L’idée de ce projet n’étant pas de donner tort ou raison à ces injonctions politiques, scientifiques ou encore économiques, notre volonté première était de mettre à disposition de chacun.e des clés de lectures suffisamment claires pour se forger une opinion sur l’association de consommation régulière de vin rouge à une bonne humeur quotidienne, une bonne santé cardio-vasculaire ou encore une exposition à un risque supplémentaire. Parce que le vin n’est pas encore prêt à disparaître de nos rayons et paysages, nous conclurons par ce proverbe gallicana du XVe siècle : «Le vin est bon pour qui en prend par raison».

 

Une raison que seules éducation et information permettraient d’atteindre...

 

Le tout est ICI 

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