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7 décembre 2018 5 07 /12 /décembre /2018 06:00
Sous Paris est 1 fête d’Hemingway se niche 1 terrible appétit de vivre, de manger qui caractérise la «Génération perdue» d’après la Grande Guerre. « D’où le solide coup de fourchette de Papa Hemingway, qui levait le coude pour ce terriblement bon vin de Bourgogne français ».

À la différence de Pudlowski, qui pond des twittes, à jet continu, comme des saucisses de Francfort, Jean-Claude Ribaut, lui ne twitte pas, son patrimoine de chroniques vit sur la Toile, il est devenu viral alors que les scories de Pudlowski durent le temps que durent les bulles de savon.

 

La jeune génération de critiques gastronomiques ne vaut guère mieux que ce dinosaure, elle est acculturée, suiviste, surfant sur la fameuse tendance, banale, chichiteuse, copinage et attachée de presse des chefs étoilés ou bistronomisés.

 

J’évite d’ironiser sur les ragoteurs qui vendent leur soupe bien cher, désolant, insignifiant, minable…

 

Bref, le Jean-Claude sait conter, raconter des histoires qui ne sont pas du storytelling formaté, elles font sens, instruisent : oh, le gros mot !, remettent certaines pendules à l’heure pour une génération qui a tendance à considérer que le monde a commencé  avec elle.

 

Extrait des cahiers de la Gastronomie hiver 2012 : quelques passages d’Hemingway Montparnasse est une fête !

 

« Si vous avez la chance d’avoir habité Paris lorsque vous étiez jeune, alors partout où vous irez pendant le reste de votre vie, cela restera en vous, car Paris est une fête mobile » (Lettre à un ami, 1950)

 

Hemingway s’installe à Paris en décembre 1920.

 

« Hemingway, journaliste, correspondant étranger du Toronto Star, et sa femme Hadley habitaient rue du Cardinal Lemoine. Ils fréquentent les cafés, déjeunent chez eux, ou bien soupent chez Gertrude Stein, établie rue de Fleurus dans un hôtel particulier de grande allure. D’elle on disait qu’elle avait pour la peinture « un flair oraculaire » Des toiles de Cézanne, Matisse, Picasso ornent ses murs. Scott Fitzgerald, qui venait d’épouser l’excentrique Zelda retrouvait Hemingway à la Closerie des Lilas, où il lui fit lire le manuscrit de son premier grand livre Gatsby le Magnifique. Hemingway publie Le soleil se lève aussi en 1926. Le livre de cuisine d’Alice Toklas, compagne de Gertrude Stein, fait alterner recettes et récits des manières de table d’une maison qui vit se constituer autour d’Hemingway, le cercle américain le plus illustre de Montparnasse, écrivains et peintres mêlés.. Une table ouverte et une cuisine fort bien achalandée, dont l’apparente monotonie était rompue par quelques excentricités. Sa recette la plus loufoque, émanant de son ami écrivain Brion Gysin était le haschisch fudge, un mélange de fruits secs, d’épices et de « canibus sativa » (sic), d’où l’appellation de certaines préparations à base de cannabis et de chocolat : Alice B. Toklas brownies. Pour l’ordinaire, c’est la fréquentation assidue et quotidienne des cafés et brasseries du quartier, selon l’image classique que perpétue la Balzar ou encore Lipp – citadelle auvergnate et brasserie – avec sa légende tissée par Hemingway, Léon-Paul Fargue, puis Maurice Fombeure et beaucoup d’autres : bière, plats copieux, choucroute, cervelas, hareng baltique, thon à l’huile et salade de museau, avec un service permanent assuré très tard par d’efficace tribus arvernes, venues de Gergovie, de Luzech ou de Capdenac.

 

[…]

 

La princesse russe à côté des peintres pouilleux mais célèbres, Pascin, Modigliani le bel italien, Chagall au charme slave, Soutine le tragique. Le rapin besogneux regarde avec envie l’incroyable Picasso qui a fait fortune déjà avec les célèbres Demoiselles d’Avignon. Grisettes, femmes du monde, les premières intellectuelles ou écrivains anglo-saxonnes croisent le demi-castor, femme affichée comme la célèbre Kiki de Montparnasse. Tous se divertissent. L’Europe, celle de Paul Morand, s’est civilisée à Montparnasse, et qui côtoient une population ouvrière pauvre, très bien décrite par Charles Louis-Philippe et Marguerite Audoux ? De la vache enragée, mais avec cette différence que les peintres inconnus avaient la chance, avec une œuvre consistante réalisée, qu’aussitôt admirée, ils étaient également prestement achetés. La cuisine était celle de tout le monde, issue elle-même d’une origine paysanne et provinciale, qui, par mutation urbaine, devient parisienne : « Du prêt à manger, consommé réchauffé chez soi. Plus les WC dans la cour en cabane, ou bien le confort des commodités à la Turque, au bout du couloir communautaire » confirme Hemingway dans Paris est une fête. C’est primitif, invivable en plein été, sinistre en hiver. D’où la fuite frénétique aux bonnes époques de la IIIe République des artistes fortunés tel Caillebotte déjà, hors de Paris, pour le grand air, pour la beauté des bords de Seine, pour une nourriture de légumes et de fruits du jardin.

 

Le sens caché de Paris est une fête d’Hemingway, dont à la fin de leur amitié, Gertrude Stein se plaignait qu’il n’y était question que du sexe viril et de la mort, masquait ce terrible appétit de vivre et donc de manger qui caractérise la période de la « Génération perdue » après la Grande Guerre. D’où le solide coup de fourchette de Papa Hemingway, qui levait le coude pour ce terriblement bon vin de Bourgogne français ». Paris peut alors se décliner comme une véritable géographie de la libido liée aux plaisirs essentiels, ceux raffinés et vulgaires de l’errance érotique, inextinguibles comme se succèdent le flux des marées et des cycles lunaires, ceux essentiels aussi de la faim physiologique et corporelle. Du Polidor, rue Monsieur-le-Prince, aux salons du Ritz…

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commentaires

Aredius44 07/12/2018 10:52

On attend un billet sur ce sujet :
https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2018/12/07/ils-sont-devenus-fous-ils-veulent-transformer-la-graisse-de-canard-en-carburant-pour-bagnoles-bios/

Merci

pax 07/12/2018 07:04

Et oui, tout passe, tout lasse, tout casse. Il faut savoir changer de braquet, parfois de vélo ou même passer à autre chose sinon la sclérose vous gagne. Ainsi effectivement ce pôvre Pudlo qui, succès venant et n'ayant pas les moyens d'être au four et au moulin disposait de nègre en région pour le relayer. J'aurais toujours, cependant, une pensée fidèle pour se découvreur de l'Alsace gourmande qui, entre autre, a su révéler le Dominique Lestang du Bristol de ses parents à Niederbronn qui a fait la carrière que l'on sait le menant à son atypique restaurant actuel ( pas de réservation, pas de chèque, pas de CB),à Nice après être passé, entre autre, au Negresco

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