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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 06:00
Mangerez-vous des «steaks-éprouvette» demain?

L’avantage d’avoir passé le cap des 70 ans, et si je ne deviens pas centenaire, c’est que je verrai encore des vaches dans nos prairies et des steaks saignants dans mon assiette mais pour autant, comme j’ai des petits enfants, je ne dis pas après moi le déluge :  comment parvenir à nourrir les dix milliards d’individus que comptera notre planète dans trente ans ?

 

Après un steak haché en 2013, Une société israélienne vient de concevoir un bifteck in vitro. La qualité progresse, les prix s’effondrent, mais les experts restent sceptiques.

 

En effet, c’est en 2013 que l’idée de viande in vitro a véritablement fait parler d’elle avec la très médiatique dégustation, à Londres, du tout premier steak haché synthétique. Le burger, conçu par le pharmacologue néerlandais Mark Post, avait coûté à l’époque environ 260 000 euros payés par Sergey Brin, le cofondateur de Google.

 

« Des courgettes émincées, des branches de thym effeuillées, un radis coupé en rondelles, des pappardelles jetées dans une eau à grands bouillons et, pour finir, une tranche de bœuf grillée à la poêle. La recette exécutée dans la vidéo publiée par la société israélienne Aleph Farm a l’air excellente, mais ce qui fait son caractère exceptionnel est ailleurs. Le steak utilisé a en effet été créé de toutes pièces en laboratoire. »

 

«Nous sommes parvenus à produire les premières pièces de steak de bœuf cultivées à partir de cellules naturelles, sans blesser d’animal», dit face à la caméra Didier Toubia, le directeur de l’entreprise.

 

Quatre types cellulaires

 

Aleph Farms marque bien une réelle avancée dans les recherches. Son bifteck n’est pas un amas de viande reconstituée en steak haché ou en nuggets, comme le font ses concurrents, mais bien une pièce ressemblant à une tranche de muscle. L’entreprise co-cultive pour cela quatre types de cellules différents: du tissu musculaire, conjonctif, vasculaire et adipeux (gras).

 

Surtout, le coût de ce prototype de bidoche se situerait, selon les dires de l’entreprise, aux alentours de 50 dollars pour une fine tranche: c’est encore cher, mais c’est incomparablement moins que les tarifs annoncés il y a cinq ans à peine.

 

En cinq ans, les coûts sont passés de 260 000 euros à 44 euros pour un steak.

 

Jean-François Hocquette, de l’Institut national français de la recherche agronomique (INRA) de Clermont-Ferrand et coordinateur en 2015 d’une revue internationale sur le sujet estime que le prix ait été divisé par 6000 en quelques années n’est finalement pas si étonnant :

 

«Il ne faisait aucun doute que les coûts allaient baisser, ne serait-ce que pour des raisons d’échelle, mais il est toujours difficile de prévoir quand cela va se produire et à quel rythme.»

 

Et le goût ?

 

Aleph Farms reconnaît qu’il reste encore quelques progrès à effectuer pour que son bifteck soit indiscernable d’une véritable viande d’origine organique. L’acceptation de ces néo-viandes par les consommateurs n’est pas non plus gagnée d’avance: les cellules poussent grâce à la présence de nombreux additifs chimiques, hormones et autres facteurs de croissance.

 

Enfin, il faudra surtout prouver les bénéfices environnementaux d’une telle industrie dont les promesses répétées laissent « rêveur ».

 

Ça calmerait les vegan et satisferait les défenseurs de l’environnement : « Plus besoin de tuer des animaux pour manger un steak, ni de dépenser des quantités astronomiques de ressources pour élever les bêtes. »

 

D’après les chiffres projections de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture « De quoi répondre à notre appétit en produits carnés qui devrait croître de 70% dans le monde d’ici à 2050. »

 

Ce n’est encore que de la science-fiction : aucun pays n’a pour l’heure autorisé ces produits à la consommation, mais un tel effondrement des coûts pourrait accélérer les choses.

 

Mais peut-on affirmer que la production de viande in vitro sera plus durable que l’élevage ?

 

Jean-François Hocquette, invite à la prudence:

 

«Le bien-être animal est très relatif puisque les entreprises cultivent généralement les cellules dans un milieu contenant du sérum de veau fœtal» (le steak d’Aleph Farms pousse toutefois dans un milieu non animal qui demande encore à être amélioré, selon un article du Guardian sur le sujet).

 

Quant aux études sur l’impact environnemental, elles restent contradictoires.

 

L’une d’entre elles, menée en 2011 par des scientifiques de l’Université d’Oxford, concluait que la fabrication de viande artificielle permettrait de réduire de 45% les besoins en énergie par rapport à l’élevage conventionnel.

 

Une autre, publiée par une équipe interuniversitaire américaine en 2015, prévoyait au contraire des besoins plus élevés, tout en reconnaissant une probable moindre utilisation des surfaces agricoles.

 

Jean-François Hocquette, conclut :

 

« Ces recherches soulèvent de nombreuses questions. Veut-on vraiment laisser les clés de notre alimentation à quelques entreprises technologiques? Ne peut-on pas plutôt agir en réduisant le gaspillage alimentaire et en favorisant l’élevage durable? C’est à la société d’y répondre

 

A l’heure actuelle, en Suisse, une centaine d’entreprises innovent dans les technologies alimentaires avec un objectif commun: parvenir à nourrir les dix milliards d’individus que comptera notre planète dans trente ans. Des multinationales, Nestlé en tête, veulent servir de colonne vertébrale à cet écosystème régional.

 

«Nous sommes en discussions avec des start-up pour trouver une façon de travailler ensemble. Nous voulons mieux valoriser cet écosystème en maximisant les interactions entre les différents acteurs, aussi bien les écoles d’ingénieurs que les start-up, note Isabelle Bureau-Franz, responsable de la recherche chez Nestlé. De son côté, la multinationale élabore aussi des alternatives aux protéines animales. Dans sa cuisine expérimentale, au sein de son centre de recherche de Vers-chez-les-Blanc, des cuisiniers mijotent, par exemple, des tacos végétariens.

 

«Nous recherchons des alternatives à la viande ou au lait de vache, tout en offrant une équivalence nutritionnelle en matière de protéines mais aussi en fer ou en vitamine B12, précise Isabelle Bureau-Franz. La texture des produits constitue aussi un défi que nous cherchons à relever.»

 

Malgré les initiatives en cours, les experts s’alarment. Comment nourrir de façon saine et équilibrée les 10 milliards d’individus que devrait compter la planète d’ici à trente ans? La crise de la protéine constitue un réel enjeu, avec comme toile de fond des défis liés à la production, sans gaspillage alimentaire, d’eau ou d’énergie.

 

Lutter contre les déchets

 

«On compte chaque année 60 milliards de fruits et légumes perdus dus aux moisissures après récolte. Dans la culture des fraises, le pourcentage de déchets peut s’élever à 50% de la production, ajoute Jean-Pascal Aribot, cofondateur d’AgroSustain. En réduisant les déchets alimentaires, nous espérons avoir un impact sur les émissions de gaz à effet de serre.»

 

Source Le Temps ICI 

 

Un bon rouge sur ce merveilleux plat 

 

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commentaires

pax 20/12/2018 07:02

Encore une chronique des plus sérieuses nous alertant sur le « sens de l'histoire » et la bienvenue pour nous éviter de croire au Père Noël et aux lendemains qui chantent. Si problème de nutrition il y a, commençons par ne pas détruire les cultures vivrières des pays d'Afrique ou d'ailleurs dont on pille les matières premières. Comment faire confiance à la générosité soudaine d'industriels devenu philanthropes ? Nestlé ? Pour vendre son lait en poudre il mène des campagnes en sa faveur incitant les mères d'Afrique Noire à ne plus allaiter. Alors que l'on sait parfaitement que ce produit est inadapté en raison des problèmes de qualité d'eau ou de son coût qui incite certaines mères à une dilution excessive compromettant les « qualités » de ce lait de substitution. Derrière ces inquiétudes avancées qui n'ont rien à envier aux discours habituels des religions avec les culpabilisations ne ce cache pas autre chose que cette volonté d'hégémonie propre aux capitalistes. Le futur, toujours le futur soi-disant inquiétant alors que depuis le temps on aurait dû apprendre que contrairement à nos ancêtres les gaulois, le ciel ne nous tombe pas sur la tête. Le futur pour ne pas avoir à s'occuper du présent, comme si celui-ci fonctionnait pour le plus grand bien de tous.
Cessons ces « aigreurs » et diversifions les suggestions bachiques du Taulier par un « Sang barbare » du Valais (Bétrisey & Albrecht Vins – Sion) ou « l’Egri Bikaver » (Sang de taureau d’Eger) en Hongrie.
Quant à vivre 100 ans je préviens ce jeune freluquet de Taulier, mon cadet, que je l'attends de pied ferme aux dates concernées et qu'il a intérêt à être là. So long’

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