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5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 06:00
Les dames patronnesses du XXIe siècle ont trouvé leur chalandise : les braves gilets jaunes…

Nul ne les a vus venir, tout particulièrement nos innombrables sociologues patentés, une pétition avec plein de clics contre les taxes sur le gas-oil, la fluidité des réseaux sociaux, tels des champignons à l’égaille, les gilets jaunes ont envahis les parkings de supermarché, les ronds-points et les Champs Élysées…

 

Du pain béni pour les chaînes d’info en continue : BFM, C.News, LCI… les abcès de fixation où ça bastonne, flambe, casse… c’est de l’audience… de la pub… du fric… Vu de la France profonde et de l’étranger : la France est sans-dessus-dessous.

 

Sur les plateaux, dans les colonnes de la presse, sur le Net les experts, sociologues en tête, chaussant leurs lunettes idéologiques, délivrent au bon peuple leurs analyses sur ce petit peuple d’en bas, des gens qui fume des roulées et ont une Pigeôt diesel dit un gars du gouvernement, cette classe dite moyenne pas encore pauvre, qui se réveille, se fâche, pour des raisons évidentes dit-on, si évidentes que ces doctes intellectuels ne s’étaient pas donnés la peine de nous prévenir.

 

On est habitué, avec les économistes c’est pareil, on devrait les appeler les pilules du lendemain.

 

Macron démission !

 

En voilà un beau slogan, en 68 certains criaient à de Gaulle « 10 ans ça suffit ! », accélération de l’Histoire « le peuple » en a marre au bout de 2 ans.

 

Pour adhérer au mouvement c’est simple, pas besoin de payer ta cotisation, tu vas dans le coffre de ton auto, t’enfiles un gilet jaune ça suffit à faire de toi un représentant du peuple insurgé, au bon temps des régimes autoritaires, les porteurs de chemises, brunes ou noires, se vivaient comme les bras armés du chef, Führer ou Duce, là, pas de chef, simplement des gens qui viennent porter la parole des autres sur les plateaux télé ou qui répondent à des micros trottoirs.

 

Les extrêmes rouge et brun se frottent les mains : « Macron t’es foutu le peuple est dans la rue… » ils espèrent tirer les marrons du feu sans se salir les mains en dépit de collusions bien embarrassantes avec les plus ou moins pires de notre spectre politique. Obsédés par la Présidentielle, surtout par le fameux deuxième tour où il faut ratisser large. C’est le raisonnement de Mélenchon sauf qu’il oublie qui lui faudra se qualifier pour ce foutu deuxième tour. La fille du borgne de Montretout, elle, se contente de se laisser porter par la vague, sûre de se qualifier mais toujours au top de son plafond de verre au second tour.

 

Le pouvoir, d’abord droit dans ses bottes, Jupitérien, sourd, sent que la situation lui échappe, que l’opinion publique appuie très majoritairement le mouvement, alors repli général dans le plus grand désordre, on lâche du lest, on cède. Grand débat national. Macron répond lui-même à la pétition : vous avez raison.

 

En fin d’année, le feu baisse en intensité mais la braise grésille encore sous la cendre et certains espèrent que janvier sera chaud.

 

Qui sont donc ces irréductibles qui maintiennent la pression ?

 

Des apprentis putschistes, des émeutiers, des rouges, des bruns, des nouveaux zadistes, des manipulés…

 

C’est un peu de tout ça, un conglomérat disparate, de braves gens sans doute, d’où émerge des forts en gueule se référant à des idéologues se recrutant à l’extrême-droite ; les casseurs type black bloc eux profitent comme toujours du bordel dans la rue.

 

Comment trier le bon grain de l’ivraie ?

 

Et c’est là que les nouvelles dames patronnesses, de gauche le plus souvent, sortent du bois, elles tiennent enfin entre leurs mains une nouvelle clientèle, crient : ne touchez-pas à nos braves gilets jaunes, ils n’ont rien à voir avec ceux qui font des quenelles à Montmartre, coupe la tête de Macron symboliquement, agressent une vieille dame juive dans le métro, réclament qu’on mette Brigitte Macron à poils sur une palette (sic), empêchent Ouest-France de paraître, réclament les culottes de peau au pouvoir…

 

Vaste programme comme disait le grand Charles qui traitait le peuple de veaux.

 

Pour eux la masse des gilets jaunes est paisible, redécouvre gentiment la convivialité sur les ronds-points, même qu’elle veut se présenter aux élections, mais sur des listes apolitiques (de mon temps ça signifiait être de droite sans le dire), pour que les élus soient mis à la diète, que le pouvoir se mette à leur hauteur.

 

Vive le RIC !

 

Haro sur les lois honnies : la peine de mort de Badinter, le mariage pour tous de Taubira…

 

Destitution de Macron !

 

C’est le foutoir, le bordel, ça n’a ni queue ni tête, mais nos nouvelles dames patronnesses n’y trouvent rien à redire, ces braves gens ont besoin d’elles, le malheur est leur fonds de commerce.

 

Comparaison n’est pas raison mais cette compassion béate, pleine de bonne conscience, de prise en charge du petit peuple me fait penser aux dames patronnesses.

 

Qu’est-ce qu’une dame patronnesse ?

 

La dame patronnesse est historiquement la pionnière du travail social. Elle apparaît, comme celle-ci, au tournant des XIXe et XXe siècles. Le plus souvent bénévole, sans formation spécifique, bourgeoise ou aristocrate, elle se consacre volontiers aux œuvres de bienfaisance. Il importe alors de cadrer ou de recadrer les classes populaires : de les remettre dans le droit chemin de la vertu, de l’hygiène, de la norme, dès lors qu’il importe de répondre aux dégâts de l’industrialisation capitaliste par des remèdes individualisés. Ces dames sont l’incarnation d’un christianisme social paternaliste et caritatif.

 

On va me rétorquer que les bonnes âmes de gauche, type Télérama, n’ont rien à voir avec ces dames d’un autre siècle.

 

J’en conviens, sauf qu’un article a attiré mon attention :

 

« Les dix péchés de la dame patronnesse »

 

Il est provocateur mais il sert de métaphore pour dire que nos bonnes âmes compréhensives se comportent un peu à la manière des pionnières du travail social : ces femmes au foyer des milieux aisés qui se proposaient, avec amour, paternalisme et esprit caritatif de sauver l’autre pour son bien.

 

La dame patronnesse peut comptabiliser jusqu’à dix péchés :

 

  • le dogme et l’ignorance,

 

  • le comportement moralisateur,

 

  • le paternalisme,

 

  • la condescendance et l’autorité,

 

  • la surcharge affective et la mauvaise distance,

 

  • l’absence d’écoute active,

 

  • le déficit de rigueur méthodologique,

 

  • le conservatisme (politique et institutionnel),

 

  • l’individualisme et la méfiance vis-à-vis des actions collectives ainsi que le contrôle social.

 

Il est clair que plusieurs péchés vont ensemble et sont interdépendants. Nous proposons au lecteur une brève présentation de chaque péché ainsi que des illustrations concrètes de telle sorte à rendre compte de ce qui se passe dans les institutions qui accueillent ces dames patronnesses.

 

La suite ICI 

 

Lisez-moi et comprenez-moi bien, je ne charge pas la mule de ces bonnes âmes, qui font souvent la Révolution par procuration, mais je leur demande de sortir de leur confort pour se colleter à la réalité sociale, économique et politique de notre vieux pays.

 

Je ne suis pas de ceux qui invoquerait une majorité silencieuse pour l’opposer aux gilets jaunes et aux bonnes âmes intellectuelles mais on n’entend guère ceux qui font, qui modèlent le pays, le font fonctionner… Ne les oublions pas, ce ne sont pas des riches, des profiteurs, mais des travailleurs comme aimaient à le dire les communistes avant de sombrer dans l’étatisme.

 

Que faire ?

 

Faire !

 

Après Ouvéa, Michel Rocard a fait se serrer la main aux ennemis d’hier : Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, dans le conflit des gilets jaunes, aucun sang versé sauf par accident, alors si l’on souhaite ne pas ouvrir la porte au pire, ne nous laissons pas aller à des postures politiciennes, admettons que nous ne sommes pas le pire pays du monde, que notre modèle social protecteur est certes perfectible mais encore solide, que nous pouvons nous adapter à ce foutu monde mondialisé insoucieux de notre avenir, retisser nos liens…

 

Comme le dit cette grande gueule de JF Khan à propos des gilets jaunes vindicatifs et menaçants « Il faut qu'on arrête de se mettre à genoux ! »

 

Toutes les opinions ont le droit que s’exprimer, de manifester, mais la voix d’un gilet jaune est égale à la mienne, il n’est pas le peuple, je ne suis pas le peuple…

 

  • Grand entretien avec Axel Kahn : "Macron a le profil type de l'allumeur de mèche"

 

  • Vous avez fait, en 2013 et 2014, un tour de France en marchant. Vous aviez repéré des risques de sécession illustrés par les “gilets jaunes” finalement…

 

Sur 1 200 km, des Ardennes au centre-ouest aveyronnais, je n’ai vu qu’une succession de désastres industriels, de petites cités jadis prospères qui avaient, année après année, tout perdu. Les gens sont tellement désespérés qu’ils n’écoutent plus les discours habituels gestionnaires.

 

Macron a réussi à mettre le feu aux poudres. Ce n’est pas lui – il n’est là que depuis 18 mois - qui a accumulé les poudres, mais la succession de maladresses, de déclarations prises pour hautaines, cette hausse de la taxe carbone alors que ces personnes dans ces territoires désertifiés sont obligées de prendre leur voiture, ça a été l’étincelle.

 

  • Et cette idée de mépris ?

 

Il a le profil typique de l’allumeur de mèche : il représente tout ce qu’ils haïssent. Il est jeune, beau, sûr de lui, voire arrogant, énarque, ancien banquier de Rothschild, aimant l’Europe.

 

  • Mettriez-vous un gilet jaune et sinon pourquoi ?

 

Non, mais je suis allé à la télévision pour dire que la priorité était de s’engager pour ces territoires. Je peux être solidaire des “gilets jaunes” et néanmoins ne pas être solidaire d’un combat de personnes qui votent RN.

 

  • Vous prédisiez en 2017, juste après l’élection de Macron, des “tensions considérables”…

 

Macron ne masquait pas qu’il voulait régner. S’il a raison sur un point, le fait que les Français aiment les rois, à l’occasion ils leur coupent la tête. Incroyablement inexpérimenté en politique, il a fait en plus une gigantesque erreur économique, que je n’avais pas prévue. Il a fait sa politique de l’offre, ce qui est traduit par des cadeaux aux riches, en différant les mesures de pouvoir d’achat. À partir de là, tout était foutu. C’était la porte ouverte à toutes les tempêtes.

 

Le tout ICI 

 

  • Révolution citoyenne, saison 2 par super Mélenchon ICI 

 

  • Pourquoi le juif que je suis se méfie des «gilets jaunes» et du peuple en général ICI 

 

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commentaires

aredius44 07/01/2019 21:43

Je ne suis donc pas le seul à avoir fait référence aux dames patronnesses.
Merci

pax 05/01/2019 08:01

On ne peut dénier une certaine subtilité aux dames patronnesses telle tricoter en kaki pour reconnaître " ses pauvres " à la sortie de la messe.

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