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17 décembre 2018 1 17 /12 /décembre /2018 06:00
Le champagne « populaire » existe je l’ai rencontré en GD pas la peine de se payer une boîte de sardines à l’huile ou un œuf dur pour aller avec…

Comme par hasard à la veille des réveillons de fin d’année la presse avide de publicité dégaine des articles sur le champagne.

 

Produit de luxe ou breuvage destiné à tous ? Une série de publicités du syndicat des vignerons champenois, visant à désacraliser le champagne et à séduire les jeunes générations, casse les codes et divise le secteur.

 

Il a suffi d’une sardine pour mettre le champagne en émoi. Plutôt jolie, d’ail­leurs, sortie d’une boîte de conserve entrouverte et posée sur une tranche de pain. A côté d’elle, une flûte de champagne. C’est tout, ou presque. Un peu plus haut, un message pour justifier l’étrange mariage : « Rien à fêter, juste à savourer. » Ou comment désacraliser – et donc multiplier – sans pudeur les occasions de boire du champagne. La campagne publicitaire a essaimé en juin et en septembre dans les rues et dans les magazines. Selon les affiches, la sardine était remplacée par un œuf dur, un artichaut, du brie. A chaque fois, il s’agissait de rendre le champagne « pas pompeux ». Mais, dans la famille de la bulle dorée, animée par des milliers de vignerons anonymes et quelques marques mondialement connues, ce positionnement fait grincer des dents.

 

De la gueule de qui se fout-on ?

 

Y’a belle lurette que des BSA, les bruts sans année que l’on trouve dans la GD sous leur marque de distributeur ou celles de maisons peu connues ou même parfois de vignerons à la ramasse, ont situé le champagne au niveau des bourses de la classe moyenne.

 

Jérôme Beaudouin de la RVF donne la clé : « Brut sans année : Le champagne brut sans année, appelé aussi BSA, est le plus couramment produit, les champagnes n’étant que très rarement millésimés. Il s’agit d’un assemblage de vins de plusieurs années et de plusieurs crus. Généralement, c’est le champagne d’entrée de gamme dans les maisons. Le brut sans année est également un mètre-étalon : c’est lui qui détermine la qualité moyenne des champagnes d’une maison. »

 

Mais les BSA de marques connues, des grandes maisons comme on dit là-bas avec des chefs de cave qui savent, avec les vins clairs, faire des bulles convenables, des grosses coopés, des vignerons indépendants, sont le terreau des recettes du marketing pratiqué dans l’ensemble des produits qui se disent ou se veulent de luxe.

 

Ces marques se positionnent, en termes de prix, à des niveaux bien plus juteux, elles vous payer le coût du fameux marketing.

 

Je n’écris pas que ce ne sont pas des produits dit de qualité mais tout simplement qu’on vous fait prendre des vessies pour des lanternes en vous donnant le sentiment d’acquérir un produit de luxe, rare, alors que c’est un produit reproductible en nombre de flacons imposant. Le groupe LVMH en connaît un rayon en ce domaine.

 

Bref, plutôt que de dépenser les sous de ses adhérents en publicité générique, fugace, vite oubliée, pour rendre, soi-disant, le champagne populaire le Syndicat des vignerons devrait se poser la question de la pertinence du modèle dominant des marques alors que dans le monde alimentaire celles-ci sont en bute à la méfiance des consommateurs, elles perdent de plus en plus de leur crédibilité.

 

Mettre tous les champagnes dans le même panier, à l’exception des cuvées millésimées des grandes maisons qui rejoignent les prix des GCC de Bordeaux ou de Bourgogne est une erreur que la Champagne risque à terme de payer très cher.

 

« La nouvelle publicité casse les codes. Elle est commandée par le Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV), qui réunit le champagne d’« en bas » : 98 % des vignerons indépendants, des viticulteurs qui ­vendent leurs raisins et des coopératives. Soit 80 des 300 millions de bouteilles produites chaque année. Les marques réputées, dont toute la communication est axée sur la rareté (avec des prix qui vont avec), n’ont pas souhaité s’y associer.

 

« Les grandes maisons ont les moyens de communiquer sur leur propre marque. Les vignerons ne le peuvent pas », explique Maxime Toubart, à la tête du syndicat. Pour ce dernier, le positionnement de cette campagne iconoclaste part d’un constat : « On a fait une enquête qui montre que beaucoup de jeunes ont du champagne une idée très arrêtée : un vin exceptionnel et traditionnel, à boire à Noël et aux anniversaires exclusivement. Donc notre population vieillit un peu, et notre image se fige autour de codes trop lourds. Il faut redresser le tir, nous adresser aux 25-45 ans et les surprendre. » D’où cette campagne de 4 millions d’eu­ros et au financement « démocratique » : chaque adhérent a participé à la hauteur du nombre de kilos de raisins qu’il produit. »

 

ICI 

 

La bonne question face aux 25-35 ans est : mais que boivent-ils donc pour faire la fête ?

 

Des pets nat, des crémants, des prosecco, des vins bios, pour beaucoup la recherche de l’authenticité, d’un rapport plus étroit avec le vigneron, et ce à des prix qui ne sont pas forcément inférieurs à ceux des BSA marquetés.

 

Ce n’est pas l’alliance du champagne avec un œuf dur ou une sardine à l’huile qui va les convaincre de changer leur mode de consommation.

 

Le syndicat des vignerons de champagne doit faire son aggiornamento, remettre en question son modèle productiviste, ses kilos de raisins produits sans grand souci de l’environnement, prendre exemple sur ces vignerons qui ont su redonner au champagne ses lettres d’authenticité, de le ramener dans l’univers du vin. Je ne donnerai pas de noms, ils sont connus de ceux qui ont retrouvé le goût du champagne.

 

2 décembre 2010

Pascal Agrapart un champenois taquin bricoleur des temps : le grand retour du labour pour Vénus et Minéral...

ICI 

 

13 octobre 2014

La diagonale de Pascal dans la Fosse à Bull : à la recherche de l’expression du terroir au domaine Agrapart ICI 

 

Mes affirmations ne sont pas gratuites, certaines grandes maisons, flairant un marché très profitable, ont amorcé ce virage.

 

Pour finir, un exemple personnel très micro trottoir : pour remercier mon médecin traitant, qui  a des délais de consultation très importants, de m’avoir pris en surnombre le jour-même de ma demande, je lui ai porté une bouteille de champagne de l’un de ces vignerons qui ne prennent le terroir pour un substrat indifférent. Lors de la consultation suivante, après m’avoir examiné, alors que je lui présentais ma carte vitale, cet homme de 45 ans me dit : « Jusqu’ici je n’aimais pas le champagne mais le vôtre m’a beaucoup plu… Dites-moi pourquoi ? »

 

Ma réponse fut lapidaire « c’est normal docteur, avant vous consommiez des bulles, là c’était du vin… »

 

Bonne journée à vous, j’adore les œufs durs et les sardines à l’huile… et le champagne aussi…

 

16 janvier 2008

Sardines et millésimes ICI  

 

5 avril 2010

« Le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain » au pied d’un ballon de rouge va-t-il disparaître ?

ICI  

 

Champagne : la sélection des cuvées rosés

 

ICI 

Notre sélection de champagnes pour les fêtes

Par Rémi Barroux, Laure Gasparotto et Ophélie Neiman  ICI 

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