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23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 07:00
«J'ai une grande facilité à me dépouiller de moi-même» Marcello Mastroianni, le jeune Marcello a connu « un garde-manger aussi dénudé que le crâne de Toto »

« J’ai tourné mon premier film avec Marcello, Le Pigeon. J’en ai fait beaucoup d’autres par la suite : Le Bel Antonio, 8 ½, La Peau, Henri IV, Le Roi fou… C’était un très grand, et tellement simple, tellement gentil. »

 

Claudia Cardinale

 

Dans La Grande Bouffe, en 1973, Marcello Mastroianni meurt le premier. Dans la réalité, c’est un cancer du pancréas qui s'inscrira au générique de sa vie.

 

«Je voudrais mourir à Noël», disait-il à la fin de la Grande Bouffe. Marcello Mastroianni s'est éteint le 19 décembre 1996. À cinq jours près, le destin aurait comblé son vœu d’acteur.

Inhumé le 23 décembre 1996 sur un air de Nino Rota au cimetière de Campo Verano où reposent parmi les rois du cinéma de la Péninsule, Vittorio de Sica et Vittorio Gassman...

 

Marcello Mastroianni dans la vie c’était «Marcello!» comme dans La Dolce Vita où son prénom résonnait sur la via Veneto. Dans la vie, c'était pareil, il ne se prenait pas pour une vedette.

 

Marcello Mastroianni ne va cesser tout au long de sa carrière de prendre le contre-pied de ce cliché, de vouloir donner un coup de canif à cette image du «mâle» italien dont son personnage dans La Dolce Vita apparaît pourtant comme la quintessence.

 

Et pourtant, quelle carrière !

 

Cent soixante films dans sa musette !

 

Avec Jack Lemmon et Dean Stockwell, il est un des trois seuls acteurs ayant obtenu à deux reprises le Prix d'interprétation masculine au festival de Cannes.

 

Top 25 des meilleurs films avec Marcello Mastroianni ICI 

 

Mon film préféré c’est Une journée particulière (1977) Una giornata particolare d’Ettore Scola avec Sophia Loren, John Vernon

 

Le 8 mai 1938, Rome en fête organise un grand défilé en l'honneur d'Adolf Hitler, venu en Italie pour consolider son alliance avec le Duce. Dans un immeuble d'un quartier populaire, Antonietta, Sophia Loren, épouse d'un petit fonctionnaire fasciste, se consacre aux tâches ménagères. Son mainate s'échappe et se pose sur le rebord d'une fenêtre. Antonietta en avertit le locataire concerné. C'est ainsi qu'elle fait la connaissance de Gabriele, Marcello Mastroianni un commentateur de radio homosexuel, récemment licencié, qui attend son arrestation imminente...

 

Le décor de ce film prestigieux mais crépusculaire est un immeuble mussolinien filmé comme un tombeau : toute vie semble y avoir disparu en ce jour de mai 1938 où les Romains fêtent la visite de Hitler. Ne restent dans l'immeuble que deux exclus de l'héroïsme fasciste : un homosexuel persécuté et suicidaire, et une mère de famille abandonnée à ses casseroles.

 

Le film est un huis-clos dans un immeuble reconstruit en 1934, selon les critères de la nouvelle architecture fasciste pour les fonctionnaires viale XXI Aprile à Rome. Les distinctions sociales étaient prises en compte dans la répartition des logements. Tout était fait pour que les gens puissent s’épier, s’espionner, dénoncer.

 

 

C’est une chronique du 24 janvier 2016

Ettore Scola n'est plus, une journée particulièrement triste pour le cinéma et pour moi.

La suite ICI 

 

 

-              Acteur caméléon, Marcello Mastroianni a su exploiter de nombreuses facettes de sa personnalité à l'écran. Lequel de ses rôles se rapproche le plus, selon vous, de l'homme qu'il était vraiment ? 

 

Claire Micallef :

 

C'est délicat de répondre définitivement cette question, car Marcello Mastroianni avait une manière bien à lui, très distancée, d'aborder le cinéma. Mais j'ai remarqué qu'il a très souvent été amené à interpréter le rôle du mari volage, celui qui refuse farouchement de quitter son épouse, et continue d'entretenir de nombreuses liaisons. Et c'est assez curieux de constater que la vie personnelle de Mastroianni se rapproche de celle de ces différents personnages. Il a la même indécision dans son rapport aux femmes, la même nonchalance un peu lâche que le héros de Otto e mezzo... De ce point de vue, on peut dire qu'il y a une véritable porosité entre la fiction et la réalité !

 

« C'est sur le tournage du Temps des amants, en 1968, qu'il rencontre Faye Dunaway. Coup de foudre. L'Américaine finit par rompre: Mastroianni refuse de divorcer de Flora, qu'il a épousée en 1950. Il ne le fera d'ailleurs jamais. Catherine Deneuve lui donne la réplique dans Ça n'arrive qu'aux autres 1971. On connaît la suite. Le fils de menuisier tient dans ses bras les plus belles femmes. La liste est longue: Claudia Cardinale, Sophia Loren, Raquel Welsh, Nastassja Kinski, Jacqueline Bisset.

 

La méthode?

 

Stanislavski?

 

Qu'on ne l'embête pas avec ça. «Donc, j'étais acteur - mais surtout spectateur de ce qui se passait autour de moi.»

 

« Fils d’Ottone et Ida Mastroianni, frère de Ruggero de cinq ans son cadet, le jeune Marcello a connu « un garde-manger aussi dénudé que le crâne de Toto » (le plus grand acteur comique napolitain) et l’angoisse des lendemains dans une Italie habillée du drapeau noir du fascisme. L’appartement étriqué du quartier populaire de la piazza Asti  laisse peu de place au rêve. Le jeune homme de dix-neuf ans, étudiant à l’école d’architecture de Rome s’engage dans l’armée de Mussolini. Sans comprendre alors qu’il devient un « jeune fasciste ».

 

De Luchino Visconti à Vittorio de Sica, de Federico Fellini à Ettore Scola, de Mario Monicelli à Dino Risi, de Marco Ferreri à Robert Altman, de Nadine Trintignant à Louis Malle, de Raoul Ruiz à Manoel de Oliveira, les réalisateurs qui ont choisi Marcello Mastroianni lui ont toujours prêté des partenaires exceptionnelles. Si Maria Schell, la Gervaise du film de René Clément devenue Natalia l’amoureuse des Nuits Blanches de Visconti fut sans doute la plus discrète, les beautés émouvantes avec qui il a tournées se nomment Sophia Lauren, Claudia Cardinale, Monica Vitti, Brigitte Bardot, Jeanne Moreau…

 

Un homme entre les États-Unis et l’Italie, entre Paris et Rome. Un homme entre deux rives, l’une baptisée bonheur et l’autre chagrin. Deux femmes l’emportent pourtant sur toutes les autres, ses deux filles. Chiara Mastroianni et Barbara Mastroianni qu’il a eue avec l’actrice Flora Carabella épousée en 1950.

 

 

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