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11 novembre 2018 7 11 /11 /novembre /2018 06:00
Photographie du maréchal Pétain mangeant dans sa cellule. Image provenant du site http://crc-resurrection.org/

Photographie du maréchal Pétain mangeant dans sa cellule. Image provenant du site http://crc-resurrection.org/

Du temps où j’étais enfant de chœur, le matin du 11 novembre nous montions au cimetière juste au-dessus du Bourg-Pailler, je portais la croix, souvent il faisait froid et j’avais les mains glacées. La délégation était menée par les porte-drapeaux, le maire, le capitaine des pompiers, l’adjudant de la gendarmerie, des anciens combattants avec des médailles, des membres de la fanfare, et le curé. Que des hommes sauf lorsque le maire fut la sage-femme qui a accouché ma mère : Marthe Regnault.

 

Face au monument aux morts, après la sonnerie aux morts, le maire égrenait les noms des gars de chez nous que 14-18 a fauché en pleine jeunesse et à chaque fois nous répondions « Morts pour la France ». Cette litanie macabre me renvoyait au pépé Louis revenu vivant de Verdun et à celle d’un homme jeune, encadrée de noir avec crêpe, le mari de la tante Valentine Pondevie, sœur de mémé Marie, mort dès le début des hostilités, ils venaient juste de se marier.

 

Au Bourg-Pailler on n’évoquait pas les souvenirs de cette guerre, mon père, blessé en 39-45, comme le pépé Louis, étaient des taiseux. Et pourtant le pépé Louis était dans les tranchées de Verdun, il révérait Pétain, ce qui lui valut quelques soucis mineurs à la Libération lorsque les résistants de la dernière heure voulurent prouver à la population leur héroïsme tardif.

 

Le Pétain de 14-18 et celui de la « terre ne ment pas » a été mon premier questionnement de jeune homme : « héros de Verdun » ou « l’homme de la poignée de mains de Montoire »

 

J’ai beaucoup lu :

 

  • La France de Vichy, 19401944 de Robert O. Paxton Cet ouvrage, publié en 1972, a provoqué un véritable choc en France par sa démonstration que le régime Vichy avait recherché la collaboration avec l'occupant.

 

 

 

  • L’histoire de Vichy selon Robert Aron (1954) Écrit par l’essayiste Robert Aron (18981975), en collaboration avec une jeune journaliste, Georgette Elgey (née en 1929), Histoire de Vichy est publié en 1954. Ouvrage de référence pendant une bonne dizaine d’années, le livre développe implicitement deux thèses : qu’il existait deux Vichy et que le maréchal Pétain était bien un bouclier. Réfuté par des travaux ultérieurs — Vichy. Année 1940 d’Henri Michel en 1966, La France de Vichy de Robert Paxton en 1973, etc. — le livre marque une étape de l’historiographie. On trouvera ci-dessous les pages dans lesquelles l’auteur reprend la thèse du bouclier et de l’épée : « Tous deux, écrit l’auteur, à propos de Pétain et de Gaulle, étaient également nécessaires à la France ». ICI 

 

 

Pour moi, Pétain, c’était la France rance, une culotte de peau indigne, un Franco à la française, de cette droite prête à tout pour mater les rouges avec la cohorte des antisémites vociférant et les brutes de la Milice. La honte de la France.

 

Bien plus tard, en 1969, Le chagrin et la pitié de  Marcel Ophüls renforcera mon jugement et me fera adhérer au courage d’un Pierre Mendès-France.

 

En juillet-août 1968, j’ai travaillé avec un brocanteur à l’île d’Yeu, à deux pas du fort de la Pierre Levée où il fut incarcéré après la grâce de De Gaulle.

 

 

Pétain meurt le 23 juillet 1951. Il meurt dans un établissement hospitalier de l’île, annexe de l’hôpital militaire de Nantes ou il avait été transféré le 29 juin.

 

Sa tombe, au cimetière de Port-Joinville, je suis allé la voir. Elle était encore fleurie de gerbes de la crème de l’extrême-droite.

 

En 1974 je serai aussi bouleversé par le film de Louis Malle : Lacombe Lucien.

 

Dernier versant de mon aversion vis-à-vis de Pétain son « œuvre agricole » la Corporation qui servira de matrice à la FNSEA, une FNSEA conservatrice construite en réaction des idées de Tanguy-Prigent. Un livre magistral sur ce sujet : La Révolution rurale en France de Gordon Wright 1967.

 

Un autre livre capital pour moi qui suit né dans un pays baignant dans l’eau bénite : Les catholiques français sous l’occupation de Jacques Duquesne.

 

 

J’ai beaucoup lu et mon aversion pour Mitterrand, renforcée par son comportement de Garde des Sceaux pendant la guerre d’Algérie, a puisé ses racines dans sa francisque et dans ses amitiés douteuses avec Bousquet. Ses gerbes sur la tombe de Pétain n’étaient pas innocentes.

 

En ce temps-là, le sénateur socialiste Mélenchon, qui aimait Tonton,ne poussait pas des cris d’orfraies comme il le fait en ce moment face aux déclarations borderline de Macron sur le Pétain de Verdun.

 

Rendre hommage aux maréchaux de 14-18  ne me plaît  pas du tout, avec ou sans Pétain, pour moi les seuls vainqueurs de Verdun, ce sont les poilus et les 163 000 tués d'une bataille de trois cents jours.

 

Voilà j’ai écrit ce que j’avais sur le cœur, je ne suis pas historien, rien qu’un citoyen informé aux meilleures sources.

 

Pour votre information je vous communique des liens :

 

  • PÉTAIN, L'IMPOSTEUR DE VERDUN

 

Par Jean-Yves Le Naour février 2016 - 

À 60 ans passés, ce général obscur se forge une réputation - mieux, une légende - au cours de l'une des batailles les plus sanglantes de la guerre. La République avait besoin d'un sauveur, elle s'en trouve un, au prix de quelques mensonges.

ICI 

 

  • De Gaulle-Pétain : une relation houleuse depuis 1912 ICI 

© Le Télégramme 

 

  • Sur Pétain, « notre mémoire collective rejoint aujourd’hui le verdict de 1945 »

Pour l’historien Laurent Joly, le président Emmanuel Macron n’a pas pris la mesure du consensus négatif qui règne dans l’opinion française au sujet du maréchal.

LE MONDE | 08.11.2018 Propos recueillis par Allan Kaval

ICI 

 

 

"On ne peut pas détricoter l'histoire" : trois officiers, anciens enseignants dans des écoles militaires, parlent de Pétain ICI

Quelle image a-t-on en 2018, au sein de l'armée française, de Philippe Pétain, "le vainqueur de Verdun", devenu maréchal puis, plus de vingt ans plus tard, chef du régime de Vichy ? Franceinfo a interrogé trois officiers, anciens enseignants à l'Ecole de guerre ou à Saint-Cyr.

« Morts pour la France… » Pétain, Verdun, le statut des Juifs, la terre qui ne ment pas, le chagrin et la pitié, le fort de la Pierre Levée à l’Île d’Yeu.

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commentaires

pax 12/11/2018 09:40

Philippe Pétain a été déclaré coupable, entre autre d'indignité nationale.A ce titre il est condamné à la dégradation nationale et perd tous ses grades et décorations. La polémique instaurée par ses partisans soulignant que le maréchalat étant une dignité et non un grade elle n'a rien à voir avec la dégradation. C'est faire peut cas de l'indignité dont il a été convaincu. Les historiens sont unanimes à considérer qu'il n'y a plus de " Maréchal" mais uniquement un Philippe Pétain pour les gens clairs et de bonne foi la cause est entendue.
Il est rare de voir une telle déchéance, partir du plus haut pour terminer aussi bas. En droit commun on trouve plus souvent de réels bandits de grands chemins qui après des années de prison terminent profs de fac.

J. F. Launay 11/11/2018 09:53

Le "point de vue" de Serge Klarsfeld « Pétain est le Dr. Jekyll devenu Mr. Hyde » me semble faire le point sur la fausse controverse https://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/11/08/serge-klarsfeld-petain-est-le-dr-jekyll-devenu-mr-hyde_5380857_3232.html

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