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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 06:00
Après la descente aux enfers du litre, le litron populaire, sans âge, sans papiers, va-t-il être réhabilité ?

Ceci est une supplique, une imploration, une requête, une prière, à l’attention de celles et ceux qui nous prennent le chou pour nous expliquer le vin.  

 

Très chères, très chers, experts expliquez-moi pourquoi, entre la bouteille traditionnelle de 75 cl et le magnum de 175 cl, jugés nobles, sortables sur une table, le malheureux litre, la 100 cl, serait un outrage aux bonnes mœurs ?

 

Les petites bouteilles de 37,5cl ça fait, au mieux, buveur rationné, au pire, pingre ; la 75 cl classique, bordelaise, bourguignonne et autres, la marque des grands amateurs patentés ; le magnum très prisé des bobos naturistes, donne des boutons aux pères la rigueur de l’ANPAA.

 

Imaginez-vous, un Pétrus, un Lafite, un Ausone en litre ?

 

Notre ami Hubert, qui aime tant plaire, pourrait lancer la mode avec son Angelus, je suis sûr que ça ravirait les chinois ce côté canaille, épaules larges, genre Gabin en marcel ou pour faire plus tendance Vincent Cassel en perfecto.

 

La descente aux enfers du litron de vin de table, fils adultérin des vins de consommation courante, nu comme un vers, sans âge : millésime interdit, sans papiers : cépage proscrit, accompagna la disparition de la classe ouvrière, concomitamment à la chute du PC dans les abimes électoraux, la fin des rouges avec le couteau entre les dents, la résistible ascension des cols blancs, la montée des faits pas ci fait pas ça fouteurs de pétoches, le triomphe des boire moins mais boire mieux, coupaient la route des vins de table qui venaient par barges ou trains complets jusqu’au port de Gennevilliers. Le Midi rouge souffrait, les péages d’autoroutes aussi. Les derniers tribuns rangeaient leurs mèches lentes, troquaient leurs cagoules pour des pantoufles, achetaient des 4x4 japonais, vieillissaient. La bouteille bouchée liège jetable triomphait ! Tout allait être aoécisé ! C’était à qui péterait plus haut que son cul ! Même les petits vins cachaient leur roture sous des étiquettes ecclésiales ou des titres de noblesse en peau de lapin. Bref, nous nagions dans un océan de suffisance pendant nos voisins se gondolaient face à nos insuffisances.

 

Et pendant ce temps-là, alors que les hiérarques du vin regardaient passer les trains, que la défense des AOC s’apparentait à celle des droits acquis, de jeunes coquins venus du diable vauvert poussaient dans les vignes et les chais comme des adventices, contestaient la dérive de ceux qui avaient tant méprisés les vins de table jusqu’à faire accroire que leurs vins, purs cousins germains de ceux-ci, étaient dignes de leur origine affichée. Les contestataires, pas forcément des révolutionnaires, ne se contentaient pas de ces vins de papier. Eux, pour eux, l’AOC c’était toujours l’origine, un vin accroché à son petit quelque part qu’on avait coutume de dénommer terroir. Les grands bousins, les fourre-tout, les grands lacs de vin, très peu pour eux dans la cour des vins qui s’accrochent à leur lieu-dit.

 

Pour autant, les petits gars y voulaient bien que tout ça se passe dans un « espace de liberté », qui n’est pas, en dépit de ce continuent de croire les faiseurs de miracle, n’est pas un bassin déversoir. C’était leur vin à eux, bichonné, signé, identifié… Alors, soudain, dans les rayonnages des vendeurs de quilles de vignerons le vin de table réapparut tel le petit Jésus futur Messie. Et puis, petit à petit, au grand dam des grincheux ce fut l’explosion des étiquettes, des vins de tout acabit, chacun y allait de sa créativité. Mais le vin de table ressuscité, réhabilité ne tardait pas à décéder pour renaître sous l’affreuse dénomination de vin sans IG. Mais il gagnait au passage deux galons : le millésime et le nom de ses cépages et se voyait alors baptiser Vin de France

 

Je cesse là mon ironie, chers experts qui savez tout sur tout et le contraire de tout, pour vous dire qu’en Italie tout cet embrouillamini n’a pas eu de raison d’être. Chez nos voisins transalpins, dans les villes et les villages, ils ont toujours vendus à la tireuse du Vino de Tavola, et dans les osteria, trattoria, ristorante, du Vino de la Casa.

 

 

Le litre chez eux n’est pas tricard, pour preuve ce magnifique LITROZZO que j’avais acheté un dimanche de 2012 à la cave des Papilles rue Daguerre. Du Vino de Tavola venant du domaine « Le Coste Sul Lago c'est dans la région du Lazio, entre Toscane et Ombrie que Clémentine Bouvéron et Gian-Marco Antonuzi se sont installés. Dans le pittoresque village de Gradoli, près du lac de Bolsena. Un terroir de prédilection pour ces passionnés de vins nature. Gian-Marco s'est aguerri au contact de Philippe Pacalet et de Didier Barral, excusez du peu ! Clémentine un diplôme d'œnologie en poche: Ils louent 2,5 hectares de vieilles vignes et possèdent désormais 1,5 hectare en cépages autochtones: Greghetto, appellation locale du Sangiovese, d'Aléatico, un cépage aromatique de la famille des Muscat, de Procanico et de Malvoisie.

 

 

Le Coste - Italie   Aucun ajout de SO² sur toutes les cuvées

 Clémentine et Gian Marco Antonuzi  

 

Le domaine

 

L'exploitation agricole Le Coste est une véritable création à partir de zéro, mue par la passion et la volonté de revaloriser un territoire magnifique. À l'origine, l'acquisition en février 2004 d'un terrain de trois hectares, dit "Le Coste", à l'état d'abandon qui était un "jardin de vignes et oliviers" il y a plus de vingt ans selon les dires des anciens du village.

 

Aujourd'hui, le domaine a grandi et s'étend sur environ 14 hectares : 3 hectares de vignes plantées par nos soins, 4 ha de vieilles vignes en location (40/60 ans), 4 ha d'oliveraies séculaires et 3 ha de vieilles terrasses devenues bois suite à l'abandon et que nous destinons à porter notre projet de recréer le système d'antan de polyculture-élevage de races locales à lait et à viande.

 

Nous sommes à Gradoli (province de Viterbe, région Latium) aux confins de l'Ombrie et de la Toscane, à 150 kilomètres au nord de Rome et à 40 kilomètres de la côte méditerranéenne. Dans un paysage de collines à 450 mètres d'altitude le domaine domine le lac de Bolsena de récente formation volcanique (environ un million d'années). Le sol est léger, lapilleux et tufeux, et riche en minéraux ; le terrain est souvent creusé de grottes naturelles agrandies par les anciens. Sur toute l'exploitation nous pratiquons une agriculture "naturelle", sans certification officielle mais extrêmement attachée au respect de la nature et qui tend à rejoindre l'équilibre naturel, c'est à dire la diversité des cultures. C'est pourquoi nous avons mélangé les vignes et les oliviers et planté une quarantaine d'arbres fruitiers aux abords immédiats des vignes, reprenant ainsi la tradition locale.

 

La suite ICI 

 

 

Raphael Beysang - Beaujolais  Aucun ajout de SO² sur toutes les cuvées

 Raphael Beysang    

 69210 Saint-Germain-Nuelles

 

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commentaires

Jean Louis DRESSEL 09/11/2018 15:38

Très bel article plein de vérités et de beaux souvenirs.
Bon, je pense que le magnum d'ici doit faire 150 cl,. C'est bu et vu Félicitations

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