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14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 07:00
Leonard Cohen ce « visionnaire » n’est rien d’autre, selon lui, qu’un « lazy batard living in a suit », « paresseux bâtard en costume »

Je viens de refermer le gros pavé de Sylvie Simmons I’m your man La vie de Leonard Cohen. Je ne suis pas très friand des biographies mais celle-ci est en tout point remarquable et passionnante.

 

« Sylvie Simmons, journaliste anglaise vivant aux Etats-Unis, a passé des années sur les traces du Canadien errant. Elle a tiré de ses rencontres et recherches une biographie à l’américaine, chronologique et factuelle, empathique et sans concession, fourmillant de mille détails. Cela donne une lecture parfois fastidieuse mais toujours prenante. Le portrait complet d’un homme difficile à saisir dans sa complexité et que l’auteure nomme tout du long « Leonard » — pour le rendre plus intime ?

 

Elle cite Virginia Woolf : « Un biographe peut s’estimer heureux s’il parvient à cerner six ou sept facettes d’une personnalité qui en compte pourtant des centaines.

 

 

Voici mes derniers soulignés de lecture au crayon papier :

 

« Si je savais d’où viennent les bonnes chansons, j’irais là-bas plus souvent »

 

Le premier concert eu lieu le 11 mai 2008 à Fredericton, au Nouveau Brunswick. Leonard a insisté pour qu’avant d’entreprendre quelque chose de sérieux, ils puissent roder le spectacle dans des salles minuscules, dans les  endroits les plus perdus du Canada, « des villes dont je n’avais jamais entendu parler. »

 

« Debout sous les projecteurs, impeccable avec son costume, son feutre et ses chaussures bien cirées, il avait l’air d’être un rabbin choisi par Dieu pour accompagner la mafia. Les trois choristes et le groupe de six musiciens, la plupart en costume et chapeau, semblaient prêts à se produire dans un casino de Las Vegas. Les musiciens commencèrent à jouer. Leonard enfonça son feutre sur la tête et, tenant son micro à deux mains comme s’il s’agissait d’une offrande, il commença à chanter d’une voix un peu rauque, mais profonde et forte… Il chanta comme s’il était venu les mains vides, n’apportant sur scène rien d’autre qu’une vie entière de chansons. »

 

 

En mars 2008, à New-York, Leonard fut intronisé au Panthéon du Rock’n’roll. C’et Lou Reed, vêtu de cuir noir et d’une chemise fuchsia, qui lui remit le prix. Il tenait une liasse de feuillets dactylographiés et un exemplaire de Book of Longing dont Reed lu un extrait. De temps à autre, il s’interrompait pour glisser des observations comme l’aurait fait un professeur enthousiaste : « Il ne cesse de s’améliorer… C’est une chance d’être le contemporain de Leonard Cohen. »

 

Photo Rick Friedman

 

Lorsque Leonard Cohen, avec Chuck Berry co-lauréat, reçut le premier prix du Pen de la Nouvelle-Angleterre pour « l’excellence littéraire des paroles de leurs chansons », il déclara « J’ai particulièrement apprécié de partager ce prix avec Chuck Berry « Roll over Beethoven and tell Tchaïkovski the news », j’aurais bien aimé écrire une phrase comme celle-là » 

 

 

Old Ideas sortit le 31 janvier 2012

 

Lors de la conférence de presse à Paris, quelqu’un le questionna au sujet de la mort. Il répondit, affectant un air grave : « Je suis arrivé à la conclusion, bien à contrecœur, que je vais mourir. »

 

La vieillesse allait bien à Leonard. L’homme au costume et au chapeau avait l’air mieux dans sa peau que le jeune Leonard. Leonard se sentait plus heureux, mieux loti et il avait plus de succès qu’il n’en avait jamais eu. Il était au sommet de son art. Old Ideas était en tête des palmarès dans onze pays. »

 

« Vous savez bien que tout ce qu’on fait, quoi que l’on fasse, est toujours terriblement dérisoire par rapport à l’ordre des choses. D’un autre côté, il s’agit de votre travail, il faut donc le traiter avec respect. En dehors de ça, il ne se passe pas grand-chose, et c’est bien, on n’a pas envie qu’il se passe trop de choses. On essaie juste de finir une chanson. On sait qu’on ne va pas pouvoir s’attarder, que ça ne va pas durer éternellement, qu’il va falloir tenir compte des problèmes de santé. C’est pourquoi j’aimerais terminer le plus de choses possibles. »

 

« Je suis prêt à mourir » déclara Leonard au New Yorker.

 

Leonard s’est éteint dans son sommeil, chez lui, le 7 novembre 2016… trois jours plus tard il fut inhumé, en toute intimité, aux côtés de ses parents, dans le cimetière Shaar Hashomayim de Montréal, dans un cercueil  en pin ordinaire conformément à ses vœux. Il ne voulait pas de remue-ménage, juste la famille et quelques amis proches.

 

Dans Télérama Hugo Cassavetti écrit en 2012 Mis à jour le 16/08/2017 à propos d’Old Ideas  ICI :

 

« J'ai débuté vieux dans la musique, en traitant de thèmes éternels. Je regarde rarement en arrière, mais le passé m'accompagne toujours. Je n'ai jamais cherché à être original, je m'en tiens aux vieilles idées. »

 

Leonard Cohen, force tranquille qui a traversé les décennies de son train de sénateur, nous berçant de ses sombres mélopées chantées d'une voix qui n'en finit pas de descendre dans les graves.

 

Une suite sans faute de dix titres faisant sobrement le tour des styles qui ont bercé depuis toujours le poète mélomane, du blues à la country, du jazz au gospel. Cette « lounge music » haut de gamme, affinée au cours de près de trois années de concerts forcés - pour remédier à une situation financière désastreuse - par le plus fainéant des stakhanovistes.

 

Cohen se délecte à mêler swing liturgique et sexualité désabusée sur Amen (« Redis-moi, lorsque je serai propre et sobre, que tu me veux toujours »), à se métamor­phoser en bluesman apocalyptique sur Darkness (« J'ai contemplé l'obscurité en buvant dans ta coupe. Est-ce contagieux ?, ai-je demandé. Tu m'as répondu : bois-le »).

 

Old Ideas, l'album qu'il a le plus rapidement conçu de sa carrière.

 

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