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26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 06:00
La baignoire à champagne en cuivre du Prince de Galles futur Édouard VII au Chabanais et une énigme vespasienne.

Louis XV initia aux délices du champagne Madame de Pompadour, peut-être pour la dégeler. « Le sein de la favorite aurait-il servi de moule pour fabriquer la première coupe de champagne ? Nul ne le sait. »

 

L’abbé de Bernis (devenu cardinal par la suite), lui avait adressé un compliment bien tourné où le « le champagne » […] prêt à partir » dissimulait à peine la promesse d’une gâterie, suivie d’une éjaculation heureuse :

 

L’Amour sort toujours de prison

Sous la main d’une belle !

 

« Réputé pour sa capacité à procurer une griserie nerveuse plutôt qu’une ivresse comateuse, le champagne dans son sillage d’écume une réputation à la fois aristocratique et érotique. Sa carrière galante se poursuit bien après les orgies de cour du XVIIIe siècle, avec un autre personnage au sang bleu, le Prince de Galles futur Édouard VII (1841-1910). Surnommé « Bertie » par les prostituées qui  lui accordaient leurs faveurs, le fils de la reine Victoria était un client assidu du Chabanais, une des maisons closes les plus connues et les plus luxueuses de Paris, entre 1878 et 1946, date de sa fermeture. Il y avait fait installer une baignoire en cuivre rouge, ornée d’une sphinge (monstre féminin), consacrée uniquement à des barbotages au champagne (Ndlr du Mumm Cordon Rouge). Le sort de ce pétillant joujou restera lié à l’extravagance, sinon à la débauche : achetée une petite fortune par un antiquaire de la rue Jacob, cette baignoire devint l’enseigne publicitaire d’un fabricant  de meubles du boulevard Montmartre, avant de finir son parcours, en 1972, dans une chambre du Meurice… mais pas n’importe laquelle ! Des admirateurs de Salvador Dali en firent l’acquisition pour le maître. De l’hôtel de passe au palace, elle aura fait couler autant de bulles que de billets de banque. »

 

Le 30 décembre 1972, une équipe de télévision se rend à l‘hôtel Meurice pour y rencontrer Salvador Dali. Le Maître les reçoit assis dans une baignoire de cuivre que des amis viennent de lui offrir.

 

 

L’énigme : À quoi L.F.Céline faisait-il allusion dans Mort à crédit 1936 ?

 

« Son truc c’était les pissotières et surtout les croûtes de pain qu'on trempent dans les grilles »

 

 

La réponse est dans Même les légumes ont un sexe Nathalie Helal chez Solar dont j’ai tiré les citations sur le cardinal de Bernis et la baignoire du Prince de Galles.

 

 

« En 1883, la façade du Chabanais était aussi discrète pour ne pas attirer l’attention des indésirables. Mais quand les portes étaient ouvertes par un Africain habillé d’une tenue mauresque étincelante, un monde magique se dévoilait.

 

Chacune des 30 pièces du bordel était décorée selon un thème différent, créant un catalogue raffiné des arts érotiques. Il fut ouvert en 1878 par une ancienne courtisane richissime, «Madam Kelly», qui aurait dépensé plus de 1.700.000 francs sur la décoration intérieure (actuellement environ 8,7 millions d’euros), et qui rapidement attira les financiers, les hommes politiques, les aristocrates et les vedettes de la scène les plus riches d’Europe.

 

Le vestibule du bordel ressemblait à une grotte souterraine, avec des murs en pierre artificielle et des cascades. Les clients étaient emmenés au premier étage —la salle Pompéi tout en miroirs— où des femmes peu vêtues s’inclinaient sur des sofas romains surmontés de fresques de 16 vignettes en huile peintes par —qui d’autre?— Henri de Toulouse-Lautrec, bien sûr, et représentant des centaures masculins et féminins se livrant à des actes sensuels.

 

C’est à cet étage que s’opéraient les transactions financières. Aucun argent ne pouvait être échangé au-dessus, donc les clients achetaient là à la dame des jetons qu’ils pouvaient échanger plus tard contre des boissons et des services. Le minimum était 100 francs —environ 500 euros d’aujourd’hui. À ce stade, les clients n’avaient plus qu'à choisir leur fantaisie. Il y avait la chambre hindoue, ornée avec des œuvres d’art indien; la chambre turque, remplie d’artéfacts orientaux; ou le Salon Louis XV, pour les francophiles purs et durs. La pièce vénitienne, évoquant la Renaissance italienne, avait un lit énorme en forme de coquille. Dans le salon japonais, il y avait six divans arrangés en cercle autour d’un brûleur d’encens. Il y avait même une chambre pirate, avec des hublots contre lesquels l’eau de mer pouvait être jetée par les employés. »

Tony Perrottet

ICI

 

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commentaires

pax 26/07/2018 07:28

Si l'on se réfère au texte, ce peut être Proust dont on connait le jugement définitif de Céline pour cet autre pilier de la littérature du XX éme siècle : "Proust explique beaucoup pour mon goût : 300 pages pour nous faire comprendre que Tutur encule Tatave, c'est trop." D'autant que pour quelques exégètes
la madeleine et la tasse de thé auraient comme quelques analogies et qu'en argot pissotière se dit " tasse "
Quand aux bains de champagne laisser moi rire . Si c'est pour se baigner dans un liquide réfrigérer autour de 5/7° , pas pour moi , même les héros des "marronniers hivernaux" qu'on voit, à noël ou à nouvel an briser la glace pour se baigner ,l'eau est autour de 15 °. Si c'est pour se baigner autour de 40 °, pouah ! comme bains moussant il y a mieux. C'est comme l'image du caviar à la louche, passé les 2 ou 3 cuillères à soupe ( pour les goinfres ) c'est vite écoeurant. Ou va se nicher l'imagination populaire ou le rêve de l'ambitieux de faire fortune ,pour se représenter ainsi " la belle vie"
Salaud de pauvres ! comme disait Gabin dans La Traversée de Paris d'après Marcel aimé et mis en scène par Autan-Lara

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