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24 juin 2018 7 24 /06 /juin /2018 07:00
Les Caves du CAC 40 Simmat & Bercovici ©

Les Caves du CAC 40 Simmat & Bercovici ©

D’un si bel article sur un milliardaire face à l’art contemporain, dont le miracle donne un sens à une vie accomplie, le bruit et la rumeur ne retiennent qu’une phrase sur Emmanuel Macron... Nous mourrons d’anecdotes et de fausse politique.

 

C’est signé Claude Askolovitch sur Twitter @askolovitchC, dans sa revue de presse de France Inter

 

Dans un long portrait troussé par Raphaëlle Bacqué paru dans le Monde de vendredi, consacré à ses activités de collectionneur d'art contemporain, François Pinault se montre inquiet de la politique menée par le président de la République.

 

« On en est au café quand François Pinault aborde un terrain qu’il n’a jamais tout à fait délaissé : la politique. « Macron ne comprend pas les petites gens, glisse-t-il. J’ai peur qu’il mène la France vers un système qui oublie les plus modestes… » En 2012, Pinault avait confié voter François Hollande contre Nicolas Sarkozy, dont il n’apprécie ni les manières, ni la proximité avec son rival Bernard Arnault, ni les trahisons passées contre son ami Chirac. Manifestement, il fréquente moins les Macron. Toujours, il a usé de ses réseaux politiques pour ses affaires. Se peut-il qu’il ait pris ses distances ?

 

Magie des géographies du pouvoir, François Pinault croise justement sur le trottoir François Henrot, le numéro deux de la banque Rothschild et père de l’artiste Camille Henrot dont Pinault possède plusieurs œuvres. Le bras droit de David de Rothschild est celui qui, en 2008, repéra le jeune Macron et, bluffé par son brio, en fit un associé de la banque. Salutations chaleureuses dans la lumière du printemps new-yorkais. Éloge du nouveau président de la République par Henrot. François Pinault se contente de sourire aimablement. »

 

L’année dernière, c’est pourtant Henrot qui a appelé pour lui l’Élysée et Bercy. Pinault avait appris que le Clos de Tart, grand cru fameux de Bourgogne, était à vendre. Bien placé au rang des acheteurs, Jack Ma. Le médiatique propriétaire d’Alibaba, l’Amazon chinois, pèse sept milliards de plus que François Pinault. « Mais on ne pouvait pas laisser un Chinois rafler un fleuron de la Bourgogne », souligne le Français. À sa demande, Henrot a fait valoir l’argument auprès du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, et du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui ont eux-mêmes pesé sur la famille Mommessin, propriétaire du Clos de Tart… Pinault l’a emporté. »

 

Étonnant !

 

Si Français… Pinault se posant en défenseur des petites gens… Pinault qui a bâti son empire, tout comme Arnault, grâce à une forme de concubinage avec la puissance publique quelle que soit la couleur politique de celui-ci.

 

« L’homme connaît pourtant la valeur des amitiés désintéressées. Juste avant de partir à New York, il est passé voir Jacques Chirac rue de Tournon, dans l’ancien hôtel particulier qu’il a mis à disposition de l’ancien président et de son épouse. C’est là qu’en 1995 la CX de Chirac, suivie par une armada de photographes, avait déposé Bernadette, pour fêter sa victoire.

 

Des années durant, Chirac et Pinault furent amis, passant des soirées à Saint-Tropez à siroter des bières pendant que Maryvonne et Bernadette sortaient dîner chez des amis. «Ils étaient faits pour s’entendre, ce sont deux grands Français enracinés dans leur terre et totalement ouverts sur le monde», souligne Claude Chirac.

 

Quelle est belle la légende d’un Chirac proche des gens de la terre parce qu’il savait tâter le cul des vaches tout en brossant dans le sens du poil les seigneurs céréaliers du Bassin Parisien.

 

Quant à François Pinault, le collectionneur je sors mon joker…

 

 

Lire Grands et petits secrets du monde de l'art, de Danièle Granet et Catherine Lamour : dans les coulisses de l'art business.

 

Comment se fabrique un artiste tendance ? Par quels mécanismes peut-on maintenir sa cote ? Qui sont les maîtres de ce jeu planétaire, dont le chiffre d'affaires vient juste après les stupéfiants et les armes ?

Le lecteur découvre pas à pas les rouages d'une étrange machine : ports francs où sont stockées les œuvres (Genève ou Zurich), spéculations et reventes qui font les profits, jeu des enchères, rôle des chasseurs, fonctions des critiques, délits d'initiés systématiques et encouragés. Encore quelques chapitres et l'on a presque l'impression d'avoir vraiment rencontré les Lorenzo Rudolf, Larry Gagosian, Charles Saatchi - ces grands manitous dont les deux journalistes brossent le portrait, à côté de ceux de François Pinault ou de Yona Friedman, deux figures emblématiques et dissemblables.

ICI 

 

Le portrait de madame Bacqué est plaisant mais se garde bien d’aborder les questions qui fâchent, il reste prudemment à la surface médiatique des choses, faut jamais fâcher les puissants…

 

« À sa demande, Pinault a acheté une concession, dans le ravissant cimetière de Grosrouvre, à deux pas de son château de la Mormaire. Là où sont enterrés l’acteur Jean Rochefort et Lucien Herr, le légendaire bibliothécaire de Normale-Sup. La famille Pinault a détesté le projet imaginé par l’Italien. Le collectionneur, lui, en a souri. Sur la pierre funéraire dessinée par Cattelan, on lit seulement deux mots : « Why me ? »

 

Le portrait ICI 

 

 "De la part de quelqu'un qui, pendant longtemps, n'a pas payé d'impôts...", a répondu Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. "Je ne suis pas certain qu'il comprenne lui-même les petites gens."

 

 

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commentaires

pax 24/06/2018 17:12

Bravo Taulier ! * On ne peut qu’applaudir cette nouvelle entreprise de démolition et de salubrité publique. Sept pages pour chanter les louanges de l'individu qui n'a rien à voir avec le monde de l'art lequel ne semble être perceptible ou fréquentable pour beaucoup que par « le pognon de dingue » qu’il véhicule. R.Bacqué nous rapporte un commentaire de Pinault sur l’incompréhension d’E.Macron à propos des petites gens. C’est, une litote, un commentaire de spécialiste qui reconnaît un alter ego l’œil fixer sur les CA à innombrables zéro.
Sept page ou on ne voit que la tronche du bonhomme sans voir au moins une de ses acquisitions ! Cela illustre parfaitement la dichotomie entre « l'amateur d'art » et l'art lui-même.
Nous présenter le deal entre Pinault et Hirst comme un comte de fée, une BA, c’est pousser le bouchon un peu loin. C’est beaucoup plus simple. Il se trouve que ce mégalo de Hirst s'était mis dans la tête de vendre ses produits directement en court-circuitant marchands et galeristes. Ceux-ci se sont alors, pas folle la guêpe, tournés vers d'autres « artistes ». Et la côte du butor de s'effondrer. Et le Pinault de se trouver encombré d'un tas d’acquisitions de pacotille achetées au prix fort. Pour ce refaire il a organisé une Grande Rétrospective en son musée de la Douane de Mer à Venise afin de redonner un gain d’intérêt à ce bluffeur et tenter ainsi de faire remonter la cote. C’est le genre de manipulation strictement interdite par les autorités de contrôle des marchés financiers et autre Cob. Mais on n’y est pas puisque c’est d’art qu’il s’agit, on ne cesse de vous le dire.
Ce n'est plus un reportage mais un panégyrique ! C’est à fleuret à peine moucheté qu’on entend déglinguer cet autre faquin français de l’art qui s’offre une fondation aux frais du contribuable français puisque ce roi du bonneteau obtient plus de 50 % de déduction fiscale.
Bacqué, mine de rien, relate l'information comme quoi le héros du jour pour son nouveau lieu d'exposition la Bourse de Commerce que la ville de Paris vient de lui offrir par bail emphytéotique, pour un prix dérisoire selon les experts mêmes les moins malintentionnés a été financer sur fonds propres. Oh la bonne âme !
Les autres propos énoncés sont risibles et l'on s'étonne que personne dans l'entourage, ni de la rédactrice ni du sujet de l'article n’en n'a perçu le ridicule. Avoir besoin de Pierre DAIX pour aller à Mauthausen ! Oh qu’il est mignon le petit ! De part cheu nous on parle d’ « une grande fille toute simple » qualifiant celles qui n’ont aucun problèmes dans l’existence car, paraphrasant Brel dans « Les Paumés du petit matin », elles ont cette assurance dont on devine que le papa a eu de la chance. Ca doit être sa sœur jumelle
Inutile de revenir sur les autres éléments de l’article c’est un bazar ou l’on étale les relations du chevalier d’industrie breton, ses péripéties, ses techniques, ses plus values.
Pouah, tournons la page.
Maintenant qu’il est retiré des affaires ce « petit chose » ne souhaite plus que laisser une trace dans le monde de l’art .Son monde tel qu’il le conçoit, bien sur, et sur lequel précise l’article : il règne en maître : mais si loin de l’art réel.
Ce Bon Monsieur oublie qu’une réputation ne s’achète pas. On dirait Attali usant de son entregent pour diriger de grand orchestre et ainsi enrichir un CV, le colorer d’une teinte d’humanisme essayant de dissimuler ainsi sa vrai personnalité : un technocrate.
Une réputation ne se fait et ou ne se modifie qu’avec le temps. Et c’est les autres qui la font.
La fin de l’article de Mme Bacqué, souligné par le Taulier se termine par l’épitaphe que l’artiste à qui il a commandé sa pierre tombale propose : « Why me ? » Cela me fait penser à la réflexion de Robert Kennedy lors de la mort, pendant la guerre de son frère ainé Joseph junior : « Il y a quelqu’un qui ne nous aime guère, la – haut »

P.S. Il ne s’agit pas ici de prononcer un jugement de valeur sur les « œuvres collectionnées » A chacun de se prononcer en allant sur Wikipédia regarder à quoi ressemble la création de Maurizio Cattelan (la statue de Jean Paul II renversée – le cheval morts sur lequel on a planté le INRI de la croix) de Tatiana Trouvé, Borremans, Stingel, etc., etc.
Depuis longtemps j’essaie de faire mien la belle recommandation de Camille Saint Saëns : « Il faut savoir apprécier ce que l’on n’aime pas » Mais là, j’ai beau faire des efforts, je n’y arrive pas.

* Merci également Taulier pour cette ouvrage que je ne connaissais pas. Il va enrichir le rayon de ma bibliothèque consacré aux Trissotins de l’art contemporain

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