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16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 06:00
Il est des jours où je trouve vain de radoter sur le vin, alors je me replie dans ma cuisine et j’ose le bain-marie pour préparer une terrine de salades à la ricotta et je bois un savagnin ouillé de Didier&Jules Grappe.

Oui, je vous l’avoue chers lecteurs, depuis quelque temps je m’interroge, je doute, je me trouve frivole, vain de radoter sur le vin alors notre vieille Europe, qui se disait unie, craque de toute part. Quand je lis que le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a annoncé mercredi 13 juin la création d'un AXE entre les ministres de l'Intérieur autrichien, allemand et italien pour lutter contre l'immigration illégale dans l'Union européenne, alors que les Européens se déchirent sur cette épineuse question, je me dis que c’est le début de la fin.

 

Même si l’Histoire ne se répète jamais, en ce moment elle bégaie : l’Axe Rome, Vienne et Berlin fleure mauvais, ça  affaiblit la position d'Angela Merkel. La chancelière allemande cherche à arracher un accord sur un système d'asile européen en vue du sommet de l'UE de la fin juin. Mais nombre de pays, notamment dans l'est de l'Europe, s'y opposent car ils ne veulent pas d'une répartition européenne des réfugiés ou ne souhaitent pas en accueillir.

 

Je désespère de notre foutu monde !

 

Rendre une feuille blanche n’étant pas encore à l’ordre du jour, ce matin pour ne pas sombrer dans la déprime je me réfugie dans ma cuisine pour préparer une terrine de salades au bain-marie.

 

Une de mes jeunes amies, néo-cuisinière, étonnée, à la vue de ma jardinière de légumes « tu fais cuire de la salade… ». Certes ce n’est pas courant d’où l’intérêt d’éclairer la lanterne des petites louves et des petits loups.

 

D’où vient la dénomination de ce mode de cuisson bien utile pour préparer les œufs brouillés, les sauces anglaise, béarnaise, hollandaise ?

 

Bain-marie : « du latin médiéval balneum Mariae (« bain de Marie »), en référence à l’alchimiste Marie la Juive (IIIe siècle av. J.-C.), à qui l’on attribue également l’origine de certains ustensiles de laboratoire et l’emploi de la technique comme outil. La première attestation en latin Balneum Mariae date du début du XIVe siècle, dans le Rosarium attribué à Arnaud de Villeneuve. » C’est elle qui aurait inventé ou amélioré cette technique à l'aide du vase appelé κ η ρ ο τ α κ ι ́ ς

 

Olympiodore, philosophe alchimiste grec de la période alexandrine, fait allusion à ce personnage à propos de ce procédé, Marie-la-Juive représenterait la sœur de Moïse et d'Aaron. La prophétesse Miriam (Exode, XV, 20), s'appuie sur une autre tradition selon laquelle Miriam (nom hébreu de Marie) aurait été l'auteur de traités d'alchimie; on a aussi supposé qu'il pourrait s'agir de l'intégration symbolique de la Vierge Marie à la mystique ésotérique des alchimistes, succédant à la tradition égyptienne du mythe d'Isis » source CNRTL

 

Pour faire un bain-marie nul besoin de posséder un dispositif particulier. Sur le feu, il suffit de trouver un récipient qui puisse se poser sur une casserole dans laquelle on placera un fond d’eau. On fait bouillir ou frémir l’eau selon la température que l’on souhaite.

 

 

La recette est pour 6 mangeurs normaux.

 

Les ingrédients

 

Des salades de n’importe quelle sorte, le nombre dépend de leur grosseur, 4 à 6.

 

Deux carottes de taille moyenne.

 

2 oignons blancs

 

De l’huile d’olive

 

200 g de ricotta

 

2 yaourts nature

 

4 œufs

 

100 g de parmesan

 

Sel-poivre

 

Éventuellement pour adoucir 1 cuillerée à café de sucre en poudre

 

Pour servir : 500 g de faisselle et des herbes aromatiques de votre choix.

 

Le faire

  •  Faire revenir avec un peu d’huile d’olive les oignons émincés dans une cocotte à fond épais ; lorsque ceux-ci sont transparents ajouter les carottes coupées en rondelles, et la salade.

 

  • Couvrir et laisser cuire à feu très doux 15 mn.

 

  • Laissez refroidir, puis égoutter les légumes dans une passoire en les pressant énergiquement.

 

  • Mixer le tout, ajoutez la ricotta, les yaourts, le parmesan râpé, les œufs battus.

 

  • Saler, poivrez et si vous voulez rectifier l’éventuelle amertume ajoutez un peu de sucre.

 

  • Versez la préparation dans un moule à cake beurré.

 

  • Mettre au four 180°C pendant 40 mn en plaçant le moule dans un plat à four rempli à mi-hauteur d’eau.

 

  • Sortez le moule lorsque la préparation est bien ferme, laissez refroidir puis rangez dans le frigo pour passer la nuit.

 

  • Le lendemain démoulez et servir accompagné de la faisselle mélangée avec des fines herbes.
  •  

 

Et avec ça je bois Champ rouge Côtes du Jura 2016, un savagnin ouillé de Didier et Jules Grappe ICI

 

 

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commentaires

pax 16/06/2018 08:22

Je ne sais si Pascal qui pensait que « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. » comptait la cuisine parmi les divertissements qui nous sont nécessaires pour chasser les idées sombres mais ,mon bon Taulier, chacun son truc et je suis sur qu'après un coup de ce Savagnin ouillé le remède s'est révélé radical.
Moi c'est la lecture qui me sert de dérivatif : des livres, des livres et encore... et encore...De toute nature, en fouillant, le vague à l'âme on en trouve ( retrouve ?) toujours un qui va piquer votre
curiosité et rien qu'en le feuilletant , encore debout, on se laisse emporter et on se retrouve vite assis n'importe ou, plongé dans la lecture d'un ouvrage acheté on ne sait plus pourquoi , jamais lu jusqu'ici ou commencé mais vite abandonné. Peut être, inconsciemment avait il été acheté ou récupéré dans une de ces bourses aux livres qui à présent fleurissent çà et là simplement en prémonition de tels moments.Contre la déprime il y a les remèdes surs.Ouvrir à n'importe quelle page l'Ecclésiaste ce minuscule ouvrage au sein de la bible hébraïque dont des extraits feraient de belles épitaphes telles :
" Et tout cela pour rien " Mais pour être moins pompeux, cher Taulier je te recommande le dernier Frédéric Schiffter " Journées perdues " chez Séguier éditeur. En tout cas ton Savagnin me donne des idées. Je descend à la cave ; ce ouiken ce sera Château-Chalon !

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