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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 06:00
Entrée de Maubeuge, côté rue de Mons. Ces panneaux -âgés- n'existent plus (Photos: Marc Verney, sept. 2006).

Entrée de Maubeuge, côté rue de Mons. Ces panneaux -âgés- n'existent plus (Photos: Marc Verney, sept. 2006).

En 1962, l’année de mes 14 ans, au beau milieu des yéyés Bourvil nous serinait, de son air le plus benet :

 

Tout ça n'vaut pas

Un clair de lune à Maubeuge

Tout ça n'vaut pas

Le doux soleil de Tourcoing (Coin-coin ! oh je vous en prie)

Tout ça n'vaut pas

Une croisière sur la Meuse

Tout ça n'vaut pas des vacances au Kremlin-Bicêtre

 

Cette œuvre impérissable avait pour auteur un chauffeur de taxi : « Pierre Perrin (1925-1985), reprise aussi par Fernand Raynaud, Annie Cordy... a également inspiré un film de Jean Chérasse, avec Sylvie Vartan à ses débuts. Elle est également reprise dans Bienvenue chez les Ch’ti, de Dany Boon. Il est devenu millionnaire avec cette chanson. Il y a une inscription : « À Maubeuge, reconnaissante. »

 

 

Et pourtant, alors que la France se gondolait, et se gondole encore plus de  50 ans après, « Maubeuge croupit dans la honte, une honte cousine de province qu’une moquerie lancée à la cantonade a complexée à jamais »

 

C’est Vincent Noyoux qui l’écrit dans son Tour de France des villes incomprises.

 

Il a pris le train pour s’y rendre, même s’il doutait « Maubeuge est une rue de Paris et une chanson de Bourvil. Il paraît que c’est aussi une ville. »

 

Il l’exécute sans pitié « Son nom n’est guère engageant. Maubeuge, ça pèse des tonnes, c’est lourd et collant comme de la glaise, traînant et plaintif comme le mugissement d’une vache, ça sent l’étable et le fumier. »

 

Détail : la vache meugle !

 

Sur place, avec le crachin qui l’accompagne jusqu’à son hôtel, il explore la ville.

 

« L’habitat se résume à des immeubles en brique rouge, qui évoquent de grosses boîtes à chaussures qu’on a posées debout ou à plat. La brique n’a pas la belle patine des villes de Flandre, elle est récente. C’est que Maubeuge est une ville d’après-guerre. Les Allemands l’ont généreusement bombardée en mai  1940 – son centre-ville a été détruit à plus de 90%. On a confié à l’architecte André Lurçat, frère du  célèbre artiste tapissier Jean Lurçat, le soin de rebâtir. Communiste convaincu, Lurçat a tenu à effacer les inégalités sociales en logeant tout le monde à la même enseigne : le Maubeugeois habitera un appartement fonctionnel dans un bâtiment de taille moyenne. Un programme gai comme une virée en RDA. »

 

 

« Si l’on aime l’architecture fonctionnaliste ou le Bauhaus, on doit aimer Maubeuge. »

 

« Hélas tel n’est pas le cas des habitants, qui ne goûtent guère l’élégance du béton armé. Les autorités municipales s’en désolent : « Lurçat n’a pas été compris. » Elles aimeraient que les habitants cessent de prendre du gris pour de la grisaille. »

 

Vincent Noyoux, avec pertinence « Mais une ville est-elle vraiment réussie lorsqu’il faut l’expliquer à ses habitants ? »

 

Tout le problème est là avec les communistes qui ont voulu faire le bonheur des gens à leur place…

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