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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H, un Directeur de l’Agriculture racontera à Benoît comment, chaque week-end, son Préfet en Dordogne, le mobilisait pour assurer la paix des amours d’un Ministre avec celle qui se baptisera par la suite la « Putain de la République ». (104)

Le lendemain matin, à la première heure, dans une fourgonnette Peugeot, que les services du Préfet avait dégoté je ne sais où, Chloé et Benoît prenaient le chemin de la Grande Brière. Aussi étrange que cela puisse paraître, à la suite de sa péroraison agricole la cote de Benoît auprès de son Ministre était montée de plusieurs crans. Face au Préfet, totalement à l’Ouest, et aux grands élus du département, tellement ravis d’être à la table d’un Ministre de cette envergure, qu’ils gobaient ses paroles sans trop savoir de quel côté ils allaient devoir pencher, le bel Albin le couvrait de fleurs et lui promettait un bel avenir en politique. À l’heure des cigares et du café sa requête pour qu’on mît à leur disposition un véhicule afin que sa douce et lui aillent se ressourcer dans les profondeurs de la Grande Brière avait reçu une immédiate acceptation du Préfet qui devait penser que sa célérité à le satisfaire lui vaudrait sans nul doute les faveurs de Paris.

 

La Grande Brière avec ses canaux, ses plans d’eaux peu profonds, ses roselières, ses prairies inondables et ses buttes où se perchent de minuscules villages est un monde clos, un monde consanguin, autarcique. Les Briérons pendant des siècles bénéficièrent d’un statut unique en France : ils étaient propriétaires du marais par la grâce du duc François II de Bretagne. Chassant, pêchant, pratiquant l’élevage et tirant l’essentiel de leur subsistance du marais, les habitants de ce marais brûlant la tourbe extraite de leur sol manifestèrent toujours une franche hostilité à tout ce qui venait du dehors. Comme Chloé et lui ressentait un réel besoin de s’isoler pour mettre un peu d’ordre dans leurs vies chaotiques, l’hostilité profonde de la Brière était le gage de le satisfaire. Un seul accès menait à l’Ile de Fédrun, butte de terre au milieu du marais, posée sur un lit de roseaux. Le jour se levait, en des haillons cotonneux, la brume s’effilochait au-dessus de la curée, le canal cernant l’île sur le lequel les chalands familiaux étaient amarrés à des pontons donnant sur de minuscules jardinets collés aux maisons basses recouvertes de roseaux. Chloé et lui, allaient occuper l’une d’elle premier jalon du Parc Naturel qui venait tout juste d’être créé. Les Préfets sont magiques dès qu’il s’agit de satisfaire le bon vouloir des nouveaux princes de ce monde, en quelques coups de téléphone le nôtre avait mobilisé ses chefs de service de l’agriculture et de l’équipement pour leur fournir le havre de solitude quels sollicitaient. Bien plus tard, un Directeur de l’Agriculture racontera à Benoît comment, chaque week-end, son Préfet en Dordogne, le mobilisait pour assurer la paix – les agriculteurs sont très joueurs avec les Ministres – des amours d’un Ministre avec celle qui se baptisera par la suite la « Putain de la République ».

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