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30 mai 2018 3 30 /05 /mai /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H « Soyez sans crainte, je ne suis manipulé par personne, et surtout pas par Marcellin, je travaille pour mon propre compte et je vous protège... » (106)

Le virage brutal qu’ils prirent à leur retour ne leur devait rien, il résulta d’une brutale accélération des évènements qui échappa à leur contrôle et les propulsa dans une suite de sacs de nœuds dont ils eurent beaucoup de peine à se dépêtrer. Souvent, les tuiles vous tombent sur le coin de la tronche alors que tout vous semble sous contrôle, sans risque apparent, par temps calme. Certes la position de Benoît, à géométrie variable, si elle lui permettait souvent de planquer ses abattis, elle le plaçait à son insu dans des zones de fortes turbulences. Jusqu’ici il s’en était toujours sorti grâce à un art consommé du j’m’en foutisme. Par rapport aux craintifs et aux calculateurs, toujours sur leurs gardes, le fait de ne s’inquiéter de rien, de s’en foutre, constituait un atout majeur dans un monde où tous les coups sont permis. Benoît n’attendait rien de la vie et, à sa grande surprise, elle lui procurait un lot de frissons et de jouissances incommensurables. Rien ne pouvait donc le faire changer de cap, et surtout pas Chloé qui se révélait chaque jour, à sa manière, une redoutable manœuvrière. Ils formaient un duo à nul autre pareil. Du côté de la place Beauvau ceux qui avaient propulsé Benoît dans le nid des petits frelons de la GP, pour y accomplir les basses besognes traditionnelles, commençaient à trouver qu’il occupait beaucoup trop d’espace et surtout qu’il n’en faisait qu’à sa tête. Jusqu’ici, ses hautes protections, sa position d’éminence grise près d’un Ministre important, ses accointances dans des groupes barbouzards rivaux, les avaient incité à la plus extrême prudence, mais comme l’occasion qui se présentait à eux de lui brûler les ailes, leur paraissait si belle, inespérée même, qu’ils n’avaient pas hésité une seule seconde à lui tendre leur piège foireux.

 

À peine avaient-ils posé le pied sur le tarmac de Villacoublay qu’un motard porteur d’un pli, à remettre en mains propres, se plantait face à eux, salut militaire, Benoît se retrouvait convoqué en fin de matinée chez le Ministre de l’Intérieur soi-même.  Chloé s’esclaffait « Tes désirs sont des ordres ... » et le bel Albin, intrigué par sa soudaine importance, le prenait par le bras pour l’entraîner à l’écart. « Mon garçon jusqu’ici vous m’intriguiez, maintenant vous m’inquiétez. Quels sont vos rapports avec Marcellin pour qu’il vous traite ainsi ? Il vous a infiltré auprès de moi ? Attention je sais, moi aussi, cogner et cogner très dur... » Avec aplomb Benoît le rassura « Soyez sans crainte, je ne suis manipulé par personne, et surtout pas par Marcellin, je travaille pour mon propre compte et je vous protège... » Chalandon sursautait « Me protéger ! Me protéger de qui, de quoi, expliquez-vous ! » Toujours avec le même aplomb Benoît coupait court « Convenez-en, Monsieur le Ministre, ce n’est pas le lieu. Dès que j’en aurai terminé avec Marcellin je m’expliquerai sur tout auprès de vous... » Son ton conciliant mais sans appel le sidérait « Vous ne manquez pas de souffle mon garçon : en finir avec Marcellin, rien que cela. Soit vous bluffez et vous le faites bien. Soit vous êtes un personnage d’une dangerosité exceptionnelle... » Le large sourire de Benoît le déroutait plus encore « Dans les situations fangeuses, monsieur le Ministre, avoir les pieds dans le marigot, même si ça n’est pas toujours très confortable, vaut mieux que de le regarder d’en haut si l’on veut avoir prise sur les évènements... » Le Ministre soupirait « Ne me dites pas que vous êtes flic. Je veux dire de la Police ». À son tour, avec une familiarité qui l’étonnait Benoît le prenait par le bras « Si je savais ce que je suis je ne vous le dirai pas Monsieur le Ministre car, pour ne rien vous cacher j’ai du mal à savoir ce que je suis vraiment... » Sa pirouette lui tirait un rictus et, sans se dégager de son emprise il se contentait de répondre à Benoît  « Alors à ce soir dans mon bureau... »

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