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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 06:00
Opus One « « Venez en caleçon si ça vous chante mais venez... » Philippine de Rothschild.

21 août 2006, août s'enlisait dans le crachin et la grisaille alors je fis la grasse matinée et ce samedi après-midi j'ouvris mes boîtes d'archives et je triai : les invitations, les photos, les coupures de presses, les cartes tricolores, les menus...

 

Je suis un conservateur. Aucune nostalgie, rien que des traces du temps passé, la remontée en surface de souvenirs et, bien sûr, l'occasion d'alimenter ma chronique : pire que le sparadrap de Tryphon dans Tintin et Milou ce Berthomeau...

 

Chaque Ministre est flanqué d'une secrétaire particulière chargée notamment de gérer son agenda. Françoise, l'une d'entre elles, débarquait souvent dans mon bureau pour me demander à propos d'une invitation ou d'une intervention : on fait quoi ?

 

J'aurais été un excellent chambellan chargé des menus plaisirs à la Cour du Roi. Ce jour-là il s'agissait d'une invitation  de la baronne Philippine de Rothschild au dîner Opus One le 11 octobre 1988.

 

Réponse : « Excuser le Ministre ! »

 

Nous étions hors délais, alors j’empoignai le téléphone pour appeler l’assistante de la baronne. Je tombai sur elle, si je puis me permettre cette expression un peu cavalière, je peux car Philippine, ancienne comédienne, ne faisait pas de chichi. Je me fis diplomate, en pure perte, je me vois enjoindre par la baronne de venir en lieu et place du Ministre. Je tente une dernière parade : je me déclare allergique au costume de pingouin pour me voir répondre du tac au tac : « Venez en caleçon si ça vous chante mais venez... » On ne résiste pas à Philippine de Rothschild. J'y suis allé, dans l'Airbus spécial très people parisien, en costume cravate et j'ai craqué.

 

Oui j'ai craqué face au gâteau de nouilles Mérilda une pure merveille pour moi qui suis capable de faire des folies pour un plat de pâtes au beurre. Mon seul vice (rires) même que pour mes premières épousailles la famille m'offrit un carton de nouilles Rivoire et Carret (Ha, Robert Skalli pourquoi avoir abandonné Rivoire et Carret).

 

Je salive en écrivant. Pour l'histoire, avec un h un peu plus majuscule, ce dîner illustra pour moi l'irruption du Nouveau Monde dans l'univers  « ça ne se fait pas cher ami » de Bordeaux et de ses environs : mes voisins et voisines de table s'en étouffaient presque en voyant ces yankees volubiles aller et venir sur l'estrade avec force de gesticulations et du parler yankee sonore et bruyant.

 

Un vrai régal, même si je m’emmerdais ferme pendant toute la soirée. Ainsi débuta une relation privilégiée avec Philippine, elle m’aimait bien, elle fut une lectrice assidue de mon blog.

 

Elle amplifia les ambitions du baron Philippe qui, lors de son arrivée à Mouton à l’âge de vingt ans, en 1922, décida de mettre le millésime 1924 en bouteilles à la propriété, un exemple que les plus grands crus de Bordeaux allaient suivre rapidement.

 

« Cette innovation imposa d’accroître les capacités de stockage sur place : en 1926, le baron fit donc construire le “ Grand Chai” (100 mètres de long), dont la perspective saisissante demeure une attraction majeure de la visite de Mouton.

 

En 1933 il racheta le château voisin de Mouton d’Armailhacq, cinquième cru classé, rebaptisé aujourd’hui Château d’Armailhacq et avec lui la maison de commerce à partir de laquelle il a créé Mouton-Cadet, la plus grande marque de Bordeaux. Mouton-Cadet a d’abord été le second vin de Mouton-Rothschild, avant de devenir très rapidement autonome (le second vin s’appelle maintenant Le Petit Mouton de Mouton-Rothschild). »

 

« Il n’est pas exagéré de dire que Mouton-Cadet est la plus grande réussite de marketing du XXe siècle dans le domaine du vin. En 1970, le baron Philippe acquiert encore le Château Clerc Milon, cinquième cru classé situé sur le terroir de Pauillac entre Lafite et Mouton. Vers la fin de sa vie, enfin, en 1983, le baron Philippe a créé en Californie avec Robert Mondavi “ Opus One ” un grand cru fait aux États-Unis avec le savoir-faire bordelais. »

 

 

Comment Mouton-Rothschild devint un premier cru classé ou la vie et l’œuvre du baron Philippe de Rothschild

Rédacteur : Laurens DELPECH

Le jaune et le rouge

Revue des anciens de Polytechnique

ICI

 

Je vous joins le menu frappé des profils de Philippe de Rothschild et de Robert Mondavi, le logo d'Opus One :

 

Dîner mardi 11 octobre 1988

 

Homard au safran

 

Grenadins de veau à la Girondine

 

Gâteau de nouilles Mérilda

 

Fromage

 

Glace au rhum sauce chocolat

 

 

Robert Mondavi Chardonnay 1985

 

Opus One 1985 1984 1981

 

Château Rayne Vigneau 1943

 

 

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commentaires

pax 05/05/2018 07:03

Que de réjouissances, à vous faire envie, à vous faire saliver. Ce type de chroniques enchanteresses est de nature à susciter ou conforter l’ambition de certains à vouloir accéder aux hautes sphères de l'état.A première vue on les comprend.Pour ma part, revenant à la chronique après un instant de ravissement et de rêverie ou elle m'a transporté je ne retiens qu'une chose : "je m’emmerdais ferme pendant toute la soirée." Par mon éducation bourgeoise j' ai eu accès à ce genre de " pince fesse "
ou encore de " raout " ou, justement, pour tuer mon ennui j'adoptai un comportement d'entomologiste observant ses insectes. j'ai vite compris que les " chers amis " qui ponctuaient salutations ou conversation étaient loin d'être cher ou amical , loin s'en faut.Pour moi, c'est non merci, quitte à passer à coté de " grande chose " permettant de poser en avouant négligemment :"oui je sais, j'y étais " Ainsi, la Fêtes des Vignerons" de Vevey qui n'a lieu que 5 fois par siècle. Je l'ai ignorée, pardon " zapée" . Réservée à quelque 15 000 " happy few", pardon rares chancheux - ( la prochaine, en 2019 - 20 000 places prévues ) je préfère, réveur solitaire, flâner, baguenauder en Lavaux laissant au seul hasard d'éventuelle rencontre et garder au fond de ma mémoire la Fable du Loup et du Chien de Jean de La Fontaine.

pax 05/05/2018 09:00

Dis donc Pax , faudrait pas trop se la péter ! Si déjà tu cites La Fontaine, Le Renard et les Raisins : "Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. " ça te dit quelque chose ?

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