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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 00:09
Difficile de dire adieu à Bashung « Osez les nuances, la patience, la difficulté. Il faut prospecter vers d'autres horizons, réinventer des mélanges, se mettre en danger »

L’inoublié…

 

Alain Bashung, longtemps qualifié de perdant magnifique, son allure fantomatique, ses choix suicidaires, ses errances, ses doutes, l’alcool, la dépression, presque l’oubli entre Gaby à l’âge du Christ et Osez Joséphine à 44 ans. À six mois près, et un saut d’année, nous avions le même âge, lui à l’Est, dans l’Alsace d’un père d’adoption, Roger Baschung, qui lui donne son nom (avec un c), moi à l’Ouest dans ma Vendée crottée.

 

Échapper à son mal-être, à sa bâtardise – sa bretonne et ouvrière de mère, chez un sous-traitant de Renault à Boulogne-Billancourt, se refuse à parler de son père un inconnu, sans doute kabyle – une enfance à la campagne, dans une ferme de Wingersheim avec « Oma », une grand-mère qui ne parle pas le français et lui interdit de fréquenter les juifs. Pour ses 5 ans, il reçoit, de Roger son beau-père, son Rosebud, un harmonica. « L'instrument des nomades, des mélancoliques. Posé plus tard sur un guéridon de scène avec ses clopes. »

 

Avant de devenir un fumeur compulsif, Bashung fut un sportif accompli, il pratique le basket et sera enfant de chœur, nos deux points communs. La solitude dans les champs de houblon. Pour s'évader, tromper l’ennui – Dieu qu’on s’ennuyait à la campagne en ce temps-là – il y a surtout la musique. « Strauss, Wagner, et surtout le Mahagony de Kurt Weill diffusé par la radio allemande – si son univers est proche de celui de Tom Waits, ce n'est pas un hasard. »

 

« Parisien en Alsace, alsacien à Paris, Alain prend vite la tangente, et les contre-allées… »

« Des ébats à l'arrière des berlines et des dauphines… »

 

« Ses douze albums studio sont autant d’étapes vers une destination connue de lui seul, douze facettes d’un personnage polymorphe, douze tentatives de recomposer une identité brouillée. »

 

« Alain est un architecte à qui l'on fournit des briques ; à la fin, je n'ai plus rien reconnu… » Miossec

 

« Kurt Weill – « mon premier rockeur dissonant », dira-t-il –, découvert, gamin, à la radio allemande. »

 

Bashung « puise dans les textes de ses paroliers des bouts de phrases, les colle là ; ça tient du cadavre exquis des surréalistes et du « cut-up » à la William Burroughs. Pareil pour les sons. »

 

Citations de François Cano l'Express.

 

Victoire de la musique, la figure montante de l'électro-pop française, Christine and the Queens a « livré une cover épurée et audacieuse d'Osez Joséphine » Elle explique pourquoi elle a repris cette chanson d'Alain Bashung.

 

Qu'est-ce qui vous séduit chez lui ?

 

« Son utilisation de la langue française me plaît énormément ; il a su en faire une langue rock, une langue pop, sans maniérisme, toujours avec une grande force poétique. Quand je pense à lui, je pense surtout à ses textes et à la façon qu'il avait de les interpréter. C'est pour moi un artiste populaire et exigeant. »

 

Et musicalement ?

 

« Je suis attachée à Bashung comme beaucoup, pour sa musique qui était d'une modernité folle. Il n'y a pas si longtemps, à une soirée, j'ai cru reconnaître une chanson que je ne connaissais pas de lui, et c'était en fait King Krule [chanteur, compositeur et musicien anglais]. La voix et les chansons audacieuses de Bashung, on les retrouve en négatif dans des compositions de musiciens, qui n'étaient encore que des gamins quand il est mort... »

Difficile de dire adieu à Bashung « Osez les nuances, la patience, la difficulté. Il faut prospecter vers d'autres horizons, réinventer des mélanges, se mettre en danger »
Difficile de dire adieu à Bashung « Osez les nuances, la patience, la difficulté. Il faut prospecter vers d'autres horizons, réinventer des mélanges, se mettre en danger »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Luc Charlier 15/03/2015 18:54

On peut avoir des exigences esthétiques, non? Certains trouvent grâce à mes oreilles: Soan, Zaz (mais elle fait des déclarations stupides et incohérentes, parfois), Ruiz, Stromae, Kilembe.... Certains autres sont effectivement à hurler: Dauré, Willems, Kendji, Luce, c'te gamine et de plus vieux nuls comme Calogero, Renan Luce, Benabar pffff .... Allez, ça dégage ! Le pire, c'est Daho mais on ne l'entend plus. Tant mieux.

Luc Charlier 14/03/2015 11:52

Ce n'est qu'un avis, et il est extrême, donc sans intérêt paraît-il. Cette gamine et ses Queens, cela fait 3 fois que j'entends qqchose non pas "d'elle" - la créativité ce n'est pas son truc - mais bien qu'elle "commet". On atteint là le plus bas niveau de ce que la variété française produit pour le moment et celle-ci ne brille pas de tout son éclat, pourtant. En plus, elle se prend pour une "artiste". Pour peu, elle dirait qu'elle se met "en danger" !!!! A l'égoût, tout de suite.

jpglorieux 15/03/2015 22:04

Christine est la digne fille de Catherine Ringer et Christophe ( oui je fais sourire bien sûr) ni plus ni moins
c est l avenir de la chanson francophone ça se sentait à ses premières apparitions
pour le reste combien ont fait des succès de textes taillés près du corps par les Berger Gainsbourg ou Dimey
What Else ?
ps Renan Luce nul ?? ça va pas la tête !!
ps Dimey tu devrais apprécier Luc !
une qui est passée à côté du même tonneau (blog vineux oblige) c est la Flamande surdouée Ann Pierlé trop rare sur les ondes ,en live shows trop rare ici

JACQUES BERTHOMEAU 14/03/2015 12:00

tout à l'égout y compris ce commentaire de vieux ronchon mais je suis bon, trop bon...

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