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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 06:00
La résistible ascension de Benoît H les préséniles du Kremlin n'ont que faire du sang neuf, ils préfèrent l'épandre dans les caniveaux de Prague. Marie et Benoît en pleuraient de rage en écoutant le silence assourdissant des dirigeants communistes français (29)

Quand ils discutaient, et surtout lorsqu'elle se passionnait, Marie jouait en permanence avec le troisième bouton de ses corsages, Benoît adorait ce geste léger, instinctif. Voulait-elle le défaire ou vérifiait-elle qu'il fût bien en place ? Balancement ou équilibre, il se régalait avec volupté, du jeu de son pouce et de son index. Parfois, dans le feu de la conversation, la barrière du troisième bouton tombait, les pans du corsage s'entrouvraient, laissant apparaitre la naissance de la gorge de ses seins.  Il la désirait alors, avec une force brutale, il bandait, se réfrénait. Souvent, Benoît se levais pour lui caresser la nuque, sentir au bout de ses doigts le grain si fin de sa peau. Transfuser de sa chaleur adoucissait le tranchant de son sexe de silex. Marie attrapait sa main. Il la laissait la guider « Benoît, m'aimeras-tu quand je serai vieille et que mes seins ne seront que des petites pommes ridées ? » Benoît,  les enveloppant dans le creux de ses mains lui répondait « Nous ne serons jamais vieux ma belle car nous vieillirons ensemble... »

 

Les parents de Benoît,  sa mère surtout, l’avaient élevé dans la  diabolisation de la chair, le plaisir érigé en péché, après ce mois de mai de tous les excès, ils allaient être étiquetés comme les enfants de la libération sexuelle, et Dieu sait que ce boulet ils le traineraient dans les temps futurs. Ce sujet n’était pas à l’ordre du jour, leur harmonie suffisait, le mot fidélité s'ancrait naturellement dans leur manière d'être. Pour sa part, Benoît, en libertin repenti, appréciait l'intensité de leur vie à deux. Marie comblait tous ses vides, le protégeait de ses démons. Il n'imaginait rien d'autre que la vie avec elle. Sur cette miette d'île, il travaillait, elle peignait, ils lisaient au lit jusqu'à des heures avancées. Benoît s'appuyait sur elle, Marie le déliait, Marie le bordait, Marie l'aimait, il l'admirait, elle le haussait, il l'adorait, avec Achille ils arpentaient la côte sauvage en se disant que vite ils auraient des enfants. 

 

À partir du 18 août, les 200 000 soldats et les 5000 chars du Pacte de Varsovie allaient étouffer les premiers bourgeons du printemps de Prague. L'opération Danube réprimait brutalement dans le sang le peuple de Prague qui n'avait que ses mains et son courage à opposer aux tankistes soviétiques, qui, sur les photos, semblaient tout étonnés de ne pas être accueillis par des jeunes filles aux bras chargés de fleurs. Ils sont jeunes eux aussi mais les préséniles du Kremlin n'ont que faire du sang neuf, ils préfèrent l'épandre dans les caniveaux de Prague. Marie et Benoît en pleuraient de rage en écoutant le silence assourdissant des dirigeants communistes français. Fort des voix populaires, ces couards, insensibles aux cris de liberté, ces merdes suffisantes, ces intellectuels émasculés, allaient jouer la comédie de la protestation officielle avant de devenir le parti de Georges Marchais, tout un symbole du dévoiement d'hommes et de femmes confinés dans leur bunker de la place du Colonel Fabien. Ils sont morts, jamais plus ils ne pourront parler en notre nom.

 

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