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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 06:00
La résistible ascension de Benoît H. Nu, pitoyable et démuni il voyait le jour, ébloui, en apnée, sans papiers en transit ça augurait mal de la civilité du monde où l'on le précipitait (1)

Né en siège, les pieds devant, expression d'ordinaire appliquée à ceux qui quittent la vie alors que lui y entrait, le cul en l'air, violacé et suffocant, façon toboggan. Position qui allait marquer durablement sa façon d'aborder la vie que l’on vit ; se laisser glisser sur la pente de ses inclinaisons les plus fortes.

 

Sa génitrice, si elle s'était laissée aller à suivre ce chemin, aurait dû le prénommer Désiré. Ce fut Benoît, et ce fut la première exécration de celui-ci. Il haïssait ce prénom mais, bon fils, il avait  toujours tenu sa mère dans l'ignorance de cette détestation. Avec lui il en était toujours ainsi, Benoît gardait tout à l'intérieur, avec soin. Ça le rendait un peu rigide, crispé même, il ne pouvait réprimer une moue, que certains trouvaient boudeuse, alors qu’elle était l’expression de tous les nœuds de son âme tourmentée.

 

Benoît procrastinait. Tout ce qu’il stockait dans sa tête plutôt bien faite – il était studieux, certains disaient besogneux – servait de trame à ses rêves. Il brodait. Son prénom abhorré, exécration native, était son rêve fondateur, celui par qui tout a commencé. Enfiler, au long de ses jours et de ses nuits, des cotriades de , pour lui, était extatique. Ça l'aidait à vivre. Dans son petit jardin d’intérieur Benoît se laissait aller, se parlait à lui-même : « Choqué par la position originale de ma venue, je ne m'y attendais vraiment pas. Comprenez-moi, tout était allé si vite. Depuis deux cent soixante-cinq jours, à couvert dans la tiédeur de ma bulle amniotique, je baignais dans le ravissement. Alors que je filais des heures heureuses, brutalement, sans préavis ni explication, on me fichait dehors. Ça augurait mal de la civilité du monde où l'on me précipitait. »

 

Pourtant, la détestation de ce prénom, tombé sur sa tronche de fraîchement né, ne trouvait pas son origine dans la brutalité de mon expulsion. En effet, sitôt bouté hors de son paradis, il était prêt à faire contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, ce monde nouveau qu’il abordait du bout de ses petits doigts de pied, pouvait lui aussi recéler des charmes identiques à ceux qu’il venait de connaître ; toutes ces douces heures passées à croître en paix. Son amertume venait d'ailleurs. Nu, pitoyable et démuni il voyait le jour, ébloui, en apnée, sans papiers en transit, il lui fallait du temps pour asseoir ma nouvelle position. Ses concepteurs n'en tinrent aucun compte. Avec une désinvolture frôlant l'arrogance, par-dessus sa petite tête gluante, ils s'arrogèrent le droit de le prénommer Benoît. Le consulter s'imposait.

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commentaires

Aredius44 30/01/2018 10:01

Vite, la suite !

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