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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 06:00
Politique à l’ancienne au 78 rue de Varenne : la « fiertitude » de Le Maire, la « bravitude » de Le Foll, la « crétinitude » de Travert.

Hormis la particule Le, qui n’est pas un signe de noblesse mais un sobriquet ou une origine, leur haute taille 1,90 m pour le premier et 1,89 m pour le second, la durée de leur bail au 78 rue de Varenne presque 3 ans pour le premier et un quinquennat pour le second, leur goût pour se trimballer en manches de chemise au milieu des dirigeants agricoles, tout différencie Le Maire et le Foll, quoi de commun entre le brillant énarque normalien qui publie dans la collection blanche de Gallimard et le besogneux petit prof de lycée agricole qui publie chez Calmann-Lévy ?

 

Hé bien si, il y a entre eux un facteur commun : la continuité de la politique de cogestion avec la FNSEA.

 

Leur successeur, le bien nommé Travert, a, lui aussi, chaussé les mêmes godillots mais avec la légèreté d’une bufflonne dans un magasin de statuettes de Sainte Thérèse de l'enfant Jésus à Lisieux.

 

L’ironie de mon emploi de la syntaxe en « ude » de la madone du Poitou est justifiée par un faisceau de raisons : Stéphane Le Foll ne peut pas piffer Ségolène, celle-ci fut Ministre de l’environnement et le Ministre de l’environnement est la bête noire des locataires du 78 rue de Varenne : Le Maire ne pouvait piffer NKM et ce pauvre Travert à l’air d’un gros nain, genre Simplet, face à la star des sondages Nicolas Hulot.

 

Petit retour en arrière, j’avais oublié un autre trait commun entre Bruno et Stéphane : « Tout en étant le cul dans leur fauteuil de Ministre de l’Agriculture ils rêvaient d’un autre poste ». Le Bruno se voyait à Bercy mais, sous Sarkozy, Baroin lui souffla la place, toujours pugnace Le Maire a fini par décrocher la timbale sous Macron ce qui explique son actuelle jubilation jouissive ; le Stéphane, lui, rêvait de Solférino, le capitaine pédalo, pour calmer son ennui, lui confia le micro de porte-parole, tâche qu’il assura avec un certain brio, puis revenu à la vie civile, têtu comme un breton, il bat la campagne pour sauver de la ruine un PS en voie de liquidation.

 

Et, pendant ce temps-là, l’autre Stéphane, rame !

 

Tout le monde s’en fout, même que certains pensent que c’est toujours Le Foll le ministre de l’agriculture parce qu’on le voit partout dans les médias faire la promotion de l’agroécologie.

 

Ça c’est le truc de Le Foll, dès qu’il est dans l’opposition il retrouve son goût de la proposition. Tant qu’il est en poste : il gère ; redevenu député par la grâce de Macron il chausse à nouveau ses bottes de paysan. C’est ainsi que l’on fait de la politique à l’ancienne.

 

Travert devrait prendre des cours auprès de Stéphane c’est un bon pédagogue !

 

Dans la galerie Sully, là où maintenant sont accrochés aux murs les portraits des Ministres de l’Agriculture et des Secrétaires d’Etat, celui du père Travert venant à la suite de ceux de Le Maire et de Le Foll, dont on peut sans risque prédire un destin national, ira rejoindre la jachère des « on se demande ce qu’ils sont venus faire là ».

 

Par charité chrétienne je ne donnerai pas de noms mais, en revanche, je soupçonne le jeune Macron de s’être souvenu que le 78 rue de Varenne constituait un beau tremplin pour accéder à la notoriété des postes élevés et qu’il a préféré y mettre un gros « crétin » qui ne voit pas plus loin que le bout de ses carottes de Créances.

 

N’est pas Edgard Faure ou Pisani, Jacques Chirac ou Michel Rocard qui veut…

 

 

Pour vous prouver que je ne suis pas si mauvaise langue :

 

Petit test : combien de ministres connaissez-vous? Visiblement pas beaucoup, répondent les Français. Le renouvellement a pour effet premier de promouvoir un gouvernement d'inconnus. Portrait en main, France 2 a tenté l'expérience ce vendredi 10 novembre dans les rues de Paris : sauriez-vous identifier Jacques Mézard (ministre de la Cohésion des territoires), Stéphane Travert (ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation), ou Florence Parly (ministre des Armées) ? « Je ne pourrais pas dire son nom, mais je l'ai déjà vu à la télé, c'est sûr », répond une femme.

 

Ministres : les inconnus de la République? Sondage Odoxa

 

Sans surprise, le plus célèbre des ministres est Nicolas Hulot : l'ancien animateur télé, est plus connu qu'Édouard Philippe, Premier ministre. Bruno Le Maire arrive en troisième position.

 

Trêve d’amabilité, tout ça est bel et beau mais, comme le disait le véto de mon grand-père à propos d’un vêlage difficile, le « beau cas » c’est sans contestation le Bruno.

 

Ce gars-là qui, après avoir été candidat à la présidence de son parti Les Républicains, se tire sous un beau prétexte, passe avec armes et bagages à l’ennemi d’hier, accède enfin à Bercy, en fait des tonnes, et se voit gratifier par ses nouveaux « amis » je cite :

 

« Bruno Le Maire, c'est un cynisme absolu »

 

« Bruno Le Maire est atteint d'une maladie rare : une villepinite avancée doublée d'une sarkozyte aiguë. »

 

« Bruno Le Maire, quadragénaire de la politique issu du vieux monde, n'a visiblement pas saisi ce qu'impliquait la révolution Macron. » signé de Bruno Roger-Petit porte-voix du Président dans une soupente du château.

 

Moi, pour avoir lu, Jours de Pouvoir, et tous ses autres livres, du sieur Le Maire, pour l’avoir vu à l’œuvre lors de la crise laitière, je ne suis pas étonné, en effet, Le Maire est encombré de son moi. C’est ce qui fait son charme, il est aussi pressé en plus cultivé que Sarkozy et plus ambitieux que son ancien mentor de Villepin.

 

Bruno Le Maire ne se renie jamais, il saute dans le bon wagon au bon moment et se rend indispensable, de par sa compétence, auprès de son nouveau maître.

 

Avant d’aller plus avant dans ma démonstration, une dernière amabilité à l’attention de mes anciens collègues du 78 rue de Varenne pour qui, selon la célèbre formule de Lampedusa, « il faut que tout change pour que rien ne change ». Je voudrais bien être une petite souris pour voir leur à plat ventrisme, lors des grandes réunions dans l’ex grande salle jaune, devant « monsieur le Ministre ».

 

 

Et pourtant la culture de l’encens ne fait pas l’objet d’une politique commune à Bruxelles.

 

Bruxelles, les Conseil des Ministres, c’est le plus de tous les Ministres de l’Agriculture qui peuvent y laisser leur marque. Ainsi Bruno Le Maire, alors grand libéral, vota la fin des droits de plantation, avant de retourner sa veste sous la pression  des professionnels. Ayant tenu la plume de madame Vautrin, alors député de la Marne, je fus sommé de le sortir de ce merdier et, comme à l’ordinaire, j’en pris plein la gueule pour avoir osé dire que soit il y avait des droits, soit il n’y en avait pas, la recette miracle n’existait pas. Le directeur de cabinet de Bruno, le sieur Pascal Viné me mis au piquet.

 

Ma vie au « gagatorium » ne fut pas un long fleuve tranquille même si, face au merdier du lait dans le Grand Sud-Ouest, le cabinet de Bruno ne trouva rien de mieux que de me confier le « bâton merdeux ».

 

Pragmatique le Bruno, mais revenons à l’actualité l’analyse publiée dans le JDD de ce Week-end sur le « beau cas » Le Maire est, à ce titre, fort intéressante.

 

 

« Désormais, à Matignon, on ne dit plus (presque) plus de mal de Bruno Le Maire. La récente série d'articles émaillés de petites phrases censées attester que le ministre de l'Économie est « sur la sellette » aura sans doute eu cette vertu. « Bruno est bon. Il a un peu de mal à se départir de son côté mouche du coche et de ses méthodes de politique à l'ancienne, mais il apprend. On a décidé de le défendre », affirme un collaborateur d'Édouard Philippe. Voilà qui est nouveau!

 

Le Maire dit avoir trouvé un « équilibre » avec Macron et Philippe

 

La rivalité Philippe-Le Maire a été mise au jour au début de l'été. L'histoire est connue, mais pas les sous-titres. Le 4 juillet, à l'occasion de son discours de politique générale – dûment validé par Emmanuel Macron –, le Premier ministre reporte la mise en œuvre de deux engagements présidentiels : les réformes de la taxe d'habitation et de l'ISF. Le 9, Le Maire charge les siens de faire savoir que le Président a in extremis « contre-­arbitré », comme ils disent. Le 10, nombre de journaux racontent que Le Maire a convaincu Macron d'écouter les milieux économiques. Représailles le lendemain dans Les Échos : « N'est pas recadré celui qu'on croit », écrit l'éditorialiste politique qui explique en citant « plusieurs sources » que Macron « n'aurait pas apprécié la volonté de son ministre de mettre un coin entre Philippe et lui ». À l'époque, l'entourage de Le Maire soupire : « C'est Ismaël Emelien [le conseiller spécial du Président] qui a nourri ce papier parce qu'il fallait donner des gages à Édouard. »

 

Les proches du chef du gouvernement estiment que Le Maire a perdu la partie : « Bruno a eu un rôle dans la volte-face du Président, mais il a eu tort de se mettre en avant comme l'ayant influencé. » Le 12 juillet, c'est un autre éditorialiste qui accable le ministre, un certain Bruno Roger-Petit, aujourd'hui… porte-parole de l'Élysée. « Pourquoi Le Maire est un boulet pour Macron et Philippe » : ainsi s'intitule sa chronique sur le site de Challenges, où il lui prédit « un destin ministériel compliqué ». Et encore : « Bruno Le Maire, quadragénaire de la politique issu du vieux monde, n'a visiblement pas saisi ce qu'impliquait la révolution Macron. » De là à penser que Roger-Petit n'est pas l'allié du ministre…

 

Edouard a une distance et une sagesse qui ne sont pas les miennes. Moi, je pousse toujours à la roue. J'ai la volonté toujours d'en remettre dans la balance et parfois c'est trop.

 

Au sujet de cet épisode de tensions avec Philippe, Le Maire assure à présent au JDD : « Ça, c'est du calage. C'est des moments où on n'a pas toujours les bons réflexes. On a appris à se connaître. Dans l'équation à trois - Édouard Philippe, le Président et moi -, on a trouvé un équilibre. » Vendredi soir, alors qu'une nuit glacée est tombée derrière les vitres de son bureau, il parait fatigué mais tranquille. « J'assume la différence de tempérament avec Édouard : il a une distance et une sagesse qui ne sont pas les miennes. Moi, je pousse toujours à la roue. J'ai la volonté toujours d'en remettre dans la balance et parfois c'est trop. Chez Emmanuel Macron, il y a les deux. Il peut vous donner des injonctions dans les deux sens. »

 

« Bruno Le Maire, c'est un cynisme absolu »

 

Est-ce ce qui s'est passé au ­moment de la dénonciation par Le Maire du « scandale » à 10 milliards d'euros de la taxe sur les dividendes ? Le ministre a commandé un rapport à l'Inspection générale des finances – qui doit être publié demain – pour « faire toute la lumière sur les responsabilités des uns et des autres dans cette affaire », a-t-il tonné dans Le Figaro du 23 octobre. Hic : en 2012, Macron était secrétaire général adjoint de l'Élysée en charge des questions économiques. À Matignon, on précise – décidément très en défense de Le Maire : « Cette interview, elle a été relue par nous et par l'Élysée ! » Comme le furent toutes celles où l'équipe de Philippe a dû rajouter des « sous l'autorité du Premier ministre » par-ci par-là. Le Maire avait tendance à omettre de le citer, tout à son credo : « Je veux aller plus vite, plus fort, plus loin. » De quoi rendre le cabinet de Philippe « hystérique » - dixit un lemairiste.

 

Bruno Le Maire est atteint d'une maladie rare : une villepinite avancée doublée d'une sarkozyte aiguë.

 

Ce n'est pas que ces deux-là s'entendent mal, mais leurs univers s'entrechoquent. Les points communs – l'âge, les belles écoles, la grande taille, l'écriture, l'appartenance à la bande du Bellota-Bellota – n'y font rien. Quand l'un - Le Maire, le 2 septembre, depuis Cernobbio, sur le lac de Côme - tonitrue : « Nous allons privatiser certaines entreprises », le lendemain, l'autre modère sur France Inter : « Des cessions de participations interviendront. » Un ami de Philippe théorisait il y a quelques semaines : « Le Maire est imbibé des années 2000. Il est atteint d'une maladie rare : une villepinite avancée doublée d'une sarkozyte aiguë. Comme Villepin, il est obsédé par la métaphysique de l'audace : ce qui n'est pas flamboyant ne mérite pas d'exister. Comme Sarkozy il croit que dire, c'est faire. Édouard est beaucoup plus rationnel, plus prudent, moins cynique. Le Maire, c'est un cynisme absolu. Et il est incapable d'autodérision, alors que l'ADN des philippistes, c'est l'humour. Le Maire est encombré de son moi. Ça amuse Édouard de voir que Bruno ne peut pas rentrer dans son bureau sans se demander comment il le redécorera. C'est devenu une petite blague entre nous. »

 

Le Maire ne veut pas Matignon : « Finir à 2,4% alors que vous étiez à 17%, ça vous transforme »

 

Aucun d'eux ne croit Le Maire quand il hurle qu'il ne veut pas du job - ce qu'il a refait devant nous : « Mon ambition, c'est de durer à Bercy. Si j'ai pu marquer les paysans, c'est parce que je suis resté trois ans au ministère de l'Agriculture. Je veux faire la même chose. Finir à 2,4% au soir du premier tour de la primaire alors que vous étiez à 17% vingt et un jours avant, ça vous transforme. Après un tel échec, pour que l'engagement politique retrouve du sens, il faut de l'action et des résultats. Ici, j'avance sur tout, c'est totalement enthousiasmant. Et on délivre! On a fait voter une grande transformation fiscale ; on a lancé la taxation des Gafa ; on a sorti la Grèce de la difficulté. » Aurait-il appris à ne plus dire seulement « je » ?

 

Son pari, il l'expose en petit comité : « C'est sur l'économie que Macron est attendu. S'il réussit, il sera la matrice d'une génération politique pour les vingt-cinq prochaines années. » Dit autrement : Le Maire rêve de devenir le meilleur avatar du macronisme. « Il est un des rares ministres qui fait de la politique, relève un haut responsable de la majorité qui pourtant ne l'aime guère. Castaner fait de la com'; Le Drian ne nous fait plus profiter de son sens politique ; Collomb a beaucoup de métier, mais plus l'énergie de se projeter ; Darmanin a beau avoir tout compris, il est encore dans la case 'jeunes'. Cela fait de Le Maire une cible. »

 

Devant ses lieutenants, l'intéressé a trouvé des raisons supplémentaires : « Je suis un homme venu de la droite classique alors que Macron et ceux qui travaillent avec lui sont issus de la gauche. Forcément, ça attire la foudre et les critiques. Et puis je suis le seul de ce gouvernement à avoir voulu me présenter à la présidentielle. Forcément, il y a un soupçon qui pèse sur moi. » Peut-être aussi ne fait-il pas assez de déclarations d'admiration à Macron devant les micros. Autant, en off, il dit que le chef de l'État est « extraordinaire », autant il s'interdit pareilles louanges en public. « Je ne veux pas être lèche-bottes, moi », confiait-il il y a peu. – Vendredi, il nous a certifié : « Le Président connaît mon goût de la ­liberté. » Et si c'était ça le ­problème, justement ?

 

 

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commentaires

pax 17/11/2017 07:18

Ne regrette pas , cher Taulier de ne pas être la petite souris un moment souhaitée.Dans une ancienne chronique Le Maire était qualifié de serpent.Or tu sais ce qu'ils leur font aux souris les serpents...
Quant à la citation du père Queuille elle démontre une belle lucidité sur l'action humaine et constitue une vérité connue de certains hommes politiques.Dans le même registre Clemenceau aimait à rappeler que pour enterrer un problème il suffisait de créer une commission. Les orientaux, plus profondément, le Taoïsme en l’occurrence , recommande de pratiquer le non agir pour que tout rentre dans l'ordre. Et la petite souris dans son trou...?

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