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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 06:00
« Le bio a-t-il tout faux ? » très bonne question du 1 d’Éric Fottorino, mais seul les urbains y répondent.

Dans la vie que je vis depuis que je suis en vacances éternelles je n’ai jamais de temps à perdre puisque j’ai tout mon temps.

 

Avec l’été indien que nous venons de connaître j’ai passé beaucoup de temps à la terrasse de café à lire.

 

Lire le 1 d’Éric Fottorino en terrasse exige de l’espace car une fois déployé – c’est aussi compliqué qu’une notice d’Ikea – c’est un peu comme si vous veniez de hisser le spi de votre trimaran.

 

Mais, lorsqu’on est né comme moi à quelques encablures des Sables d’Olonne c’est jouable…

 

En buvant une Parisienne j’ai donc épluché ce 1 comme un oignon.

 

Je n’ai pas pleuré mais je dois avouer que j’ai trouvé l’ensemble bien léger, c’est le bio vu par des urbains, des experts certes, avec jusque ce qu’il faut de people avec l’ami Passard qui, j’en conviens, avec ses jardins à raison d’insister sur la saisonnalité.

 

Ce qui me gêne c’est que le 1 ne se soit pas adressé à un des derniers maraîchers de la ceinture parisienne, ou d’une grande ville, un Bérurier (voir ci-dessous) par exemple, un gars qui a les mains dans la terre, qui s’est accroché pour défendre les derniers îlots maraîchers.

 

ICI 

 

et ICI 

 

Depuis toujours je fais mes courses et j’ai toujours privilégié un approvisionnement, à la fois de proximité, et respectant au plus près l’environnement et la santé des paysans.

 

Je fréquente donc, pour certains produits, pas les fruits et légumes car je préfère Terroir d’avenir, Biocoop, je souscris donc à ce que déclare Claude Gruffat, président du réseau Biocoop :

 

« Si les enseignes bio se développent rapidement en France, si les consommateurs sont de plus en plus nombreux à plébisciter les produits bio, le risque d’un bio industriel, hors-sol, de faible qualité nutritive, est bien réel. »

 

« Pour lui, la Bio est un projet de société qui porte une cohérence globale sur toute la chaîne de valeurs. Elle garantit « une vision de la place de l’humain et de son empreinte sur la planète, une vision du lien entre les acteurs de la filière de la fourche à la fourchette, une vision de la consommation responsable. »

 

« Si le bio, porté par un règlement, un label et des obligations de moyens, se doit de respecter un cahier des charges, il ne se préoccupe pas de la relation homme-animal, ni des conditions de travail du paysan, ni de la santé des sols. « C’est une approche règlementaire et non systémique ».

 

Je souscris des deux mains mais s’en remettre à la seule distribution, aussi vertueuse soit-elle, pour imprimer une nouvelle révolution verte c’est maintenir les paysans dans une forme de servitude. Les bons samaritains, ceux qui veulent faire le bonheur des autres en leur lieu et place, les exemples dans le monde agricole sont lourds : le mutualisme, la coopération ont été confisqués par la technostructure, n’emportent pas mon adhésion.

 

Ma remarque initiale prend ici tout son sens, cette nouvelle révolution verte si elle n’est que le fait des experts, de ceux qui constituent la chaîne de distribution, produira les mêmes effets que celle née de la Révolution silencieuse chère à Michel Debatisse petit paysan du Massif Central.

 

Pour l’avoir vécu dans ma famille, en cette Vendée bocagère, crottée, pauvre, massacrée par le remembrement, je suis d’une sensibilité extrême sur les causes simplistes mis en avant par nos sachants urbains.

 

Lire ICI Le glyphosate, la tomate et la forêt, Catherine Bernard vigneronne reprend la plume pour nous donner du grain à moudre afin de comprendre l’enjeu de cet herbicide 

 

Bref, je m’enflamme sans pour autant affirmer que ce numéro du 1 est dépourvu d’intérêt. Loin de là, mais ça me rappelle la commission agricole du PS d’avant 1981, peuplée d’experts, où les paysans se comptaient sur les doigts d’une main. Sitôt au pouvoir, les deux de l’Ouest : Bernard Thareau producteur de cochons puis Georges Garot producteur de lait (son fils sera vaguement Ministre délégué avec Ayrault) devinrent députés européens.

 

Je ronchonne, je ronchonne mais le 1 c’est tout de même mieux que le rien qui règne dans la presse généraliste.

 

Merci Éric Fottorino, encore un effort et j’applaudirai des deux mains.

 

Et puis, rien que pour la Salade de Pierre de Ronsard mes 2,80 euros sont un bel investissement.

 

 

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