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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 06:00
La Nouvelle Agriculture. La marque des agriculteurs. Le marketing du mieux que si c’était pire.

Pour trouver il faut chercher ; pour trouver ce que mangent la majorité de nos concitoyens il faut s’aventurer dans les rayons de la GD. Pour débusquer l’ennemi mieux vaut explorer son territoire plutôt que de se contenter de vitupérer sur Face de Bouc le cul collé sur son fauteuil.

 

Donc j’erre.

 

Mon œil de lynx, parfois, fait des découvertes, le faux-filet charolais, maturé 10 jours, sous opercule de La Nouvelle Agriculture. La Marque des agriculteurs, entre dans cette catégorie.

 

J’ai acheté.

 

J’ai cuit.

 

J’ai mangé.

 

Verdict : viande  rosâtre type baby-beef, fadasse, rendant de l’eau, spongieuse, zéro pointé.

 

Mais qu’est-ce donc que cette Nouvelle Agriculture ?

 

ICI

 

C’est un concept inventé par les têtes d’œufs de Terrena (2)

 

Terrena c’est une grosse machine coopérative basée à Ancenis, autrefois dénommé la coop d’Ancenis, la CANA (1). De mon temps c’était une « coop de gauche » qui n’avait guère les faveurs de mon pays Luc Guyau, président de la FNSEA, trop intégratrice, dirigiste disait-il. Pas faux, et même si comparaison n’est pas raison, il y avait un côté chinois à la CANA et les managers qui l’ont pris en mains, en ont tiré parti pour en faire un groupe géré comme le privé avec des résultats pas toujours à la hauteur des ambitions

 

 La Nouvelle agriculture ?

 

« C’est un concept qui a nécessité trois ans de travail, confie Marc Réveillère, éleveur du Maine-et-Loire et administrateur de la coopérative Terrena , qui porte le projet. On est parti de lidée dagriculture écologiquement intensive (AEI, ndlr) développée par Michel Griffon (agronome et ancien directeur scientifique du Cirad, Centre de coopération internationale en recherche agronomique, ndlr). De cette idée que demain il va falloir produire davantage pour nourrir une population mondiale en croissance mais aussi produire avec moins d’intrants. »

 

« Le principe de l’AEI c’est qu’au lieu de forcer la nature avec des intrants chimiques, il vaut mieux imiter son fonctionnement et stimuler ses cycles biologiques : en améliorant par exemple la captation de la lumière, la circulation des éléments nutritifs… », abonde Patrick Caron, directeur général délégué à la recherche et à la stratégie au Cirad. « En théorie, cela doit effectivement permettre de produire au moins autant si ce n’est plus », poursuit l’expert.

 

J’ai fréquenté Michel Griffon au sein du Groupe saint-Germain, je dois avouer que son concept d’agriculture écologiquement intensive ne m’a pas convaincu. ICI 

 

Mais…

 

« Leur lapin (estampillé "Nouvelle agriculture", ndlr) reste en cage dans un bâtiment. Leur porc reste aussi dans des bâtiments hors sols. Alors que dans le bio, il faut garder un lien au sol. Sur le végétal, ils réfléchissent certes avant de traiter mais ils traitent quand même. Ils sont dans une démarche de progrès mais tant qu’ils ne fonctionnent pas avec un cahier des charges contrôlé par un organisme indépendant, ça peut être mieux, comme ça peut être pire », s’oppose Bruno Gris, producteur de lait et président du Groupement des agriculteurs biologiques de Loire Atlantique (GAB). Et l’homme d’ajouter, «c’est juste un concept commercial ». Car si les méthodes sont anciennes, l’emballage est nouveau. L’initiative portée par cette grosse coopérative a d’ailleurs pour ambition de conquérir le marché avec sa nouvelle estampille.

 

Trop de labels tue-t-il le label ?

 

La réponse est OUI...

 

 

(1) Jusqu'au début des années 1950, l'agriculture du grand Ouest vivait dans un régime semi autarcique. Dans les années 1960-1970, sous l'impulsion d'une génération de jeunes agriculteurs issus de la JAC (Jeunesse agricole catholique), on assiste à un mouvement de transformation, de révolution agricole. C'est en effet à partir des années 1960 que l'agriculture du grand Ouest se confronte au mode de production capitaliste et que se pose la question de son intégration dans ce système économique. L'orientation la plus souvent préconisée par le mouvement syndical a été l'agriculture de groupe, soit dans une coopérative, soit dans une SICA (Société d'Intérêts Collectifs Agricoles) de commercialisation. Le passage de la théorie à la pratique se fit selon des modalités variables concernant aussi bien l'achat de fournitures que la vente et la transformation des produits.

 

Pour intégrer les différentes fonctions de production, de transformation et de commercialisation, il fallait des coopératives fonctionnant avec les ressources et le mode de fonctionnement des firmes industrielles. Le cas de la coopérative d'Ancenis-Saint-Mars-la-Jaille en Loire-Atlantique, à l'instar par exemple d'UNICOPA (UNIon des COoPératives Agricoles) ou encore de l'Office central de Landerneau en Bretagne, reflète parfaitement ce mouvement d'expansion et de transformation des coopératives dans les années 1960.

 

Fondée en 1932, la coopérative agricole de Saint-Mars-la-Jaille spécialisée dans les céréales, s'oriente en 1942 vers l'activité laitière. En 1952, cette coopérative en plein développement s'installe à Ancenis, et prendra par la suite le nom de Coopérative agricole La Noëlle Ancenis (CANA). Au cours des années 1960-1970, elle va diversifier ses activités. Celles-ci portent désormais sur les aliments du bétail, la production laitière et animale (bovins, porcs, poulets). Puis, dans les années 1970-1980, la CANA construit une fromagerie, une beurrerie et un abattoir. Loin d'arrêter alors son développement, elle s'unit en 2000 avec la Coopérative angevine du Val de Loire (CAVAL). Enfin en 2003, dans une même logique de développement et d'expansion territoriale, on assiste au regroupement des coopératives CANA, CAVAL et du Groupe Centre Atlantique (GCA), donnant naissance au groupe coopératif TERRENA qui regroupe aujourd'hui 21 000 adhérents.

 

François Lambert

 

 

(2) CHIFFRES CLÉS 2016 DU GROUPE TERRENA ICI

 

 

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commentaires

A
En quatre années il peut s'en passer des choses. D'autant que 2017 c'était le lancement de la marque en GMS apparemment. Le principe d'une démarche telle que celle proposée est de proposer des avancées progressives. En quatre ans, la marque a eu le temps de faire évoluer son système. Du bio, du label Rouge, un nouveau modèle d'élevage de lapin... Le problème c'est que pour évoluer il faut investir, pour investir il faut de l'argent et pour avoir de l'argent, il faut vendre. Alors en quatre années ils ont quand même fait des progrès bien plus importants que Bigard et consorts. Mais nous consommateurs ne savons que montrer notre désapprobation sans chercher à comprendre.

Le manger moins mais mieux est une réalité qui n'existait pas il y a quatre ans. Ou du moins pas aussi répandue. L'écologiquement intensif n'est peut-être pas le terme le plus attrayant à brandir, c'est sûr, mais que ce soit le concept ou le goût des produits, il faut savoir remettre les choses dans leur contexte et comparer ces produits à ce qu'ils doivent être comparés : des produits de GMS. Rien que le fait d'avoir un emballage et un transport, c'est sûr qu'on est pas sur une qualité gustative du boucher ! Mais on est pas vraiment sur le même prix non plus... Et en terme de volumes à sortir, ce n'est pas non plus la même chose quand on vend en GMS. Le but ici, c'est de faire évoluer le modèle principal des ventes en grandes surfaces.
Savoir remettre les choses dans leur contexte et faire la part des choses, c'est la base du journalisme normalement. Vous donnez un avis très tranché sur la base d'approximations, sans données aucune et avec une connaissance de l'entreprise qui semble remonter à près de 15 ans en arrière (fin de la CANA en 2004 selon Wikipédia) à la date à laquelle vous écrivez. Idem, vous donnez votre avis sur une méthode avec comme source une vague description sur un site régional seulement destiné à informer grossièrement les populations sans aucune exhaustivité...

Un peu plus de neutralité n'aurait pas fait de mal. Vous dîtes gauchistes ? C'est une coopérative, c'est dans leur ADN. En quoi défendre un métier dur et peu aidé est mal ? Une grosse Coopérative ? Tant mieux ! Cela veut dire un gros regroupement d'agriculteurs, maîtres de leur propre distribution qui se sont armés pour faire face aux négociations des requins de la grande distribution qui ne demandent qu'une chose : des prix !

Bref, je n'ai pas aimé l'article, c'est une chose, mais à ceux qui le lisent aujourd'hui, sachez faire la part des choses et regarder l'écart entre ce jour et sa date de publication.
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J
C’est du gloubi boulga
D
Une solution ne sera-t-elle pas de consommer moins mais mieux ? Pourquoi vouloir produire plus de viande ( Michel Griffon : "De cette idée que demain il va falloir produire davantage pour nourrir une population mondiale en croissance mais aussi produire avec moins d’intrants.") alors qu'il est prouvé maintenant que sa consommation journalière, même de viande bio, est néfaste pour la santé ? Bien sûr, les producteurs et les filières de la viande ont tout intérêt à nous prouver que la viande est irremplaçable et de nous berner avec des slogans accrocheurs comme La Nouvelle Agriculture, sauf qu'on peut très bien, si on s'en donne la peine, manger bien et y prendre plaisir sans avoir un steak dans son assiette, non ?
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A
Mon papa il est tellement fort qu'il a réussi à s'refaire une santé… financière!
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P
Le nouvel avatar de l'agriculture conventionnelle qui tente de se faire passer pour du vertueux..... pour du bio ...Beau greenwashing, en ces temps d'agribashing justifié.
La seule agriculture acceptable, soutenable, qui ne massacre pas la biodiversité, c'est l'agriculture biologique.
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P
C'est beau comme une scène des testaments ....
Dans le style greenwashing on assiste au nouveau foutage de gueule qui tente de contre l'agribashing ....la nouvelle agri n'est que l'avatar de l'agri conventionnelle qui tente de se faire plus vertueuse au risque tout bénef de se faire passer pour du bio ...
La seule agriculture acceptable, celle qui ne bousille pas la planète, qui ne massacre pas la biodiversité, c'est l'agriculture biologique, avec un lebel et des contrôles.
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