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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 06:00
Jean-Claude Ribaut, promeneur-chroniqueur de la critique gastronomique, et son complice Desclozeaux, le nouveau Daumier, meilleurs révélateurs de la misère intellectuelle de leurs successeurs…

Je ne suis pas un adepte du c’était mieux avant mais s’il est un domaine où ce regret nostalgique  s’applique presque totalement c’est bien celui de la critique gastronomique.

 

Je me garderai de donner des noms puisque pas un ne rachète l’autre, ils chroniquent pour leur pomme, se mettent en scène pour tirer des dividendes de leur soi-disant expertise, encenseurs, lécheurs, suiveurs de ce qui leur paraît la tendance, adeptes du renvoi d’ascenseur lorsqu’ils ne sont pas carrément stipendiés, leur but ultime c’est de faire fructifier leur biseness-modèle en le vendant au plus offrant.

 

Le Fooding vient de nous offrir la plus belle démonstration de mes dires en se vendant au Guide Rouge après l’avoir vilipendé.

 

Après cela, pourquoi s’étonner que le lien de confiance entre le lecteur et la critique soit rompu pour malheureusement déboucher sur le fameux « tous pourris ! » bien dangereux pour notre vieux pays en proie au doute et parfois aux outrances de chantres d’idées sales.

 

 

Jean-Claude Ribaut, promeneur-chroniqueur, avec appétit, attention et compétence, au Monde pendant plus de vingt ans est comme le note Bernard Pivot, « grand lecteur, sa culture artistique et littéraire est impressionnante. Il ne l’étale pas. Il ne la convoque que lorsque les adresses sont des lieux de mémoire. Il embarque avec lui Baudelaire, Ernest Hemingway, Céline, Apollinaire, Tocqueville ou Pérec seulement quand il en a besoin. Comme une herbe du jardin ajoutée à la fois pour le goût et la beauté. »

 

« Autre mérite de Jean-Claude Ribaut : son écriture soignée, goûteuse, fluide, liée comme une sauce réussie »

 

En 2001, Jean-Claude est nommé responsable de la page gastronomie. Il y fait évoluer la « critique » en chronique et, cerise sur le gâteau celles-ci sont accompagnées d’un dessin plein d’humour et de malice de Jean-Pierre Desclozeaux.

 

Pour ma part, je n’aimais pas Robert Courtine alias « La Reynière » récupéré par Hubert Beuve-Méry au sortir de l’Occupation où il fut un collabo sans états d’âme.

 

Lire : ICI

Le jour où... Les lecteurs du « Monde » découvrirent qu'ils lisaient un ex-collabo

LE MONDE | 29.07.2014 à 20h59 • Mis à jour le 04.08.2014 à 17h22 | Par Raphaëlle Bacqué

 

La gourmandise chez Ribaut fleurait bon une culture bien digérée, mêlant l’Histoire et ce que l’on nomme les faits de société, une vision d’honnête homme républicain aimant le politique, appréciant ces hommes et ces femmes qu’on dénomme chefs, soucieux de l’origine des produits, plaisir de table certes mais aussi plaisir d’être à table pour converser, digresser, chroniquer quoi !

 

Pour faire court je dirais que Jean-Claude a été élevé à l’ancienne, comme les poulets de grains de ma grand-mère, il a pris le temps, atteint sa plein maturité, pour régaler ses lecteurs. Il n’est pas resté figé, accroché à une vision empoussiérée de la gastronomie sans pour autant verser dans les excès moléculaires ou les menus égotiques des jeunes chefs.

 

Reste l’autre larron Desclozeaux.

 

 

« Charles Baudelaire qui commençait un portrait-mystère par ces mots : « je veux parler maintenant de l’un des hommes les plus importants, je ne dirais pas seulement de la caricature, mais encore de l’art moderne… qui divertit la population parisienne, satisfait aux besoins de la gaieté publique et lui donne sa pâture. » Il s’agissait d’Honoré Daumier, dont Baudelaire dressa un portrait chaleureux. Desclozeaux est son successeur dans l’univers des goûts, des mets, des vins et aussi des animaux, où il excelle (voir son Charivari au Cherche Midi 2015) Comme Daumier en son temps, Desclozeaux va à l’essentiel ; de quelques mots, il tire, comme avec une pelote, une dizaine, parfois plus, d’idées, joyeuses ou provocantes, qu’il couche aussitôt sur le papier sous forme de croquis succincts. Sans aucun effet, avec des crayons n’excédant pas 5 cm il atteint la précision du trait d’un artiste de la Grotte Chauvet. Il y a de la magie dans l’air !

 

« Quand Matisse, disait, Picasso, trace une ligne sur une feuille de papier, il dessine avec une telle acuité de perception, qu’il y a toujours métamorphose des parties qui forment le tout » Avec, chez Desclozeaux, outre l’acuité de perception, un humour omniprésent et parfois ravageur. »

 

C’est la plume de Jean-Claude qui l’écrit.

 

 

Samedi dernier, pour fêter les 30 ans de la collaboration de Ribaut et de Desclozeaux une exposition : ironie et gastronomie était organisée place Brancusi au restaurant la Cagouille dans le 14e. Une palette de dessins de Desclozeaux agrémentés des commentaires de Ribaut.

 

La place Brancusi est à quelques tours de roues de chez moi, place Denfert-Rochereau, je longe le cimetière Montparnasse, je coupe l’avenue du Maine, j’enfile la rue de l’Ouest et j’y suis. Il fait gris. À chaque fois que je prends la rue de l’Ouest je pense au Président Pompe qui voulait la rayer  de la carte pour en faire une autoroute urbaine allant se jeter au pied de la Tour Montparnasse.

 

C’était la radiale Vercingétorix

 

La radiale Vercingétorix est particulière à plus d'un titre, car elle connut un début de réalisation, mais ce fut aussi sa chute qui entraîna celle de l'autoroute qui l'amenait aux portes de la capitale, mais non l'inverse. Son tracé devait relier la partie sud de l'autoroute A10 à la porte de Vanves en empruntant l'emprise de la ligne de chemin de fer inachevée Paris - Chartres par Massy et Gallardon, longer les voies SNCF jusqu'à l'actuelle place de Catalogne.

 

La situation resta incertaine jusqu'en 1977-1978, où l'idée de la pénétrante fut définitivement abandonnée, emportant ainsi le reste de l'A10 dans son sillage. Les emprises résultant des destructions ont été remplacées rue Vercingétorix par une multitude de squares.

 

En banlieue, c'est finalement la LGV Atlantique et la Coulée verte du sud parisien qui occuperont la plateforme de la ligne ferroviaire de Paris à Chartres par Gallardon.

 

Ce samedi c’était jour de marché place Brancusi.

 

À mon arrivée j’allais saluer l’ami Ribaut qui me présenta Desclozeaux.

 

Ambiance bon enfant, comme pour les retrouvailles d’un club de bons vivants, un peu de nostalgie, tiens voilà Guy Savoy qui arbore une casquette grise très chic  et qui achètera le dessin de Desclozeaux que j’ai affiché à la Une de cette chronique.

 

Je fais des photos que je poste sur face de Bouc

 

 

Très beau buffet…

 

 

Je prends congé, à la sortie je croise Lionel Jospin qui porte bien ses 80 balais… Je le salue avec plaisir. Je suis né comme lui un 12 juillet, comme lui aussi j’ai fait du basket, il était Ministre de l’Éducation Nationale dans la gouvernement Rocard, un honnête homme et ceux de la gauche bien-pensante qui l’on fait trébucher portent une bien lourde responsabilité…

 

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commentaires

pax 06/10/2017 07:32

DESCLOZEAUX, viré comme un malpropre des colonnes du " quotidien de référence " ( référence en matière de goujaterie certainement ) peut, entre autre, se retrouver chaque mois dans SINE HEBDO,

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