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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 06:00
Bien avant DLC et Me Morain, le défenseur des vignerons affligés, Marie de Saint-Drézéry avait mis  en valeur le terroir de l’île de Patiras

La cuvée du Domaine Léandre-Chevalier, DLC,  Monopole du Bord'eaux inférieur, étiqueté en vin de France provient des vignes de l'île de Patiras, au milieu de l'estuaire de la Gironde, entre Blaye et Pauillac.

 

Cette dénomination très ollé, ollé, a beaucoup fâché les défenseurs du Bordeaux et du Bordeaux Sup :

 

« Il y a tromperie du consommateur puisqu'il y avait bien la mention Bordeaux et c'est un vin sans indication géographique, donc il n'a pas le droit de faire état de la mention Bordeaux »

 

Selon le directeur de l’ODG ça « enduit » le consommateur en erreur, ça dénigre ces 2 appellations.

 

Et, bien sûr, le gendarme de Saint Tropez, l’INAO, a demandé mi-septembre l'intervention de la répression des fraudes pour constater l'infraction et retirer les bouteilles.

 

Et pourtant, cette cuvée, issue de 5 cépages avec 90% de merlot, a été sélectionnée par le duo le plus sexy de France, B&D, pour le compte du petit caviste de quartier Monoprix qui l'a référencé pour sa foire aux vins en septembre dans la rubrique « vins rebelles »

 

Et ce qui devait arriver arriva, dès qu’il s’agit de défendre des rebelles, des terroiristes à poils, des vignerons qui jettent l’INAO avant l’eau du Bain, le Zorro du barreau, enveloppé dans sa cape noire de chez Arnys, joliment agrémenté d’un superbe bavoir blanc en organza, est arrivé, juste après avoir fait ses courses rue du Nil à Terroirs d’avenir, avec sa petite anglaise (ndlr. sa petite auto), et déjeuné sur le pouce au Bel Ordinaire, d'un caviar d'aubergines sur tartine.

 

Vous l’avez tous reconnu, Me Éric Morain a donc déboulé sur le pré bordelais pour ferrailler, pourfendre une réglementation tellement absurde, dénoncer la confiscation par les appellations de tous les mots et adjectifs valorisants.

 

 

 

Et, dans un magnifique mouvement de manche, après avoir souligné que les vignes sont au bord de l’eau, qu’il ne s’agit que d’un gentil jeu de mots pour se faire remarquer, non tromper, Me Morain a lancé : « Ils prennent une masse pour écraser une mouche. C’est de l’intimidation, ce n’est pas fondé en droit ».

 

Et d’ajouter qu’il n’envisageait « pas de répondre favorablement » à cette mise en demeure du 14 septembre.

 

C’est noté cher Maître mais, permettez-moi, sans endosser le vilain costume de l’oiseau de mauvaise augure, de douter de l’issue favorable qui sera donné à ce beau dossier. La protection du nom des appellations c’est du « dur », les champenois sont passés maître en la matière, jusqu’à même faire chier un petit village du Jura suisse nommé Champagne ICI 

 

Mais, rassurez-vous, mon propos matinal est plus léger, plus égocentré, je veux profiter de votre immense surface médiatique, cher Maître, pour me faire mousser, me passer la brosse à reluire rien que pour énerver l'une des moitiés de B&D.

 

En effet, en août 2011, j’ai commis un roman d’été qui a fait grand bruit sur la place de Bordeaux L’Ouragan sur les Primeurs se prénomme Marie.

 

L'extrait ci-dessous démontre que j’y avais mis le terroir de l’île de Patiras en lumière (j’espère que ce cher Me Morain en appréciera la chute) :

 

 

« La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans Bordeaux et sur les deux rives, dans les châteaux l’angoisse était à son comble, tout ça c’était, d’après eux, l’effet « hérisson ». Le surnom de Marie était descendu de Paris jusqu’à Bordeaux via l’acheteur vins de Monoprix qui l’a connaissait car elle l’avait un jour dépanné pour une animation de foire aux vins.

 

Tous les propriétaires des GCC avaient reçu le carton d’invitation du « hérisson » au « Bal des Vampires » sur le refuge de l’île de Patiras au cœur de l’Estuaire de la Gironde au pied du phare.

 

L’illustration du carton était de Christophe Blain le co-auteur avec Abel Lanzac de la bande dessinée culte Quai d’Orsay : chroniques diplomatiques mettant en scène le grand agité dont Jacques Chirac avait fait un 1er Ministre. En en tête une citation d’Héraclite « La sagesse : dire le vrai et agir selon la nature » suivaient les réjouissances : 

 

 

- accueil des invités : coupe de Cerdon Bartucci ou de Mont Blanc du domaine Belluard

 

 

 

- les petites annonces de la patronne

 

 

 

- souper fin (costume de ville et pas de chichi pour les dames)

 

 

 

- un pot-pourri des Rita Mitsouko par Catherine Ringer

 

 

 

- la pochette-surprise sur le bateau du retour

 

 

 

Des deux rives, et Marie l’avait manuscrit de sa main, partiraient des bateaux afin que cette soirée sur cette île, atypique et mystérieuse, mais hospitalière, marque un réel trait d’union et devienne le symbole du renouveau de Bordeaux.

 

 

 

Que faire ?

 

 

 

Ne pas y aller équivalait à une déclaration de guerre. Y aller c’était passer sous les fourches caudines de cette gourgandine. Les partisans du boycott furent vite mis en minorité lors de la réunion de l’UGCC. L’affaire fut pliée dès que l’on sut que Bernard Arnault y enverrait sa fille, François Pinault son fils et que Christian Moueix s’y rendrait en personne.

 

 

Les plus gros courtiers et les grands négociants étaient furax de ne pas être invités au pince-fesses du « hérisson » et ils ruminaient leurs mesures de rétorsion. Quelques-uns, clients de Paul de Candolle, prirent contact avec lui discrètement en son nouveau cabinet pour tenter d’obtenir une invitation en prétextant, pour certains, qu’ils étaient aussi propriétaires de GCC. Ils reçurent pour toute réponse de celui-ci « Mes chéris notre Marie ne veut pas mélanger les torchons et les serviettes, vous êtes ses obligés. Il va falloir vous y faire et je vous suggère de l’inviter à la prochaine réunion de vos syndicats. Je puis vous assurer qu’elle ira... »

 

 

Ça sentait à plein nez les éléments de langage, l’enfumage, les plus outrés se tournèrent sitôt vers Alain Juppé, le maire, pour qu’il veuille bien actionner son compère du Grand Emprunt, Michel Rocard, avec qui il venait même d’écrire un livre au titre très sexy : La politique telle qu’elle meure de ne pas être.

 

Ils furent assez fraîchement accueillis. « Messieurs, revenez à la raison, mademoiselle de Saint-Drézéry, même si elle vous défrise un peu, est libre du choix de ses invités. Je n’ai pas envie de lire dans le Canard Enchaîné que le Ministre des Affaires Etrangères  a joué les messieurs bons offices par l’entremise de Michel Rocard auprès d’une péronnelle qui, vous en conviendrez, sous ses airs de grande nunuche, semble mener sa barque avec détermination et discernement. Et puis, de toute façon, en ce moment Rocard est injoignable, il fait le compte des populations de manchots empereurs dans les terres australes... »

 

 

Déconfits, outrés, ils se replièrent en bon ordre et décidèrent en bureau de leurs syndicats respectifs qu’il était urgent d’attendre. Le jour dit, sur les quais de Bordeaux et sur ceux du port de Blaye, la fine fleur des deux rives se pressait pour embarquer sur les bateaux affrétés par de Candolle pour le compte de Marie.

 

Sur le premier, ils furent accueillis par un Éric Cantonna martial dans une tenue de Grand Amiral de la Flotte Impériale Russe. Lénine, le chat de Marie, se tenait à ses côtés dans un panier d’osier.

 

Sur l’autre rive c’est François des Ligneris, vêtu comme un Cap-hornier, qui tint le rôle flanqué de Tintin au Congo qui débitait quelques jurons cultes du capitaine Haddock. La baronne G, très entourée eu égard à sa présence au fameux déjeuner de l’Envers du décor, racontait à ces messieurs abasourdis entretenir une correspondance régulière avec un certain Luc Charlier, néo-vigneron grand admirateur du Léon à barbichette et pic à glace. En retrait, les dames de ces messieurs soupiraient, s’éventaient, l’une d’elle se risquait même à dire : « j’ai bien peur que nous fuissions sur le Titanic... »  

 

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