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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 06:00
Les chapitres 7 à 12 du roman de plage de l’été : Le chai du château d’Ô, saint-émilion grand cru classé A, était plein de corps étrangers

(7) le milieu bordelais me gonfle… ça se voit et ça se sait. Depuis toujours les mouches à merde me tournent autour

 

Adelphine prépara mon costume, le bleu marine à revers Kennedy, ma chemise, une rose parme, mes chaussettes en fil d’Écosse, rose aussi mais plutôt fuchsia, et mes Richelieu gold. Elle tailla ma barbe à la tondeuse. « Je vais vous conduire aux Climats sur mon scooter comme ça vous serez pile poil à l’heure !

 

  • L’exactitude est la politesse des rois !

 

  • Prêt à faire le baisemain ; j’rigole chef !

 

Adelphine pilotait son petit bolide avec un art consommé de la débrouillardise, en respectant pour autant le code ce qui lui permettait d’injurier copieusement les beaufs en 4X4 et ceux aux gros culs posés sur de monstrueux scooters. Elle connaissait Paris comme ses poches. Nous arrivâmes deux minutes avant l’heure « Faites une exception à la règle, mangez tout ce qui vous fait envie, buvez bon, moi je vais faire une  razzia de livres chez Gallimard… »

 

Je montai prestement les marches des Climats où je fus accueilli avec courtoisie. Le lieu était magique. « Je déjeune avec mademoiselle de Saint-Drézéry… » et alors ce fut comme si j’avais déclaré « sésame ouvres-toi ! » les visages de mes interlocuteurs s’éclairèrent d’un large sourire. Carole, la patronne, me conduisit jusqu’à une table dans le jardin. Le temps était tendre, le ciel pur, les clients affichaient des mines réjouies. Alors que je m’apprêtais à m’asseoir je croisai le regard effaré de Lucette Durand ma banquière aux mille talents. Elle s’empourpra. Je fis celui qui ne l’avait vu, elle était en compagnie de Michel Houellebecq, d’Antoine Gallimard et d’un inconnu. On me servit des amuses bouches raffinés, le sommelier Frank-Emmanuel, très rock-and-roll, me proposa une coupe de Crémant de Bourgogne de chez Picamelot.

 

Marie de Saint-Drézéry apparut en haut des marches vêtue d’une petite robe toute simple, en popeline, blanche à petits pois rouge, avec des sandales lianes. Tous les regards convergèrent vers cette grande bringue dégingandée, tachée de son, au regard espiègle, dont le visage enfantin était bordé de tresses interminables. Frank-Emmanuel le sommelier la pilota, l’air hilare, jusqu’à moi. De nouveau je croisai le regard de ma banquière qui me fusillait. Ça me plaisait.

 

Je me levai, Marie me claqua deux bises. Nous trinquâmes à notre future collaboration et nous commandâmes :

 

Elle : araignée des côtes bretonnes, artichaut Salammbô cuit à la grecque garnie d'araignée au naturel. Onctueux de burrata et bouillon frais de crevette grise / céleri branche / crustacés…

 

Ris de veau maison Vadorin doré au sautoir croustifondant, boulgour cuisiné et jus de veau relevé d'angustura. Pâte de citron Amalfitano et ravigote d'avocat.

 

Pêche blanche florale rôtie dans un sirop aux baies des Bataks ; crème légère parfumée au Bourbon Géranium, sorbet aux pêches fraiches et siphon au crémant extra brut Gruhier.

 

Moi : homard bleu en deux services : - Queue enrobée d'un beurre doux au Noilly Prat ; fine purée d'abricots au Viré Clessé, girolles et thé vert matcha.

 

                                                            - Pince au basilic, gaspacho d'amande et concombre Battaglione.

 

Cochon Iberico entrecôte saisie au sautoir, fondue d'oignons doux des Cévennes et tempura de fleurs de courgette farcie à la ricotta et aromates. Jus court à la sauge.

 

Fraises de saison maison Bourjot, biscuit cuillère imbibé, mousseline de petit pois, marmelade et fraises au naturel ; Crème glacée à la verveine.

 

Pour le liquide ce fut :

 

  • Saint-Aubin 1er cru Les Murgers des dents de chien 2014 Dominique Derain

 

  • Vosne-Romanée les jachées 2013 Jean-Yves Bizot

 

  • Clos de Monsieur Noly PouillyFuissé 2003 Domaine Valette

 

Marie sortit de son sac à dos une chemise cartonnée qu’elle posa devant moi. « Tu liras ça à tête reposée, Tarpon. C’est une bonne synthèse de notre petite affaire… Pour ne pas te faire languir, en deux mots, je te dresse le tableau : comme tu le sais Tarpon j’ai le plus beau portefeuille de GCC de Bordeaux… mais comme tu le sais aussi le milieu bordelais me gonfle… ça se voit et ça se sait. Depuis toujours les mouches à merde me tournent autour. Les grosses, les assureurs, les zinzins, les blindés jusqu’aux yeux : Bernard, François et les autres ; les petites aussi qui me prennent pour une fofolle frivole prête à se laisser séduire par le premier con venu ; bref pas de quoi fouetter mon Lénine ! (le chat de Marie) Le fait nouveau c’est l’irruption soudaine dans ma cour d’un drôle d’oiseau : donnons-lui un nom de code pour ne pas attirer l’attention Aadvark…

 

  • Pardon, d’où tu sors ce nom d’oiseau ?

 

  • De l’afrikaans, c’est un cochon de terre, un oryctérope du Cap, sorte de fourmilier…

 

  • Tout l’art du contrepied, je te reconnais bien là Marie

 

… donc Aadvark m’a téléphoné, tout miel, faut dire qu’il venait tout juste de recevoir une nouvelle fessée judiciaire, le grand jeu avec violons, jouez hautbois et résonnez musettes… les excuses hypocrites « vraiment chère madame, je suis désolé de n’avoir pu jusqu’à aujourd’hui prendre rendez-vous avec vous qui occupez une place si particulière dans notre petit monde des GCC ; comme vous le savez je sillonne le monde et lorsque je rentre chez moi je me replonge dans mes vignes… elles sont ma vie mes vignes… je suis un terrien…» Je l’ai laissé s’essouffler avant de placer la première banderille « vous souhaitez que nous nous voyions à Paris je suppose… c’est plus discret ! » Il a protesté mollement. J’ai placé ma seconde banderille plus vénéneuse « mes lopins de terre vous intéressent… ». Grand blanc, désarçonné, il a bafouillé « Vous êtes fidèle à votre réputation, comtesse…

 

Là, mon sens n’a fait qu’un tour je l’ai mouché sèchement « laissons de côté les quartiers de noblesse car, là comme ailleurs, il faut séparer le bon grain de l’ivraie ! Ne pas mélanger les torchons et les serviettes. Cher monsieur, proposez-moi des dates, un lieu à Paris et nous nous rencontrons. Ça vous va ? » À l’autre bout, je ne sais pas lequel puisque nos fichus Smartphone n’ont plus de fil, j’ai cru entendre un ouf  de soulagement. L’homme au sécateur d’argent s’embarquant pour la Chine le lendemain me demanda si cette date me convenait et si le Grand Hôtel m’allait.

 

 Aadvark, crinière au vent, tirant sa valise à roulettes, a déboulé sous la verrière du Grand Hôtel rouge comme une pivoine. Il devait avoir bien gueuletonné. Je l’ai de suite mis à l’aise. « Cher collègue – c’est la dénomination la plus neutre que j’avais trouvé le concernant – je vous sais fort occupé, laissons de côté les préliminaires, venez-en de suite aux faits qui me valent le plaisir de cette rencontre… » Il esquissa un petit sourire avant de se jeter à l’eau.

 

Un mystérieux groupe d’investisseurs avait pris langue avec lui, via un cabinet d’avocats d’affaires américain Parker-Parker&Parker, pour racheter ses parts dans le capital de son château d’Ô. Rien de très original dans cet intérêt, Aadvark, l’air entendu, me confia que depuis le nouveau classement de saint-émilion c’était en permanence qu’on le sollicitait. Il s’épongea le front. Le fait nouveau c’est que cette proposition était assortie d’un gros bonus pour lui s’il me convainquait de vendre mon portefeuille de propriétés au même groupe… »

 

  • Pourquoi vous ?

 

  • Sans vous paraître prétentieux sans doute du fait de ma grande influence dans le vignoble…

 

  • Vous avez le bras long cher Aadvark…

 

  • J’ai toujours eu un sens aigu du service des autres, je me dévoue corps et âme pour développer la notoriété de notre beau vignoble…

 

  • Et dans le cas présent avec un putain de jackpot !

 

  • Je n’ai rien demandé…

 

  • Mais vous venez m’en parler…

 

  • Oui mais c’est pour une autre raison.

 

  • Laquelle ?

 

  • L’affaire sent mauvais…

 

(8) «Vous n’avez pas de vit entre les jambes, vous n’avez qu’un trou»

 

Nous avons parlé politique, Marie en attaquant son entrée m’a demandé « Tarpon que penses-tu de Macron ? » J’ai liché une rasade du Saint-Aubin de Derain avant de lui balancer « pour moi c’est Bonaparte qui perce sous Napoléon… Au siège de Toulon, c’est le moment, comme le dit Las Cases, où «l’histoire le prend pour ne plus le quitter» lui ce petit officier provincial. Lui le petit capitaine d’artillerie y impose un plan génial pour prendre la ville, aux mains des royalistes et des Anglais. C’est là, dans le feu de l’action, que Napoléon surgit: «Il y révèle des qualités, un tempérament, un charisme, un style même dont on ne trouve pas trace auparavant».

 

Le jeune Napoléon aurait pu n’être qu’un petit officier provincial. Mais avoir 20 ans en 1789 ouvre des perspectives. Après ses études militaires en France, il tente de faire pénétrer la Révolution en Corse, avant de gravir les échelons de l’armée française. Qu’importe sa petite taille, son air maladif, son accent. Son côté impérieux, sans réplique, en jette. Promu général, il ne fera que dévoiler l’immensité d’un talent militaire inné.

 

Impitoyable pour la discipline, c’est un harangueur né qui sait exciter «tantôt leur cupidité, tantôt leur sens de l’honneur». «Vous n’avez pas de vit entre les jambes, vous n’avez qu’un trou», hurle le général à ses troupes pendant l’expédition d’Egypte, qui raconte ensuite placidement: «Ils firent ensuite merveille à Aboukir».

 

Après le coup d’Etat du 18 Brumaire on ne cesse de se demander si Napoléon, en marchant, fait ployer la réalité sous ses pieds ou si c’est l’histoire qui «l’a pris par l’épaule et le pousse» écrit Jacques Bainville. «Je n’avais pas la folie de vouloir tordre les événements à mon système: au contraire, je pliais mon système aux événements», proclamait le consul. Bonaparte est surtout un stratège qui repère les faiblesses du système et calcule le meilleur timing pour réussir sa percée.

 

Le problème de Macron c’est qu’il ne dispose pas en magasin d’un Talleyrand et d’un Fouché, à ses côtés ; ni d’un Barras, ni d’un Sieyès, ces autres grands révolutionnaires qui, chacun leur tour, s’effacèrent sur son chemin.

 

Macron ne sera-t-il qu’un météore ? Lui qui est parti de si loin du pouvoir pour parvenir aux cimes, «à force de volonté, de travail et de talent» je ne sais pas mais ce que je sais c’est que ce putain de pays, peuplé de gueulards, de jamais contents, de petits profiteurs du système, avait besoin d’un mec qui lui botte le cul.

 

« Tarpon tu gagnes à être connu, moi qui ne suis pas vraiment branché politique je ne suis pas loin de penser que t’as raison. J’en ai ras la coupe des ce n’est pas de ma faute, des insoumis de salon, ce connard de Miller, des vieux chevaux de retour du communisme, et ne parlons pas de ces raclures de pelle à merde que sont les nationalo-populistes, ce connard de Collard, visqueux et merdeux. Je n’aime pas Macron mais quand tu vois ce Mélenchon qui n’a jamais rien branlé de sa vie, plante en pot  de ce vieux s’attrape de Mitterrand, me fais gerber.

 

Comment tu trouves la tortore ici Tarpon ? »

 

  • Je vais en faire ma cantine.

 

  • Un détail Tarpon, important pour la suite de notre affaire : il faut que tu t’habilles en surmesure et que tu te chausses de John Lobb

 

  • Tu veux que je me fillonnise…

 

  • Sauf que t’as les moyens de te passer des services d’un Robert Bourgi pour te les offrir.

 

  • Tu n’aimes pas mes costars Paul Smith ?

 

  • Ce n’est pas une question de goût Tarpon mais tu vas chaluter dans un milieu où ça ferait un peu miteux. Les nouveaux riches ne s’habillent pas en prêt-à-porter.

 

  • Adelphine va s’en occuper.

 

  • Tu devrais l’appeler pour qu’elle vienne prendre le café avec nous car je pense qu’elle nous sera utile dans notre dispositif.

 

  • Elle va être ravie !

 

L’irruption d’Adelphine dans le jardin des Climats ne passa pas inaperçu, surtout aux yeux furibards de Lucette Durand ma féroce banquière. J’allais passer un sale quart d’heure lors de l’examen hebdomadaire de mes placements. Adelphine salua Houellebecq, lui chuchota même quelque chose à l’oreille.

 

Marie remit l’affaire sur le tapis « Aadvark est dans la fausse à lisier jusqu’aux oreilles car ce con a mis le fouille-merde de Vincent Touron sur le coup.

 

  • Bon choix, c’est un pervers polymorphe, en plus il a besoin d’oseille depuis ses déboires avec les kolkhoziens.

 

  • Sauf que Touron a disparu…      

(9) employer cette raclure de Touron pour une affaire de cette dimension c’est comme si tu demandais à Nabila de postuler à la médaille Fields

 

- Dis-moi pimprenelle tu dragues Houellebecq ?

 

- Boss vous déraillez, je lui ai glissé à l’oreille « Au métro Sèvres-Babylone, j'ai vu un graffiti étrange : « Dieu a voulu des inégalités pas des injustices » disait l'inscription. Je me suis demandé qui était cette personne si bien informée des desseins de Dieu. »

 

- « Extension du Domaine de la lutte » !

 

- Ce n’est pas une agence de recherches que tu devrais tenir Tarpon mais un think tank, vous êtes géniaux tous les deux. J’ai fait le bon choix…

 

- Qu’attends-tu de nous ?

 

- Que vous me disiez ce que vous pensez  de ce Pouilly-Fuissé 2003 du Domaine Valette ?

 

- C’est de la bombe j’en prends une caisse ! Adelphine dégainait toujours très vite.

 

S’ensuivi un vif débat sur les vins nature auquel participa Franck-Emmanuel. Adelphine, toujours conciliante, médiatrice née, ramena tout le monde à la raison en proposant une dégustation de pur jus nature rue Charles Floquet « je me suis constitué une cave aux petits oignons… ce sera une vraie tuerie… »

 

Moi, rabat-joie, je rétorquais « à propos de tuerie Marie, quel est le cahier des charges de notre mission sur la goûteuse affaire de notre ami Aadvark ?

 

« Toi, Tarpon tu vas filer jusqu’à Saint-Émilion où tu inviteras Aadvark à déjeuner, au Logis de la Caserne, pour lui faire la même proposition que le cabinet d’avocats Parker-Parker&Parker

 

  • Donc Aadvark ignorera que nous sommes en cheville…

 

  • Tu piges vite Tarpon. Je veux savoir ce qu’il a dans le ventre, s’il ne me mène pas en bateau. Ta proposition va le déstabiliser. À toi de jouer serré. Ensuite nous verrons si nous avons ferré le poisson.

 

  • Et Touron qu’est-ce qu’on en fait ?

 

  • Rien ! On s’en branle de ce minable…

 

  • Et moi je fais quoi dans ton scénario Marie ? Adelphine, qui s’empiffrait de fraises ramenait sa fraise.

 

  • Tu vas marquer Aadvark à la culotte, tu ne le lâches pas une seule seconde. J’ai fait « pucer » ses smartphones il sera en permanence géolocalisé.

 

  • Ok, mais comme il bouge tout le temps, toujours entre deux avions, comment savoir ?

 

  • T’inquiètes pas Adelphine j’ai des taupes bien placées qui nous informerons de l’agenda d’Aadvark.

 

  • Marie tu crois vraiment que je vais être crédible en tant que mandataire d’investisseurs ? Ma raison sociale « Eugène Tarpon Jr Conseil en Affaires réservées » ça ne fait pas très sérieux auprès d’un gros poisson comme Aadvark…

 

  • Détrompetoi Tarpon, primo il n’est pas si futé que ça notre châtelain, déjà employer cette raclure de Touron pour une affaire de cette dimension c’est comme si tu demandais à Nabila de postuler à la médaille Fields ; deuxio, son ego bodybuildé fait qu’il est facile à piéger, rappelletoi la Isabelle ; tertio, comme t’as pignon sur rue dans un quartier huppé il va être impressionné, il est fasciné par les paillettes ; quarto, tu sors de nulle part, ça pourrait être un handicap mais là, j’en suis persuadé, c’est un plus auprès d’Aadvark qui, s’il est mouillé dans la combine, ne va rien comprendre au film. Il va se poser plein de questions auxquelles il ne pourra répondre, s’imaginer qu’il est piégé, paniquer…

 

Adelphine était aux anges « c’est vachement mieux que le CAPES. Tu m’imagines Marie, prof dans le neuf 3, sauf à me la jouer à la Norek, je serais en train de bouffer au Mac Do avec un conseiller d’orientation boutonneux. Déprime assurée, j’espère que je vais être à la hauteur ! »

 

Julien le chef des Climats se pointait à notre table. Marie et Adelphine l’accaparaient, faut dire qu’il est beau gosse le Julien. Ils parlèrent bons produits. Moi je mis en chauffe un Puros en me disant qu’enfin j’accédais au monde dont je rêvais.

 

Me glisser dans la peau de…

 

James Hadley Chase, doté d’un patronyme banal René Brabazon Raymond, ne se rendra en Amérique pour la première fois en 1965 et pourtant « il continuait à rêver son Amérique, grâce à des plans de villes et des guides, définissant une sorte de paysage mental où, implacablement, il menait d’une main de fer des intrigues surprenantes. »

 

« Il dit aimer l’argent, la bonne chair et les vins de Bordeaux. C’est un gentleman d’un mètre quatre-vingts, le teint rouge brique, cheveux poivre et sel, moustache soignée. » 

 

Chandler, lui, est bien américain « Et si vous allez jusqu’à Los Angeles, la ville des anges, travelos, amateurs de poudre, n’oubliez surtout pas le guide, Raymond Chandler, l’homme aux gants de coton blanc. Il y a vécu, déménageant sans cesse, et son héros aux noms multiples (Mallory, Carmady, John Dalmas) qui finit par trouver son identité, sous les traits de Philippe Marlowe, « l’homme complet, inhabituel, un homme d’honneur », y connut une existence fictive faite de mouvements et de filatures, de fuites de cavalcades et de dérives, résumés par le rictus d’Humphrey Bogart. »

 

Sortir enfin de mes rêves, entrer de plain-pied dans la réalité !

 

Oui la réalité, le problème immédiat et urgent à régler c’était de commander mes costards sur-mesure, mes chemises fil à fil et mes John Lobb. Marie avait tout programmé et Adelphine me traîna dans les bons endroits. Il me fallait programmer ma descente sur Saint-Émilion.

 

Pour bien préparer cette séquence déterminante je décidai de constituer une task-force avec Isabelle, Alain, Jean-Luc et François, d’éminents spécialistes des bas-fonds de Saint-Émilion et, bien sûr, grands connaisseurs d’Aadvark…

 

(10) le journal d’une nonne de campagne by Adelphine Sarrazin

 

Si Tarpon savait, mon profil sur face de bouc était bidouillé, arrangé à ma sauce pour planquer mes nobles origines. En effet, mon géniteur est le comte Enguerrand de Tanguy du Coët qui m’a prénommé Pervenche comme sa maîtresse. Ma sainte et soumise mère souhaitait Adelphine comme sa bien-aimée grand-mère, et bien sûr elle abdiqua. M’attribuer cet étrange prénom c’était lui rendre justice, pour Sarrazin c’était un mélange entre Albertine, l’auteur de l’Astragale, et mon amour pour les galettes de blé noir. 

 

Pour le reste je m’en étais tenu à la réalité.

 

J’avais aussi omis de signaler que j’étais l’auteure d’un mémoire très engagé :

 

« Le métayage ou la survivance du servage au profit des grands latifundiaires de la noblesse ».

 

Cet opus touffu, gentiment orienté, avait bien évidemment comblé d'aise mon comte de père qui comptait parmi les plus grands propriétaires foncier de la région et qui, à ce titre, présidait la section des bailleurs ruraux.

 

Joseph Potiron, qui m'avait guidé et conseillé pour ce travail, représentait l'image vivante de la pertinence de ma thèse. Les Potiron c’était, comme le disait Joseph, avec un sourire, une vraie famille, solide, où le patriarche, Donatien, soixante et onze ans, avait appris à ses sept enfants  « à ne pas être des valets ».

 

Dans ce pays, où la vigne voisine les vaches et des boisselées de blé, la cave est un lieu entre parenthèses. Au café, les joueurs d'aluette, se contentaient de « baiser » des fillettes, ce qui, dans le langage local, consiste à descendre petit verre après petit verre, des petites bouteilles d'un tiers de litre à gros culot, emplies de Gros Plant ou de Muscadet. Ils picolaient.

 

À la cave, le rituel était différent. Certes c'était aussi un lieu d'hommes mais le vin tiré directement de la barrique s'apparentait à une geste rituelle, c'était un soutien à la discussion. Dans la pénombre, le dimanche après-midi, tels des conspirateurs, les hommes déliaient leur langue. Ces « peu diseux » disaient ; ils se disaient, ce qu'ils n'osaient dire à l'extérieur. Échappant à la chape qui pesait sur eux depuis des millénaires, ils se laissaient aller. Les maîtres et leurs régisseurs en prenaient pour leur grade, surtout ces derniers, supplétifs visqueux et hypocrites. Ces hommes durs et honnêtes se donnaient la main pour soustraire du grain à la part du maître. Le curé, lui aussi, recevait sa dose, en mots choisis, il ne fallait pas blasphémer tout de même. Pour lui taper sur le râble, ils raillaient leurs bonnes femmes, culs bénites, auxiliaires dévotes de leur servitude. Et quand le vin les y poussait un peu, les plus chauds, versaient dans leurs exploits de braguette.

 

Chez les Potiron, la JAC aidant, leur prosélytisme un peu naïf, ce tout est politique, avait bien du mal à briser la carapace de servitude affichée par beaucoup de ces hommes méfiants vis à vis de l'action collective. Alors le Joseph il donnait l'exemple, se surexposait, ne se contentant pas de récriminer dans le dos des maîtres. Syndicalement il leur tenait tête. Qui peut imaginer aujourd'hui que le Joseph s'était trimballé dans le patelin avec un drapeau rouge flottant sur son tracteur ? On l'avait traité de communiste, ce qu'il n'était pas. Comme dans l'Espagne de la guerre civile les bonnes âmes lui ont taillé un costard de quasi-violeur de bonnes sœurs.

 

C’était mon quart d’heure politique…

 

Le cambouis m’attendait.

 

Comme j’allais devoir, sans doute, beaucoup voyager au cul d’Aadvark, donc être contrainte d’utiliser mes vrais papiers d’identité j’ai été obligé de tout déballé à Tarpon qui s’est gondolé « c’est tout bon, si, pour une raison ou pour une autre, tu es dans l’obligation d’entrer en contact avec ta cible, ta particule et tes vrais quartiers de noblesse ça le fera bander… »

 

Pour autant je n’allais pas abandonner Adelphine Sarrazin dans la peau de laquelle je m’étais glissée avec délice, j’ai donc décidé d’ouvrir un blog le journal d’une nonne de campagne by Adelphine Sarrazin, où chaque jour je consignerais ma filature d’Aadvark.

 

Le 4 août : ma rencontre avec Houellebecq

 

« Ce Houellebecq m'avait dérangé. Il m'énervait même si son style atone, minimal, s'élevait parfois jusqu'à devenir Bovien. Son Tisserand, l'un de ses personnages, venait de détruire mon postulat de la laideur. Ce type « dont le problème - le fondement de sa personnalité, en fait - c'est qu'il est très laid. Tellement laid que son aspect rebute les femmes, et qu'il ne réussit pas à coucher avec elles. Il essaie de toutes ses forces, ça ne marche pas. Simplement elles ne veulent pas de lui… » Ce type grotesque, lamentable, j'avais envie de tirer la chasse d'eau sur lui mais je ne pouvais pas. Que pouvait-il faire ce laid, en dehors de se résigner, d'épouser une moche, d'aller aux putes ou de devenir riche ?

 

Note de lecture d’Extension du domaine de la lutte

 

Je reçois à l’instant un e-mail d’une de nos gorges profondes de Saint-Émilion « Avant de disparaître Touron aurait été vu dans un bar-tabac de Libourne, en compagnie d’un vigneron naturiste ramenard avec lequel il est en cheville, rond comme une queue pelle… »

(11) Ben ouais, dans ses vieilles pierres, Saint-Émilion n’était qu’un village, un beau trou.

 

Le réseau très fourni de Marie chez les people parisien m’a permis d’accéder très facilement à Aadvark, je lui ai placé au téléphone un name dropping étincelant, que du lourd, qui lui a fait accepter ce déjeuner au Logis de la Caserne. Ce qui m’a étonné c’est qu’il ne m’a pas interrogé sur les motifs de mon invitation, il faut dire que je m’étais présenté comme un grand amateur désireux de bénéficier de ses incomparables lumières de winemaker international.

 

Adelphine m’avait mijoté une fiche aux petits oignons sur tout ce qu’il fallait savoir sur saint-émilion, les hommes qui comptent, les amitiés et les inimitiés, le classement bien sûr et sur le château d’Ô ainsi que ses petits frères. J’ai lu l’opus de Saporta. Mon seul souci portait surtout sur mes capacités à jouer un grand amateur crédible face au monument qu’est le vin le vin d’Aadvark, très tendance Parker. Avant de partir pour Libourne, afin d’être à la hauteur je me suis entraîné, mais mes papilles habituées au vin nature regimbaient. Pour les commentaires ce fut plus simple, je potassai les dithyrambes de Butane&Degaz, et les léchages de cul du petit Nicolas Derrien.

 

Pour calmer mes angoisses j’ai un peu trop picolé.

 

Le lendemain matin dans le TGV Paris-Libourne j’étais frais comme une limande de supermarché délaissée, l’œil vitreux, la bouche pâteuse et de brutales envies de pisser. Au bar, où je me rinçais à l’eau minérale, une conversation captait mon attention. Il y était question du propriétaire du château d’Ô, plus précisément de sa nouvelle moitié, « d’une vulgarité à décoiffer les adeptes les plus chics du Ferret » sic je cite. S’en suivait une revue d’effectifs complète sur un phénomène qui semblait fort répandu sur ce terroir d’exception : « les secondes épouses des propriétaires en retour d’âge ». Passionnant ! J’emmagasinais dans ma petite tête le fruit de ce name dropping ferroviaire émanant de deux nanas connectées.

 

En découvrant la gare de Libourne mon seul qualificatif fut : minable ! En la matière je suis un grand expert. Aucun taxi à l’horizon, je restais un moment planté comme un cierge sur le parking dans l’espoir d’en voir s’en pointer un. Comme une envie de foutre le camp, je hais la province, les routes départementales, les prés, un côté Jean Yanne très prononcé.

 

Libourne c’était Robert Boulin, une des énigmes de la Ve ?

 

Boulin le « parachuté » doté d’une envergure nationale qui avait dû tenir compte du « patriotisme de clocher » en « jouant le jeu » des spécificités du monde du vin libournais. « il a dû également prendre en compte les rivalités de territoires, entre les appellations, les « bons » terroirs et les terroirs banals, « les gros » et les « petits », nombreux dans un Libournais caractérisé souvent par de petites exploitations dotées d’un relief pentu qui compliquait le travail de la vigne, les concurrences multiples d’images de marque, de caractéristiques vinicoles, les rivalités entre le monde du négoce et celui des coopératives (désormais relativement puissantes quoique, à cette époque, fragmentées). Il a dû aussi respecter le chauvinisme du St-Émilionnais, marqué à la fois par un « petit peuple » de vignerons et certaines appellations moins prestigieuses et par une « bourgeoisie » articulée autour de domaines et appellation renommés et surtout d’un réseau de sociabilité dense (compagnonnage, Crédit Agricole) animé à cette époque par la dynastie Capdemourlin : Jean Capdemourlin présidait le Syndicat viticole de St-Émilion et animait la Jurade (recrée en 1948). »

 

L’autre facette de l’action de Boulin en faveur du monde du vin tient aussi à son positionnement par rapport à Chaban-Delmas, l’homme de Bordeaux, et le restant du personnel politique local, tel le centriste Aymar Achille-Fould. Il devient le « passeur » des demandes des professionnels, « il se voit investi d’une mission indicible mais réelle de porte-parole des campagnes au sein de la majorité parlementaire et auprès de la technocratie des Ministères. Ce lobbying viticole très territorialisé va marquer durablement la perception qu’auront nos concitoyens du monde du vin et faire accroire qu’il existe un lobby puissant du vin alors qu’il ne s’agit qu’un conglomérat de circonstances de baronnies locales.

 

Une voix derrière moi me tira de mes souvenirs historiques :

 

  • Monsieur Tarpon ? 

 

  • Lui-même.

 

  • Marie m’a demandé de vous convoyer.

 

  • Merci.
  •  

J’avais reconnu l’une des gorges profondes de Saint-Emilion dont je tairais le nom et n’en ferait aucune description afin de ne pas le griller. Dans son auto bien ordinaire pour un châtelain, en peu de mots il me dressa le portrait d’Aadvark, ironique, réaliste, illustré par une description pointue du panier de crabes familial de notre homme. Il me déposa discrètement à l’entrée du village.

 

Ben ouais, dans ses vieilles pierres, Saint-Émilion n’était qu’un village, un beau trou. Ça sentait, dès le matin, le touriste en chenilles débarqué par une fournée d’autocars. Les boutiques à pinard de luxe étalaient une chiée lassante de boutanches aux étiquettes rutilantes. Ma dose de caféine baissant dangereusement j’errai dans la bourgade pour trouver un boui-boui digne de ce nom, pas envie de m’asseoir en terrasse en compagnie d’un club du 3e âge. Enfin, dans ce qui devait être la rue principale je repérai un café-tabac-journaux plus adapté à la délivrance d’un caoua démocratique.

 

Les conversations se figèrent. Je saluai la patronne et la clientèle au sein de laquelle je reconnus deux de mes gorges profondes, dont mon chauffeur, qui me retournèrent mon bonjour sans rien laisser paraître. Pour faire couleur locale, les bars ça me connaît j’y ai fait pilier pendant des années, je balançai à mes voisins des sujets tartes à la crème : le temps qu’il fait, les bouchons du chassé-croisé, les incendies de forêt… sans grand succès… dépité je lançai « et Brigitte Macron qu’est-ce-que vous en pensez ? »

 

Succès assuré, c’était parti comme en 14, seules mes deux gorges profondes se taisaient en me lançant des regards affligés. Mes vieux démons revenus en force ne donnaient pas de moi une image conforme à mon statut d’apporteur d’affaires. Il fallait que je me reprenne sinon j’allais tout faire foirer. Je payai, saluai et décidai d’aller explorer quelques boutiques à GCC pour tuer le temps avant le déjeuner.

 

Dans l’une d’elle je suis tombé sur le couple d’enfer Périco Légasse-Natacha Polony qui,  renseignements pris, venait de débarquer pour faire dans la soirée un juteux « ménage » pour le compte d’un château propriété d’une compagnie d’assurances. Avec mon air le plus mielleux je couvris l’imbus de compliments ampoulés ce qui le fit se rengorger et je crus qu’il allait s’envoler tel la montgolfière de Mgr Ricard lors du baptême des cloches du château d’Ô. Entre nous je trouvai la Polony vulgaire.

 

L’heure était venue de me rendre au Logis de la caserne.

 

(12) à propos, saviez-vous que la gendarmerie de Libourne vient d’ouvrir une enquête sur la disparition de Touron ?

 

Ce déjeuner était pour moi une première, après mûre réflexion et approbation de Marie, j’avais opté pour une stratégie attentiste : voir venir, attendre le moment favorable pour porter l’estocade. Plutôt que d’étaler ma science toute fraîche, avec le risque de commettre des bourdes, j’ai laissé Aadvark venir à moi en me contentant de placer, à bon escient, de pertinentes remarques montrant que je n’étais pas un perdreau de l’année en matière de GCC. Mon seul souci résidait dans le fait que je me devais de boire, de déguster, pour cadrer avec mon statut de grand amateur, le vin d’Aadvark, très tendance Parker bodybuildé. Ce que je fis, à petites lampées, en émettant de brefs commentaires extatiques qui eurent l’heur de plaire à Aadvark qui avait un bon coup de fourchette et une bonne descente.

 

Le dindon devrait être à point au dessert je le laissai donc s’épandre et se répandre, se laisser de plus en plus aller dans la conversation. Je me garderai bien de transcrire les horreurs qu’il me livra sur une putain de salope qui l’avait roulé salement dans la farine, l’avait humilié au Palais. Moi, j’opinais, il était chaud bouillant tant et si bien qu’il me proposa de m’introniser à la prochaine Jurade. « C’est trop d’honneur cher ami, si je puis me permettre cette familiarité… » Aadvark se rengorgea, dans mon fors intérieur je me suis dit c’était le moment de le prendre à contre-pied.

 

C’est pile poil l’instant où le grain de sable se glissa dans ma belle mécanique : Aadvark s’était soudain redressé en affichant un sourire béat « J’ai demandé à ma douce et tendre de nous rejoindre pour le dessert… ». En me relevant, je réprimai difficilement un rictus de désagrément avant pratiquer un baisemain des plus conventionnels. Marie m’avait entrainé, ça peut te servir dans ce milieu qui se la pète m’avait-elle dit. Elle avait raison. Aadvark fit avancer un Yquem d’un millésime dont je ne me souviens pas. Je hais ces putains de millésimes !

 

Que faire ?

 

Battre en retraite en bon ordre en attendant une situation favorable ?

 

Impossible !

 

L’urgence impliquait que j’aille au charbon.

 

Je déteste les liquoreux !  Première estimation : « la vulgaire à décoiffer les adeptes les plus chics du Ferret… » n’était pas si vulgaire que ça et surtout c’était elle qui portait la culotte… Blitzkrieg ! Foncer dans la brèche. C’est à elle que m’adressai « Je fais un étrange métier chère madame, il est assez frustrant, je vais à la pêche au gros…

 

  • J’adore la pêche au gros monsieur Tarpon !

 

  • Sauf que tu ne la pratiques pas…

 

Le ton ironique confortait ma stratégie. J’embrayais avec le même ton qu’elle « sauf chère madame que les gros poissons que je chasse, façon de parler, c’est vous…

 

  • Nous ! s’exclamèrent-ils de concert.

 

Sans leur laisser le temps de reprendre leur souffle je déballais ma marchandise. Aadvark, interdit, virait du cramoisi au rouge brique ; elle ne cillait pas sauf qu’à la fin elle s’exclama :

 

  • C’est une épidémie !

 

  • Pardon…
  •  

Aadvark en dépit d’un état d’attrition avancé, réussit tout de même à bafouiller « admettez que votre marché est très surprenant…

 

  • J’en conviens mais, si j’ai bien saisi la remarque de madame, c’est du réchauffé…

 

  • Vous allez vite en besogne Tarpon…

 

  • Cesse de jouer les vierges effarouchées nous sommes la cible d’un tir groupé, laissons monsieur Tarpon nous dire qui le mandate…

 

  • Je ne sais pas !

 

  • Vous vous fichez de nous !

 

  • Absolument pas, mon cabinet a reçu pour mission de tâter le terrain.

 

  • Mais cette mission ne vous est pas tombée du ciel via l’archange Gabriel

 

  • Bien sûr, tout ce que je puis vous révéler c’est que lors de la visite de Poutine à Versailles, où j’étais invité, un membre du cabinet de Macron m’a remis un pli.

 

  • Les Russes alors ?

 

  • Je l’ignore…

 

  • Comment ferez-vous pour transmettre notre réaction à vos ou votre mystérieux mandataire ?

 

  • Il me recontactera. Je lui répondrai qu’il n’est pas le premier sur le coup…

 

  • Pas si vite, pas si vite Tarpon… discutons…

 

Et nous avons discuté.

 

Le poisson était ferré me restait plus qu’à attendre pour le remonter ou non. Mon seul souci en quittant pédestrement le Logis de la Caserne : qui était le poisson : Aadvark ou son omniprésente moitié ? Les deux ?

 

Allais-je trancher ce nœud gordien ou suivre mon intuition ?

 

Je consultai par téléphone la gorge profonde qui m’avait convoyé, elle confirma à 100 % mon intuition : il nous fallait concentrer nos investigations sur la permanentée d’Aadvark. Nous lui attribuâmes le nom de code d’Agrippine. Toujours des A, allez savoir pourquoi !

 

Julia Agrippina dite Agrippine la Jeune, née le 6 novembre 15 apr. J.-C. à Ara Ubiorum – morte assassinée dans sa villa de Baule près de Baies sur ordre de Néron entre le 19 et le 23 mars 59, est la sœur de Caligula, empereur de 37 à 41, l’épouse de Claude, empereur de 41 à 54, et la mère de Néron, empereur de 54 à 68. Elle est en outre la descendante directe d’Auguste, empereur de 27 av. J.-C. à 14, et petite-nièce et petite-fille adoptive de Tibère, empereur de 14 à 37.

 

 

Dare-dare je convoquai Adelphine sur zone pour prendre en charge la filoche d’Agrippine, ce que je ne pouvais faire puisqu’elle me connaissait. Marie actionna ses infiltrés au château d’Ô pour qu’ils nous informent en temps réel des déplacements d’Agrippine.

 

Le soir-même nous étions tous en place. Nous allâmes tous discrètement dîner dans l’un des châteaux de Marie. L’ambiance était joyeuse, nous carburions aux vins nu, lorsque l’une de nos gorges profondes disent « à propos, saviez-vous que la gendarmerie de Libourne vient d’ouvrir une enquête sur la disparition de Touron ? »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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