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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 06:00
Le « Petit Paysan » d’Hubert Charuel, le bouseux de Haute-Marne à la Fémis couronné par le jury de John Malkovich au 10e Festival du film francophone d'Angoulême

La Haute-Marne ce fut d’abord pour moi, à l’école, le département où la Seine prenait sa source sur le plateau de Langres (Haute-Marne). Une simplification géographique.

 

« En fait, les sources de la Seine jaillissent aux confins de trois pays : à l’ouest, l’Auxois et ses collines de prairies verdoyantes où paissent de paisibles bovins blancs, à l’est le Châtillonnais et ses grandes plaines de céréales, et enfin au sud la Montagne dijonnaise »

 

La Seine naît donc en Bourgogne.

 

Ensuite ce fut Jean-Noël Bongrain, discret, ex-séminariste, l'homme du Caprice des Dieux, du Boursin et autres spécialités fromagères, l'homme des marques, fondateur et patron du groupe laitier éponyme créé dans une petite laiterie de Haute-Marne.

 

Je dirige la négociation pour sauver l’ULN en faillite. La bataille fait rage entre le groupe Besnier et le groupe Bongrain. Jean-Noël Bongrain demande à me voir. La rencontre a lieu dans un discret hôtel particulier du VIIe arrondissement assez mal meublé. Gris sur gris, l'homme m'accueille avec la componction des prélats. À peine suis-je assis que J.N. Bongrain d’une voix doucereuse, chanoinesque, me pose une question : « Monsieur Berthomeau pourriez-vous me citer les vertus cardinales ? »

 

Inversion des rôles, d'ordinaire mes interlocuteurs me cirent les pompes, lui me met en difficulté. Il sait que je suis un pur produit de l'enseignement catholique vendéen. Il me teste. Dans les tréfonds de mes souvenirs de catéchisme je ne retrouve que les 3 vertus théologales : la foi, l'espérance et la charité mais du côté des cardinales, qui elles sont au nombre de 4, je suis à la ramasse.

 

Pourtant je m'arrache et risque la justice et le courage puis je jette l'éponge. J.N. Bongrain, toujours aussi chanoinesque me félicite, d'ordinaire ses interlocuteurs sèchent totalement. Il complète ma liste : la prudence et la tempérance...

 

Et puis, il y eut Auberive, la forêt d’Auberive où nous expédiions nos chasseurs. Je n’y suis jamais allé.

 

Enfin, il y eut la vie que l’on vit, la mienne fit un détour en ce département sans y trouver ce que je désirais.

 

Le jury de John Malkovich a récompensé le premier long-métrage d'Hubert Charuel par le « Valois de diamant » au 10e Festival du film francophone d'Angoulême, « Petit Paysan » sortira le 30 août. Le réalisateur, originaire du nord-est de la France, la ferme de ses parents est situé aux Granges, hameau du village agricole de Droyes (Haute-Marne). Hubert Charuel, 32 ans, n'en revient pas. Et pourtant, son film, un premier long métrage "cathartique" filmé dans la ferme familiale, entre fable sociale et fiction rurale, avait déjà créé l'événement au 70e festival de Cannes en mai dernier dans le cadre de la Semaine de la critique.

 

C'est dans la ferme de ses parents, aux Granges, que la plupart des scènes du film ont été tournées, là aussi que ce fils unique a grandi, aidant à la traite les « gaudelles », les   le patois haut-marnais. Gérer l'exploitation n'a jamais vraiment été pour une lui une option. « Je n'ai jamais grandi en me disant que j'allais reprendre la ferme.

 

 

La fiction fait écho au quotidien éprouvant des agriculteurs, Hubert Charuel met en scène Pierre - Swann Arlaud -, un éleveur de vaches laitières trentenaire qui organise ses journées autour de ses bêtes, sa soeur vétérinaire - Sara Giraudeau - et ses parents. Alors qu'une épidémie se répand en France, il est prêt à tout pour sauver son troupeau. Ses parents, son grand-père et des amis d'enfance, tous non professionnels, donnent également la réplique, car « la paysannerie c'est aussi le lien, la transmission, une histoire de famille »

 

« L'idée était de sortir du naturalisme (...) de ne pas se servir du monde rural juste comme décor. On savait qu'il y a avait un potentiel fictionnel énorme dans cet univers-là »

 

« Au départ, j'ai plus fait ce film par nécessité que par envie. Il y a un énorme truc cathartique, c'est un peu une manière pour moi de dire au revoir à ce monde-là, à cette ferme que je ne reprendrai pas. »

 

 

Diplômé de la Fémis en production en 2011, il met vite le cap sur la réalisation. En arrivant à la Fémis, « j'avais peur d'être considéré comme le bouseux de la classe, confie Hubert, qui estime être « un gros inculte du cinéma. »

 

Source AFP, publié le 28/08/2017

« Petit paysan » : un thriller mental dans une étable ICI 

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par 

 

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