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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 06:00
Le chai du château d’Ô, saint-émilion grand cru classé A, était plein de corps étrangers (8)

(8) «Vous n’avez pas de vit entre les jambes, vous n’avez qu’un trou»

 

Nous avons parlé politique, Marie en attaquant son entrée m’a demandé « Tarpon que penses-tu de Macron ? » J’ai liché une rasade du Saint-Aubin de Derain avant de lui balancer « pour moi c’est Bonaparte qui perce sous Napoléon… Au siège de Toulon, c’est le moment, comme le dit Las Cases, où «l’histoire le prend pour ne plus le quitter» lui ce petit officier provincial. Lui le petit capitaine d’artillerie y impose un plan génial pour prendre la ville, aux mains des royalistes et des Anglais. C’est là, dans le feu de l’action, que Napoléon surgit: «Il y révèle des qualités, un tempérament, un charisme, un style même dont on ne trouve pas trace auparavant».

 

Le jeune Napoléon aurait pu n’être qu’un petit officier provincial. Mais avoir 20 ans en 1789 ouvre des perspectives. Après ses études militaires en France, il tente de faire pénétrer la Révolution en Corse, avant de gravir les échelons de l’armée française. Qu’importe sa petite taille, son air maladif, son accent. Son côté impérieux, sans réplique, en jette. Promu général, il ne fera que dévoiler l’immensité d’un talent militaire inné.

 

Impitoyable pour la discipline, c’est un harangueur né qui sait exciter «tantôt leur cupidité, tantôt leur sens de l’honneur». «Vous n’avez pas de vit entre les jambes, vous n’avez qu’un trou», hurle le général à ses troupes pendant l’expédition d’Egypte, qui raconte ensuite placidement: «Ils firent ensuite merveille à Aboukir».

 

Après le coup d’Etat du 18 Brumaire on ne cesse de se demander si Napoléon, en marchant, fait ployer la réalité sous ses pieds ou si c’est l’histoire qui «l’a pris par l’épaule et le pousse» écrit Jacques Bainville. «Je n’avais pas la folie de vouloir tordre les événements à mon système: au contraire, je pliais mon système aux événements», proclamait le consul. Bonaparte est surtout un stratège qui repère les faiblesses du système et calcule le meilleur timing pour réussir sa percée.

 

Le problème de Macron c’est qu’il ne dispose pas en magasin d’un Talleyrand et d’un Fouché, à ses côtés ; ni d’un Barras, ni d’un Sieyès, ces autres grands révolutionnaires qui, chacun leur tour, s’effacèrent sur son chemin.

 

Macron ne sera-t-il qu’un météore ? Lui qui est parti de si loin du pouvoir pour parvenir aux cimes, «à force de volonté, de travail et de talent» je ne sais pas mais ce que je sais c’est que ce putain de pays, peuplé de gueulards, de jamais contents, de petits profiteurs du système, avait besoin d’un mec qui lui botte le cul.

 

« Tarpon tu gagnes à être connu, moi qui ne suis pas vraiment branché politique je ne suis pas loin de penser que t’as raison. J’en ai ras la coupe des ce n’est pas de ma faute, des insoumis de salon, ce connard de Miller, des vieux chevaux de retour du communisme, et ne parlons pas de ces raclures de pelle à merde que sont les nationalo-populistes, ce connard de Collard, visqueux et merdeux. Je n’aime pas Macron mais quand tu vois ce Mélenchon qui n’a jamais rien branlé de sa vie, plante en pot  de ce vieux s’attrape de Mitterrand, me fais gerber.

 

Comment tu trouves la tortore ici Tarpon ? »

 

  • Je vais en faire ma cantine.

 

  • Un détail Tarpon, important pour la suite de notre affaire : il faut que tu t’habilles en surmesure et que tu te chausses de John Lobb

 

  • Tu veux que je me fillonnise…

 

  • Sauf que t’as les moyens de te passer des services d’un Robert Bourgi pour te les offrir.

 

  • Tu n’aimes pas mes costars Paul Smith ?

 

  • Ce n’est pas une question de goût Tarpon mais tu vas chaluter dans un milieu où ça ferait un peu miteux. Les nouveaux riches ne s’habillent pas en prêtà-porter.

 

  • Adelphine va s’en occuper.

 

  • Tu devrais l’appeler pour qu’elle vienne prendre le café avec nous car je pense qu’elle nous sera utile dans notre dispositif.

 

  • Elle va être ravie !

 

L’irruption d’Adelphine dans le jardin des Climats ne passa pas inaperçu, surtout aux yeux furibards de Lucette Durand ma féroce banquière. J’allais passer un sale quart d’heure lors de l’examen hebdomadaire de mes placements. Adelphine salua Houellebecq, lui chuchota même quelque chose à l’oreille.

 

Marie remit l’affaire sur le tapis « Aadvark est dans la fausse à lisier jusqu’aux oreilles car ce con a mis le fouille-merde de Vincent Touron sur le coup.

 

  • Bon choix, c’est un pervers polymorphe, en plus il a besoin d’oseille depuis ses déboires avec les kolkhoziens.

 

  • Sauf que Touron a disparu…      

 

à suivre...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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