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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 06:00
La 1ière guerre mondiale ou l’accélération de l’alcoolisation française L’arrière-front « province de la gnole et du pinard »

Hier j’évoquais le front, sur lequel la corporation des veilleurs de notre Santé Publique, les addictologues en tête, et les défenseurs de la Dive bouteille, se livrent à une rude bataille depuis la fin du XIXe siècle.

 

Le socle historique de l’antialcoolisme dans notre pays doit être connu pour mieux comprendre le positionnement des uns et des autres.

 

Rappelons qu’en 1907, « le médecin Georges Clémenceau, alors Ministre de l’Intérieur, demande une grande enquête soit menée dans les établissements psychiatriques pour y déceler les alcooliques : 1 interné sur 7 serait alors concerné. D’autres enquêtes montrent qu’en 1914, la France serait le pays le plus alcoolisé du monde. Au cœur des temps difficiles de la Première Guerre mondiale, en 1915, l’absinthe est prohibée. »

 

Matthieu Lecoutre dans Le goût de l’ivresse Boire en France depuis le Moyen Âge (Ve-XXIe siècle) chez Belin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour lui, la Première Guerre Mondiale constitue un tournant concernant l’alcoolisation des hommes.

 

Il note que, pour Charles Ridel, « le goût donné aux soldats pour le « père Pinard » est le terreau d’un alcoolisme qui marque profondément la société française. »

 

« Henri Barbusse écrit à sa femme que le « pinard » est un mot consacré dans son régiment : en boire beaucoup est une habitude. C’est aussi en raison de sa capacité à s’enivrer que le sous-lieutenant Apollinaire est surnommé par ses soldats « Cointreau-Whisky »

 

« Les soldats reçoivent gratuitement de l’armée un volume précis de boissons alcoolisées (0,0625 litre d’alcool par jour, et 0,25 litre de vin par jour en 1914 et 0,5 litre de vin par jour en 1918). Mais les poilus consomment aussi une ration payée par les « ordinaires » (prime d’alimentation versée par compagnie), soit 0,25 litre de vin par jour en 1914 et 0,5 litre de vin par jour en 1918. Finalement, la ration règlementaire quotidienne se situe entre 0,5 et 1 litre de vin par jour. Mais il s’agit d’une moyenne de consommation minimale puisque s’ajoutent les volumes offerts pour les occasions exceptionnelles (les promotions, les célébrations, les permissions…) et ceux acquis par les soldats sur leurs propres soldes aux débits de boissons, aux coopératives ou aux camions-bazars installés au front. »

 

L’arrière-front « province de la gnole et du pinard »

 

« Depuis cinq jours tous mes héros sont saouls, ils courent les villages voisins, raflent le pinard, tombent dans les fossés, y perdent jusqu’à leur croix de guerre […]. C’est la rosée du matin qui les réveille vers 3 heures, ils rentrent se coucher en marchant sur les dormeurs. Se réveillent à la soupe, retournent au pinard, s’endorment, se réveillent, boivent encore, vomissent, retombent été recommencent et continuent. »

 

Le constat sur les dégâts d’une mise au repos de son bataillon, du sergent Henri Jacquelin, normalien, ancien maire de Quimper, le 5 août 1916.

 

Sans doute pour oublier les horreurs, la boue et la saleté des tranchées…

 

Le vin « représente un outil de fraternisation, de solidarité et de partage entre les soldats. Il sert à lutter contre la peur, l’ennui, les horreurs de la guerre. Parfois les soldats s’alcoolisent en en excès pour échapper au prochain assaut. »

 

Mais « Les autorités françaises comprennent rapidement que la consommation régulière de boissons alcoolisées au front leur permet de mieux contrôler les troupes.»

 

Mais « Le vin est également consommé pour écouler les stocks nationaux, suivant une démarche patriotique qui s’oppose au cliché d’Allemands buveurs de bière et d’alcools forts. »

 

Après la guerre, l’aliéniste Paul-Maurice Legrain proposera une alcoologie darwinienne : les alcooliques seront selon lui dégénérescents et affaibliraient héréditairement l’humanité.

 

Demain le combat de Louis-Ferdinand Céline, le Dr Destouches, l’hygiéniste pamphlétaire, contre « la vinasse ».

 

Noyer l’absurdité d’une guerre dans des flots d’alcool

 

Le « pinard » ou le sang des poilus

 

Avec 6 400 morts par jour chez les militaires — le double si l’on ajoute les civils —, la première guerre mondiale a été l’une des plus meurtrières de l’histoire. Pour tenir, les soldats français se sont bien souvent réfugiés dans l’alcool, encouragés par leur hiérarchie, qui veillait à ce qu’ils ne manquent jamais de « pinard ». En quelques années, le vin a ainsi gagné le statut de breuvage patriotique, paré de toutes les vertus.

par Christophe Lucand

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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