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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 06:00
À ceux qui ne lisent pas le Monde : « Le problème est que certains médecins ne veulent pas dire qu’un verre de vin quotidien est bon pour la santé. » Michel Cymes

Soucieux de mon temps, en clair faire taire ceux qui affirment n’avoir jamais le temps, je ne suis pas consommateur de Télé et, et hormis le visionnage de films sur le câble, je suis abstème.

 

Michel Cymes est le plus cathodique des docteurs, présentateur du « Magazine de la santé » sur France 5, son dernier livre Quand ça va, quand ça va pas a provoqué une tempête médiatique qui l’a obligé à fermer son compte Twitter qui croulait sous les trolls. Une pétition mise en ligne sur le site Change.org (c’est très tendance la pétition en ligne et c’est devenu un biseness) par un collectif de parents pointe du doigt l’inégal traitement réservé aux filles et aux garçons dans l’ouvrage. Elle commence ainsi :

 

«Ras la touffe du sexisme et des tabous

 

Le livre consacre deux pages à chaque organe : l’une purement anatomique, et l’autre détaillant les soucis de santé que peuvent rencontrer les enfants (fièvre, nez qui coule, etc.), illustrations à l’appui… et, selon les pétitionnaires, alors que onze généreuses lignes sont consacrées au «zizi», «la zézette ou cocotte, ou minou» (selon les termes de l’auteur), est évacuée en cinq lignes à peine… «Un sous-produit en quelque sorte», estiment les initiateurs de la pétition. «La zézette n’est pas un trou», clament-ils encore, en référence aux illustrations simplistes et incomplètes des organes féminins présentes dans l’ouvrage. Tandis que pénis, testicules, scrotum et autre prépuce sont représentés côté garçons, chez les filles, il n’est question que de la vessie, de l’urètre, et d’un petit trou.

 

Bref, je n’ai jamais posé mes fesses sur mon canapé pour regarder le « Magazine de la santé », ni lu un quelconque ouvrage de Michel Cymes, ce qui m’amène à causer de lui c’est que le médecin Cymes est un amateur et un défenseur du vin. Il a même planté sa propre vigne, chez lui, en Provence, à Entrecasteaux.

 

Laure Gasparotto, journaliste-vigneronne, qui pige dans le Monde, l’a interviewé dans le M Le style du 14.06.2017 et je me retrouve face à un cas de conscience : puis-je vous en faire bénéficier ?

 

Si je me contente de mettre 1 lien ICI  avec l’interview, si vous n’êtes pas abonnés au Monde, c’est comme si je pissais dans un violon, vous ne pourrez la lire.

 

En toute connaissance de cause je défie le copyright en vous la livrant :

 

Que se passe-t-il dans le cerveau quand on boit du vin ?

 

Je ne suis pas un spécialiste de la neurologie viticole ! Mais je pense que le circuit du plaisir se met en marche et que les choses se passent en fonction des habitudes de chacun. La distinction fondamentale est à faire entre plaisir et addiction. A titre personnel, je dois réveiller dans mon cerveau certains neuromédiateurs qui me disent que, finalement, c’est un vrai plaisir. Il arrive aussi que le vin me détende, oui.

 

Il se partage ?

 

Je n’ouvre jamais une bouteille de vin pour moi seul. Elle est toujours à partager. En fait, il y a deux choses. Quand je rentre chez moi et que je propose à ma femme d’ouvrir une bouteille, est-ce une envie de partage ou bien le sentiment que si je commence à ouvrir une bouteille pour moi tout seul, c’est que je ne vais vraiment pas bien ? Un peu des deux, je pense.

 

Il y a un moment pour tout. J’adore faire plaisir à mes amis avec de bonnes bouteilles. J’ai une maison dans le Midi, où j’ai fait installer une cuisine extérieure avec un bar. L’été, la bouteille de rosé bien fraîche est un élément du rituel convivial. Les amis viennent à la maison. Le meilleur moment de la journée est celui où je leur ouvre le rosé et le leur sers alors qu’ils sont assis au bar.

 

Toutes les couleurs de vin se valent-elles en termes de santé ?

 

« Le problème est que certains médecins ne veulent pas dire qu’un verre de vin quotidien est bon pour la santé. »

 

On épingle surtout le vin rouge à cause de ses tanins. Mais le problème du vin et de la santé, c’est qu’il est difficile de faire des études sur l’alcool à cause de l’éthique et de la méthodologie. Du côté du corps médical, ces travaux sont délicats à mettre en place, car on ne peut pas demander aux gens de boire cinq verres par jour afin d’observer le résultat. Or, une étude scientifique ne peut se faire sans essais sur des populations différentes. Il y a bien eu des expérimentations sur des rats… Le résultat est que les études sont souvent réalisées par des professionnels du vin, ce qui pose problème.

 

On sait tout de même que dans les tanins, il y a une molécule antioxydante qui protège. Il ne serait donc pas illogique de penser qu’à des doses raisonnables, le vin puisse diminuer le taux de cholestérol ou augmenter la dilatation des artères. Mais à quelle dose ? Et pour quel type de vin ? Quant au rosé… il n’y a pas eu d’études en particulier.

 

Que pensez-vous du « French ­paradox », selon lequel une consommation de vin régulière et modérée aurait des effets bénéfiques sur la prévention des maladies ­cardio-vasculaires ?

 

Il est très discuté aujourd’hui. Ce n’est pas le fait de prendre un peu de vin tous les jours qui diminue la mortalité. Il y a des pays qui ont des taux de maladies cardio-vasculaires moins élevés que d’autres et dans lesquels on ne consomme pas de vin rouge. En revanche, je trouve ridicule que les médecins refusent de parler de vin ou d’alcool. Si on boit du vin à table, on n’est pas obligé de se bourrer la gueule ! Ce n’est pas comme avec la cigarette. Le problème est que certains médecins ne veulent pas dire qu’un verre de vin quotidien est bon pour la santé par crainte qu’une personne pense qu’elle peut en boire quatre en se disant que ce sera ­encore plus bénéfique. Il faut prendre les gens pour des adultes.

 

Le vin est-il une boisson ou bien un aliment ?

 

Vu le nombre de calories que le vin contient, c’est un aliment. Un aliment sucré qui se boit et qui, paradoxalement, hydrate et déshydrate en même temps. C’est pour cela que le vin peut donner mal à la tête. Pas seulement à cause des sulfites qu’il peut contenir.

 

L’alcool en général contient une hormone antidiurétique, qui nous empêche d’uriner tout ce qu’on boit. Cette hormone intervient pour que le rein réabsorbe l’eau qui passe par lui. Si cette hormone antidiurétique ne fonctionne pas bien, on urine beaucoup. Si vous avez mal à la tête le matin après avoir bu la veille, c’est que vous vous êtes déshydraté le cerveau. Aussi, buvez un verre d’eau après chaque verre de vin : vous n’aurez pas de souci.

 

Vous souvenez-vous de votre premier verre de vin ?

 

Non, mais je me souviens de ma première cuite. C’était au fendant, un vin blanc suisse. Je devais avoir 15 ans. Je me souviens aussi de ma dernière cuite, avec du rhum arrangé, à La Réunion. J’ai fini les bras en croix sur le trottoir ­devant le bar…

 

Mais votre premier verre de bon vin, celui qui vous a marqué ?

 

Oui. J’avais l’habitude d’aller une fois par an dans un restaurant trois étoiles. Un saint-estèphe m’a marqué. Et, une autre fois, un aloxe-corton. D’ailleurs, l’aloxe-corton est devenu mon vin préféré, même si je ne suis pas un grand connaisseur.

 

Avez-vous une cave ?

 

Oui. Elle est pleine de côtes-du-rhône et du Carpe Diem de mon voisin, en Provence. Elle est aussi pleine de très bons vins qui figuraient sur la liste de mon premier mariage. Pour mon second ­mariage, notre liste était constituée… de pieds de vigne. Nos amis ont ainsi financé la vigne que j’ai plantée, il y a deux ans, devant ma maison du Var.

 

Quel cépage ?

 

Mille pieds de syrah. Les gens du coin m’ont recommandé ce cépage. J’apporterai les raisins à la coopérative d’Entrecasteaux, et j’essaierai de comprendre comment se fait le vin. Je vais imprimer mes étiquettes, comme je le fais déjà pour mon huile d’olive. J’apporte mes olives dans un moulin et je récupère 180 litres d’huile, dont je me sers dans l’année. J’en offre en cadeaux, aussi.

 

C’est toute la culture du vin qui vous intéresse ?

 

Oui, et jusqu’au moment du partage avec les amis. Chaque année, ils viendront chez moi pendant les vendanges. Je visite des domaines, aussi. Par exemple, celui d’Alphonse Mellot à Sancerre.

 

Faire un grand vin est-il votre préoccupation ?

 

Non… Mais j’espère que ce sera un bon rouge des côtes-de-provence. Je ne veux pas faire de rosé, car on n’en boit pas l’hiver. Et puis, je vais probablement cultiver en bio. Le vigneron de Carpe Diem, qui est en bio, s’occupera de ma vigne. Je ­deviens écolo !

 

Faites-vous attention au vin que vous buvez ?

 

Face à un grand vin, je m’arrête, je regarde la robe, je le sens. Les premières sensations sont les plus importantes. C’est pour cela, que dans un dîner, je sers toujours les meilleures bouteilles d’abord. Mais je suis peu connaisseur. Un jour, je suis allé avec des amis au restaurant ­Astrance, à Paris. Ils étaient persuadés que j’étais un grand connaisseur parce que j’ai une cave c’est en fait un ami médecin, grand amateur, qui me conseille.

 

Avant ce dîner, je m’étais acoquiné avec le sommelier afin que je puisse reconnaître, pour chaque vin dégusté à l’aveugle, l’appellation, l’année, le producteur. Mes amis étaient impressionnés ! Mais le sommelier m’a eu, à la fin : il m’avait indiqué un mauvais nom de vin…

 

Qu’est-ce qu’un bon vin ?

 

Celui qui sort de l’ordinaire. Quand on veut bien y prêter attention. Je ne demande pas qu’on s’arrête de respirer, mais je marque le moment de l’ouverture d’une bonne bouteille pour ne pas la boire machinalement. Eh ! Attention : là, j’ouvre un super-bordeaux ! Je veux qu’on le déguste.

 

Le vin doit-il être nécessairement bu à table ?

 

Pas forcément. Pour moi, l’apéritif, c’est du vin, souvent rouge. Toujours avec des trucs à grignoter. Mais je ne bois jamais de vin à midi, sinon c’est terrible, je m’endors.

 

Buvez-vous tous les jours ?

 

Non. D’ailleurs, comme je dois être au top niveau poids pour un défi sportif que je me suis lancé, je vais arrêter le vin pendant une semaine, afin de perdre un peu plus d’un kilo.

 

Que pensez-vous de la loi Evin, qui limite la publicité pour le vin ?

 

Je sais que le monde du vin voudrait plus de liberté, mais c’est compliqué en France, parce que l’éducation n’est pas au top en ce qui concerne la consommation. Avant de libérer la publicité pour le vin, il y a un grand travail à faire sur la transmission. Apprendre à apprécier le vin, à prendre le temps de l’apprécier. Mon fils de 20 ans sait l’apprécier. Mes deux autres fils sont encore trop petits. Mais je leur transmets le goût du vin.

 

Vos parents ont-ils fait de même avec vous ?

 

C’était une autre époque. A Paris, on n’avait pas de cave. Mon père m’envoyait chez le caviste, qui remplissait nos bouteilles étoilées consignées d’un vin rouge qui devait faire des trous à l’estomac.

 

Des médecins voudraient que les publicités pour le vin comportent la formule « l’alcool est dangereux pour la santé » plutôt que « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Qu’en pensez-vous ?

 

Franchement, ça n’a pas d’importance que ce soit l’une ou l’autre. Personne ne lit ce qui est écrit et répété partout ! Vous croyez que cette phrase peut changer quelque chose pour celui qui est alcoolo-dépendant ? Quelle que soit la tournure de la phrase, elle n’a aucune efficacité.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

pax 16/06/2017 12:52

Un verre ça va, 3 verres bonjours les dégâts ! Merci M.Afflelou qui, inflation mercantile aidant, en est à
proposer, pour 1 € de plus 2 paires en plus ce qui nous fait bien 3 verres. Alors M.EVIN, on dort ?

pax 16/06/2017 08:56

" Un collectif de parents " Ah les collectifs de parents ! Une belle façons de se poser, à ses yeux et aux yeux du monde en tant que "bons parents" C'est se donner bonne conscience à peu de frais en oubliant au passage la cruelle et définitive réponse de Freud à une mère soucieuse de sa progéniture : " Faites ce que vous voulez ce sera mal " ( à associer à cette angoissante, pour toute une génération de parents, observation de Françoise DOLTO : " A 3 ans tout est joué ") Ces parents militants sont de ceux qui escamotent le dialogue avec leur progéniture à coup d'interdit : ce n'est pas de ton âge, on ne lit pas ça, tu ferais mieux de faire tes devoirs pour terminer par un comminatoire et catégorique : va dans ta chambre ! Alors que c'est en expliquant le pourquoi du comment ( certes, cela prend du temps) qu'on amènera la chère tête blonde, à l'autonomie et à savoir faire des choix.
Ces collectifs dont " LES PARENTS D'ELEVES " sont l'archétype, forment avec les enseignants, le même type de couple que les syndicats et le patronat avec le succès que l'on sait.

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