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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 06:00
Photo le Soir

Photo le Soir

Sept cents agriculteurs français se sont suicidés l’an dernier.

 

SAÔNE-ET-LOIRE

 

Un agriculteur en fuite abattu par des gendarmes

 

Un éleveur bovin de 37 ans de Saône-et-Loire, en fuite depuis plus d’une semaine après un contrôle sanitaire conflictuel, a été abattu samedi par des gendarmes sur qui il fonçait en voiture.

 

Cet agriculteur du village de Trivy était recherché depuis le 11 mai, date du dernier contrôle de son exploitation lors duquel il avait foncé avec son tracteur sur les forces de l’ordre qui accompagnaient les inspecteurs, selon Le Journal de Saône-et-Loire.

 

ICI 

 

Le nouveau ministre de l’Agriculture Jacques Mézard au chevet de la profession titre la Dépêche du Midi

 

Ce titre en dit plus long qu’une longue chronique sur l’absence de compréhension de ce que sont devenus les agriculteurs, les éleveurs, les viticulteurs, les vignerons, les arboriculteurs… Le vieux mythe de l’unité paysanne est depuis longtemps obsolète. La Profession, dénomination ambigüe, recouvre la cogestion chère à la FNSEA.

 

Cette gestion, strictement politique, du secteur de l’Agriculture a conduit, et conduit encore, à une incapacité de l’Administration de ce Ministère, avec ses multiples facettes, à prendre en compte la diversité des situations au plus près des femmes et des hommes de la Terre.

 

L’administration territoriale de l’Agriculture, compactée au temps de Sarkozy, n’est plus qu’une lourde machine à appliquer des normes, les contrôler, à faire du dossier PAC et à le contrôler.

 

Ses satellites, tels l’INAO et les défunts Offices, qui maintenaient un lien avec une forme d’autogestion, sont aussi devenus de lourdes machines administratives accueillantes pour la fine fleur des chefs professionnels.

 

Dans la dernière ligne droite de mon parcours, Bruno Le Maire, alors Ministre de l’Agriculture, m’a nommé Médiateur pour les dossiers laitiers difficiles.

 

J’ai donc passé l’essentiel de mon temps, avec pour seule arme mon téléphone, sur ce fameux terrain, dans le Grand-Sud-Ouest d’abord, sur des dossiers ponctuels ensuite, la Fourme de Montbrison, la collecte de lait dans le Cantal, le devenir de la CLHN en Normandie… etc.

 

Chaque éleveur disposait de mon numéro de téléphone et pouvait m’appeler quand il le souhaitait. Relié directement au cabinet du Ministre je l’alertais en temps réel. Loin de court-circuiter l’administration locale et régionale je l’ai pleinement impliqué dans mon travail et, croyez-moi, elle a mis beaucoup de cœur à l’ouvrage pour m’aider à générer des solutions opérationnelles.

 

Avant de quitter mon travail j'ai tenté, en vain, de convaincre mes collègues du Conseil Général, là où sont parqués les Ingénieurs Généraux, les Vétérinaires et les Inspecteurs Généraux, en fin de carrière, de la nécessité de s'investir dans ce type de mission de médiation. Alors qu'ils coûtent très cher à la République, que le taux d'activité de certains voisine le néant, ils préfèrent pondre des rapports que personne ne lit. Navrant, mais bien représentatif de la bureaucratisation des hauts fonctionnaires de ce Ministère.

 

Le 22 février 2012, j’étais encore en fonction, j’écrivais cette chronique :

 

Et si un instant vous quittiez vos clichés pour vous intéresser un peu à la vie quotidienne des « Fils de la Terre »

 

« J’en ai conscience, mais peu m’importe, qu’un type comme moi, bien installé, sans souci d’argent, occupant des fonctions confortables, viennent, tel un témoin de Jéhovah sonnant à votre porte, vous interpeler sur la vie que vivent les paysans d’aujourd’hui, en l’occurrence ici celle d’un producteur de lait du Lot : Sébastien Itar.

 

Je l’ai rencontré dans mon bureau avec ses collègues le matin de la première du documentaire d’Edouard Bergeon, « Les fils de la terre », au Gaumont-Opéra. C’est l’un des 29 producteurs de lait de Cantaveylot (contraction de Cantal, Aveyron, Lot) petit groupe d'éleveurs laitiers qui se sont pris en main et avec qui je travaille dans le cadre de ma mission de médiateur dans le grand Sud-Ouest. Ces 29 producteurs, lorsque le GIE Sud-Lait qui collectait leur lait a dû mettre la clé sous la porte car son principal client Leche-Pascual (entreprise espagnole) n’était plus preneur n'ont pas baissé les bras. Bref, ce petit collectif, qui se bat, qui fait, je vous invite à découvrir son site pour commencer à comprendre que votre lait quotidien, cette brique, ce pack, n’est pas un produit anonyme, mais le fruit d’un labeur quotidien de femmes et d’hommes accrochés à leur terre »

 

Lire la suite ICI

 

Dans LE MONDE TELEVISION du 27.02.2012 Martine Delahaye écrivait :

 

« Âmes sensibles, ne pas s'abstenir. Les premières phrases du film expliquent pourquoi Edouard Bergeon a « dû » réaliser ce documentaire, son premier en tant qu'auteur : « Christian Bergeon, mon père, était agriculteur, comme son père, son grand-père et son arrière-grand-père. Mon père était agriculteur et il en est mort. Il s'est suicidé, et il n'est pas le seul. »

 

Chute du prix du lait et de la viande, deux incendies, des crises sanitaires : les dettes se sont accumulées et ont eu raison de cet homme qui dirigeait jusqu'alors une très belle exploitation ; à 45 ans, il avale des pesticides et tombe agonisant sur le lit de son fils. Edouard Bergeon avait alors 16 ans.

 

Treize ans plus tard, devenu journaliste à France 2 puis ayant pris son indépendance en tant que reporter, Edouard Bergeon ne pouvait pas « tricher », explique-t-il, pour ce premier documentaire coécrit avec Luc Golfin, par ailleurs monteur du film : « Le gouvernement évoque 400 suicides chez les agriculteurs en 2009, et l'Association des producteurs de lait indépendants en a décompté 805. Si on fait une moyenne, ce sont deux agriculteurs qui se suicident chaque jour ! Mais ça, ça ne fait pas la « une » des journaux... Alors qu'il s'agit, de loin, de la catégorie socioprofessionnelle la plus en crise. Je veux montrer autre chose que le discours parisien sur l'agriculture, son Salon, ses beaux petits fromages de chèvre vendus très cher chez les crémiers. »

 

Après des recherches, le réalisateur, en 2010, rencontre une famille assez semblable à la sienne : Sébastien (38 ans), éleveur dans le Lot, doit faire face à 500 000 euros de dettes, à des journées de travail sans fin et sans vacances, pour produire à perte, sans compter le regard réprobateur d'un père qui l'épaule chaque jour après lui avoir cédé l'exploitation mais qui ne comprend pas son fils ("il a pris goût à une certaine liberté, alors que nous, nous avons été esclaves toute notre vie", commente-t-il).

 

Fatigue et antidépresseurs ; trou noir malgré un sursis du tribunal face au dépôt de bilan ; sentiment d'échec doublé de honte : au fil de quatorze mois, Edouard Bergeon filme le quotidien et les réactions de Sébastien, de sa femme, de ses parents. Le réalisateur établissant régulièrement des parallèles entre sa famille et celle de Sébastien. Jusqu'au dilemme que pose l'hospitalisation de force d'un paysan en détresse.

 

« A Charroux, l’orgueil blessé des forçats de la terre. »

 

Sept cents agriculteurs français se sont suicidés l’an dernier. Le quotidien belge Le Soir s’est rendu dans la Vienne, où les paysans disent à la fois leur fierté et leur souffrance.

 

“C’est ma tournée !” sourit Dominique Pipet en débouchant son meilleur pineau. L’éleveur n’en revient pas de voir assis dans la cuisine de sa ferme isolée au fin fond de la Vienne quatre journalistes européens. “J’ai l’impression de jouer dans un épisode de Rendez-vous en terre inconnue !” dit celui qui depuis des années se révolte de n’être jamais entendu. Car s’il a gardé l’humour, c’est celui du désespoir. Il se bat pour honorer la mémoire de ceux qui sont tombés pour l’amour de la terre et pour redonner à ceux qui souffrent la fierté de continuer. “Il y a eu cette année 732 suicides de paysans. Deux par jour ! C’est trois fois plus qu’il y a un an !” alerte-t-il.

 

Dominique Pipet est monté récemment au Salon parisien de l’agriculture pour “déposer une plaque en mémoire du génocide”. “On m’a pris pour un plouc. On m’a dit, le génocide, c’est le Rwanda.” Mais lui n’en démord pas. “Les paysans sont des morts-vivants. Moi, j’ouvre ma gueule, mais les taiseux, on les retrouve pendus.” Sur une grande table, la paperasse est étalée. Montagne de formulaires, de passeports vétérinaires et autres courriers administratifs. À 60 ans, Dominique Pipet exploite 235 hectares. “Mais ce n’est pas la Beauce ou le Champenois,” dit-il pour relativiser la valeur de ces terres à petit potentiel qu’il loue pour de la culture sèche et pour un troupeau de 200

 

Le travail sept jours sur sept

 

D’ailleurs, sa plus grande richesse, dit-il, c’est d’avoir reçu au départ la reconnaissance des anciens qui lui ont donné ses premières terres en friche. Et la nature, qu’il ne se lasse pas d’admirer. Devant ses bêtes, il raconte son labeur. Le travail sept jours sur sept sans jamais de vacances. Pour une viande qu’il vend moins cher qu’il y a vingt-cinq ans. “Avant, la PAC [politique agricole commune] c’était le Samu agricole, dit-il. Aujourd’hui le Samu arrive quand vous êtes déjà mort.”

 

Il raconte les injonctions à toujours plus de compétitivité, les contrôles vétérinaires et les aides compensatoires qui n’arrivent pas. “L’État me doit 45 000 euros, fait-il valoir. Un bug informatique, soi-disant ! Ça fait cinq ou six ans que je travaille à perte. Je ne me verse aucun salaire. Avec la reconnaissance de dettes, je vis de prêts de trésorerie.”

 

À quelques kilomètres de là, la pluie tombe à verse sur le hangar de Patrick Guerin. Sa salle de traite est à l’arrêt. Vide. “Je suis né dans cette ferme, raconte-t-il. Dans les années 1960, on vivait bien. C’était la belle vie. Mes parents venaient de Vendée. Il y avait toujours du monde qui venait.” C’était avant qu’il reprenne l’exploitation avec son frère et subisse de plein fouet la chute des prix du lait chez le fameux géant Lactalis. “Au départ, on pouvait discuter. Après, c’était à chialer”, dit-il encore, la gorge nouée.

 

L’agriculture, c’était le fleuron de la France. L’Hexagone est encore la première puissance agricole de l’Europe et l’agroalimentaire reste un maillon essentiel de son industrie. Mais la production souffre, concurrencée par le travail à plus bas coût ailleurs en Europe. Certaines filières, comme la filière viticole, s’en sortent. Mais même les exportations de fromage – fierté de la France ! – sont désormais dépassées par celles des Pays-Bas. Les exploitations ferment. Les surfaces agricoles diminuent.

 

En 1957, l’Europe mettait en place la PAC, pour assurer la sécurité alimentaire du continent. Mais il y a longtemps qu’elle ne garantit plus les prix. Les primes favorisent les grosses exploitations. La France reste la première bénéficiaire des aides mais 80 % d’entre elles vont à 20 % des exploitations. L’UE planche sur une nouvelle réforme, avec des instruments de gestion de crise, comme les aléas climatiques et les chutes des cours. Mais c’est insuffisant, jugent les paysans.

 

Spéculation, volatilité des prix et concurrence à bas coût

 

Guillaume Poinot est éleveur caprin dans la même région. Il est en redressement judiciaire pour quatorze ans. “J’accepte de repartir parce que j’aime mes bêtes. Mais si je dois mettre le pied à terre, je les tuerai toutes plutôt que de les voir monter dans le camion, lance-t-il dans un cri du cœur. Toutes les productions en France restent aujourd’hui impactées par la crise, à part quelques microniches économiques.” Il dénonce la spéculation sur les produits alimentaires, la volatilité des prix et la concurrence à bas coût. Les camions de matières premières qui arrivent d’Europe pour être transformées avant d’être étiquetées “nourriture française”. “À gerber”, dit-il.

 

À Charroux, le Ryden est un resto-bar-tabac qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il était. Un établissement figé comme sur une photo de Raymond Depardon. Avant, c’est deux fois par jour que l’on servait ici à manger. Il y avait une laiterie toute proche, des artisans, se souviennent les anciens. Ce jour-là, la patronne n’a cuisiné que pour nous. “Ce que les politiques n’ont pas compris, c’est qu’en détruisant l’élevage et l’agriculture en général, c’est le socle de la société qu’ils ébranlent”, explique Vincent Colombel, cultivateur. “Plus de paysans, c’est plus d’enfants dans les écoles, des commerces qui ferment, des villages qui se dépeuplent et des maisons qui tombent en ruines, des paysages qui disparaissent, rasés pour des questions d’efficacité économique, quand ce n’est pas d’avidité énergétique (pour les éoliennes) ou bien pour gagner de précieuses minutes (avec les TGV).” Quand les déserts ruraux avancent…

 

Autour de la table, une demi-douzaine d’hommes résument d’une phrase la coexistence de deux mondes :

 

Pisser à Paris, ça coûte deux litres de notre lait.”

 

La déprime, racontent-ils, ne se traduit pas que par les suicides. Jean-Claude Mercier avait repris en 1997 la suite de ses parents. Trente-six hectares, 270 chèvres. “À l’époque, c’était une petite affaire qui marchait, dit-il. Je gagnais très bien ma vie (de 1 500 à 2 000 euros par mois) en travaillant jusqu’à quatre-vingt-dix heures par semaine. En 2007, avec la crise, c’est parti en cacahuètes.”

 

Le prix des aliments pour ses bêtes a triplé, pas le prix du lait qu’il produisait. Depuis, il a arrêté les chèvres, s’est reconverti dans les céréales. Mais le divorce a frappé. “Quand vous vous levez le matin avec les soucis dans la tête et que la nuit ils vous empêchent de dormir, vous allez dans le mur”, dit-il. Les éleveurs appellent ça pudiquement “les dommages collatéraux”.

 

Autour de la tablée, l’addition est vite faite. Le montant des aides que l’État doit depuis deux ans à ces éleveurs pour leur conversion au bio grimpe à 200 000 euros. “J’ai voulu rembourser mes dettes, j’ai vendu mon tracteur. Le banquier, suspicieux, m’a demandé d’où venait cet argent”, se désespère Jean-Claude. Qui n’a pas apprécié non plus qu’on lui reproche ses premières vacances prises depuis dix ans.

 

“Que peuvent faire les politiques ?”

 

Ceux-là ne veulent pas tourner le dos à l’Europe. Dominique Pipet sort de temps en temps sa fourche, symbole de la jacquerie paysanne, mais il ne veut pas de la prétendue révolution que prône Marine Le Pen avec sa “francisation” de la PAC. “En fermant les frontières, qu’est-ce qu’elle croit, qu’on va tout régler ?” ironise-t-il, alors que les sondages prêtent 35 % au FN chez les agriculteurs. Lui-même ? “En 2012, je n’ai pas voté, finit-il par lâcher comme on insiste. Enfin, j’ai enveloppé un boudin dans du papier toilette plutôt que de mettre un bulletin dans l’urne.” Les politiques n’ont plus aucun pouvoir, dit-il, sinon celui d’avaliser les règles d’un syndicat ultradominant, la FNSEA, avec lequel ils ont la politique agricole en cogestion. Un syndicat que beaucoup décrivent comme “une pieuvre” à qui il faut acheter la protection mais avec laquelle les éleveurs se retrouvent pieds et poings liés. “Les politiques sont devenus impuissants. Ils ne connaissent ni le prix du pain ni celui du steak, juge Guillaume Poinot, l’éleveur caprin. À partir du moment où l’État ne peut pas agir sur les prix, que peuvent faire les politiques ?”

 

Ceux-là espèrent une énième réforme de la politique européenne. Qui tiendrait davantage compte de la qualité de leur production plutôt que de tout miser sur la quantité et la compétitivité. Au lendemain de notre visite, ils multiplient les messages de remerciements. “On peut espérer que quelques décideurs liront vos médias, eux qui orientent notre avenir”, écrit Vincent Colombel, le cultivateur.

 

À l’intérieur même de sa maison, Dominique Pipet s’est construit un chalet en bois. Quand on ouvre le faux volet, on découvre sur la fenêtre en trompe-l’œil un paysage de montagne. Un poster en forme de vie rêvée qu’il admire quand il déprime.

 

Joëlle Meskens

 

Bagnolet, le 21 mai 2017

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Justice pour Jérôme

 

A la suite d'un contrôle de l'administration, Jérôme Laronze, 37 ans, paysan, militant de la Confédération Paysanne de Saône-et-Loire, est décédé ce samedi, suite aux tirs des gendarmes venus l'interpeller. Nous souhaitons avant toute chose exprimer toute notre solidarité avec la famille de Jérôme ainsi qu'aux militants de la Conf' de Saône-et-Loire.

 

Nous sommes choqués, nous sommes en colère. Il faut que toute la lumière soit faite sur ce drame. Nous espérons qu'une enquête sérieuse et indépendante détermine comment en sommes-nous arrivés à cette fin tragique.

 

Au-delà, de cet acte et de ses circonstances propres, Nous ne pouvons que nous insurger devant les méthodes employées face à la détresse économique et humaine. Nous mettons ici en question, l’absence de prise en compte de la détresse des hommes, souvent seuls dans leur ferme, confrontés à l'humiliation d'un contrôle qui peut parfois faire agir les paysans au-delà de la raison.

 

Dans l'immédiat la Confédération paysanne demande un moratoire sur les contrôles, de plus il faut que le travail des paysans trouve une reconnaissance humaine et économique. Ce n’est qu’à ce moment que les normes et les contrôles retrouveront tout leur sens et serviront l’intérêt général.

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