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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 06:00
Ça lèche, ça mord, la pente fatale des intervenants dans les médias : classons-les comme pratiquant des métiers de bouche…

Où que mon regard se porte, que mes oreilles entendent, aussi bien dans le tout petit marigot du vin que dans celui de la bonne bouffe, et bien sûr dans le grand bal des faux-culs de la politique, que vois-je, qu’entends-je ?

 

Des lécheurs et des lécheuses, des cireurs et des cireuses de pompes, des louangeurs et des louangeuses, des pratiquants et des pratiquantes de l’encens, des qui sont toujours dans le sens du vent, mais aussi des qui éructent, des qui pourfendent, des qui vomissent, des qui sont toujours en colère…

 

Tout ce beau monde, logé le plus souvent à Paris, est installé dans des postures confortables, cultive avec soin soit sa belle image d’Épinal, soit sa figure de chienne de garde ou de redresseur de torts, se pose en expert en tout ou presque, positionnement médiatique destiné à faire fructifier leur fonds de commerce.

 

En effet si l’on prend la peine de gratter un peu la fine couche de vernis que nous proposent ces « haut-parleurs » omniprésents, on découvre aisément, en observant leurs pratiques quotidiennes, au jour le jour, dans la vie que l’on vit, faite de compromis, de petits copinages, de silences sur leur supposé indépendance, qu’ils pratiquent des métiers de bouche.

 

Leur échine souple ou leur colère sont leur fonds de commerce qu’ils se doivent de faire fructifier sous peine de disparaître des écrans radars des médias, de ne plus apparaître sur les plateaux, de tomber dans l’abime de l’oubli.

 

L’impératif d’audience, la tyrannie de l’instantanéité, le flux continu de l’info, des commentaires exige donc que l’on clive, que l’on privilégie la double polarité, blanc ou noir, être pour ou contre, adieu les subtilités, aucune place au doute, à la nuance. Triomphe de la forme sur le fond. Le buzz, le coup de gueule, la phrase assassine… on ne pratique plus l’escrime à fleuret moucheté mais la boxe française ou le catch. L’ange blanc contre le bourreau de Béthune.

 

Les médias classiques comme les réseaux sociaux hébergent donc les deux tendances claniques : les lécheurs, lécheuses et les éructeurs, éructrices, mais dans le temps turbulent que nous venons de connaître la plus grande pente tend à privilégier les adeptes des gueuloirs, des déversoirs, des vomissoirs…

 

La force et le poids des convictions avec eux se mesurent au niveau de la hauteur et de l’intensité des décibels et non à celui des idées.

 

La conjonction du mou des thuriféraires à géométrie variable et du faux-dur des ferrailleurs, ferrailleuses patentés n’est en soi porteur d’aucune espèce de contradictions, bien au contraire c’est, à l’image de la présence et du développement du bio dans la GD, l’extension du domaine de chalandise du grand bazar des médias.

 

Nos tribuniciens, tribuniciennes, qu’ils soient cajoleurs, cajoleuses ou fouetteurs, fouetteuses, sont ultra-majoritairement de purs produits hors-sol, vivants à Paris intra-muros, loin de ce terrain qu’ils invoquent à tout de champ, loin des gens, des gens de peu qu’on dit d’en bas. Certes, les autoproclamés défenseurs et défenseuses de la veuve et de l’orphelin, des ruraux isolés, des paysans ignorés, font de temps à autres des descentes dans la France profonde pour recharger leurs batteries mais ils rentrent vite à Paris pour ne pas trop s’éloigner des plateaux.

 

Lisez-moi bien, je ne suis en rien partisan des robinets d’eau tiède ou des porteurs d’encensoir, il faut savoir à bon escient élever la voix, tremper sa plume dans du J’accuse, affirmer sans fard que certaines situations sont intolérables, se mettre au service de causes qui semblent justes.

 

Mais pour moi il y a un GRAND MAIS, en rester au stade de la pure dénonciation, s’installer dans la posture commode de celle ou de celui qui se contente de dire, n’est pas suffisant.

 

Chez moi, dans mon patelin de Vendée, la césure se faisait entre les « disous » et les « faisous », en bon français entre ceux qui disent et ceux qui font.

 

Ce que je reproche à celles et ceux qui occupent de strictes postures tribuniciennes c’est que leurs propositions pour que ça change ont trop souvent l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette ou se cantonne dans des généralités, des lieux communs sans grande portée. Ils dénoncent le système mais ils sont encore plus que nous le système, ils s’en repaissent, ils en vivent.

 

Ma position sur notre incapacité à dépasser les incantations des hurleurs, hurleuses, ou le ronron des gentils commentateurs, commentatrices, ne date pas d’aujourd’hui.

 

Dans mon fichu rapport j’écrivais :

 

Dans notre beau pays il y a beaucoup d’architectes, de généralistes, très peu de maçons qui acceptent de se colleter aux tâches d’apparence peu gratifiantes. On ne fait pas évoluer les mentalités par décret. Si l’on souhaite que la puissance publique pèse sur les évolutions, joue un rôle de catalyseur, pas pour faire mais aider à faire, il faut avoir le courage, en période de crise, de prendre sa part de responsabilités, d’écouter, de comprendre, pour ensuite proposer, expliquer, convaincre pour enfin être en capacité de mener des politiques de moyen terme avec l’appui du plus grand nombre.

 

Si cette orientation n’est pas validée il ne faudra pas s’étonner d’en être réduit à une pratique de guichetier distributeur, de contrôleur tatillon et, lorsque le feu prend dans la maison, de pompier pas forcément doté des bons instruments pour éteindre les incendies. A situation nouvelle, nouveau métier.

 

Mon souhait de VC en roue libre c’est que l’engeance tribunicienne caquetante sache laisser la place dans les médias à ceux d’en bas qu’ils disent représenter. Je crois à l’exemplarité de l’exemple, la parole doit être rendue à celles et ceux qui font.

 

Bien avant le guignol Onfray, le 30 avril 1966, Michel Rocard affirmait qu’il fallait DÉCOLONISER LA PROVINCE :

 

« Ce texte a été présenté à la Rencontre Socialiste de Grenoble et publié sous le titre « Rapport Général proposé par le Comité d’Initiative aux délibérations des colloques sur la vie régionale en France » Ce texte a été présenté par Michel Rocard, sous le pseudonyme de Georges Servet. Une partie de ce texte a été également publiée dans le Numéro 303 de Tribune Socialiste datée du 29 Novembre 1966 et a été également prononcé au Colloque de St Brieuc en décembre 1966. »

 

Lire ICI

 

L’entre-soi des hors-sol parisiens, leur rébellion bien confortable affichée, leur petit jeu dans les médias ou sur les réseaux sociaux sous les applaudissements de leurs supporters ou les insultes de leurs adversaires est si dérisoire que j’en arrive à les plaindre tellement ils sont pitoyables.

 

Je n’aime ni l’esbroufe, ni la génuflexion, ni le bruit et la fureur permanente, je n’ai pas le peuple à la bouche en permanence, mais je sais d’où je viens, j’assume ce que j’ai fait et surtout, comme je suis sur mon dernier bout de route, j’ai décidé de me mettre en mode avion, imperméable, distant, plus jamais compatissant pour tout ce petit monde. Plus personne ne m’attend nulle part alors je profite de mes amies, mes vraies amies… Les chiens et les chiennes aboient ma caravane passe…

 

Je coupe le son, je lis, j’écris, j’écoute de la musique, j’aime…

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