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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 06:00
Stéphane Le Foll fait son cinéma “La Négociation” avant de quitter le 78 rue de Varenne après son quinquennat.

Stéphane Le Foll, sa crinière grise au vent, sa mèche en bataille, son nœud de cravate en godille, sa gouaille, sa poignée de main facile, son tempérament de porteur d’eau, va achever dans quelques jours le bail le plus long d’un Ministre de l’Agriculture.

 

5 ans c’est long au 78 rue de Varenne où les emmerdes pleuvent comme à Gravelotte.

 

Il avait tout pour lui le Stéphane, une formation agricole, une bonne connaissance des dossiers européens, une implantation rurale, la simplicité, la pugnacité et pourtant, en dépit de ses 5 années à l’Hôtel de Villeroy, il ne laissera qu’une faible empreinte sur l’évolution de ce secteur en pleine mutation.

 

Le plus drôle, si je puis dire, c’est qu’il faillit être oublié par son mentor lors de la constitution du premier gouvernement Ayrault.

 

Stéphane est un grognard fidèle, qui aime avant tout la politique, il se serait bien vu à la tête du PS en lieu et place du palot Harlem Désir. Comme son maître, le père François, c’est un as du bricolage de la motion de synthèse ciselée jusqu’au petit matin, dans une salle enfumée.

 

Ce qui lui a permis de tenir si longtemps au Ministère de l’Agriculture c’est qu’en plus du maroquin traditionnel il cumulait celui du Porte-Parole du gouvernement. À chaque Conseil des Ministres, sur les dossiers chauds, il se retrouvait en première ligne, porteur de la parole officielle. Il aimait ça, toucher à tous les sujets, être au plus près du boss et avec son air bourru, ses saillies, le Stéphane s’en est plutôt bien sorti. Ses détracteurs à la FNSEA et à Droite, tout particulièrement Christian Jacob, le lui ont reproché en qualifiant de Ministre à mi-temps.

 

Mais il est un autre dossier sur lequel Stéphane Le Foll aurait bien aimé que l’on reconnaisse son mérite, son savoir-faire, son habileté c’est celui de la PAC. L’Europe, grâce à son mandat européen, c’était son terrain de jeu au Stéphane. Et, il faut le lui reconnaître, dans le grand souk qu’est devenu le Conseil des Ministres de l’Agriculture à 27, Le Foll a su tirer son épingle du jeu.

 

Le problème pour lui c’est que l’Europe c’est la mal-aimée, le bouc-émissaire rêvé, tout y est lent, compliqué, obscur, la France n’y pèse que le poids de ses voix et elle doit pour faire prévaloir ses points-de-vue nouer des alliances à géométrie variable. En dehors des spécialistes pas grand monde n’y comprends quelque chose.

 

Nous sommes bien loin du temps où l’Europe Agricole était géré par un club, un temps que j’ai connu avec Michel Rocard lorsque nous négociions l’élargissement de l’Europe à 12 à l’Espagne et au Portugal.

 

L’Europe tout court, la PAC étaient porteuses d’espoir, le discours était encore audible même si tout ce qui était bon était à porter au crédit du Ministre, ce qui n’allait pas à l’Europe.

 

Ce n’est plus le cas.

 

« Quoi de plus aride que la réforme de la politique agricole commune ? Et pourtant, le documentaire haletant “La Négociation” de Nicolas Frank se regarde presque comme une fiction.

 

« Aucune petite phrase ni promesse électorale, pas même un commentaire sur le feuilleton des affaires... La politique telle que Nicolas Frank la donne à voir a, par les temps qui courent, quelque chose de revigorant. « Le “vrai” travail des politiques. Ce qu’ils font quand ils ne sont pas en campagne, ou en train de se perdre dans les limbes de la “politique politicienne” », voilà ce qui intéresse le réalisateur de La Négociation, film que Télérama a choisi de proposer sur son site du 7 au 30 avril.

 

Isabelle Poitte dans Télérama écrit :

 

Sur le papier, son projet tenait pourtant du défi masochiste : rendre compte du long processus de réforme de la PAC (politique agricole commune), entrepris par le Conseil des ministres européen il y a cinq ans. Difficile d’imaginer sujet plus ingrat et infilmable… Pendant neuf mois, de juin 2012 à mars 2013, le documentariste (coauteur avec Bruno Joucla de Devenir médecin, récemment diffusé sur France 2) a suivi le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll au fil de ses rencontres avec ses homologues européens et des réunions avec ses conseillers. Il fait de leur travail patient, minutieux, le moteur de son film. Et c’est passionnant.

 

“Quand Stéphane Le Foll a donné son feu vert, les portes n’étaient qu’entrouvertes. J’ai dû montrer que je n’étais pas là pour rechercher la petite phrase. La confiance s’est installée peu à peu.”

 

Comme l’espérait son auteur, La Négociation « se regarde pratiquement comme une fiction ». Non sans un petit côté The West Wing à Bruxelles, avec ce qu’il faut de personnages charismatiques, de seconds rôles attachants et de rebondissements. Il y a même quelques moments cocasses, comme cette tentative d’approche ratée du ministre polonais, qui ne parle pas un mot d’anglais… Et la tension culmine dans l’ultime quart d’heure du film, lorsque les dernières tractations vrillent les nerfs de l’équipe jusque tard dans la nuit.

 

Cette matière riche, Nicolas Frank la doit à « la chance », mais surtout au tact déployé pour jouer les petites souris au coeur des stratégies et des jeux d’alliances. « Le montage ne donne pas cette impression, mais je n’ai pas eu les mêmes accès au début du tournage qu’au bout des neuf mois. Quand Stéphane Le Foll a donné son feu vert, les portes n’étaient qu’entrouvertes. J’ai dû montrer que je n’étais pas là pour rechercher la petite phrase, que je ne m’intéressais qu’à la PAC. La confiance s’est installée peu à peu. A la fin, je faisais partie du décor. »

 

Sans le moindre commentaire, le réalisateur réussit une autre prouesse en rendant limpides les aspects techniques du débat. Coup de chance, encore : certains membres du cabinet ministériel révèlent de vrais talents de pédagogues, décryptant en quelques phrases les enjeux de la « convergence des aides » ou de la « majoration pour les premiers hectares ». La France a un objectif clair : réorienter les aides de la PAC vers les plus petites exploitations, pourvoyeuses d’emplois, et soutenir l’élevage. Position qui se heurte d’emblée à la conception très productiviste de l’Allemagne ou des Pays-Bas.

 

La suite ICI

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Alexandre 15/04/2017 11:36

"La France n'y pèse que le poids de ses voix." Mais cette disposition n’est rien d''autre que l’application d'une saine démocratie !

JACQUES BERTHOMEAU 15/04/2017 13:24

ben oui !

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