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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 09:00
Du rififi dans les vignes et autour de la boutanche : des conflits d’intérêts sur le glyphosate et d’1 molécule contre l’alcoolo-dépendance !

Ce week-end j’étions point à Paris, si j’avions été j’aurions point été me les geler samedi à la République ou me les chauffer dimanche à Bercy ; tous ces pinces-fesses organisés en autocars c’est pour les convaincus, je n’en dirai pas plus pour ne pas froisser le militant.

 

Là où j’étions il faisait gris. Alors j’avions écrit.

 

Le chœur des commentateurs politiques le proclame sur tous les tons : « la présente campagne électorale est nulle ! »

 

Et pourtant, à y regarder de plus près, elle oblige le citoyen lambda à potasser le code pénal et celui de procédure pénale pour suivre le feuilleton : mise en examen, détournements de fonds publics, complicité et recel d'abus sociaux, manquements aux obligations de déclaration à la Haute autorité sur la transparence de la vie publique, et dernier en date à propos de costards : conflits d’intérêts.

 

Nous qui avons le chic pour donner des leçons à la terre entière grâce à notre personnel politique nous sommes à la pointe de l’innovation en matière de corruption et de morale publique, beaucoup de pays nous envient.

 

Trêve de plaisanterie, revenons au sujet du jour les Conflit d'intérêts

 

« Le conflit d'intérêts n'est pas défini par la loi française. On peut toutefois le définir communément comme un conflit entre la mission d'un agent public et ses intérêts privés, conflit susceptible d'influencer la manière dont il exerce ses fonctions. En d'autres termes, le conflit d'intérêt peut potentiellement remettre en cause la neutralité et l'impartialité avec lesquelles la personne doit accomplir sa mission du fait de ses intérêts personnels. »

 

Le conflit d'intérêts n'est pas un délit. En revanche, c'est la prise illégale d'intérêts, qui bien souvent en découle, qui est sanctionnée pénalement. L'article 432-12 du Code pénal le définit comme le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public ou par une personne investie d'un mandat électif public, de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont elle a, au moment de l'acte, en tout ou partie, la charge d'assurer la surveillance, l'administration, la liquidation ou le paiement. »

 

Plus ICI 

 

La frontière délimitant les relations entre scientifiques experts et l’industrie chimique ou pharmaceutiques pour l’étude de la toxicité d’une molécule avant sa mise sur le marché ou pour son retrait du marché n’est pas toujours très étanche et les conflits d’intérêts sont fréquents.

 

L’une des vedettes de cette lutte entre intérêts économiques et santé publique est sans nul doute le Glyphosate la molécule du Roundup de Monsanto qui est la pierre angulaire de son modèle économique, fondé sur la vente liée de ce pesticide et des cultures transgéniques capables de le tolérer.

 

L’arroseur arrosé

 

« La firme de Saint Louis jette son dévolu ( à la fin des années 90) sur James Parry, alors professeur à l’université de Swansea (Pays de Galles), l’un des papes de la génotoxicité – auteur de près de 300 publications. Mark Martens, alors directeur de la toxicologie de Monsanto pour l’Europe et l’Afrique, est chargé de cornaquer le savant britannique et le faire accoucher d’un rapport sur le sujet.

 

Hélas ! James Parry semble n’avoir pas saisi les règles tacites de l’exercice. Au lieu de défendre le glyphosate en mobilisant ses connaissances, il fait valoir de sérieuses inquiétudes. Le rapport qu’il remet à Monsanto ne sera jamais rendu public, ni transmis aux autorités de régulation.

 

Et pour cause : sur la base d’études alors récentes, écrit M. Parry, « je conclus que le glyphosate est un clastogène potentiel in vitro ». Une substance « clastogène » est un mutagène capable de casser l’ADN et d’induire des aberrations chromosomiques. Sur la foi d’observations menées sur des cellules sanguines (lymphocytes) bovines et humaines, James Parry ajoute que « cette activité clastogénique [du glyphosate] pourrait se produire in vivo dans les cellules », à l’exception des cellules germinales (spermatozoïdes et ovocytes).

 

James Parry précise que le mécanisme en jeu serait la capacité du glyphosate à induire un « stress oxydatif » sur les cellules – c’est précisément ce processus qui sera identifié par le Centre international de recherche sur le cancer, dans sa monographie de mars 2015. Une monographie que Monsanto qualifiera immédiatement, dans un communiqué, de « science pourrie »…

 

Depuis la nature cancérogène du glyphosate, le principe actif de l'herbicide Monsanto, divise la communauté scientifique.

 

Le Roundup, célèbre désherbant vendu par la firme américaine Monsanto, est-il dangereux pour la santé ? Alors que l’Agence européenne des produits chimiques a décidé mercredi de ne pas classer son principe actif, le glyphosate, comme cancérogène, des documents déclassifiés jeudi par la justice américaine montrent que la firme Monsanto s’inquiète des effets sanitaires de cette molécule depuis au moins 1999. «En 1999, les cadres de Monsanto souhaitent faire appel aux services d’une autorité scientifique incontestable pour plaider la cause du glyphosate auprès des régulateurs européens», affirme «Le Monde», en s'appuyant sur les courriels révélés par la justice.

 

Les 250 pages de documents ont été déclassifiées après l’action en justice collective lancée devant une cour fédérale de San Francisco par plusieurs centaines de salariés agricoles atteints par un cancer du sang (lymphome non hodgkinien). Les plaignants attribuent leur maladie à leur exposition au glyphosate, s’appuyant sur les conclusions du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l’Organisation mondiale de la Santé.

 

Les méthodes de Monsanto pour peser sur la recherche

 

La suite ICI

 

Connivences

 

Les précédentes archives déclassifiées dans le cadre de cette affaire ont notamment montré que Monsanto avait bénéficié de connivences au sein de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), chargée aux Etats-Unis d’évaluer la sûreté du glyphosate (Le Monde daté du 17 mars).

 

Cette fois, les courriels mis au jour racontent une autre histoire. En 1999, les cadres de Monsanto souhaitent faire appel aux services d’une autorité scientifique incontestable pour plaider la cause du glyphosate auprès des régulateurs européens. Tout l’enjeu est de les convaincre que le produit n’est pas génotoxique.

 

« Prenons un peu de recul et regardons ce que nous voulons vraiment faire, écrit un cadre de l’entreprise à ses collègues. Nous voulons trouver quelqu’un qui est familier du profil génotoxique du glyphosate/Roundup et qui peut avoir une influence sur les régulateurs, ou conduire des opérations de communication scientifique auprès du public, lorsque la question de la génotoxicité [du glyphosate] sera soulevée. »

 

Les messages échangés suggèrent qu’en interne, la crainte est forte que le glyphosate ne soit considéré comme génotoxique, c’est-à-dire nocif pour le matériel génétique et donc capable d’y induire des mutations susceptibles d’initier des cancers.

 

LIRE ICI 

 

Question : une molécule (Selincro/nalméfène) est-elle plus efficace qu’un générique sans droits (baclofène) lorsqu’elle rapporte des royalties à un laboratoire pharmaceutique Lundbeck ?

 

LA SOCIETE FRANCAISE D'ALCOOLOGIE SOUPCONNEE DE CONFLITS D'INTERETS

 

La Direction générale de la santé et la Haute autorité de la santé a été alertée sur un possible conflit d’intérêt de la Société française d'alcoologie. Influente auprès des médecins dans la lutte contre l'alcoolodépendance, cette dernière prônerait en priorité l'utilisation d'une molécule de Lundbeck, alors que plusieurs membres de l'association ont bénéficié d'avantages d'une valeur de plusieurs milliers d'euros de la part de ce laboratoire.

 

Une bataille pour trouver le meilleur traitement contre la dépendance à l'alcool se déroule entre plusieurs laboratoires pharmaceutique, à l'image de Lundbeck, Etypharm, ou encore D&A Pharma. Mais une guerre a également lieu en coulisse, entre professionnels de santé. Selon nos informations, un universitaire et professionnel de santé très impliqué dans le domaine de la lutte contre l'alcoolisme, et défenseur du baclofène, a alerté la Haute autorité de santé et la Direction générale de santé.

 

Selon lui, la Société française d'alcoologie (SFA), association reconnue d'utilité publique dans laquelle des professionnels des problèmes d'alcool et autres addictions font part de leur expertise, serait concernée par un conflit d'intérêts avec le laboratoire pharmaceutique danois Lundbeck.

 

Contacté par La Tribune, le professionnel de santé nous a confirmé "avoir alerté les pouvoirs public".

 

"J'ai considéré que la SFA n'avait pas une attitude objective et ce serait en raison de conflits d'intérêts. Cette dernière et Lundbeck ont des liens considérables. Or la SFA dit du bien de la molécule du laboratoire danois (le Selincro/nalméfène, NDLR) contre l'addiction à l'alcool", fait-il valoir. Néanmoins, le plaignant n'attend pas d'action drastique de la Direction générale de la santé ou de la Haute autorité de santé, car cela "n'est pas inscrit dans leurs missions".

 

LA MOLÉCULE DE LUNDBECK EN PREMIÈRE PRESCRIPTION

 

Le plaignant critique le fait que la Société française d'alcoologie prône la prescription du Selincro (nalméfène) "en première intention" pour un "objectif de réduction" de la consommation d'alcool dans ses recommandations de bonnes pratiques publiées en décembre 2014, et destinée aux professionnels de santé. Il ne comprend pas pourquoi une molécule comme le baclofène est préconisée en "deuxième intention" par la SFA Pour le professionnel de santé, plusieurs études contredisent cette position de SFA. Il nous a notamment transmis un article de la revue scientifique américaine Plos Medecine daté de 2015, jugeant que "la valeur du nalméfène pour le traitement de l'addiction à l'alcool n'est pas établi. Au mieux, le nalméfène est efficace pour réduire la consommation d'alcool." L'étude juge que l'approbation de la molécule était "controversée".

 

CONFLIT D'INTÉRÊTS ?

 

En parallèle, le professionnel de santé reproche à la Société française d'alcoologie de percevoir des avantages conséquents du laboratoire Lundbeck. Il se réfère au site transparence.gov pour étayer ses attaques. Pour rappel, cette plateforme "rend accessible l'ensemble des informations déclarées par les entreprises sur les liens d'intérêts qu'elles entretiennent avec les acteurs du secteur de la santé"

 

Dans cette base de données, on constate que plusieurs membres de l'équipe rédactionnelle de l'organisation ont bénéficié d'avantages de Lundbeck en repas, frais d'hospitalité, de transport, ou d'hébergement pour une valeur de plusieurs milliers d'euros. Et parfois, plus de 15.000 euros, comme c'est le cas pour le président Mickael Naasila, ou encore le rédacteur associé Philippe Batel, tandis que les avantages octroyés par des laboratoires concurrents sont minimes. Toutefois, quelques membres de l'équipe rédactionnelle ont parfois touché plus d'argent de laboratoires concurrents (d'Etypharma, notamment), des sommes qui s'élèvent à quelques centaines d'euros au maximum.

 

DES "DÉCLARATIONS D'INTÉRÊTS COMPATIBLES"

 

Interrogée à ce sujet par La Tribune, la Direction générale de santé et la Haute autorité de santé n'ont pour le moment pas donné suite. Le président de la SFA n'a pas répondu à nos sollicitations non plus pour l'instant.

 

Sur son site, la Société française d'alcoologie se défend de tout conflits d'intérêts en expliquant que "les participants des groupes de travail ont communiqué leurs déclarations d'intérêts". Et d'assurer qu'"elles ont été analysées par les membres du comité de pilotage et considérées comme compatibles avec leur participation au groupe de travail de cette recommandation de bonne pratique."

 

Consommation et "craving"

Alcoolo-dépendance : l'efficacité du Baclofène confirmée par Marion Guérin

 

L’étude Bacloville a montré des résultats satisfaisants dans le traitement de la dépendance à l’alcool. La RTU est renouvelée pour un an.

 

ICI

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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